Nationalisme révolutionnaire

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La croix celtique, emblème couramment utilisé par les nationalistes révolutionnaires.

Le nationalisme révolutionnaire, également connu sous l'acronyme NR, est un courant d'idées situé à l'extrême droite. Le nationalisme révolutionnaire est apparu en France en contrepied à la fin de l’Algérie française[1] et de la décolonisation française en Tunisie et au Maroc. L'un des éléments fondateurs du nationalisme révolutionnaire est une réunion à Venise, le , de l'essentiel des groupes néofascistes européens. Au cours de cette réunion, les participants s'étaient engagés à fonder un « parti nationaliste européen intégré ». Cette alliance, découlant du courant nationaliste européen, aurait visé à édifier une Europe unitaire, pour constituer une « troisième voie » entre d'une part l'URSS et le communisme, et d'autre part les États-Unis et le capitalisme[1].

Les NR sont profondément anticapitalistes, ils pensent que le capitalisme est la première force antinationaliste et uniformisatrice. Ils sont hostiles à l'immigration, aux anarchistes, au libre-marché, au sionisme et au marxisme. Les nationalistes révolutionnaires prônent une forme de socialisme mêlé d'ultranationalisme, de solidarisme et d'anti-imperialisme.

Histoire[modifier | modifier le code]

Idéologie[modifier | modifier le code]

Le nationalisme révolutionnaire est un mélange de nationalisme d'extrême droite et de nationalisme de gauche avec une vision socialiste de la société[1]. Les NR sont farouchement antisionistes et anti-américains, ils prônent le socialisme national, le populisme, opposés à l'immigration, ils se réclament de la Troisième position et refusent à la fois l'antiracisme et le racisme primaire suprématiste pour un ethno-différentialiste. Ils sont ouvertement fascisants[2].

Certains groupes NR ont toutefois quelques différences idéologiques entre eux, certains défendent le christianisme, d'autres sont farouchement anticléricaux voir néo-païens. Certains défendent le monarchisme tandis que d'autres sont favorables au républicanisme.

En fait, les partis et mouvements qui se réclament cette idéologie peuvent s’inspirer de l’idéologie fasciste, en particulier de la phase initiale Sansepolcrismo, mais aussi du Péronisme, du concept révolutionnaire du Guévarisme et se disent tercéristes (c'est-à-dire ne se reconnaissant pas comme étant de gauche ou de droite).

Front européen de libération[modifier | modifier le code]

Le premier mouvement nationaliste révolutionnaire transnational est le Front européen de libération, un mouvement créer pour « libérer l'Europe de l'impérialisme américain ». Dans le programme du Front européen de libération synthétisé par Yockey dans The Proclamation of London figurait le point suivant :

« L’expulsion complète de tout ce qui est étranger à l’âme et du sol de l’Europe, la purification de l’âme européenne des scories du matérialisme et du rationalisme du XIXe siècle avec leur culte de l’argent, leur démocratie libérale, leur dégénérescence sociale, leur parlementarisme, leur lutte des classes, leur féminisme, leur nationalisme vertical, leur capitalisme financier, leur étatisme borné, leur chauvinisme, le bolchevisme de Moscou et Washington, la syphilis éthique de Hollywood, et la lèpre spirituelle de New York[3]

Malgré les efforts, le projet du Front européen de libération n'aboutira pas.

Le parti socialiste du Reich[modifier | modifier le code]

En Allemagne de l'Ouest en 1949, un parti ultranationaliste composé d'anciens soldats et généraux de la Wehrmacht fait son apparition, le Sozialistische Reichspartei, fondé et dirigé par Otto Ernst Remer reprend une partie importante du programme du Strasserisme (Idéologie mêlant ultranationalisme d'extrême droite et socialisme), le parti obtient de bons scores aux élections régionales. Ce parti prône ouvertement l'anti-américanisme. Le SRP prônait la « troisième force » en opposition au capitalisme et au communisme[4]. Le SRP est interdit en 1952 par les autorités ouest-allemandes pour reconstitution du parti nazi.

Otto Ernst Remer, le national-révolutionnaire allemand[modifier | modifier le code]

Otto Ernst Remer, ancien général de la Wehrmacht, membre fondateur du Sozialistische Reichspartei, était contre l'état de l'Allemagne de l'ouest (en quoi il voyait un état fantoche des États-Unis)[5], il fuit en Égypte[6] (alors dirigée par le nationaliste arabe Gamal Abdel Nasser, dont Remer sera l'un des conseillers). En Égypte, Remer se livrera également au trafic d'armes (le régime de Fidel Castro sera l'un des clients de Remer[7])

De retour en Allemagne de l'ouest dans les années 1980, Remer créa le « Mouvement pour la liberté allemande » (MLA), un mouvement nationaliste révolutionnaire allemand prônant la réunification de l'est et de l'ouest allemands et le retrait des forces de l'OTAN[5].

