Histoire de la Crimée

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La Crimée, ou péninsule de Crimée, située sur la côte nord de la mer Noire, a une histoire propre documentée depuis plusieurs millénaires. Sa géographie a conditionné une histoire différente au nord de la péninsule, plat, au climat continental rude et relié par voie de terre (isthme de Perekop) à la steppe pontique, et au sud, montagneux, au climat méditerranéen doux, et relié par la mer à l'Anatolie, au monde égéen mais aussi aux fleuves russes et à la mer d'Azov.

Son territoire a été habité par de nombreux peuples au cours de son histoire. Au nord se sont succédé les peuples des steppes : cimmériens, scythes, sarmates, roxolans, goths, huns, bulgares, khazars, pétchénègues, coumans dits « polovtses », alains, mongols de la Horde d'or et tatars. Au sud se sont établis, venus par la mer, les grecs antiques, romains, grecs byzantins devenus pontiques, russiens, arméniens dits « tcherkessogaïs », juifs karaïmes ou krymchaks, vénitiens, génois et turcs ottomans. Plus récemment la Crimée a appartenu aux russes impériaux, russes soviétiques et ukrainiens.

Dénomination[modifier | modifier le code]

Il est possible, mais non prouvé, que le nom de la péninsule vienne des Cimmériens antiques (Kimmerioi en grec, c'est-à-dire « habitants des marges », Kymè en grec). Mais les anciens Grecs l'appelaient aussi « Tauris » (plus tard Tauride) d'après le nom de la tribu des Tauri. La plupart des linguistes pensent que la « Crimée » tire son nom de la ville de Qırım (aujourd'hui Stary Krym) qui a servi de capitale à l'époque de la Horde d'or.

Après l'annexion de la Crimée par Catherine II en 1783, les autorités russes ont tenté de faire revivre l'ancien nom de « Tauride » en appelant ainsi la goubernia englobant la Crimée. Mais « Tauride » n'a été utilisé que dans les documents officiels et « Crimée » est resté un nom commun pour la péninsule.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Tauride, Royaume du Bosphore et Royaume du Pont.
La colonie grecque de Chersonèse, l'une des Sept merveilles d'Ukraine (près de Sébastopol).
Les colonies grecques du nord de la mer Noire.

Les premiers habitants de la future Crimée dont on connaisse le nom sont les Cimmériens. Au VIIe siècle av. J.-C., la plupart des Cimmériens migrent vers l'Anatolie et les Balkans, sous la poussée des premiers Indo-Européens : les Scythes (ou Saces). Quelques groupes de Cimmériens se réfugient néanmoins dans les montagnes, où ils subsistent sous le nom de « Tauriens » (« peuple du taureau », en grec).

Sur les côtes, les grecs (surtout Ioniens) fondent des colonies, dont Théodosie (au sud-est) et Chersonèse, une des « Merveilles d'Ukraine » (au sud-ouest, près de l'actuelle Sébastopol), créée par les marins d’Héraclée du Pont (VIe siècle av. J.-C.). La Tauriens d'origine cimmérienne/criméenne perdurent jusqu'à la fin du IVe siècle avec le roi Sauromatès VI du Bosphore. Peu à peu, la Crimée est intégrée au monde grec. Elle est désormais dénommée « Chersonèse Taurique » (c'est-à-dire « presqu'île des Tauriens ») et communément appelée « Tauride ».

La péninsule criméenne restera hellénistique durant dix-sept siècles. Elle passe successivement sous la suzeraineté du royaume gréco-scythique du Bosphore, puis à celle du royaume du Pont, ces deux royaumes étant centrés sur le détroit de Kertch (Est de la Crimée).

En orange, vers 100 av. J.-C., l'empire du Pont, royaume antique situé sur les côtes de la mer Noire. Il comprend le royaume du Bosphore gréco-scythique, et divers alliés. Sa langue officielle est le grec ancien.

Vers 110 av. J.-C., Mithridate VI roi du Pont s'empare de la Crimée, appelé par les Grecs de la région que menacent les Scythes. Mais en 66 av. J.-C., il est vaincu définitivement par Pompée, sur l'Euphrate. Et il doit se réfugier en Crimée, dans sa ville de Panticapée. Après sa mort, la région passe progressivement sous influence romaine tout en restant culturellement grecque.

Antiquité tardive et début du Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La moitié Sud de la Crimée reste longtemps gréco-romaine. Le reste de la péninsule est occupé par les Goths et les Alains (250 ap. J.-C.). Theodoros, ancienne forteresse située au sud-ouest de la Crimée (à 21 km à l'est de Sébastopol), fut peut-être fondée par ces Goths et Alains. La population des Goths de Crimée subsiste plusieurs siècles, avec sa propre langue, le gotique de Crimée, mais Goths et Alains (ici dénommés Iasses, et proches des actuels Ossètes) sont progressivement hellénisés, adoptant la langue grecque et la religion chrétienne orthodoxe. Au début du IXe siècle, l'Empire byzantin organise le Sud de la Crimée en un « thème » (province civile et militaire) : le thème de Cherson. En 1204, lorsque Constantinople, capitale byzantine, tombe entre les mais des croisés occidentaux, les Vénitiens s'emparent des ports de Cembalo, Caulita, Lousta, Soldaïa et Caffa (Théodosie) tandis que le thème lui-même échoit à l'empire grec de Trébizonde.

