Élection présidentielle ukrainienne de 2010

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Élection présidentielle ukrainienne de 2010
Démographie électorale
Votants au 1er tour 24 588 268
  
66,76 %
Votants au 2e tour 25 493 503
  
69,15 % Green Arrow Up.svg 3,6 %
Votes blancs au 1er tour 542 819
Votes blancs au 2e tour 1 113 051
Yanukovich.jpg
Viktor IanoukovytchParti des régions
Voix au 1er tour 8 686 751
Voix au 2e tour 12 481 266 Green Arrow Up.svg 43.7 %
  
35,32 %
  
48,95 %
Yulia Tymoshenko 2011.jpg
Ioulia TymochenkoUnion panukrainienne « Patrie »
Voix au 1er tour 6 159 829
Voix au 2e tour 11 593 357 Green Arrow Up.svg 88.2 %
  
25,05 %
  
45,47 %
Сергій Тигіпко.jpg
Serhiï TihipkoUkraine forte
Voix au 1er tour 3 211 257
  
13,06 %
Arseniy Yatsenyuk 2011-09-28.jpg
Arseni IatsenioukFront pour le changement
Voix au 1er tour 1 711 749
  
6,96 %
Viktor Yushchenko 2006.jpg
Viktor IouchtchenkoNotre Ukraine
Voix au 1er tour 1 341 539
  
5,45 %
Président
Sortant
Élu

L'élection présidentielle ukrainienne de 2010 s'est tenue les 17 janvier et 7 février. Pouvaient se présenter, selon l'actuelle Constitution, toute personne âgée d'au moins 35 ans et qui réside en Ukraine depuis dix années au minimum. Cette élection au scrutin uninominal majoritaire à deux tours, la cinquième depuis l'indépendance de l'URSS, a vu l'élection de Viktor Ianoukovytch au poste de président de la République, pour un mandat de cinq ans.

Des dix-huit candidats, c'est Viktor Ianoukovytch et Ioulia Tymochenko qui sont arrivés en tête du premier tour, avec respectivement 35,32 % et 25,05 % des voix. Contrairement à l'élection présidentielle de 2004, la Russie n'a pas officiellement soutenu l'un des deux candidats arrivés en tête[1] ; en revanche, elle avait annoncé sa préférence envers Ianoukovytch et Tymochenko par rapport au président sortant, Viktor Iouchtchenko[2].

Le chef de l'opposition Viktor Ianoukovytch est élu président de l'Ukraine avec 48,95 % des voix contre 45,47 % pour Ioulia Tymochenko. Les partisans de cette dernière dénoncent des fraudes massives, bien que l'OSCE ait jugé le scrutin « transparent et honnête ».

Candidats[modifier | modifier le code]

Le chef de l'État sortant, Viktor Iouchtchenko, leader de la « révolution orange », a annoncé sa volonté de briguer un second mandat, malgré des sondages défavorables[3]. L'ancien Premier ministre, Viktor Ianoukovytch, candidat perdant du second tour de l'élection présidentielle de 2004, fait également acte de candidature.

De son côté, l'ancienne alliée du président sortant Iouchtchenko et actuelle Premier ministre, Ioulia Tymochenko, a annoncé, le , sa candidature à la présidence de la République et a été investie par son parti le 24 octobre suivant[4]. Le , l'ancien président de la Rada, Arseni Iatseniouk a dévoilé son intention de se lancer dans l'élection.

Au total, dix-huit candidats briguent le palais Maryinsky[5].

Les neuf candidats arrivés en tête :

Campagne électorale[modifier | modifier le code]

Selon Oxford Analytica, la relation entre le président Iouchtchenko et son Premier ministre se serait extrêmement dégradée du fait de la recherche d'alliés par le président Iouchtchenko, en vue de sa réélection[6].

Six mois avant le scrutin, Viktor Ianoukovytch déclare compter « sur une victoire dès le premier tour[7] ». À cette date, les candidats les plus populaires sont Viktor Ianoukovytch et Ioulia Tymochenko, talonnée par le jeune Arseni Iatseniouk[8].

Le , Viktor Ianoukovytch refuse de prendre part à un débat télévisé contre sa rivale Ioulia Tymochenko, réputée formidable oratrice, qui s'est retrouvée seule avec le présentateur[9].

Résultats[modifier | modifier le code]

Premier tour[modifier | modifier le code]

Carte du taux de participation.
Candidats arrivés en tête dans les districts électoraux : Viktor Ianoukovytch en bleu, Ioulia Tymochenko en mauve, Sergueï Tiguipko en cyan et Viktor Iouchtchenko en orange.

Le taux de participation a atteint 66,76 %.