De 1991 à 1994, Remer a publié un bulletin d'information politique intitulé Remer-Depesche, contenant sa philosophie politique. Il est poursuivi pour Incitation à la haine raciale. C'est le début du Procès Remer, mais Remer s'enfuira en Espagne où il mourra à l'âge de 85 ans.

Jeune Europe 1962-1969[modifier | modifier le code]

En 1962, Jean Thiriart, un ancien militant d'extrême gauche passé par la collaboration avec les Allemands lors de la Seconde Guerre mondiale créer le réseau Jeune Europe, qui s'étendra principalement en Belgique, en Italie et en Allemagne.

Le 1er septembre 1961, Thiriart publie le Manifeste à la nation européenne. Même si le mouvement est encore très « marqué à droite », notamment par un anticommunisme virulent, il se concentre désormais sur des objectifs européens : « une Europe unitaire, puissante, communautaire en réaction — et en dehors — contre le bloc soviétique et le bloc des États-Unis »[8].

L'année commence par une grève des médecins belges. Le fait que plusieurs médecins soient membres de la direction de Jeune Europe profite au mouvement. En juin 1964 paraît le livre de Jean Thiriart : Un empire de 400 millions d'hommes. Son journal, qui tire normalement à 10 000 exemplaires, va passer à 30 000 à l'occasion des élections communales.

Jeune Europe aura sa propre revue : La nation européenne

En 1966, Thiriart prend la décision de créer les brigades européennes, ces brigades sont censées être des brigades de lutte anti-américaine, Thiriart tentera de contacter les chefs d'États de pays non-alignés.

Thiriart rencontre Zhou Enlaï à Bucarest, pendant que d'autre cadres visitent la Bulgarie, la Yougoslavie et la Roumanie.

Plusieurs terroristes d'extrême gauche marxistes et d'extrême droite nationaliste et néofascistes sont passés par Jeune Europe en tant que militants d'extrême droite comme Renato Curcio.

La presse de Jeune Europe va par ailleurs pouvoir publier des interviews avec plusieurs personnalités de l'époque tel que Juan Peron exilé en Espagne franquiste, Ahmed Choukairy de l'Organisation de Libération de la Palestine qui donnera sa bénédiction à Jeune Europe[9].

Thiriart prend également contact avec le dirigeant nationaliste arabe Gamal Abdel Nasser à qui il rend visite en 1968[10].

En 1968, un militant de Jeune Europe, Roger Coudroy alors engagé dans la guérilla palestinienne Fatah écrit un livre : J'ai vécu la résistance palestinnienne. Il sera tué le par l'armée israélienne[10].

Néanmoins, faute de financement pour les Brigades européennes, Thiriart met fin à Jeune Europe en 1969.

François Duprat : le théoricien[modifier | modifier le code]

François Duprat est l'un des principaux théoriciens français du nationalisme révolutionnaire. Il écrit plusieurs ouvrages : Manifeste du nationaliste révolutionnaire et Le Ba'as, idéologie et histoire. Il fut un ami de Maurice Bardèche et il écrivait dans Défense de l'Occident.

Ayant des liens avec le Fatah et le Front populaire de libération de la Palestine[11], il aurait, aux côtés de Maurice Bardèche, joué un rôle non négligeable dans l'antisionisme d'extrême droite. En 1967, il crée un Rassemblement pour la libération de la Palestine[12]. Il publie l'hebdomadaire Les Cahiers européens et la Revue d'histoire du fascisme. Duprat fût par ailleurs le co-fondateur du Front national.

Il est tué le 18 mars 1978 lors d'un attentat revendiqué par deux groupes sionistes dont un groupe terroriste inconnu : le « commando du souvenir »[13].

La révolution islamique en Iran[modifier | modifier le code]

Après la Révolution islamique en Iran, des nationalistes révolutionnaires montrent ouvertement leur sympathie à l'égard de l'Ayatollah Rouhollah Khomeiny et de la Révolution iranienne comme Claudio Mutti[14] ou Franco Freda (qui sera condamné en Italie du fait de sa participation aux actions des groupes armés d'extrême droite italiens des années 1970-1980). Il est par ailleurs fréquent que les NR défendent la République islamique d'Iran au nom de l'antisionisme.

