Nationalisme révolutionnaire

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Nationalisme révolutionnaire
Image illustrative de l’article Nationalisme révolutionnaire
Logotype officiel.
Positionnement Troisième position (de jure)
Extrême droite (de facto)
Idéologie Ultranationalisme
Nationalisme culturel
National-populisme
Étatisme
Euroscepticisme dur
Ethno-différencialisme
Opposition à l'immigration
Socialisme national
Solidarisme
Traditionalisme
Anticapitalisme
Anticolonialisme
Antilibéralisme
Anti-marxisme
Anti-impérialisme
Anti-LGBT
Anti-américanisme
Anti-mondialisme
Antisionisme
Factions:
Nationalisme blanc
Nationalisme religieux
National-syndicalisme
Sécularisme
Nationalisme religieux
Eurasisme
Tiers-mondisme
Anti-occidentalisme
Russophilie
National-bolchévisme

Le nationalisme révolutionnaire, également connu sous l'acronyme NR, est un courant nationaliste radical. Il appelle à créer une communauté nationale unie par un but et un destin partagés. Considéré comme une variante du nationalisme, ce courant combine un conservatisme sociétal idéologiquement de droite et adhère à une économie socialisante de gauche.

Les partisans de cette idéologie peuvent être appelés « NR » ou « Nationaux-révolutionnaires ». Le nationalisme révolutionnaire a la particularité de prôner une troisième voie pour s'opposer à la fois à une droite libérale et capitaliste et à une gauche internationaliste et marxiste.

Les nationaux-révolutionnaires prônent ouvertement une politique anti-atlantiste, anti-américaine et antisioniste, la protection des traditions et coutumes, l'opposition à la démocratie libérale, l'anticapitalisme, l'antilibéralisme, l'antiparlementarisme, la défense de la famille traditionnelle, le renforcement des États-nations, le localisme, l'identitarisme, le masculinisme et une forme nationaliste de socialisme. Historiquement, certains courants prônent également « l'orientation vers l'est » contre un Occident jugé cosmopolite et matérialiste décadent « abattant les peuples ». Ce fût notamment le cas parmi les premiers théoriciens nationaux-révolutionnaires[1].

La mouvance identitaire française est en partie issue d'une scission du nationalisme-révolutionnaire.

Idéologie[modifier | modifier le code]

Le nationalisme révolutionnaire est un mélange de nationalisme, de conservatisme sociétal (en prônant la défense des traditions) et de progressisme socio-économique avec une vision collectiviste et communautariste de la société[2].

Les nationalistes révolutionnaires sont favorables au populisme voire à la création d'une élite révolutionnaire et s'opposent à l'immigration. Ils prônent une "Troisième position" et refusent à la fois l'antiracisme et le racisme suprématiste pour une idéologie ethno-différentialiste. Le nationalisme révolutionnaire regroupe plusieurs branches, se réclamant de la Révolution conservatrice allemande, des JONS espagnoles et du Cercle Proudhon français. L'anticapitalisme, le traditionalisme, l'antisionisme et l'anti-impérialisme sont des points centraux du nationalisme-révolutionnaire.

Cette forme de nationalisme se distingue d'autres courants par son fort étatisme mêlé à un conservatisme traditionaliste (non-réactionnaire), une haine du capitalisme et un sentiment anti-bourgeois, un refus d'une union des droites, un rejet total de l'individualisme, du libéralisme, du conservatisme "bourgeois" classique, du marxisme, de la droite et de la gauche en général, avec une forte radicalité et un soutien à des mouvements très différents les uns des autres selon les circonstances stratégiques et géopolitiques. La doctrine nationale-révolutionnaire rejette le rétablissement de la monarchie et le féodalisme au profit du nationalisme social et de l'État-nation autoritaire mais se caractérise également par le rejet de plusieurs idées de la philosophie des Lumières et du jacobinisme au profit du respect des identités régionales.

Le nationalisme-révolutionnaire se compose de quatre tendances plus ou moins liées :

Les combats des NR se situent à la marge de ceux menés par l'extrême droite électoraliste. Les NR ne nient pas l'existence des classes sociales (certains mouvements prônent la lutte des classes quand d'autres prônent une collaboration de classes limitée), sont axés sur la lutte contre l'immigration et le capitalisme, et s'opposent à la présence américaine en Europe ainsi qu'à l'Union européenne, à l'OTAN et au cosmopolitisme[2]. Ils soutiennent les mouvements nationalistes arabes ainsi que les milices chiites[4] et rejettent violemment le sionisme.

