Peenemünde

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Peenemünde
La gare de Peenemünde.
La gare de Peenemünde.
Blason de Peenemünde
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Land Flag of Mecklenburg-Western Pomerania.svg Mecklembourg-Poméranie-Occidentale
Arrondissement
(Landkreis)
Poméranie-Occidentale-Greifswald
Bourgmestre
(Bürgermeister)
Rainer Barthelmes
Code postal 17449
Code communal
(Gemeindeschlüssel)
13 0 75 106
Indicatif téléphonique 038371
Immatriculation OVP
Démographie
Population 326 hab. (31 décembre 2010)
Densité 13 hab./km2
Géographie
Coordonnées 54° 08′ 00″ N 13° 46′ 00″ E / 54.13333333, 13.7666666754° 08′ 00″ Nord 13° 46′ 00″ Est / 54.13333333, 13.76666667  
Altitude 3 m
Superficie 2 497 ha = 24,97 km2
Localisation

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Peenemünde
Liens
Site web www.amt-usedom-nord.de
Situation de Peenemünde dans l'arrondissement de Poméranie-Occidentale-Greifswald
(de gauche à droite) Le général Emil Leeb, Heinrich Lübke et (?), en arrière-plan, Fritz Todt, Walter Dornberger, à Peenemünde le 21 mars 1941 (archives allemandes)

Peenemünde est un petit port d'Allemagne situé dans l'arrondissement de Poméranie-Occidentale-Greifswald et le Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale.

Géographie[modifier | modifier le code]

Peenemünde est la commune la plus septentrionale de l'île de Usedom. Elle est située au nord-ouest de la station balnéaire de Karlshagen, à l'estuaire du Peenestrom.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le petit port a été mentionné pour la première fois en 1284. Le roi Gustave-Adolphe de Suède y a débarqué à la tête de quinze mille hommes au début de la Guerre de Trente Ans, le 26 juin 1630. Il prend rapidement toute la baie et la région environnante. La paix de Westphalie (1648) l'attribue, comme toute la province, à la Poméranie suédoise.

Base militaire allemande[modifier | modifier le code]

Ancien site militaire de recherche de l'armée allemande, la base de Peenemünde était à la fois, entre 1936 et 1943, un centre de fabrication et un site d'essais de missiles.

Il a produit les bombes volantes allemandes (V1, V2) dirigé par Walter Dornberger pour le V2 et la Luftwaffe pour le V1.

En Allemagne, pendant la République de Weimar, à la fin des années 1920, les amateurs de fusées sont nombreux. Ils se retrouvent sur un terrain militaire, loué par la ville de Berlin, situé à Tegel. Vers 1930, grâce à de nouveaux produits et matériaux (aluminium, oxygène liquide...), ils expérimentent de petits moteurs-fusées. La crise économique stoppe leurs projets. Parmi ces passionnés se trouve Wernher von Braun. C'est lui qui trouve le terrain idéal en l’île d’Usedom, située sur la mer Baltique, pour les essais des fusées A1, A2, A3, A4, A5... Ces tests serviront de base pour le futur V2.

En mars 1936, l'armée de terre confirme son financement du centre de recherche. Le 1er avril, la Luftwaffe annonce sa participation au projet. Dès août 1936, d'immenses travaux commencent et les premiers ateliers sont opérationnels le 1er mai 1937. Wernher Von Braun est nommé directeur technique du centre de recherche de l'armée de terre. Tous les travaux ont été réalisés par des prisonniers.

Il y a deux camps de travail. Le premier, le hall F1 : les prisonniers dorment au rez-de-chaussée et travaillent dans les étages pour la fabrication en série des fusées A4.

Le deuxième camp est installé près de l’aérodrome. Les prisonniers travaillent à l’aérodrome en effectuant des travaux de terrassement et de camouflage, ainsi que le réapprovisionnement des avions en essence. Ils ramassent, dans les marais, les pistons de la catapulte de tir de la rampe de lancement Walther, après les lancements des bombes volantes V1.

Les deux camps dépendaient du camp de concentration de Ravensbrück. Le Reichsführer Heinrich Himmler visite Peenemünde en avril 1943.

En Angleterre, Reginald Victor Jones identifie une fusée sur une photo aérienne de Peenemünde. Dans la nuit du 17 au 18 août, la RAF bombarde massivement le centre de recherches (opération Hydra) causant la mort d’environ 600 personnes.

Le bombardement de Peenemünde a plusieurs conséquences. Les essais seront désormais faits à Blizna en Pologne occupée (gouvernement général).

Une usine souterraine, dénommée « Mittelwerk » (« usine du centre »), est aménagée en Thuringe, près de Nordhausen : c'est le camp de concentration de Dora. Les travaux d’aménagement y débutent le 28 août 1943 avec l’arrivée à Nordhausen d’un premier groupe de déportés venus de Peenemünde par Buchenwald, pour former un Kommando de travail, baptisé « Dora ».

En février 1945, devant l'avance des forces alliées et plus particulièrement de celles de l'armée soviétique, le régime nazi décide d'évacuer et de dynamiter le centre de recherches.

Peu avant la capitulation sans condition de l'armée allemande, Wernher von Braun organise sa fuite vers l'Ouest et négocie son départ vers les États-Unis (voir opération Paperclip). Des 500 membres de son équipe, les Soviétiques ne saisiront que Helmut Gröttrup, responsable du système de guidage des missiles.

Opération Hydra[modifier | modifier le code]

L'opération Hydra fut préparée en Angleterre. À h le 18 août 1943, 598 bombardiers Avro Lancaster, Halifax et Stirling du Wing Commander J. H. Searby, partis la veille à 22 h d’Angleterre, frappèrent la base de Peenemünde.

La pleine lune permit aux avions de frapper les cibles désignées par les rapports et photos aériennes. La surprise des Allemands fut complète, mais les escadrilles de protection venant de Berlin arrivèrent rapidement sur les lieux et les pertes alliées furent lourdes (40 bombardiers abattus).

Toutefois le bilan fut positif pour les alliés :

  • 1 900 tonnes de bombes dont 300 tonnes de bombes incendiaires furent larguées
  • Le général von Chamier-Gliczinski, directeur de Peenemünde, fut tué
  • Le général Jeschonek, chef d’état major de la Wehrmacht, paraît également avoir été parmi les victimes (selon d’autres sources, il se serait suicidé après le raid)
  • 500 techniciens des armes V et de nombreux experts en disciplines auxiliaires telles que l’électronique furent également tués
  • Des modèles, des maquettes, tous les plans et une grande partie de l’outillage de production furent détruits.

Cette attaque a vraisemblablement préservé Londres et les ports de débarquement d'un « rideau de pluie » de V1.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Documentaires télévisés[modifier | modifier le code]

  • L'arme de représailles : 2e épisode de la série Nazi Mégastructures, sur National Geographic.
  • Les armes secrètes d'Hitler, de Bernard George et Yves Le Maner, sur France 3.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]