Par ailleurs, l'Alliance pour la paix et la liberté, groupe d'extrême droite européen aillant plusieurs partis nationalistes révolutionnaires dans ses rangs a des liens avec le Hezbollah libanais, allié à l'Iran[15],[16],[17].

Lutte armée dans les années 1970-1980 en Italie[modifier | modifier le code]

Pendant les années 1970-1980, c'est la période les années de plomb en Italie, des militants armés d'extrême gauche communistes, anarchistes et marxistes se battent contre les groupes armés d'extrême droite néofascistes, tercéristes et Rouge-bruns qui eux aussi se battent contre le gouvernement. Les membres des groupes néofascistes armés se revendiquent « nationalistes révolutionnaires », « fascistes » voir « nazi-maoïstes »[18]. En revanche, d'autres groupes d'extrême droite n'étaient pas liés à la mouvance NR à cause de leur Atlantisme (les NR ne considèrent pas les atlantistes comme étant des leurs.). En revanche, les groupes néofascistes tels que Terza Posizione, Lotta di popolo, Nuclei Armati Rivoluzionare étaient de la mouvance NR (Ces groupes rejetaient les impérialismes américains et soviétiques.).

Le musicien Massimo Morsello était membre des Noyaux armés révolutionnaires tandis que Valerio Fioravanti et Francesca Mambro étaient les fondateurs du groupe.

Certains militants d'extrême gauche comme d'extrême droite finissent par être arrêtés. D'autres s'enfuient d'Italie.

Mouvance NR en France dans les années 1990-2000[modifier | modifier le code]

En 1998 est créé Unité radicale, née d'une alliance entre plusieurs groupes NR, respectivement l’alliance du Groupe union défense (GUD), de Jeune Résistance et de l’Union des cercles de résistance.

Après l'attentat raté de juillet 2002 contre le président Jacques Chirac par Maxime Brunerie, membre du Mouvement national républicain et proche de la nouvelle équipe dirigeante d'Unité radicale constituée après le départ de Christian Bouchet, le mouvement fut dissous par décret en application de la loi du 10 janvier 1936 pour cause d'idéologie raciste et discriminatoire, antisémitisme, encouragement de la discrimination, de la haine et de la violence[19].

La guerre en Ukraine (Depuis 2014)[modifier | modifier le code]

Depuis 2014, l'extrême droite radicale et plus particulièrement les NR en Europe se déchirent au sujet de la Guerre du Donbass. Certains prenant parti pour les séparatistes pro-russes de la Novorossia[20] (Exemple: Action serbe, Forza Nuova, Unité nationale russe ainsi que d'anciens de la Troisième voie française[21], etc.) d'autres pour l'Ukraine (Bastion social, Groupe Union Défense, CasaPound, etc.).

Ainsi, de nombreux NR sont motivés par un choix pro-russe du fait que la plupart d'entre eux sont par ailleurs de fervents partisans de l'Eurasisme[22], d'autres motivés par la création d'un empire européen et les autres motivés par un anti-atlantisme et un anti-américanisme farouche ainsi que par solidarité avec les nationalistes russes en défendant des thèmes irrédentistes russes. Le journal italien L'espresso a rapporté que des militants néofascistes italiens servaient de mercenaires aux russes[23].

Les NR pro-ukrainiens sont en faveur des Ukrainiens par opposition à l'impérialisme russe, craignant un néo-soviétisme ou voyant le régime de Poutine comme étant un régime anti-national[24].

Mouvance NR en France (2010-2019)[modifier | modifier le code]

En France, de 2010 à 2019, la mouvance NR est principalement représentée par le Groupe Union Défense (alors devenu la plus ancienne organisation NR en France), le GUD, actif de 1968 à 2017 (il est mis en sommeil en 2017 au profit du mouvement Bastion social, mouvement dissous par décret en 2019.) En 2013, le GUD participe à la manif pour tous contre le mariage homosexuel[25], 2013 est aussi l'année où l'extrême droite radicale est particulièrement active.

En 2017, le GUD est mis en sommeil pour le Bastion social, créé par des membres du GUD lyonnais. En 2019, le président de la République Emmanuel Macron, au dîner du CRIF prend la décision de dissoudre le Bastion social[26],[27],[28]. Les membres du BS manifestent leur colère[29]. Le 24 avril 2019, le Bastion social est dissous.