Il existait également des liens idéologiques limités entre la Nouvelle Droite et certains mouvements NR, toutefois, ces mouvances restèrent éloignés, n'ayant pas les mêmes intérêts et ne partageant pas la même conclusion sur les identités européennes. La Nouvelle Droite étant favorable à l'Euro-fédéralisme tandis que les NR défendent les États-nations et leur souveraineté. Par ailleurs, la Nouvelle Droite a auparavant défendue un certain libéralisme des moeurs tandis que les NR défendent une vision très conservatrice sur les questions sociétales, s'opposant notamment à la Révolution sexuelle et à toutes formes de libéralisme. Ce qui éloigne également les NR de la Nouvelle Droite est directement lié à la forme militante, le Nationalisme révolutionnaire est un mouvement d'action tandis que la Nouvelle Droite est une mouvance intellectuelle.

Pour Nicolas Lebourg:

« Les NR, mêlant dès lors la propagande maoïste à celle de la Révolution Conservatrice allemande, se présentent tels les « Nouveaux Résistants » en lutte contre ce « Système », un « totalitarisme » libéral qui voudrait imposer son matérialisme cosmopolite grâce à ses « collabos » qui favoriseraient l’immigration. Celle-ci ne serait qu’une « arme capitaliste » pour détruire les fondements ethno-culturels des peuples et en faire des consommateurs standardisés[2]. »

Actuellement, en politique étrangère, les NR soutiennent la cause palestinienne, le régime baathiste syrien [5] et l'Iran. Auparavant, les NR soutenaient l'Égypte de Nasser ainsi que l'Irak baasiste (sans prendre parti entre l'Irak de Saddam Hussein et l'Iran de Khomeini, les deux pays étant considérés comme des alliés par les NR à l'époque).

Parmi les dirigeants politiques mondiaux contemporains, Hugo Chávez, Fidel Castro[6] et Mahmoud Ahmadinejad[7] inspirent du respect aux NR pour leur opposition à l'impérialisme américain, et sont souvent cités dans leurs publications. Les nationalistes-révolutionnaires ont également apporté leur soutien, selon les époques, à des dirigeants nationalistes arabes comme Gamal Abdel Nasser, Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi, Hafez el-Assad puis Bachar el-Assad.

Parmi les symboles utilisés par le nationalisme révolutionnaire on retrouve les couleurs rouge et noire (en référence à la première Phalange) et le trident (emprunté au solidarisme russe)[réf. nécessaire].

Des membres du courant NR se rapprochent du mouvement eurasiste dans l'ex-URSS, du péronisme, du panhispanisme ou du bolivarisme en Amérique latine, ainsi que du baasisme ou du kadhafisme dans les pays arabes. Ils ont soutenu des personnalités telles que Juan Peron, Georges Habache, Ilich Ramirez Sanchez[8] ainsi que Mahmoud Ahmadinejad selon les époques.

Certaines personnalités d'extrême droite proches du courant national-révolutionnaire ont par le passé milité à gauche voire à l'extrême gauche et conservent des idées économiques de gauche associées à un nationalisme exacerbé. Ces personnalités sont souvent décrites comme rouges-brunes ou national-communistes. C'est le cas notamment de Jean Thiriart. En dépit de l'anticommunisme affiché par les nationalistes révolutionnaires, ceux-ci affichent de la sympathie pour un certain nombre de régimes de gauche anti-impérialistes et également nationalistes[5]. Dans la même registre, Jean Thiriart, national-communautariste belge, a également été proche de la République populaire de Chine[5]. Les nationalistes révolutionnaires sont généralement considérés comme des partisans de l'autoritarisme de par leurs soutiens à de nombreux régimes considérés comme dictatoriaux au nom de l'anti-impérialisme.

Histoire par pays[modifier | modifier le code]

Le terme de nationalisme révolutionnaire désigne en fait un très large courant, caractérisé avant tout par une volonté de dépasser le clivage droite-gauche. Si, en France, on parle de courant nationaliste-révolutionnaire, en Allemagne on préfère employer le désigner comme nationalrevolutionär. En Italie, on parle d'area nazionalrivoluzionaria (« milieu » national-révolutionnaire)[9]. L'historien allemand Schüddekopf a voulu résumer la complexité de ce courant en disant qu'il regroupait « les gens de gauche de la droite » (die linken Leute von rechts)[10].

