Marine militaire roumaine

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Marine militaire roumaine
Devise de la marine à bord du navire-école Mircea
La devise de la marine : Onoare și patrie ("Honneur et patrie")

Pays Roumanie Roumanie
Rôle 62 unités
Effectif 6 800 personnes
Fait partie de Forces armées roumaines
Garnison Amirauté de Bucarest et Constanţa (Statul-major al forţelor navale)
Ancienne dénomination Marina regală română (Marine royale roumaine)
Surnom Forţele navale române (Forces navales roumaines)
Devise Onoare și patrie ("Honneur et patrie")
Marche Deșteaptă-te, române! ("Éveille-toi, Roumain !")
Mascotte Sainte Marie Majeure
Anniversaire 15 août
Guerres Guerre russo-turque de 1877-1878, Seconde Guerre balkanique, Première Guerre mondiale, Seconde Guerre mondiale
Commandant Vice-amiral Aurel Popa, commandant en chef de l'état-major des Forces navales roumaines
Commandant historique Amiral Ioan Murgescu (1874-1901)

La Marine militaire roumaine (roumain : Marina militară română, dite aussi, comme à l'époque communiste où elle faisait partie du pacte de Varsovie, "Forces navales roumaines" : roumain : Forţele Navale Române) est la branche navale des Forces armées roumaines ; elle opère principalement en mer Noire et sur le Danube, et, sporadiquement, ailleurs dans les mers et océans, en relation avec son intégration dans l'OTAN depuis 2004.

Les eaux territoriales de la Roumanie en mer Noire.
Pavillon des caïques de guerre valaques à l'époque du hospodar Constantin Brâncoveanu[1].
Pavillon des bolozanes valaques en 1840[1].
Le destroyer Regele Ferdinand en 1935.
Pavillon de navigation de la marine militaire actuelle.
Pavillon de combat de la marine militaire actuelle.
Pavillon de l'Amirauté de la marine militaire actuelle.
Pavillon de visite des officiers supérieurs et pavillon de la fête de la Marine (15 août, Sainte Marie Majeure).

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Principautés médiévales de Valachie, Dobrogée et Moldavie ont eu des navires de guerre sur le Danube et en mer Noire, mais l'expansion de l'Empire ottoman a coupé les pays roumains de la mer, et leurs flottes, composées de dromons, de mahonnes (roumain : mahone) et de caïques, ont cessé d'exister au XVe siècle.

Toutefois, au début du XVIIIe siècle, lors du déclin de l'Empire ottoman, apparaissent, pour protéger le trafic des bolozanes (péniches danubiennes à voile et rames, tractables aussi par des chevaux depuis la rive), des caïques de guerre valaques sous pavillon propre, bien que la Principauté fût vassale de la sublime Porte. Ce sera l'embryon de la future « Flottille princière » (roumain : Flotila domnească) créée le 22 octobre 1860, alors que l'union de la Valachie et de la Moldavie, l'année précédente, vient de former la Roumanie. Dans les années qui suivent, cette « Flottille » s'équipe de chaloupes et de torpilleurs à vapeur qui joueront un rôle décisif contre la marine ottomane lors de la Guerre russo-turque de 1877-1878 qui aboutit à la reconnaissance internationale de l'indépendance de la Roumanie vis-à-vis de l'Empire ottoman et de l'Empire russe.

À l'issue de la Première Guerre mondiale que la Roumanie a fait aux côtés de l'Entente (et durant laquelle la marine roumaine a affronté et mis en fuite, en mer Noire, le croiseur allemand Breslau) le royaume rachète à l'Italie deux destroyers de classe Mărăşti puis y fait construire deux nouveaux destroyers chez Pattison Yard, à Naples, et deux sous-marins, Delfinul et Marsuinul, à Fiume. L'armement des deux destroyers construits à Naples était fourni par Bofors et l'équipement anti-incendie par Siemens. Le modèle de ces bâtiments était le destroyer britannique de classe Shakespeare de chez Thornycroft, qui, en Roumanie, prend la dénomination de classe Ferdinand.

Durant la Seconde Guerre mondiale, la Marine royale roumaine commence par évacuer vers Alexandrie, en Égypte britannique, les restes de l’armée polonaise, le gouvernement et le trésor de la banque polonaise, alors qu’en application du pacte Hitler-Staline, la Pologne vient d'être anéantie par l’Allemagne nazie et l’URSS stalinienne. Deux ans plus tard, alors que le régime Antonescu (le "Pétain roumain") vient d’intégrer l’Axe, la marine roumaine participe en Mer Noire, de 1941 à 1944, aux opérations contre la marine soviétique contre laquelle elle aligne quatre destroyers de classe Mărăşti, deux autres de classe Ferdinand, treize torpilleurs, deux dragueurs de mines, trois sous-marins (Delfinul/Le Dauphin, Rechinul/Le Requin et Marsuinul/Le Marsouin), et cinq sous-marins de poche de type maiali durant la bataille du Caucase[2]. Les deux destroyers de classe Ferdinand, nommés Regele Ferdinand et Regina Maria, étaient les plus puissantes unités de surface dont disposaient les Forces de l'Axe en mer Noire contre l'URSS : ils étaient la plupart du temps utilisés pour escorter des convois, puis, au printemps 1944, pour évacuer la Crimée.