Description[modifier | modifier le code]

Le nationalisme révolutionnaire est décrit par ses partisans comme une tendance associant une vision nationaliste du monde et une vision socialiste de la société, avec des références et des thématiques attribuées traditionnellement à la gauche. Les NR revendiquent une filiation avec le national-bolchevisme et le national-syndicalisme ; ils militent à ce titre pour la création d’un « front anti-système », regroupant les ennemis radicaux du système, et qui serait une jonction entre l'extrême gauche et l'extrême droite.

Refusant à la fois le capitalisme libéral et le communisme égalitariste, d'où le terme de « Troisième voie » ou tercérisme, les NR prônent, dans un même temps, nationalisme et socialisme (Socialisme national). Il s'agirait d'un socialisme à l'échelle continentale qui permettrait l'émergence d'un empire européen respectant les différences culturelles et ethniques, débarrassé d'un capitalisme destructeur des identités. Les NR rejettent aussi le racisme traditionnel suprémaciste, au profit d’une conception différentialiste de la société, un différentialisme garant de la préservation des différentes identités culturelles et ethniques propres à chaque peuple. Les nationalistes révolutionnaires rejettent donc le libéralisme et ce qu'ils considèrent comme sa tendance à abattre les frontières, à mélanger les peuples et uniformiser les cultures, faisant disparaître leur unicité. Ils développent de ce fait une rhétorique violemment hostile à l'immigration.

« La “troisième voie” NR, politique, économique, géopolitique, serait en fait l’équivalent européen des régimes populistes du Tiers-monde (en particulier le péronisme, le nasserisme, le baasisme et la Jamahiriya libyenne). Les NR mettent en avant une continuité entre les notions d’ethnie, de peuple, de nation, de construction européenne, de socialisme et d’État. Leur antisémitisme n’est pas d’ordre biologique ou religieux mais politique. Le juif est conçu tel l’agent du cosmopolitisme, qui empêche l’édification du socialisme national, et du sionisme, qui vise à régenter le monde avec l’appui des USA via le processus de mondialisation[1]. »

Les combats des NR se situent à la marge de ceux menés par l'extrême droite électoraliste. Les NR ne nient pas l'existence des classes sociales et se sont aussi impliqués dans le combat écologiste. Ils soutiennent les mouvements nationalistes arabes et rejettent violemment le sionisme.

Les NR revendiquent une filiation avec des personnalités aussi diverses que Auguste Blanqui, Corneliu Zelea Codreanu, Pierre-Joseph Proudhon, Georges Sorel, Édouard Berth, Manuel Hedilla, Ramiro Ledesma Ramos, Juan Peron, Ernst Jünger, Ernst Niekish, les frères Gregor Strasser et Otto Strasser, Francis Parker Yockey ou Jean Thiriart.

Parmi les dirigeants politiques mondiaux contemporains, Hugo Chávez, Fidel Castro[30] et Mahmoud Ahmadinejad[31] inspirent du respect aux NR pour leur opposition à l'impérialisme américain, et sont souvent cités dans leurs publications. En Italie, la figure d'Ernesto Che Guevara[30] inspire également du respect aux NR italiens. Les nationalistes-révolutionnaires ont également apporté leur soutien, selon les époques, à des dirigeants nationalistes arabes comme Gamal Abdel Nasser, Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi, Hafez el-Assad puis Bachar el-Assad.

Parmi les symboles utilisés par le nationalisme révolutionnaire on retrouve les couleurs rouge et noire (en référence à la première Phalange) et le trident (emprunté au solidarisme russe) mais la croix celtique est le symbole le plus couramment utilisé par les nationalistes révolutionnaires.

Le nationalisme révolutionnaire fût représenté en France par le groupe Bastion social jusqu'à sa dissolution en 2019 et fut par le passé représenté par des organisations telles que le Réseau radical, le GUD, le Mouvement nationaliste révolutionnaire, Troisième voie, Nouvelle Résistance, Unité radicale, les Groupes nationalistes révolutionnaires ou encore Jeune Europe fondée par Jean Thiriart.

Des membres de ce courant se réclament également du phalangisme, du strasserisme et du fascisme en Europe, du mouvement eurasiste dans l'ex-URSS, du péronisme ou du bolivarisme en Amérique latine, ainsi que du baasisme ou du kadhafisme dans les pays arabes.

Les nationalistes révolutionnaires sont plus axés dans la lutte contre le capitalisme, l'américanisme et le sionisme que contre le marxisme (même s'ils sont anticommunistes pour la majorité d'entre eux). Les nationalistes révolutionnaires sont contre l'OTAN et contre les trotskystes et la mouvance « antifa » en particulier.