Allemagne[modifier | modifier le code]

C'est dans l'Allemagne de Weimar, alors que les théories de la "Konservative Revolution" (expression popularisée par Hugo von Hofmannsthal) sont remarquées. La révolution conservatrice avait cinq courants, le troisième courant était celui des "nationaux-révolutionnaires" ("Nationalrevolutionäre") apparaît, et ce courant se divise en deux branches, le nationalisme révolutionnaire soldatique dont les théoriciens principaux sont Ernst Jünger, Franz Schauwecker ou Werner Beumelburg, et le courant "national-bolchevique" dont les théoriciens sont Ernst Niekisch, Karl-Otto Paetel ainsi que les frères Strasser[11] dont on a dit qu'ils étaient les « gens de gauche de la droite » (Linke Leute von rechts)[12]. Il y a d'autres auteurs et théoriciens qu'Armin Mohler considère comme proches des nationaux-révolutionnaires mais qui n'en faisait pas totalement partie, comme Friedrich Hielscher[13]. Leur élan révolutionnaire et leur formation prussienne se conjuguent pour soutenir leur volonté de détruire « l’ordre bourgeois » ; leur « nationalisme de soldats » ne fait plus qu’un avec le « socialisme des camarades ». Un sentiment tragique aigu de l’histoire et de la vie constitue la toile de fond, sombre et lumineuse à la fois, de leur aventure révolutionnaire.

Le mouvement national-révolutionnaire allemand sera réprimé et réduit au silence sous le régime nazi lors de l'ascension d'Adolf Hitler, une partie non-négligeable rejoindra la résistance allemande anti-nazie (tels que Ernst Niekisch, Karl Otto Paetel et Friedrich Hielscher), le Front Noir d'Otto Strasser est interdit sur ordre d'Hitler. Les nationaux-révolutionnaires allemands, bien qu'étant partisans d'un état fort et d'un régime nationaliste, restent distants par rapport au Nazisme, Adolf Hitler étant considéré comme un capitaliste et comme un homme centré sur lui-même, les nationaux-révolutionnaires allemands furent persécutés par les nazis et réduits au silence. L'Union sociale allemande (en) qui succède au Front Noir sera créée par Otto Strasser après la Seconde Guerre mondiale, le 17 juin 1956 et dissoute le 25 mai 1962.

Otto Ernst Remer, ancien général de la Wehrmacht, membre fondateur du Sozialistische Reichspartei, était opposé à l'occupation de l'Allemagne, ainsi qu'à l'état fédéral de l'Allemagne de l'ouest (en quoi il voyait un état fantoche des États-Unis)[14], il fuit en Égypte[15] (alors dirigée par le nationaliste arabe Gamal Abdel Nasser, dont Remer sera l'un des conseillers). En Égypte, Remer se livrera également au trafic d'armes (le régime de Fidel Castro sera l'un des clients de Remer[16]). De retour en Allemagne de l'ouest dans les années 1980, Remer créa le « Mouvement pour la liberté allemande » (MLA), un mouvement nationaliste révolutionnaire allemand prônant la réunification de l'est et de l'ouest allemands et le retrait des forces de l'OTAN[14].

De 1991 à 1994, Remer publie un bulletin d'information politique intitulé Remer-Depesche, contenant sa philosophie politique. Il est poursuivi pour Incitation à la haine raciale. C'est le début du Procès Remer, mais ce dernier s'enfuit en Espagne où il meurt à l'âge de 85 ans.

Argentine[modifier | modifier le code]

En Argentine, alors que Juan Peron est renversé par un coup d'État en 1955 appelé Révolution libératrice, des groupes de ce que l'on appelle la Résistance péroniste se forment, parmi eux, des groupes liés au nationalisme révolutionnaire tels que le Mouvement nationaliste Tacuara et la Concentración Nacional Universitaria. Ils forment l'aile droite de la Résistance péroniste et, avec d'autres groupes péronistes, luttent contre le gouvernement de Révolution libératrice[17] puis celle de la Dictature de la Révolution argentine, en espérant le retour de Juan Perón. En général, l'Argentine de Perón a été soutenue par les NR des autres nations.

Dans les années 1980-1990, des militaires argentins nationalistes des Carapintadas furent impliqués dans deux tentatives de Coup d'état, leur chef Mohamed Alí Seineldín, opposant à l'impérialisme américain ainsi qu'à l'impérialisme britannique fût un fervent nationaliste catholique[18].