Dans la moitié Nord de la péninsule, divers autres peuples se succèdent : les Huns (376, les Bulgares (Ve siècle), les Khazars (VIIIe siècle), les Russes kiéviens (Xe ‑ XIe siècles), les Pétchénègues (1016), les Kiptchaks (1050), les Coumans ou Polovtses (1171), les Tatars et aussi les Mongols (1237).

En 1235 l'empire grec de Trébizonde reprend les ports criméens aux Vénitiens, pour les concéder au XIIIe siècle aux Génois. En ce XIIIe siècle, il faut aussi mentionner une présence d'Arméniens tcherkessogaïs dans la péninsule[1]. En témoigne la présence de nombreuses églises et monastères arméniens comme le monastère de la Sainte-Croix de Sourkhat.

En 1362, l'Empire byzantin récupère le thème de Théodoros avec Doros pour capitale. Le basileus Jean V Paléologue le confie à l'un de ses parents, le thémarque Demetrios Paleologue Gavras. Les descendants de celui-ci en feront un État grec orthodoxe quasi indépendant.

Cet état byzantin, appelé Principauté de Théodoros, disparaîtra vingt-deux ans après la chute de Constantinople (1453) et quatorze ans après celle de Trébizonde (1461), sous les coups des conquérants Turcs ottomans, alliés aux Tatars. Le thémarque Alexandre de Théodoros meurt au combat en décembre 1475 et l'ancien thème devient une province ottomane. Dans la nouvelle province turque, Arméniens et Grecs pontiques sont désormais une minorité de dhimmis. Il n'y aura plus d'autres chrétiens en Crimée jusqu'à l'arrivée des Russes en 1774. Le nord de la péninsule fait désormais partie du khanat de Crimée.

Khanat de Crimée[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Horde d'or et Khanat de Crimée.
La Crimée représentée sur une carte de l'amiral turc Piri Reis, vers 1520.
Le khanat de Crimée vers 1600.

Le khanat des Tatars Nogaïs était initialement chamaniste et indépendant. Depuis des siècles, la Horde Nogaï vivait en partie d'expéditions de pillage en Pologne, en Moldavie et en Russie. Mais les princes chrétiens, les voïvodes et les tsars de ces pays devenaient de plus en plus puissants. Et en 1475, le khanat se plaça sous la protection de l'Empire ottoman, payant pour cela un tribut, devenant progressivement un État allié, vassal et musulman qui perdura jusqu'en 1783.

En 1498, les empire turco-mongols (Tatars de Crimée et Ottomans) affrontèrent militairement les Polonais et les Moldaves. En 1511, le khanat aida le futur sultan ottoman Sélim à obtenir le poste de gouverneur de la province d'Özi, à l'ouest de la mer Noire.

En 1569, le khanat attaqua Astrakhan, qui était passé sous le contrôle de la Russie. Deux ans plus tard, en 1571, les Tatars, sous les ordres du khan Devlet I Giray, lancèrent un raid contre Moscou, faisant environ 100 000 prisonniers.

En 1578, le khanat aida l'Empire ottoman dans une guerre contre les Perses. Durant le XVIIIe siècle, craignant que les Grecs pontiques ne soutiennent les Russes, le khanat de Crimée en expulsa des milliers vers la Dobrogée et le Pont.

Empire russe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gouvernement de Tauride.
Sébastopol, fondée en 1783, est devenue le principal port de la Crimée (Photo vers 1905).

La Crimée a été conquise par la Russie au XVIIIe siècle sur les Tatars, vassaux de l'empire ottoman. À l'issue de la guerre russo-turque de 1768-1774 la Tauride et la Crimée devinrent russes. Le traité d'Iaşi mit fin à l'existence du khanat de Crimée. Il inaugura une politique de peuplement par des chrétiens (grands-russiens et petits-russiens — c'est-à-dire des Russes et des Ukrainiens —, mais aussi Allemands, Moldaves, Arméniens et Grecs nord-pontiques rappelés sur leurs terres d'origine), au sein d'une nouvelle entité territoriale qui vit aussi s'élever des villes à l'architecture et aux noms grecs antiques (Odessa, Tyraspol, Ovidiopol, Chersonèse, Simféropol, Sébastopol, Théodosie, Mélitopol…), entité appelée Nouvelle Russie. Le pays, jusque là consacré à l'élevage extensif des Tatars, devint terre de cultures. Et dès lors, les Tatars de Crimée, bientôt minoritaires, furent persécutés, chassés vers l'Empire ottoman, déportés vers la Russie centrale ou la Sibérie, ou aussi massacrés lors des révoltes. Leurs vassaux Roms qui élevaient leurs chevaux, fabriquaient leurs tentes, selles et chaudrons, construisaient leurs chars, portaient leurs bagages et reconnaissaient le terrain lors des raids, devinrent alors par tribus entières la propriété des Tzars, boyards et monastères chrétiens et devenant ainsi non plus des tataritika Roma mais des khaladitika Roma. La Russie impériale chargea les Cosaques de « pacifier » et d'assimiler définitivement Tatars et Roms, dont beaucoup furent sédentarisés de force[2].