Certaines personnalités d'extrême droite proches du courant national révolutionnaire ont par le passé milité à gauche voire à l'extrême gauche et conservent des idées économiques de gauche associées à un nationalisme exacerbé, dans la lignée de l'idéologie strasseriste. Ces personnalités sont souvent décrites comme rouges-brunes ou national-communistes. C'est le cas notamment de personnalités comme Alain Soral, Jean Thiriart ou le national-anarchiste Hans Cany[32]. En dépit de l'anticommunisme affiché par les nationalistes révolutionnaires, ceux-ci affichent de la sympathie pour un certain nombre de régimes communistes anti-impérialistes et également nationalistes[33]. À titre d'exemple, Hans Cany, ex-communiste passé par Unité radicale, soutient le régime communiste vietnamien[32],[34] ; plus récemment Alain Soral et Dieudonné (qui n'est cependant pas formellement une personnalité d'extrême droite) se sont rendus à plusieurs reprises en Corée du Nord et ont rencontré de nombreux officiels du régime nord-coréen[33],[35]. Dans la même registre, Jean Thiriart, national-bolchéviste belge, a également été proche de la Chine maoïste et du régime communiste roumain de Nicolae Ceaușescu[33]. Les nationalistes révolutionnaires sont généralement considérés comme des partisans de l'autoritarisme voire du totalitarisme de par leurs soutiens à de nombreux régimes dictatoriaux au nom de l'anti-impérialisme.

Enfin, certaines personnalités national-communistes souhaitent une alliance entre l'extrême gauche et l'extrême droite, à l'instar d'Alain Soral; qui déplore, dans ses Chroniques d’avant-guerre (2012), qu’il ne soit pas possible de fusionner le Front national et le Front de gauche, en se basant sur l’exemple libanais de Hassan Nasrallah, musulman, s’alliant au général Aoun, chrétien[36]. En 2017, celui-ci a adressé ses encouragements à Jean-Luc Mélenchon[37][travail inédit ?].

La plupart des nationalistes révolutionnaires rejettent le qualificatif d'extrême droite qui leur est accolé[38],[39]. Au contraire, certains d'entre eux se considèrent comme étant de « gauche »[38] et revendiquent des idéaux anarchistes, écologistes, tout en rejetant la gauche traditionnelle et l'extrême gauche assimilées à des « traîtres » en raison de leur cosmopolitisme et leur acceptation du multiculturalisme[38],[40]. Néanmoins, les nationalistes révolutionnaires contestent la pertinence des classifications gauche/droite et ne se reconnaissent pas sur l'échiquier politique traditionnellement utilisé[38]. Pour leurs détracteurs de gauche, les nationaux-communistes et les nationaux-anarchistes seraient en réalité des fascistes voire des néonazis déguisés, maquillant leur ultranationalisme en dévoyant et en dénaturant des concepts habituellement utilisés par les partis et mouvements de gauche, telles que la lutte des classes ou l'écologisme afin de donner une apparence respectable à leurs mouvements[32],[34].

Par pays[modifier | modifier le code]

Allemagne[modifier | modifier le code]

En Allemagne, le Nationalisme révolutionnaire avait des figures diverses telles que Ernst Niekish, Ernst Jünger, Otto Ernst Remer, Otto Strasser et Gregor Strasser puis Klaus Armstroff. Le Sozialistische Reichspartei après-guerre puis les Autonome Nationalisten et divers groupes strasseristes dans les années 2000 ont fait partie de la mouvance NR.

Argentine[modifier | modifier le code]

En Argentine, alors que Juan Peron fût renversé par un coup d'État en 1955 appelé Révolution libératrice, des groupes de ce que l'on appelle la Résistance péroniste se forment, parmi eux, des groupes liés au nationalisme révolutionnaire tels que le Mouvement nationaliste Tacuara et la Concentración Nacional Universitaria. Ils forment l'aile droite de la Résistance péroniste et, avec d'autres groupes péronistes, luttent contre la Révolution libératrice[41] puis celle de la Dictature de la Révolution argentine, en espérant le retour de Juan Perón. En général, l'Argentine de Perón fût soutenue par les NR des autres nations.

Belgique[modifier | modifier le code]

En Belgique, le mouvement Jeune Europe fût le premier mouvement à faire du nationalisme révolutionnaire sa doctrine. Il s'agissait d'un mouvement transcontinental aillant pour objectif l'unification de l'Europe, son leader Jean Thiriart et considéré comme un théoricien du nationalisme révolutionnaire et du nationalisme européen. Après Jeune Europe, c'est le Mouvement Nation, qui se réclame du Solidarisme qui prit la relève du nationalisme révolutionnaire en Belgique, à la différence prêt est que Nation est belgicaniste et non pas pan-européen.