Le 23 août 1944, le régime Antonescu est renversé, la Roumanie déclare la guerre à l’Axe et rejoint les Alliés. L’ensemble de la flotte roumaine passe alors sous pavillon soviétique et les équipages sont mis en congé d’armistice ; les deux destroyers de classe Ferdinand prennent les noms de Likhoï (Лихой, ex-Ferdinand) et de Liétoutchii (Летучий, ex-Maria). Au sortir de la guerre, une sévère épuration menée conjointement par le NKVD et la nouvelle Securitate décime les officiers des trois armes. Sont éliminés, et souvent déportés en camp de travail forcé avec leurs familles, non seulement les marins qui avaient été favorables au régime Antonescu, mais aussi tous les officiers qui, ayant fait leur carrière sous la monarchie, n’étaient pas jugés fiables par le nouveau régime[3]. Les autorités restructurent l’École Navale, dont le personnel est intégralement remplacé par des instructeurs soviétiques assistés de traducteurs, qui forment en quelques années des centaines de nouveaux officiers dont la formation, au début, est meilleure sur le plan politique communiste que sur le plan maritime, ce qui est à l’origine d’incidents, accidents et collisions en manœuvre. L’URSS attend donc 1951 pour rendre à la Marine populaire roumaine les deux destroyers de classe Ferdinand, sous les dénominations D-21 et D-22. Le pays intègre le Pacte de Varsovie en 1955 et y reste jusqu’en décembre 1989. L’Armée rouge l’occupe jusqu’en 1958, mais les arsenaux de Constanţa et Mangalia restent des bases soviétiques jusqu’en 1962[4].

État actuel[modifier | modifier le code]

La marine roumaine comprend actuellement trois frégates: Mărăşeşti, Regele Ferdinand et Regina Maria. Mărăşeşti a été le navire amiral de 1985 à 2004 quand le Regele Ferdinand (anciennement la frégate britannique HMS Coventry) devint le nouveau navire amiral. La marine comprend aussi quatre grandes corvettes comme force principale, entourées de divers navires auxiliaires et patrouilleurs rapides maritimes et fluviaux[5].

Après la restructuration des Forces armées roumaines (en 2007), environ 6 800 femmes et hommes servaient dans la Marine roumaine. Le port d'attache de la Flotte roumaine se situe à Constanţa. Le chef actuel des Forces navales roumaines, succédant au contre-amiral Dorin Dănilă depuis le 3 juillet 2010, est le contre-amiral Aurel Popa.

La marine militaire roumaine dispose de quelques hélicoptères de combat de construction roumaine IAR 330 Puma Naval, le dernier ayant été livré en décembre 2008. Ils sont pourvus de la même configuration que dans l'Armée de l'Air roumaine, incluant le pack amélioré Socat qui leur permet d'opérer depuis les frégates pour la recherche et le secours, l'interception et les missions de surveillance maritime.

Le 307e bataillon de marine (roumain : Batalionul 307 Infanterie Marină) est l'unité de reconnaissance de la Marine, basée à Babadag (judeţ de Tulcea). Il a été formé en 1975 pour la défense des bouches du Danube et des eaux territoriales roumaines. Le 307e bataillon de marine est spécialisé dans les opérations amphibies dans un environnement de marécages et limans, dans la sécurisation des lagunes maritimes et du delta du Danube, et le soutien des autorités locales en cas d'urgence : en pratique, il surveille la frontière de l'Union européenne avec l'Ukraine et en mer Noire, et capture les bateaux de passeurs d'immigrants clandestins[6]. Sa base de Babadag est la plus grand camp d'entraînement militaire de Roumanie.

Flotte[modifier | modifier le code]

Flotte maritime en 2010[modifier | modifier le code]

Frégates

  • Regele Ferdinand (F-221)
  • Mărăşeşti (F-111): ce destroyer Mărăşeşti a été relégué au statut de frégate en raison de ses capacités mais reste techniquement considéré comme destroyer.
  • Regina Maria (F-222)

Corvettes

  • Amiral Petre Bărbureanu (Tetal-I/F-260)
  • Contre-amiral Eugen Roşca (Tetal-I/F-263)
  • Contre-amiral Eustaţiu Sebastian (Tetal-II/F-264)
  • Contre-amiral Horia Măcelaru (Tetal-II/F-265)

Corvettes lance-missiles de classe Tarantule:

    • Zborul (l'Envol, F-188)
    • Pescăruşul (le Goéland, F-189)
    • Lăstunul (le Martinet, F-190)

Vedettes d'attaque rapides de classe Năluca (le Fantôme, de fabrication roumaine, variante du lance-missiles de classe Osa):