La Crimée fut alors intégrée dans le gouvernement de Tauride. Des nouvelles villes slaves furent édifiées, ainsi que des voies ferrées construites et des marais asséchés. La péninsule de Crimée devint la villégiature des Tzars et des aristocrates russes à partir de 1850, lorsque les familles princières de Saint-Pétersbourg firent construire leurs résidences d'été près des villages côtiers qui jouxtent Yalta, Foros, Aloupica, Livadia, Massandra… Ces pittoresques stations balnéaires ont conservé palais et datchas de l'époque. La Crimée devint aussi une importante tête de pont pour la marine marchande russe, vers les mers chaudes.

En 1853, l'empire Ottoman en plein déclin décida, avec le soutien de la Grande-Bretagne et de la France, de mettre un coup d'arrêt à l'expansion économique et territoriale russe. Les alliés de circonstances attaquèrent la péninsule. Le conflit de 1854–1856 fut extrêmement meurtrier, moins par faits de guerre que par épidémies dues au manque d'eau et d'hygiène (choléra et typhus) : 750 000 hommes périssent en trois ans. La Crimée resta sous le contrôle de la Russie, malgré le siège de Sébastopol qui se solda par une défaite russe. Cette guerre ruina durablement l'économie et les structures sociales de la Crimée, mais la seule perte territoriale russe fut une bande de terre de la taille d'un département français dans le Boudjak, rendue à la Moldavie le long des bouches du Danube (terre que la Russie reprit 22 ans après).

Article détaillé : Guerre de Crimée.
Feux d'artifices célébrant la visite de Catherine II de Russie en 1780.

Ce fut surtout après 1860 que la Crimée se releva et devint une véritable riviera russe. Les empereurs de Russie aimaient à séjourner dans leur palais de Livadia. Tandis que Yalta allait devenir une ville comparable à Nice ou à Cannes, et Sébastopol se transformer en un port militaire important. Ce fut le début du maillage des stations balnéaires en Crimée, et tout autour de la mer Noire.

Beaucoup de Tatars de Crimée, déjà réduits en nombre par l'émigration forcée vers l'Empire ottoman au XVIIIe et au début du XIXe siècle, durent quitter la région en raison des guerres russo-ottomanes, de persécutions et de confiscations de terres. Beaucoup émigrèrent vers diverses provinces de l'Empire ottoman, notamment la Dobrogée et l'Anatolie. Ils ne constituèrent bientôt plus qu'une minorité en Crimée. Finalement, le gouvernement russe décida de cesser le processus d'expulsion au XIXe siècle, car les élevages ovins en souffraient et les Tatars restant, peu nombreux, ne présentaient plus une menace à ses yeux. Vers la fin de la Première Guerre mondiale, Lénine et les bolchéviks, dont l'Allemagne avait financé le retour en Russie contre la promesse d'une paix à l'Est, doivent « renvoyer l'ascenseur » au Kaiser au traité de Brest-Litovsk : ils abandonnent à l'Allemagne les pays baltes, la Biélorussie, l'Ukraine et la Crimée, que, de toute manière, ils ne contrôlaient pas. Mais les Allemands, vaincus à l'Ouest, se retirent sept mois plus tard, et les bolcheviks se trouvent alors confrontés aux indépendantistes de la République populaire ukrainienne, reconnue par la France et la Grande-Bretagne en janvier 1918, et qui déclare son indépendance le 22 janvier 1918, tandis que les forces anglaises et françaises s'installèrent à partir de novembre 1918 dans les principaux ports. En outre, les anarchistes et les Russes monarchistes (dits « Blancs ») contrôlent, eux aussi, des parties du pays : la Crimée, par exemple, fut un bastion de l'Armée blanche anti-bolchévique, commandée par le général Wrangel.

La guerre civile russe éclata en 1919, mais les Mutineries de la mer Noire affaiblirent les adversaires des bolcheviks, et les Blancs furent finalement défaits par l'Armée rouge en 1920. Beaucoup de Russes et d'Ukrainiens non-communistes prirent alors la fuite avec la flotte de l'Armée Blanche via Constantinople vers l'Europe occidentale.

Article détaillé : Flotte de l'Armée blanche.