France[modifier | modifier le code]

En France, les nationalistes révolutionnaires venaient de la mouvance néo-fasciste comme François Duprat[42]. Lors de la Guerre des six jours, les NR français ont manifesté leur antisionisme, Duprat en tête[43]. Une partie du Front National français fut lié à la mouvance NR. Après des groupes tels que Ordre Nouveau, Occident[44] ainsi que Troisième Voie, les Groupes nationalistes révolutionnaires, le Mouvement nationaliste révolutionnaire et le Groupe Union Défense deviendront les mouvements représentant le nationalisme révolutionnaire. Après la dissolution de Troisième Voie (France) et les Jeunesses nationalistes révolutionnaires en 2013, il ne restait que le Groupe Union Défense comme groupe NR français. En 2017, le GUD devient le Bastion social[45], mais ce dernier sera dissout par décret en avril 2019. Ainsi, il n'y a  plus de groupe NR en France.

Italie[modifier | modifier le code]

En Italie, le nationalisme révolutionnaire est apparu après la Seconde Guerre mondiale avec les Fasci di Azione Rivoluzionaria, un mouvement de résistance fasciste à l'occupation américaine. La plupart des membres des FAP deviendront des membres influents du nationalisme révolutionnaire italien comme Roberto Mieville ou encore Pino Rauti, qui dirigera Ordine Nuovo et sera un membre influent du MSI. Les NR italiens se réclament du Socialisme national et sont les héritiers du « troisième fascisme » de la République sociale italienne. Ils forment l'aile anti-atlantiste et anti-imperialiste du néo-fascisme. Ils admirent le leader fasciste Benito Mussolini mais aussi le leader justicialiste argentin Juan Peron et les révolutionnaires Fidel Castro et Che Guevara[46],[47] (cette admiration vient du fait que ces figures luttaient contre les Américains et aussi du fait de leurs participations à la Révolution cubaine, qui fût une révolution nationaliste de base avant la conversion du régime au Marxisme-léninisme.). Les NR jouèrent un grand rôle lors des Années de plomb italiennes, et des groupes tels que Terza Posizione, Lotta di popolo, Centro Studi Ordine Nuovo, etc. ont été impliqués dans des affaires judiciaires, mais ils ne furent pas aussi dangereux que les groupes armés d'extrême gauche. Ils furent par ailleurs des adeptes de Julius Evola. Gabriele Adinolfi est une figure centrale du nationalisme révolutionnaire italien. Aujourd'hui, le nationalisme révolutionnaire italien est représenté par des groupes comme Forza Nuova et CasaPound[48].

Activités[modifier | modifier le code]

Nationalistes révolutionnaires manifestants contre l'OTAN et les USA en 2007.

Culture[modifier | modifier le code]

Le site de la librairie en ligne Librad est tenu par des militants nationalistes-révolutionnaires (il existe trois sites « librad » : un français, un italien et un allemand)[49]. Il existe également en France les éditions Ars Magna.

Manifestations[modifier | modifier le code]

Les nationalistes révolutionnaires organisent des manifestations, commémoration à l'anniversaire de la mort du militant NR Sébastien Deyzieu[50], manifestations contre l'impérialisme américain[51], manifestations pro-palestiniennes[52]. Des NR ont par ailleurs participé à la Manif pour tous contre le mariage homosexuel et participent régulièrement aux manifestations contre l'immigration.

Presse[modifier | modifier le code]

Les NR utilisent leur propre presse pour mettre en avant leurs idées via les revues ou journaux, telle que:

  • Défense de l'Occident : périodique ultranationaliste français, prônant un nationalisme occidental, révisionniste et pro-palestinien.
  • Eurasia : revue eurasiste italienne.
  • Volonté Européenne : revue ultranationaliste belge, prônant le nationalisme européen, pro-chiite et pro-iranien[53].
  • Rivarol : ce journal nationaliste français n'est pas affilié à la mouvance NR mais interviewe plusieurs membres de la mouvance NR.
  • Zentropa : d'abord site internet publiant en plusieurs langues (français, italien, espagnol, polonais…), se voulant culturel et métapolitique, proche de la CasaPound italienne, le groupe rédactionnel français publie depuis 2018 un magazine, Z-le mag[54].
  • Cazemate : journal nationaliste.

