Aller au contenu

Alirocumab

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

L'alirocumab est un anticorps monoclonal humain de la classe des anti-PCSK9 utilisé dans l'hypercholestérolémie familiale[1] et en cours de test dans les autres types d'hypercholestérolémie. Cet anticorps est aussi connu sous les noms de code REGN727 et SAR236553[2].

Depuis 2021, l'alirocumab est proposé avec un dosage de 300 mg en injection sous-cutanée une fois par mois, permettant de réduire la fréquence d’administration à une injection mensuelle pour les patients adaptés, contre deux injections toutes les deux semaines pour les dosages de 75 mg ou 150 mg. Cette option mensuelle constitue une différenciation majeure par rapport à l'évolocumab, dont le dosage de 420 mg une fois par mois a été annoncé comme devant être discontinué par Amgen en 2023.

La disponibilité d’un schéma mensuel simplifié (300 mg) avec l'alirocumab offre une alternative pratique pour les patients et les professionnels de santé, en limitant le nombre d’injections et en améliorant potentiellement l’observance thérapeutique.

Trois présentations différentes existent: 75 mg et 150 mg à prendre toutes les 2 semaines et 300 mg pour une injection 1 fois par mois[3].

Mode d'action

[modifier | modifier le code]

L'alirocumab est dirigé contre le PCSK9. Il s'administre en injection sous cutanée toutes les deux semaines. En association avec une statine, il diminue jusqu'à 62 % le taux de LDL-cholestérol ainsi que celui des triglycérides[4],[5].

Efficacité

[modifier | modifier le code]

L'alirocumab entraîne une diminution de la survenue d'accidents cardiovasculaires, chez des patients qui ont un LDL élevé malgré un traitement par statine, et qui ont, soit une hypercholestérolémie familiale hétérozygote, soit un haut risque cardiovasculaire[6].

En prévention secondaire (c'est-à-dire après un accident cardiaque), il diminue le risque de survenue d'un nouvel événement cardio-vasculaire (dont la mortalité)[7]. Cet effet est particulièrement net chez le patient polyvasculaire[8] ou chez les porteurs de pontages aorto-coronariens[9]. Il n’apparaît cependant pas en cas d'antécédent d'insuffisance cardiaque[10].

Il permettrait une diminution de la plaque d'athérome qu'il soit administré après un infarctus[11] ou chez un patient asymptomatique chez les patients avec hypercholestérolémie familiale[12].

L'alirocumab a démontré une réduction de LDL-C (cholestérol) de -62% et une diminution du risque MACE (événements cardiaques) de -15% en médiane sur 2,8 ans dans les études randomisées (Odyssey Outcomes)[13].

Effets secondaires

[modifier | modifier le code]

Les effets secondaires retrouvés étaient des réactions locales au site d'injection et des effets ophtalmologiques : plus de cataractes chez les patients ayant le taux le plus bas de LDL[14]. Une étude a montré une augmentation modérée des troubles cognitifs[6], mais cela n'a pas été retrouvé dans une méta-analyse[14].

Mise sur le marché

[modifier | modifier le code]

Ce médicament a été mis au point par Regeneron Pharmaceuticals et codéveloppé par Regeneron et Sanofi.

Le , l’alirocumab a reçu un avis favorable du Comité des médicaments à usage humain (CHMP) de l’Agence européenne des médicaments (EMA) dans le traitement de l’hypercholestérolémie familiale chez les patients qui ne répondent pas à la prise de statines à dose optimale ou qui ne peuvent pas en prendre[15].

Le coût d'un an de traitement est évalué à 14 600 dollars en 2015[16] ce qui crée une polémique sur son remboursement par les gestionnaires américains de régimes d'assurance-santé[17]. En 2026 ce même coût est évalué à environ 5 000 dollars hors remise. Par rapport aux coûts d’hospitalisation et de prise en charge d'un événement cardiaque, il est jugé positif en termes de coût/efficacité[18].