Candidat Parti/coalition Votes  %
Viktor Ianoukovytch Parti des régions 8 686 751 35,32 %
Ioulia Tymochenko Bloc Ioulia Tymochenko 6 159 829 25,05 %
Serhiï Tihipko Parti travailliste d'Ukraine 3 211 257 13,06 %
Arseni Iatseniouk Front pour le changement 1 711 749 6,96 %
Viktor Iouchtchenko Notre Ukraine 1 341 539 5,45 %
Petro Symonenko Parti communiste d'Ukraine 872 908 3,55 %
Volodymyr Lytvyn Parti populaire 578 886 2,35 %
Oleh Tyahnybok Union panukrainienne « Liberté » 352 282 1,43 %
Anatolii Hrytsenko Dissident de Notre Ukraine 296 413 1,20 %
Inna Bohoslovska - 102 435 0,41 %
Oleksandr Moroz Parti socialiste d'Ukraine 95 169 0,38 %
Yuriy Kostenko Parti populaire d'Ukraine 54 376 0,22 %
Autres candidats - 176 295 0,70 %
Votes blancs[10] - 542 819 2,20 %
Votes invalidés - 405 789 1,65 %
Total - 24 588 268 100 %

Le président sortant et candidat à sa succession Viktor Iouchtchenko est lourdement sanctionné par les électeurs, son mandat étant jugé à l'origine d'une forte vague de déception et de désillusion au sein de l'opinion publique ukrainienne[11].

Second tour[modifier | modifier le code]

Carte du taux de participation.
Candidats arrivés en tête dans les districts électoraux : Viktor Ianoukovytch en bleu, Ioulia Tymochenko en jaune.

Le taux de participation est plus élevé qu'au premier tour : 69,15 %.

Candidat Parti/coalition Votes  %
Viktor Ianoukovytch Parti des régions 12 481 268 48,95 %
Ioulia Tymochenko Bloc Ioulia Tymochenko 11 593 340 45,47 %
Votes blancs[10] - 1 113 051 4,36 %
Votes invalidés - 305 844 1,19 %
Total - 25 493 503 100 %

Viktor Ianoukovytch a proclamé sa victoire le soir même du second tour, et a appelé Ioulia Tymochenko à démissionner de son poste de Premier ministre dans l'espoir de former une nouvelle majorité parlementaire qui lui serait favorable[12].

Mais l'écart, plus faible que prévu (moins de 900 000 voix), conduit les partisans de Tymochenko à dénoncer des fraudes massives dans l'Est du pays, et à réclamer l'annulation de l'élection[13]. Les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont néanmoins jugé le scrutin « transparent et honnête[14] ». Ioulia Tymochenko retire finalement son recours en justice visant à invalider le résultat du scrutin le [15].

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Références[modifier | modifier le code]

  1. « La Russie espère un renforcement des liens avec l'Ukraine », L'Express, 19 janvier 2009.
  2. « L'Europe doit aider l'Ukraine a payer ses factures », Les Échos, 2 novembre 2009.
  3. « Ukraine : Washington ne jouera pas Moscou contre Kiev », dépêche AFP, 21 juillet 2009.
  4. « Ioulia Timochenko désignée candidate à la présidentielle en Ukraine », dépêche AFP, 24 octobre 2009.
  5. « L'Ukraine dans le flou sur son avenir à la veille d'élections à fort enjeu », dépêche AFP, 16 janvier 2010.
  6. (en) « Yushchenko plots his premier's removal », Oxford Analytica, 11 mars 2008
  7. « Ukraine-présidentielle: Ianoukovytch déterminé à être élu au premier tour », fr.rian.ru, 7 juillet 2009
  8. (ru) « Выборы президента: борьба за финал », segodnya.ua, 29 avril 2009.
  9. « Ianoukovitch refuse d'affronter Timochenko à la télévision », La Libre Belgique, 1er février 2010.
  10. a et b En ukrainien « Проти всіх » et en russe « Против всех » se traduit mot à mot par « Contre tous », mais signifie « vote blanc » dans le cas des élections.
  11. « Ukraine: duel Ianoukovitch-Timochenko au deuxième tour », Libération, 18 janvier 2010.
  12. Piotr Smolar, « Ukraine: la “revanche” du président élu Ianoukovitch », Le Monde, 8 février 2010.
  13. « Ukraine: Timochenko veut contester sa défaite en justice et garde le silence », dépêche AFP, 10 février 2010.
  14. « Un scrutin présidentiel “transparent et honnête” en Ukraine », France Info, 8 février 2010.
  15. « Présidentielle en Ukraine : Ioulia Timochenko retire finalement son recours en justice », Le Point, 20 février 2010.

Annexes[modifier | modifier le code]

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