Musique[modifier | modifier le code]

Il existe des groupes de musiques NR, principalement en Italie, le courant musical NR italien est appelé Musique alternative de droite, en France, le courant musical NR est lié au Rock identitaire français et possède plusieurs labels.

Célébrations de guérillas anti-impérialistes[modifier | modifier le code]

Les NR célèbrent les guérillas anti-impérialistes, principalement celles des palestiniens contre Israël, celles des nationalistes irlandais contre les Britanniques.

Contre-culture[modifier | modifier le code]

La plupart des militants NR appartiennent aux mouvances Casual et des Ultras (supporters) et à la mouvance Skinhead[55].

Centres sociaux[modifier | modifier le code]

article détaillé : Centres sociaux de droite

La première occupation d'immeuble à laquelle le mouvement se livra sous la dénomination de CasaPound fut celle à laquelle procéda le à Rome un groupe de jeunes invoquant le sigle ONC/OSA (Occupations non conformes et Occupations à visée de logement, 'Occupazioni a Scopo Abitativo', en italien) et issus de l'expérience précédente de CasaMontag aux portes de Rome. L'édifice, un ci-devant bâtiment administratif sis au no 8 de la via Napoleone III, devint aussitôt le siège national du mouvement et de l'association CasaPound Italia. En 2010 y vivaient 23 familles, pour un total de 82 personnes[56]

Dans les deux années qui suivirent, CasaPound multiplia les occupations à Rome

Action coup de poing[modifier | modifier le code]

Les NR font également des actions coup de poing, notamment contre les antifascistes, les militants de gauche, contre les militants sionistes mais également contre la police.

Relations avec le Sud[modifier | modifier le code]

Les NR entretiennent de bonnes relations avec les pays nationalistes du Sud et des mouvements chiites. L'Alliance pour la paix et la liberté, un parti européen nationaliste, entretient des relations avec la Syrie, le Parti Baas syrien, le Parti social nationaliste syrien et le Hezbollah chiite libanais[57].

CasaPound est aussi en relation avec la Syrie et soutien Bachar el-Assad[58], son organisme humanitaire SOLID aide les Serbes du Kosovo, les Syriens, les Palestiniens et les Karens[59].

Lutte armée[modifier | modifier le code]

Plusieurs groupes NR italiens sont entrés dans la lutte armée entre les années 1970 et les années 1980, comme les Noyaux armés révolutionnaires, Lotta di popolo, Centro Studi Ordine Nuovo, Ordine Nero et Costruiamo l'azione. En revanche, les groupes NR français n'ont jamais dépassés le stade groupusculaire.

Le mouvement nationaliste révolutionnaire pan-européen Jeune Europe tenta la lutte armée via les brigades européennes, un de ses membres, Roger Coudroy, est mort en Palestine tué par l'armée israélienne.

Implications des NR dans des affaires judiciaires et des conflits[modifier | modifier le code]

Partis politiques[modifier | modifier le code]

Organisations[modifier | modifier le code]

Groupes armés[modifier | modifier le code]

La plupart des groupes armés NR ont été interdits et soupçonnés d'être terroristes, d'autres ont tentés de créer des mouvements de résistance contre les gouvernements de leur pays. Parmi eux:

Personnalités[modifier | modifier le code]