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. International Nonproprietary Names for Pharmaceutical Substances (INN), World Health Organization
  2. C. Sheridan, « Phase 3 data for PCSK9 inhibitor wows », Nature Biotechnology, vol. 31, no 12,‎ , p. 1057-1058 (PMID 24316621, DOI 10.1038/nbt1213-1057, lire en ligne) modifier
  3. (en) « Praluent | European Medicines Agency (EMA) », sur www.ema.europa.eu, (consulté le )
  4. McKenney JM, Koren MJ, Kereiakes DJ et al. Safety and efficacy of a monoclonal antibody to Proprotein Convertase Subtilisin/Kexin Type 9 Serine Protease, SAR236553/REGN727, in patients with primary hypercholesterolemia receiving ongoing stable atorvastatin therapy, J Am Coll Cardio, 2012;59:2344–2353
  5. Stein EA, Mellis S, Yancopoulos GS et al. Effect of a monoclonal antibody to PCSK9 on LDL cholesterol, N Engl J Med, 2012;366:1108-1118
  6. a et b Robinson JG, Farnier M, Krempf M et al. Efficacy and safety of alirocumab in reducing lipids and cardiovascular events, N Engl J Med, 2015;372:1489-1499
  7. Schwartz GG, Steg PG, Szarek M et al. Alirocumab and cardiovascular outcomes after acute coronary syndrome, N Engl J Med, 2018;379:2097-2107
  8. Jukema JW, Szarek M, Zijlstra LE et al. Alirocumab in patients With polyvascular disease and recent acute coronary syndrome, J Am Coll Cardiol, 2019:74:1167-1176
  9. Goodman SG, Aylward PE, Szarek M et al. Effects of Alirocumab on cardiovascular events after coronary bypass surgery, J Am Coll Cardiol, 2019;74:1177-1186
  10. White HD, Schwartz GG, Szarek M et al. Alirocumab after acute coronary syndrome in patients with a history of heart failure, Eur Heart J, 2022;43:1554–1565
  11. Räber L, Ueki Y, Otsuka T et al. Effect of alirocumab added to high-intensity statin therapy on coronary atherosclerosis in patients with acute myocardial infarction: the PACMAN-AMI randomized clinical trial, JAMA, 2022;327:1771-1781
  12. Pérez de Isla L, Díaz-Díaz JL, Romero MJ et al. Alirocumab and coronary atherosclerosis in asymptomatic patients with familial hypercholesterolemia: The ARCHITECT study, Circulation, 2023;147:1436–1443
  13. Gregory G. Schwartz, P. Gabriel Steg, Michael Szarek et Deepak L. Bhatt, « Alirocumab and Cardiovascular Outcomes after Acute Coronary Syndrome », New England Journal of Medicine, vol. 379, no 22,‎ , p. 2097–2107 (ISSN 0028-4793, DOI 10.1056/NEJMoa1801174, lire en ligne, consulté le )
  14. a et b (en) Robinson JG, Rosenson RS, Farnier M et al. « Safety of very low low-density lipoprotein cholesterol levels with alirocumab: pooled data from randomized trials » J Am Coll Cardiol. 2017;69:471–482.
  15. (en) « Praluent recommended for approval to lower cholesterol », sur ema.europa.eu, EMA, (consulté le ).
  16. (en) William H. Shrank, Jane F. Barlow, Troyen A. Brennan, « New Therapies in the Treatment of High Cholesterol », JAMA,‎ (DOI 10.1001/jama.2015.10017, lire en ligne).
  17. (en) William Shrank, Alan Lotvin, Surya Singh et Troyen Brennan, « In The Debate About Cost And Efficacy, PCSK9 Inhibitors May Be The Biggest Challenge Yet », sur healthaffairs.org, (consulté le ).
  18. Deepak L. Bhatt, Andrew H. Briggs, Shelby D. Reed et Lieven Annemans, « Cost-Effectiveness of Alirocumab in Patients With Acute Coronary Syndromes: The ODYSSEY OUTCOMES Trial », Journal of the American College of Cardiology, vol. 75, no 18,‎ , p. 2297–2308 (ISSN 1558-3597, PMID 32381160, DOI 10.1016/j.jacc.2020.03.029, lire en ligne, consulté le )

Articles connexes

[modifier | modifier le code]