Union soviétique[modifier | modifier le code]

Carte montrant les dernières divisions administratives des Républiques de l’URSS (1989) avant son effondrement (1991).
Les grandes alliances militaires

En 1918, après la victoire des Bolcheviks, la Russie devient la République socialiste fédérative soviétique de Russie (RSFSR), dont l'Ukraine est une composante. Quatre années plus tard (1922), est créée l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) de structure fédérale et comprenant à l'origine quatre Républiques : Russie (Asie centrale incluse), Ukraine, Biélorussie et Transcaucasie (Géorgie, Arménie et Azerbaïdjan ensemble). La République socialiste soviétique d'Ukraine (RSSU) et la République socialiste soviétique autonome de Crimée (RSSA de Crimée, partie de la Russie) en font partie et subissent les plans de collectivisation qui aboutissent à une disette continue, voire de famine au début des années 1920. Entre 1931 et 1933, pour briser la paysannerie et le nationalisme ukrainien, Staline intensifie la collectivisation : la famine qui en résulte est appelée « Holodomor » ou « extermination par la faim » par les Ukrainiens[4]. Quiconque murmure, proteste ou résiste est aussitôt catalogué « saboteur » ou « espion fasciste » et les purges des années 1930 envoient de nombreux intellectuels, cadres et officiers au goulag ou au peloton d'exécution.

Pendant la Seconde Guerre mondiale la Crimée fut le théâtre de sanglantes batailles où la Wehrmacht subit de nombreuses pertes pendant sa progression vers l'est, notamment durant l'été 1941, dans l'isthme de Perekop qui relie la péninsule à l'Ukraine. Cette barrière naturelle conquise, les Allemands occupèrent aussitôt la plus grande partie de la Crimée, mais la ville de Sébastopol résista héroïquement au siège allemand d'octobre 1941 jusqu'au 4 juillet 1942, et recevra après la guerre, le titre de Ville héros.

Les troupes soviétiques reprirent définitivement la ville de Sébastopol en mai 1944. La fin de la Seconde Guerre mondiale ne fut pas une libération pour tous les soviétiques : en trois jours (18 au 21 mai 1944), les Tatars de Crimée furent tous déportés, sans exception, sous l'accusation d'avoir aidé les Allemands : 46 % des 193 865 déportés moururent de faim ou de maladies[5]. Le 30 juin 1945, la République socialiste soviétique autonome de Crimée fut abolie et rétrogradée en oblast de Crimée de la République socialiste fédérative soviétique de Russie. En 1948, Sébastopol fut détaché de l'oblast pour dépendre directement du gouvernement central de la RSFSR[6].

Le 19 février 1954, Nikita Khrouchtchev, Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de l'Union soviétique et dont l'Ukraine était la patrie d'adoption, rattacha l'oblast de Crimée à la République socialiste soviétique d'Ukraine (RSSU) à l'occasion du 300e anniversaire de la réunification de la Russie et de l'Ukraine. Treize années plus tard (en 1967), les Tatars de Crimée furent réhabilités, mais sans pour autant être autorisés à revenir dans la péninsule. Ils n’accédèrent à ce droit qu'après la fin de l'Union soviétique et son remplacement par la CEI.

Ère post-soviétique[modifier | modifier le code]

Évolution des territoires ukrainiens et criméens de 1918 à 1991
Situation de la Crimée entre Ukraine et mer Noire, dans le jeu stratégique entre Russie et OTAN, entre la CEI et l'UE.

À la suite de la dislocation de l'URSS de 1989, et après référendum, la Crimée se déclare le 20 janvier 1991 « République autonome » (dans l'intention affichée de devenir une « République unionale » (RSS) à part entière), mais sept mois plus tard, le 24 août 1991, l'Ukraine proclame son indépendance (confirmée par référendum du 1er décembre 1991). Une semaine plus tard à Minsk, l’URSS cesse d’exister, à la suite de sa dissolution décidée par les dirigeants russe, ukrainien et biélorusse. La Crimée est à ce moment une République autonome de l'Ukraine.

Le 21 décembre 1991, à Alma-Ata, est fondée la Communauté des États indépendants (C.E.I). La nouvelle CEI regroupe onze des quinze anciennes « Républiques unionales » soviétiques : l'Azerbaïdjan, de l'Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizstan, la Moldavie, la Russie, le Tadjikistan, le Turkménistan, l'Ouzbékistan et l'Ukraine (les trois pays baltes visent l'Union européenne, et quant à la Géorgie, elle rejoindra la CEI le 3 décembre 1993).

En début 1992, l'Ukraine réaffirme sa pleine souveraineté sur la Crimée. Pour les populations d'origine russe ou russophones, ou même russophiles, la Crimée, simple cadeau de Khrouchtchev à l'Ukraine soviétique, ne saurait devenir un simple oblast de l'Ukraine. Pour la Russie non plus, en raison de la présence dans la péninsule du principal arsenal de l'ex-flotte soviétique de la mer Noire). La Crimée travailla alors à un projet de constitution.