Belgique[modifier | modifier le code]

En 1962, Jean Thiriart, ancien militant d'extrême gauche converti créa le réseau Jeune Europe, qui s'étendra principalement en Belgique, en Italie et en Allemagne. Le réseau Jeune Europe a été le premier mouvement transcontinental influent à faire du nationalisme révolutionnaire sa doctrine.

Le , Thiriart publie le Manifeste à la nation européenne. Même si le mouvement est encore très « marqué à droite », notamment par un anticommunisme virulent, il se concentre désormais sur des objectifs européens : « une Europe unitaire, puissante, communautaire en réaction — et en dehors — contre le bloc soviétique et le bloc des États-Unis »[19].

L'année commence par une grève des médecins belges. Le fait que plusieurs médecins soient membres de la direction de Jeune Europe profite au mouvement. En paraît le livre de Jean Thiriart : Un empire de 400 millions d'hommes. Son journal, qui tire normalement à 10 000 exemplaires, va passer à 30 000 à l'occasion des élections communales.

Jeune Europe aura sa propre revue : La nation européenne.

En 1966, Thiriart prend la décision de créer les brigades européennes, ces brigades sont censées être des brigades de lutte anti-américaine, Thiriart tentera de contacter les chefs d'État de pays non alignés.

La presse de Jeune Europe va par ailleurs pouvoir publier des interviews avec plusieurs personnalités de l'époque tel que Juan Peron exilé en Espagne franquiste, Ahmed Choukairy de l'Organisation de Libération de la Palestine qui donnera sa bénédiction à Jeune Europe[20].

Thiriart prend également contact avec le dirigeant nationaliste arabe Gamal Abdel Nasser à qui il rend visite en 1968[21]. En 1968, un militant de Jeune Europe, Roger Coudroy alors engagé dans la guérilla palestinienne du Fatah écrit un livre : J'ai vécu la résistance palestinnienne. Il sera tué le par l'armée israélienne[21].

Faute de financement pour les Brigades européennes, Thiriart met fin à Jeune Europe en 1969. Cependant, Thiriart n'abandonnera pas la politique, il rencontra et inspira Alexandre Douguine, le théoricien du néo-eurasisme. Sa doctrine influence une partie des mouvements nationaux-révolutionnaires ainsi que la quasi-totalité des mouvements nationaux-bolcheviques.

Depuis 1999, le nationalisme révolutionnaire en Belgique est représenté par Mouvement Nation, qui se réclame du Solidarisme et du Belgicanisme.

France[modifier | modifier le code]

En France, le nationalisme révolutionnaire est apparu en contrepied après la fin de l'Algérie française et plusieurs organisations telles que le Groupe union défense (GUD), ainsi que Troisième Voie était proche de certaines positions du nationalisme-révolutionnaire sans adhérer totalement à l'idéologie NR. Les Groupes nationalistes révolutionnaires, le Mouvement nationaliste révolutionnaire, Unité Radicale et Nouvelle résistance adhéraient pleinement à l'idéologie NR.

Lors de la guerre des Six Jours, les NR français soutenaient la coalition arabe[22]. Une partie du Front national fut lié à la mouvance NR.

Duprat est tué le lors d'un attentat revendiqué par deux groupes sionistes dont un groupe terroriste inconnu : le « commando du souvenir »[23]. Il laissa un héritage idéologique à la mouvance NR française.

En 1998 est créé le groupe Unité radicale, née d'une alliance entre plusieurs groupes NR, respectivement l’alliance du Groupe union défense (GUD), de Jeune Résistance et de l’Union des cercles de résistance.

Après l'attentat raté de contre le président Jacques Chirac par Maxime Brunerie, membre du Mouvement national républicain et proche de la nouvelle équipe dirigeante d'Unité radicale constituée après le départ de Christian Bouchet, le mouvement fut dissous par décret en application de la loi du pour cause d'idéologie raciste et discriminatoire, antisémitisme, encouragement de la discrimination, de la haine et de la violence[24].

Dans les années 2010, la mouvance NR est principalement représentée en France par de petites factions et par le Groupe union défense (GUD, alors devenue la plus ancienne organisation NR en France), mouvement actif de 1968 à 2017. En 2013, le GUD participe à la manif pour tous contre le mariage homosexuel[25], 2013 est aussi l'année où l'extrême droite radicale est particulièrement active[réf. nécessaire].

Le GUD finira par s'éloigner du nationalisme-révolutionnaire et dérive vers le néo-fascisme classique.