    • Smeul (le Dragon, F-202)
    • Vijelia (la Tornade, F-204)
    • Vulcanul (le Volcan, F-209)

Dragueurs de mines de la classe Murgescu (ex-Cosar) :

    • Vice-Amiral Ioan Murgescu (F-271)

Dragueurs de mines de la classe Musca (la Mouche) :

    • Lt. Remus Lepri (F-24)
    • Lt. Lupu Dinescu (F-25)
    • Lt. Dimitrie Nicolescu (F-29)
    • Sous-Lt. Alexandru Axente (F-30)

Navires auxiliaires

  • Vice-amiral Constantin Bălescu (F-274)
  • Navire d'entraînement au soutien Constanţa (F-281)
  • Navires de sauvetage – 5
  • Aviso Emil Racoviţă : missions polaires vers la station antarctique Law-Racoviţă et surveillance électronique
  • Division des navires spéciaux – 9
  • Navire-école Mircea

Navires désarmés

  • 1 navire logistique
  • 2 corvettes de classe Bărbuneanu
  • 3 corvettes de classe Osate
  • 9 torpilleurs de classe Năluca (le Fantôme)
  • 1 mouilleur de mines
  • Plusieurs embarcations du patrimoine maritime destinées à la formation des cadets : lotcas à voile, ophidie „Cetatea Albă” cédée à l'Ukraine, mahonne „Dobrogea” et goélette „Speranța” (ancienne propriété de l'écrivain Radu Tudoran, nationalisée en 1950 et ayant servi au tournage, en 1974, du feuilleton Deux ans de vacances) démembrées ;
  • 1 bathyscaphe „SC-200” construit à Constanța en 1980-1981, démembré ;
  • 1 Sous-marin „Delfinul” de classe soviétique Kilo, hors-service depuis 1995.

Le musée de la Marine de Constanța essaie de sauvegarder des éléments de ces unités, mais la crise économique crée un contexte défavorable.

Navire vendu

  • L'ancien yacht royal de Charles II, Luceafărul ("Étoile du berger"), vendu en 1999 à une compagnie charter britannique qui l'a rebaptisé Nahlin.

Flotte fluviale en 2010[modifier | modifier le code]

  • Patrouilleur Mihail Kogălniceanu (F-45)
  • Patrouilleur Ion C. Brătianu (F-46)
  • Patrouilleur Lascăr Catargiu (F-47)
  • 5 vedettes rapides de classe Smârdan (ex-Brutar-II) :
    • Rahova (F-176)
    • Opanez (F-177)
    • Smârdan (F-178)
    • Posada (F-179)
    • Rovine (F-180)
  • 18 vedettes de classe VB 76

Equipements à terre[modifier | modifier le code]

Missiles anti-navire

  • Système de lancement mobile P-15 Termite|P-20M.

Quelques unités[modifier | modifier le code]

Grades et insignes[modifier | modifier le code]

Dans la marine roumaine, il n'y a pas de distinction entre Officiers et Officiers mariniers, ni entre Officiers et Officiers sortis du rang : tous sans exception doivent passer par les trois à cinq années de formation de l'Académie Navale „Mircea l'Ancien” (en roumain: Academia Navală „Mircea cel Bătrân”, équivalent de l'École navale française)[7] de Constanza qui ne prend que les meilleurs élèves des lycées scientifiques et techniques de Roumanie et dont les examens d'entrée sont notoirement sélectifs. La formation comprend une année d'amarinage à bord du voilier-école „Mircea”.

[8]

Références[modifier | modifier le code]

Autre source : CIA World Factbook[9]

  1. a et b John B. Norie & J. S. Hobbs : Flags of all Seafaring Nations, Londres 1848, 73 pp. et 24 planches montrant 306 illustrations, réédité par Rudolf Hoffmann : Flaggen aller seefahrenden Nationen, éd. Maritim, Hambourg, Allemagne, 1987, ISBN 3892251533.
  2. Source sur [1] consulté le 8 septembre 2012
  3. Victor Frunză : Histoire du communisme en Roumanie, éd. Evf, Bucarest 1999, ISBN 973 9120 05 9
  4. Carmen Atanasiu, Georgeta Borandă, Cornel Greavu, Ion Ionescu, Marian Moşneagu, Sorin Ursu : Histoire de la marine roumaine, éd. Modelism, Constanţa 1999, (ISBN 973 98883 06 5)[à vérifier : La longueur du numéro ISBN devrait être 10 ou 13 et non 11, demandé le octobre 2013].
  5. Source sur NATO Order of Battle: Naval Vessels et World Navies Today: Romania consultés le 8 septembre 2012.
  6. Source sur [2] consulté le 8 septembre 2012.
  7. Site de l'École navale roumaine : www.anmb.ro
  8. La série de grades est importée de l'article Wiki roumain "Grad militar".
  9. CIA World Factbook, Military of Romania

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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