Autre point de discorde, le retour et la réinstallation des Tatars de Crimée, déportés par Staline. Leurs logements, villages et terres avaient été occupés par des colons principalement Russes (venus de villes et villages détruits pendant la Seconde Guerre mondiale). Les Tatars n’obtiennent pas le total rétablissement de leurs droits (les litiges sont traités au cas par cas et les plaignants souvent déboutés faute de preuves de leur spoliation)[7]. Leur langue n’est pas reconnue officiellement (on estime à plus de 600 000 le nombre de locuteurs du tatar de Crimée, dont près de 450 000 se trouvent encore en Russie, et près de 100 000 en Dobrogée roumaine). Le peuple tatar est aujourd’hui toujours réparti en diaspora, en Asie centrale ou en Turquie (les descendants des Tatars de Crimée présents en Turquie sont estimés à quatre millions : ils ne parlent plus leur langue d’origine, mais le turc)[8].

Années 1990 : autonomie relative[modifier | modifier le code]

Carte des pays où le russe est soit langue officielle, soit fréquemment parlé.

Le 5 mai 1992, la Crimée proclame sa première Constitution[9].

Les tensions étant momentanément apaisées sur l'ensemble de l'Ukraine, la Crimée reste au sein de ce pays en tant que région autonome pourvue de sa propre constitution selon laquelle les langues officielles de la Crimée sont le russe et l'ukrainien. La ville criméenne de Sébastopol accède à un statut spécial en Ukraine. Son arsenal portuaire de Sébastopol restera à la Russie, qui continuera à y entretenir sa flotte militaire stratégique du Sud[10].

Le 19 juillet 1994, Leonid Koutchma (1994-2005 ; ex-communiste) est élu 1er président d'Ukraine, pour cinq ans. Il reste en place pendant deux mandats. Le 17 mars 1995, le parlement ukrainien abolit la constitution criméenne de 1992. De juin à septembre 1995, c'est le président Koutchma qui gouverne directement la Crimée par décrets. Il en résulte un nouveau bras de fer entre pro-russes et pro-ukrainiens, en Crimée mais aussi dans le reste de l'Ukraine. L'enjeu est en fait le statut de la ville de Sébastopol et l'éventuel retrait de la flotte russe de la mer Noire. Comme chaque fois que des tensions apparaissent entre un pays ex-soviétique et la Russie, de nombreuses inquiétudes apparaissent au niveau international quant à la stabilité du « glacis russe »[11] Le parlement de Crimée vote alors une nouvelle série de lois constitutionnelles (octobre 1995), qui seront longtemps contestées par les autorités ukrainiennes, car réaffirmant et précisant l'autonomie de la Crimée. La situation restera tendue, mais sans incidents, pendant plusieurs années, jusqu'aux défaites électorales des partis ukrainiens pro-européens nés à l'issue de la chute du bloc soviétique. La Russie retrouve alors son niveau d'influence antérieur dans les affaires intérieures de l'Ukraine, et surtout de la Crimée. La Russie facilite la distribution de passeports russes à la population russophone de Crimée, comme elle l'avait déjà fait en Transnistrie moldave et, dans les années 1990-2000 puis avant et après 2008, en Géorgie où la « passeportisation » des Abkhazes et des Ossètes du Sud, prélude à la reconnaissance diplomatique par la Russie de ces Républiques séparatistes, avait provoqué d'importants exodes, de ceux qui refusaient ces passeports, de ces régions en direction notamment de Tbilissi, Gori et Zougdidi.

En 1997, le rattachement de la Crimée à l'Ukraine (comme République autonome) est officiellement reconnu par la Russie. La nouvelle Constitution criméenne sera officiellement ratifiée par les deux parlements, russe et ukrainien, les 21 octobre et 23 décembre 1998. La Crimée devient une entité administrativement et territorialement autonome au sein de l’État unitaire d'Ukraine. La Crimée n'est pas un État souverain mais son intégrité territoriale, son autonomie y compris budgétaire et le statut de sa population russophone et ses droits patrimoniaux face à toute revendication, lui sont garantis. Et enfin, elle possède son propre organe représentatif, la Verkhovna Rada (Parlement), un Conseil des ministres (organe exécutif), et un chef d'État[12].

Années 2000 : nouvelle constitution et conflits russo-ukrainiens[modifier | modifier le code]

La pratique linguistique en Ukraine divise en deux parts ce pays : au nord-ouest, la langue ukrainienne domine ; au sud-est c'est la langue russe. Cette division linguistique est à rapprocher des sensibilités pro-occidentales ou pro-russes, en Ukraine et Crimée.

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La seconde constitution de la Crimée entre en vigueur à partir du 12 janvier 1999[13].