Symboles[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Symbolisme fasciste.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Nicolas Lebourg, « Qu’est ce que le nationalisme-révolutionnaire » ? (1/2), Fragments sur les Temps Présents, le 9 mars 2009.
  2. http://cqfd-journal.org/Le-Bastion-social-marque-le-retour
  3. « [...] the complete expulsion of everything alien from the soul and from the soil of Europe, the cleansing of the European soul of the dross of 19th century materialism and rationalism with its money-worship, liberal-democracy, social degeneration, parliamentarism, class-war, feminism, vertical nationalism, finance-capitalism, petty-statism, chauvinism, the Bolshevism of Moscow and Washington, the ethical syphilis of Hollywood, and the spiritual leprosy of New York [...] » traduction française in Collectif, Francis Parker Yockey, Le Prophète de l'Imperium, Avatar, Dublin, 2004, pp. 70-71.
  4. Lee 2000, p. 50.
  5. a et b Atkins 2004, p. 273-274.
  6. Lee 2000, p. 73, 134, 151.
  7. https://m.economictimes.com/news/politics-and-nation/fidel-castro-recruited-ex-nazis-to-train-troops-during-cold-war/articleshow/16829802.cms
  8. « Nouvelles formes et tendances d'extrême droite en Belgique. - I », Courrier hebdomadaire du CRISP, no 140,‎ , p. 1-22 (DOI 10.3917/cris.140.0001, lire en ligne).
  9. Christophe Bourseiller, Les maoïstes, la folle histoire des gardes rouges français, Paris, Points, , 512 p. (ISBN 978-2757805077), p. 311-315
  10. a et b (it) Andrea Cascioli, « Ritratti. Roger Coudroy, il nazionalista europeo eroe (dimenticato) della Palestina », barbadillo,‎ (lire en ligne, consulté le 18 avril 2019).
  11. « Il établit des liens personnels avec la totalité des organisations néo-fascistes sises dans l’ensemble de l’Europe, et il collabore avec des mouvements arabes, en particulier les mouvements palestiniens al-Fatah et Front populaire de libération de la Palestine. », dans Nicolas Lebourg, François Duprat : idéologies, combats et souvenirs, mémoire de DEA, Université de Perpignan, 2000 ; « François Duprat semble le seul leader de cette mouvance à cultiver des sympathies pour les groupes palestiniens extrémistes, pro-syriens notamment », dans Roger Faligot et Rémi Kauffer, Le Croissant et la croix gammée, p. 254.
  12. « François Duprat, une histoire de l'extrême droite », sur lemonde.fr, .
  13. Frédéric Charpier, Génération Occident : de l'extrême droite à la droite, Paris, Éditions du Seuil, (ISBN 2-02-061413-8 et 978-2-02-115751-2, lire en ligne), p. 284.
  14. Philippe Baillet, « Les métamorphoses du "traditionalisme-révolutionnaire": le cas Claudio Mutti et la revue Totalité », in: Philippe Baillet, L'Autre Tiers-mondisme: des origines à l’islamisme radical - Fascistes, nationaux-socialistes, nationalistes-révolutionnaires entre « défense de la race » et « solidarité anti-impérialiste »,Akribeia, Saint-Genis-Laval, 2016. 475 p., p. 195-231. (ISBN 978-2913612617)
  15. « Hizbullah Official In Beirut Receives Visiting Far-Right 'Alliance For Freedom And Peace' Party Members From UK, Italy, Belgium, Germany, And Croatia – Who Express Support For Hizbullah's Fight Against Israel », sur MEMRI
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  19. Décret du 6 août 2002 portant dissolution d'un groupement de fait, JORF no 184 du 8 août 2002, p. 13582, texte no 3, NOR INTX0205830D, sur Légifrance : « (…) Considérant que le groupement de fait "Unité radicale" propage, dans ses publications, intitulées Résistance ! et Jeune Résistance, ainsi que lors des rassemblements qu'il organise, des idées tendant à encourager la discrimination, la haine et la violence à l'égard de certains groupes de personnes, notamment des étrangers présents sur le territoire français et des Français issus de l'immigration ; qu'il prône également l'antisémitisme ;
    Considérant que, pour des raisons inhérentes aux nécessités de l'ordre public, il convient de réprimer les manifestations d'une idéologie raciste et discriminatoire ;(…) »
    .
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  56. Il Tempo - Spettacoli - di MARIO BERNARDI GUARDI Sono fascisti i ragazzi di Casa Pound e del Blocco Studentesco? È da qualche anno che politici, giornalisti, sociologi si pon...
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  58. https://www.aljazeera.com/news/2018/01/italian-fascists-adore-syria-bashar-al-assad-180125115153121.html
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  60. https://reflexes.samizdat.net/kermites-de-tous-les-pays/

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Stephen E. Atkins, Encyclopedia of modern worldwide extremists and extremist groups, Greenwood Publishing Group, (ISBN 978-0-313-32485-7, lire en ligne).
  • Jean-Yves Camus, « Une avant-garde populiste : « peuple » et « nation » dans le discours de Nouvelle Résistance », Mots, no 55, juin 1998, p. 128-138 (analyse approfondie de la doxa nationaliste révolutionnaire).
  • Alexandre Faria, « Unité radicale : histoire d’un mouvement nationaliste-révolutionnaire », mémoire de maîtrise en histoire, université Toulouse 2.
  • Nicolas Lebourg, « Les nationalismes-révolutionnaires en mouvements : idéologies, propagandes et influences (France : 1962-2002) », thèse de doctorat en histoire, université de Perpignan.
  • Nicolas Lebourg, Le monde vu de la plus extrême droite : du fascisme au nationalisme-révolutionnaire, Perpignan, Presses universitaires de Perpignan, 2010, 260 p. (ISBN 978-2-354-12075-7)
  • (en) Martin A. Lee, The Beast Reawakens, (ISBN 978-0-415-92546-4).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]