Jamyang Norbu

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Jamyang Norbu

Jamyang Norbu ou Djamiang Norbou (tibétain : འཇམ་དབྱངས་ནོར་བུ , wylie : 'jam-dbyangs nor-bu), né en 1949 à Darjeeling, est un ethnomusicologue, écrivain de langue anglaise et militant tibétain en exil influent[1],[2] qui vit aux États-Unis, dans le Tennessee[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Lhawang Tenduk Pulger, l’un des fondateurs du journal Tibetan Freedom Press[4],[5] et de Lodey Lhawang[6].

Il reçut une formation scolaire à Darjeeling en Inde au Collège de Saint-Joseph tenu par des jésuites[7].

Il rejoignit brièvement entre juillet 1971[8] et 1972[9], grâce à Lhamo Tsering, les rangs de la résistance tibétaine (Chushi Gangdruk), soutenue par la CIA, dans le Mustang, une région du Népal limitrophe du Tibet d'où la guérilla organisait des embuscades contre les troupes chinoises[3],[10],[11].

Entre 1979 et 1984, il dirigea l'Institut tibétain des arts du spectacle à Dharamsala où il réalisa un travail d'ethnomusicologue[3].

En 1992, il fonda et dirigea le Centre tibétain d'études approfondies (Institut Amnye Machen)[7],[3].

Faisant partie des Tibétains en exil qui veulent l'indépendance totale du Tibet[12], il est un des fondateurs de l'Alliance Rangzen (néologisme tibétain traduit par autodétermination, indépendance ou liberté[13],[14],[15]).

Jamyang Norbu a écrit plusieurs livres et pièces de théâtre en anglais et en tibétain. En 2000, il a reçu le prix Hutch Crossword Book Award, le plus grand prix littéraire de l'Inde, pour son livre Le Mandala de Sherlock Holmes[16],[17],[18]. Le livre a été traduit en plus de 10 langues[3], publié aux États-Unis en 2001, initialement sous le titre Sherlock Holmes - The Missing Years.

Il publie des analyses politiques sur un blogue du nom de Shadow Tibet[19].

Jamyang Norbu vit dans le Tennessee aux États-Unis avec sa femme et ses 2 filles[3].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Le Mandala de Sherlock Holmes[modifier | modifier le code]

Buying the Dragon's Teeth[modifier | modifier le code]

Dans son ouvrage Buying the Dragon's Teeth, Jamyang Norbu donne trois raisons qui justifient selon lui un boycott des produits exportés par la République populaire de Chine, ces produits pouvant être fabriqués dans des camps de travaux forcés, dans des manufactures tenues par des militaires chinois, ou par une main-d’œuvre privée de ses droits[3].

Commentaires[modifier | modifier le code]

Jamyang Norbu en 2011, lors d'une manifestation à Washington
Jamyang Norbu en 2011, lors du Students for a Free Tibet's annual event, Longsho Nite

Critique à l'égard de la politique du 14e dalaï-lama, il est considéré par beaucoup comme étant la voix persistante de l'indépendance du Tibet[20], à ce qu'écrit Topden Tsering, président d'une antenne du Congrès de la jeunesse tibétaine, dans la baie de San Francisco[21].

Il a qualifié de « somewhat namby-pamby » (« quelque peu gnangnan », « à l'eau de rose » ou « sentimental » selon diverses traductions) le livre du journaliste et auteur Thomas Laird, The Story of Tibet. Conversations with the Dalai Lama, paru en 2007[22].

Son opposition implacable à la loi chinoise au Tibet l'a mené à critiquer la stratégie du Gouvernement tibétain en exil, qu'il considère comme trop conciliant[20],[23].

Critiques[modifier | modifier le code]

Qualifié par Jamyang Norbu de « chien courant de la propagande » (running-dog propagandist) après ses commentaires sur les événements de mars 2008 au Tibet, Barry Sautman rétorque que si de nombreux mouvements ont quelqu'un ayant pour mission de lancer à grand bruit des piques venimeuses contre ceux qui sont accusés de protéger des « malfaisants », dans le mouvement « Tibet libre » ce rôle est dévolu à Jamyang Norbu, ce qui n'empêche pas ces personnes de s'arroger, non sans impudence, les qualificatifs de « civilisées, mesurées et légitimes » [24].