Au début du troisième millénaire, la croissance de l'Ukraine (et de Crimée) reste à deux chiffres, mais la réaction économique russe à la révolution orange de 2004-2005 (cessation des fournitures énergétiques à bas prix) provoque son ralentissement à 2,1 %. Mais c'est surtout la crise économique de 2008-2009 qui lui porte un coup d'arrêt : elle chute tout à coup de 15 %. Kiev est alors obligé de s'endetter auprès du FMI (plan de sauvetage économique sous forme de prêt) pour plus de seize milliards d'euros[14]. Avec les nouveaux prix élevés des fournitures énergétiques russes, l'Ukraine a des difficultés à régler ses factures, d'où les conflits gaziers russo-ukrainiens de 2005 à 2009[15]. Ces événements alimentent en arguments les mouvements pro-occidentaux de l'opposition ukrainienne et font monter les mécontentements dans les régions de l'ouest qui, sur le plan économique, sont les moins riches de l'Ukraine[16].

Enfin, le débarquement de matériel militaire américain via l'OTAN, le 27 mai 2006, dans le port criméen de Théodosie (Feodossia, en Crimée), en prévision de l'exercice Sea Breeze 2006, ravive fortement les tensions avec la Russie, ainsi que les passions en Crimée. En effet, ni la Crimée, ni l'Ukraine ou la Russie ne sont membres de l'Alliance militaire atlantique occidentale. Et l'autorisation de débarquement avait été donnée par le troisième président d'Ukraine, le pro-occidental Viktor Iouchtchenko (2005-2010, parti Notre Ukraine), alors que constitutionnellement, la décision relevait du seul Parlement ukrainien[17].

Les élections législatives de 2007 donnent la victoire au Parti des régions de Viktor Ianoukovytch. Mais les « forces pro-occidentales » de Notre Ukraine et du Bloc Ioulia Tymochenko s'allient pour former un gouvernement de coalition : c'est la « cohabitation », une situation politique à laquelle des pays comme l'Allemagne, la France ou l'Italie sont habitués, mais qui dans les pays de l'Est se révèle très conflictuel. L'année suivante, sur proposition du président géorgien Mikheil Saakachvili, le parlement géorgien vote la sortie de la Géorgie de la Communauté des États indépendants (CEI). Une semaine plus tard, le 14 août 2008, le député Iouri Kostenko du nouveau groupe pro-présidentiel Notre Ukraine-Autodéfense populaire (NUAP) et leader du Parti populaire ukrainien, déposent à la Rada suprême (parlement ukrainien), un projet de loi dénonçant l'accord de participation de l'Ukraine à la CEI. Le secrétariat du président ukrainien, soutenu par les occidentaux, affirme que Kiev n'a jamais signé les Statuts de la CEI. Mais finalement, l'Ukraine restera dans la CEI en tant que membre fondateur et État participant.

Dernières élections parlementaires de Crimée, en 2010.

Le 3 juin 2010, l'Ukraine renonce à une adhésion à l'OTAN[18]. Cette année-là, de nouvelles élections générales se déroulent dans l'ensemble de l'Ukraine. Le 31 octobre 2010, la Crimée, région autonome d'Ukraine, vote pour élire ses parlementaires (à la majorité proportionnelle mixte). Le « Parti des régions » (créé le 26 octobre 1997), qui est russophone et dirigé par Volodymyr Rybak, remporte sans surprise les élections parlementaires criméennes, avec une majorité écrasante (80 des 100 sièges). La carte ethnique de la péninsule montre, en effet, environ 60 % de Russes, contre 25 % d'Ukrainiens et moins de 15 % de Tatars (les autres minorités anciennes comme les Allemands criméens, les Moldaves, les Pontiques ou les Tcherkessogaïs, ont quasiment disparu par déportation ou émigration). Aujourd'hui près de 98 % des habitants de Crimée parlent le russe.

Deux ans plus tard, à Kiev, lors de l'élection parlementaire ukrainienne de 2012, le Parti des régions remporte 185 sièges au Parlement ukrainien. Il forme alors un groupe parlementaire russophone majoritaire de 210 députés (sur un total de 444 sièges).

Courant 2013, l'Union européenne propose un accord d'association avec une Ukraine dont les caisses étatiques sont à nouveau vides[19]. Mais le parlement Ukrainien refuse l'accord d'association avec l'U.E[20].

En réaction, la population de l'ouest ukrainien et une partie des Kiévois se soulèvent en novembre 2013 : ce sont les manifestations dites « Euromaïdan » qui rappellent l'ancienne révolution orange (2004-2005). La radicalisation de la manifestation avec les violences qui s'ensuivent débouchent le 22 février 2014 sur la prise du palais présidentiel et de l'assemblée parlementaire de Kiev, ainsi qu'à la fuite du président de l'Ukraine, Viktor Ianoukovytch (2010-2014, Parti des régions)[21].

Situation géopolitique de la Crimée et de l'Ukraine en 2014 dans l'ensemble de ce que les média appellent la « sphère d'influence russe ».