En 2017, le GUD est mis en sommeil au profit du Bastion social, créé par des membres du GUD lyonnais. En février 2019, le président de la République Emmanuel Macron annonce son intention de dissoudre le Bastion social[26],[27],[28]. Le , le mouvement est dissous en conseil des ministres[29].

Ukraine/Donbass[modifier | modifier le code]

Si des groupes nationaux-révolutionnaires ont montrés un antisoviétisme mêlé à de l'antiaméricanisme lors de la Guerre froide, la plupart d'entre eux ont décidés de soutenir la Russie lorsqu'elle abandonna l'idéologie communiste. Toutefois, historiquement, il est arrivé que des groupes nationaux-révolutionnaires aient soutenus l'Union soviétique pendant la Guerre froide sans pour autant adhérer aux thèses communistes.

La plupart des membres de Troisième voie française et des héritiers d'autres organisations NR qui furent antisoviétiques ont décidés de soutenir les insurgés pro-russes du Donbass en 2014 dans le but d'éviter l'expansion des États-Unis et de l'Union européenne, considérant l'antisoviétisme comme terminé dû à la dissolution de l'URSS, l'idéologie de "l'orientation à l'est" des premiers théoriciens nationaliste-révolutionnaires refaisant également surface. Les États-Unis ont été considérés comme le principal danger depuis.

Depuis 2014, l'extrême droite radicale et plus particulièrement les NR en Europe se divisent au sujet de la Guerre du Donbass. Certains prenant parti pour les séparatistes pro-russes de la Novorossia[30] (exemples : Action serbe, Forza Nuova, Unité nationale russe ainsi que d'anciens de la Troisième voie française[31], etc.) d'autres pour l'Ukraine (Bastion social, Groupe Union Défense, CasaPound, etc.).

Ainsi, de nombreux NR sont motivés par un choix pro-russe du fait que la plupart d'entre eux sont par ailleurs de fervents partisans de l'Eurasisme[32], et les autres motivés par un anti-atlantisme et un anti-américanisme farouche ainsi que par solidarité avec les nationalistes russes en défendant des thèmes irrédentistes russes. Le journal italien L'espresso a rapporté que des militants nationalistes italiens servaient de mercenaires aux russes[33]. Les NR pro-russes considèrent également le gouvernement ukrainien issu de l'Euromaïdan comme un pantin américain (pro-américain est souvent synonyme de "décadence" et de "mondialisme" dans le vocabulaire NR)

Les NR pro-ukrainiens sont en faveur des Ukrainiens par opposition à l'impérialisme russe, craignant un néo-soviétisme ou voyant le régime de Vladimir Poutine comme étant un régime anti-national[34].

Activités[modifier | modifier le code]

Nationalistes révolutionnaires manifestants contre l'OTAN et les USA en 2007.

Culture[modifier | modifier le code]

Le site de la librairie en ligne Librad est tenu par des militants nationalistes-révolutionnaires (il existe trois sites « librad » : un français, un italien et un allemand)[35]. Il existe également en France les éditions Ars Magna.

En Italie, il y a les Edizioni di Ar d'orientation évolienne "traditionaliste-révolutionnaire" fondée par Franco Freda.

Manifestations[modifier | modifier le code]

Les nationalistes révolutionnaires organisent des manifestations, commémoration à l'anniversaire de la mort du militant NR Sébastien Deyzieu[36], manifestations contre l'impérialisme américain[37], manifestations pro-palestiniennes[38].

Des NR ont par ailleurs participé à la Manif pour tous contre le mariage homosexuel et participent régulièrement aux manifestations contre l'immigration.

Presse[modifier | modifier le code]

Les NR utilisent leur propre presse pour mettre en avant leurs idées via les revues ou journaux, telle que :

  • Défense de l'Occident : périodique ultranationaliste français, prônant un nationalisme occidental, révisionniste et pro-palestinien ;
  • Eurasia : revue eurasiste italienne ;
  • Volonté Européenne[39] ;
  • Rivarol : ce journal nationaliste français n'est pas affilié à la mouvance NR mais interviewe plusieurs membres de la mouvance NR ;
  • Zentropa : d'abord site internet publiant en plusieurs langues (français, italien, espagnol, polonais…), se voulant culturel et métapolitique, proche de la CasaPound italienne, le groupe rédactionnel français publie depuis 2018 un magazine, Z-le mag[40] ;
  • Cazemate : journal nationaliste.