Bibliographie de l'auteur[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Tibet’s foremost political essayist and activist in exile » (« l'essayiste et le militant politique en exil le plus en vue du Tibet »), selon Steven Venturino dans Where Is Tibet in World Literature?, World Literature Today, January, 2004.
  2. « Le premier essayiste, dramaturge, et romancier politique tibétain », selon Dorsh Marie de Voe's Tibetans in India, Springer, 2005 (ISBN 978-0-306-48321-9).
  3. a, b, c, d, e, f et g (en) Jamyang Norbu Buying the Dragon's Teeth, High Asia Press, 2004, (ISBN 0-9755371-0-5).
  4. Founder of ‘Tibetan Freedom’ newspaper passes away in Darjeeling
  5. Pioneer of Tibetan refugee rehabilitation passes away Lhawang Tenduk Pulger, 1927-2007, Tibetan Review, August 2007
  6. Jamyang Norbu, The Girl and the Golok Chiefs
  7. a et b Amnye Machen site.
  8. (en) Jamyang Norbu, Tsongkha Lhamo Tsering (1924–1999), Tibetan Review, Feb 1, 1999, « When I first arrived at the Resistance headquarters at Kelsang Phug in Mustang in July 1971 [...] I was in the Resistance for only a short while »
  9. About the Project, CIA in Tibet
  10. (en) Paul Salopeq, How the CIA helped Tibet fight their Chinese invaders, Chicago Tribune, 29 janvier 1997, article reproduit sur le site World Tibet News : « Jamyang Norbu (...) joined the guerrilas briefly as a teenager ».
  11. (en) Topden Tsering, 'Hands off' isn't enough for Tibet. Dalai Lama stops short of autonomy, SFGate, July 24, 2005 : « Norbu ran away from home in Kalimpong, India, to join the CIA-backed Tibetan guerrilla resistance operating from the Mustang region of Nepal, which ambushed Chinese garrisons inside Tibet ».
  12. Il est présenté comme tel sur le site Dreams of Tibet, auquel il a donné un interview : « among the minority of Tibetan exiles who are for total independence ».
  13. (en) Keila Diehl, Echoes from Dharamsala: music in the life of a Tibetan refugee community.
  14. (en) Jamyang Norbu, Remembering Rangzen, sur le site Memories of movement, 18 septembre, 2008.
  15. La charte Rangzen, avril 1999.
  16. (en) Tibetan Sherlock shakes up the movement by David Tracey, March 28, 2002, International Herald Tribune.
  17. (en) Afterlife of Sherlock Holmes by Meenakshi Mukherjee, October 1, 2006, The Hindu.
  18. (en) Tsering Namgyal, Longing for the Himalayas, October 19, 2001, The Wall Street Journal online.
  19. (en) Jamyang Norbu.
  20. a et b (en) Topden Tsering, 'Hands off' isn't enough for Tibet. Dalai Lama stops short of autonomy, San Francisco Chronicle, 24 juillet 2005 : « Among critics of the Dalai Lama's policy is Jamyang Norbu, a 51-year-old Tibetan novelist, playwright and activist who is widely seen as the enduring voice of Tibetan independence ».
  21. (en) San Francisco / Sacramento.
  22. (en) Jamyang Norbu, Black Annals: Goldstein and the Negation of Tibetan History (Part II), site Phayul.com, July 28, 2008.
  23. (en) Jamyang Norbu, Looking Back From Nangpa-La, 27 janvier 2007, site Phayul.com.
  24. (en) Barry Sautman's response to Jamyang Norbu's opinion piece "Running-Dog Propagandists", sur le site Phayul.com, 4 août 2008 : « Many movements have someone who does the dirty work of loudly hurling venomous barbs at those he claims are shielding "evil doers." (...) for "Free Tibet" it's Jamyang Norbu. At the same time, they bold-facedly claim for themselves -- in Norbu's words -- the characteristics of being "civilized, measured and legitimate." »


Liens externes[modifier | modifier le code]

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