Ce changement de pouvoir à Kiev, « révolution » pour l'opposition pro-européenne, mais « coup d'État » pour les pro-russes et pour la Russie, attise en république de Crimée, région très majoritairement russophone les tendances séparatistes face à l'Ukraine. Fin février 2014, la Crimée annonce qu'elle ne reconnaît pas le nouveau président ukrainien (23 février 2014) par intérim, Olexandre Tourtchinov et les nouvelles autorités provisoires d'Ukraine. Le 27 février 2014, le Parlement de la Crimée vote la tenue d'un référendum sur la question d'une autonomie renforcée vis-à-vis de Kiev ; un référendum est prévu pour le 25 mai 2014. Kiev dénonce la légalité de ce référendum, qui est alors avancé au 30 mars (puis une semaine plus tard, au 16 mars). Face à des menaces de sanctions, Vladimir A. Konstantinov, le président de la Crimée (Conseil suprême de Crimée), et Sergey Aksyonov (ou Serguiï Axionov selon la double translittération ukrainienne puis française), son nouveau premier ministre de Crimée et chef du parti « Unité russe », font alors appel officiel à la Russie[22],[23].

Composition ethnique de la population de Crimée par districts et villes (2001) :
1. En rouge : Russes (moy. : 59 %)
2. En jaune : Ukrainiens (moy. : 24 %)
3. En vert : Tatars de Crimée (moy. : 12 %)
4. En violet : Autres (moy. : 5 %).
Dans la capitale Simferopol, un groupe d'auto-défense de la République autonome de Crimée, avec des boucliers peints aux couleurs du drapeau de la Flag of Crimea.svg Crimée ; Ukraine, 2 mars 2014
Elizabeth Arrott / Voice of America (VOA)

Le 1er mars 2014 la tension monte d'un cran : des groupes armés d'autodéfense formés de russophones criméens, ainsi que des troupes et blindés russes basés dans le port de Sébastopol, se répartissent sur des points stratégiques de la péninsule[24], afin d'après des commentateurs de la presse étrangère, « de protéger la flotte de Sébastopol[25] », et aussi d'assurer la sécurité des habitants russophones de Crimée, selon le ministre des affaires étrangères de la fédération de Russie Sergueï Lavrov[26]. Aussi présentes, les troupes ukrainiennes moins nombreuses restent cantonnées dans leurs bases militaires criméennes[27].

Le 3 mars, certaines troupes ukrainiennes n'ont pas rendu les armes. Mais des responsables américains annoncent qu'ils considèrent que les troupes pro-russes ont achevé le contrôle opérationnel de la Crimée. Les atlantistes se réunissent et évoquent des rétorsions et sanctions non militaires. Dans le même temps, Vladimir Poutine, actuel Président de la Fédération de Russie, accepte de dialoguer avec « un groupe de contact »; notamment avec la chancelière d'Allemagne Angela Merkel[28].

Le 11 mars, le Parlement criméen proclame l'indépendance de la péninsule vis-à-vis de l'Ukraine. Le 18 mars 2014, le président russe Vladimir Poutine signe avec les dirigeants de Crimée un accord historique sur le rattachement de cette péninsule à la Russie. Cette signature intervient deux jours après le référendum en Crimée qui a plébiscité un rattachement à Moscou[29]. Ce rattachement n'est reconnu que par le Kirghizistan[30], l'Arménie[31] et la Biélorussie[32].

Article détaillé : République de Crimée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Claude Mutafian et Éric Van Lauwe, Atlas historique de l'Arménie, Autrement, coll. « Atlas / Mémoires », 2005 (ISBN 978-2746701007), p. 84-85.
  2. Stéphane Zweguintzow, « Les Roma de l'ex-URSS », in Échos de Russie et de l'Est, Éd. B. de Saisset, 1994 et Régis Blanchet, « Un peuple-mémoire, les Roms », éd. du Prieuré, ISBN 2909672816.
  3. (en) Africa-Union : Peace and Security Council.
  4. (en) Jacques Vallin, France Mesle, Serguei Adamets, Serhii Pyrozhkov, « A New Estimate of Ukrainian Population Losses during the Crises of the 1930s and 1940s », Population Studies, Vol. 56, No. 3, novembre 2002, p. 249-264. Robert Conquest, Sanglantes moissons : la collectivisation des terres en URSS, Robert Laffont, 1995 (éd. américaine 1986). 1933, l'année noire : Témoignage sur la famine en Ukraine.
  5. (ru) Nikolaï F. Bougaï, « К вопросу о депортации народов в 30-40-х годах » [Déportation des peuples de l'Union soviétique dans les années 1930 et 1940], dans История СССР № 6 [Histoire de l'Urss no 6, (1.2) Moscou 1989] : vue d'ensemble de la déportation des Allemands soviétiques, des Baltes, Moldaves, Ukrainiens, Kalmouks, peuples Caucasiens du Nord, Tatars criméens, et d'autres, avant et pendant la Seconde Guerre mondiale.
  6. « La Crimée est-elle vraiment ukrainienne ? », lereporter.ma, 8 mars 2014.
  7. Romuald Romański, Les Tatars ISBN/EAN: 978-83-11-11035[9, articles de Stojan Romański et autres spécialistes sur [1] et sur http://www.ukrcensus.gov.ua/eng/results/nationality_population/nationality_1/s5/?botton=cens_db&box=5.1W&k_t=00&p=80&rz=1_1&rz_b=2_1%20%20%20%20%20%20%20%20%20%20%20%20&n_page=5]
  8. Ernst Eichler (dir.), Manuel international d'onomastique, Walter de Gruyter, NY 1995, ISBN 978-3-11-020342-4.
  9. « Première Constitution de la République de Crimée (1992) », 2014 Qrim (consulté le 1 mars 2014).
  10. « Ukraine : pourquoi la Crimée a-t-elle un statut à part ? (28-02-2014) », 2014 LeMonde (consulté le 1 mars 2014).
  11. « Sébastopol : une base navale russe clé en Ukraine (28-02-2014) », 2014 LeMonde (consulté en 29 février 2014).
  12. (en) « Seconde Constitution de la République de Crimée (1998) », 2014 Rada.crimea.ua (consulté le 1 mars 2014).
  13. « Le statut constitutionnel des régions dans la Fédération... (11-07-2003) », 2014 Books.google (consulté en 20 février 2014).
  14. (be) « L'Ukraine a reçu un prêt du FMI de 16,5 milliards de dollars (03-08-2009) », 2009 L'Écho (consulté en 25 décembre 2013).
  15. « Le gaz russe, enjeu crucial pour l'Ukraine et l'Union européenne (03-03-2014) », 2014 LeFigaro (consulté le 3 mars 2014).
  16. « Carte des régions de l'est de l'Ukraine qui sont les plus riches et dynamiques (PIB ukrainien par habitants et par région, en 2011) », 2014 LeMonde (consulté le 3 mars 2014).
  17. (ru) « L'OTAN bat en retraite en Crimée (14-06-2006) », 2014 RiaNovosti (consulté le 01 janvier 2014).
  18. (fr) « L'Ukraine renonce à entrer dans l'OTAN », Le Monde, 3 juin 2010.
  19. « Des caisses vides et une économie en faillite (26-02-2014) », 2014 LeMonde (consulté en 28 février 2014).
  20. « L'Ukraine tourne le dos à l'Union européenne (22-11-2013) », 2013 LeFigaro (consulté en 01 février 2014).
  21. « La Russie prête à intervenir - les Occidentaux mettent la pression (02-03-2014) », 2014 LeParisien (consulté le 3 mars 2014).
  22. « Ukraine : le chef du parti "Unité russe" nommé à la tête du gouvernement en Crimée (27-02-2013) », 2014 RiaNovosti (consulté le 2 mars 2014).
  23. « En Crimée, l'arrivée des Russes ravive les anciennes querelles (01-03-2014) », 2014 LeMonde (consulté le 2 mars 2014).
  24. « Malgré les bruits de bottes, Kiev tente la voie diplomatique (02-03-2014) », 2014 LeMonde (consulté le 2 mars 2014)
  25. (fr) Renaud Girard, Le Figaro, 3 mars 2014, p. 2
  26. (en) Allocution à Genève de M. Sergueï Lavrov « Sergueï Lavrov défend la position de la Russie en Ukraine », 2014 Euronews (consulté le 3 mars 2014)
  27. « L'armée ukrainienne, un nain militaire face au géant russe (03-03-2014) », 2014 NouvelObs (consulté le 2 mars 2014).
  28. « Crimée : pourquoi les Occidentaux ont les mains liées face à Moscou (02-03-2014) », 2014 Nouvelobs (consulté le 3 mars 2014).
  29. La Crimée est rattachée à la Russie", proclame le Kremlin
  30. Crimée: le Kirghizstan reconnaît les résultats du référendum, RIA Novosti, 20 mars 2014.
  31. Les USA irrités par le choix prorusse de l'Arménie, RIA Novosti, 21 mars 2014.
  32. (en) "Crimea is a part of Russia" - President Lukashenko, Voice of Russia, 23 mars 2014.

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Iaroslav Lebedynsky, La Crimée, des Taures aux Tatars, L'Harmattan, 2014 (ISBN 978-2343027951)
  • Pierre Gonneau, « Crimée : une péninsule convoitée », L'Histoire, mai 2014, no 399, p. 8-16
  • Pierre GONNEAU et Aleksandr LAVROV, Des Rhôs à la Russie. Histoire de l’Europe orientale 730-1689, Nouvelle Clio, PUF, 2012.
  • Grégory DUFAUD, Les Tatars de Crimée et la politique soviétique des nationalités, Non Lieu, 2011.
  • Emmanuelle ARMANDON, La Crimée entre Russie et Ukraine, De Boeck-Bruylant, 2012.
  • Léon TOLSTOÏ, Les récits de Sébastopol, Payot, 2005.
  • Alain GOUTTMAN, La guerre de Crimée, Perrin, 2006 (rééd.).
  • Adam MICKIEWICZ, Sonnets de Crimée, Orphée / La Différence, 1992.