Musique[modifier | modifier le code]

Il existe des groupes de musiques NR, principalement en Italie, le courant musical NR italien est appelé Musique alternative de droite, en France, le courant musical NR est lié au Rock identitaire français et possède plusieurs labels.

Centres sociaux[modifier | modifier le code]

La première occupation d'immeuble à laquelle le mouvement se livra sous la dénomination de CasaPound fut celle à laquelle procéda le à Rome un groupe de jeunes invoquant le sigle ONC/OSA (Occupations non conformes et Occupations à visée de logement, 'Occupazioni a Scopo Abitativo', en italien) et issus de l'expérience précédente de CasaMontag aux portes de Rome. L'édifice, un ci-devant bâtiment administratif sis au no 8 de la via Napoleone III, devint aussitôt le siège national du mouvement et de l'association CasaPound Italia. En 2010 y vivaient 23 familles, pour un total de 82 personnes[41].

Dans les deux années qui suivirent, CasaPound multiplia les occupations à Rome.

Action coup de poing[modifier | modifier le code]

Les NR font également des actions coup de poing, notamment contre les "antifas", les militants de gauche, contre les militants sionistes mais également contre la police lors de manifestations qui dégénèrent. En Italie, des membres de Terza Posizione tentèrent également de renverser l'État.

Relations avec le Sud[modifier | modifier le code]

Les NR entretiennent de bonnes relations avec les pays nationalistes du Sud et des mouvements chiites.

L'Alliance pour la paix et la liberté, un parti européen nationaliste, entretient des relations avec la Syrie, le Parti Baas syrien, le Parti social nationaliste syrien et le Hezbollah chiite libanais[42].

CasaPound est aussi en relation avec la Syrie et soutien Bachar el-Assad[43], son organisme humanitaire SOLID aide les Serbes du Kosovo, les Syriens, les Palestiniens et les Karens[44].

Lutte armée[modifier | modifier le code]

Plusieurs groupes NR italiens sont entrés dans la lutte armée entre les années 1970 et les années 1980, comme les Noyaux armés révolutionnaires, Lotta di popolo, Centro Studi Ordine Nuovo, Ordine Nero et Costruiamo l'azione. En revanche, les groupes NR français n'ont jamais dépassés le stade groupusculaire.

Le mouvement nationaliste révolutionnaire pan-européen Jeune Europe tenta la lutte armée via les brigades européennes, un de ses membres, Roger Coudroy, est mort en Palestine tué par l'armée israélienne.

Partis politiques[modifier | modifier le code]

Inactifs[modifier | modifier le code]

Allemagne[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Italie[modifier | modifier le code]

Espagne[modifier | modifier le code]

Actifs[modifier | modifier le code]

Serbie[modifier | modifier le code]

Pologne[modifier | modifier le code]

Pérou[modifier | modifier le code]

Russie[modifier | modifier le code]

Syrie[modifier | modifier le code]

Organisations[modifier | modifier le code]

En activité[modifier | modifier le code]

Inactives[modifier | modifier le code]

Groupes armés[modifier | modifier le code]

La plupart des groupes armés NR ont été interdits et soupçonnés d'être terroristes, d'autres ont tenté de créer des mouvements de résistance contre les gouvernements de leur pays. Parmi eux :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Revolutionäre Politik, 1926. Réimpression : Ernst Niekisch, Widerstand, Sinus-Verlag, 1982.
  2. a b et c Nicolas Lebourg, « Qu’est ce que le nationalisme-révolutionnaire » ? (1/2), Fragments sur les Temps Présents, le 9 mars 2009.
  3. Anne-Marie Duranton-Crabol, L'Europe de l'extrême droite de 1945 à nos jours, Bruxelles, Complexe, , 221 p. (ISBN 978-2-87027-404-0, lire en ligne), p. 67-68.
  4. (en) « Hizbullah Official In Beirut Receives Visiting Far-Right 'Alliance For Freedom And Peace' Party Members From UK, Italy, Belgium, Germany, And Croatia – Who Express Support For Hizbullah's Fight Against Israel », sur MEMRI.
  5. a b et c Nicolas Lebourg, « L'étrange fascination de penseurs d'extrême droite pour des régimes d'extrême gauche », sur Slate, (consulté le )
  6. (it) « Casapound "celebra" Che Guevara e Castro? Insorgono i Giovani Comunisti », forlitoday.it,‎ (lire en ligne).
  7. http://www.ecn.org/antifa/article/2082/iranfiore-con-ahmadinejad-contro-lobby-ebreoamericane
  8. « Disparition du fasciste Jacques Vergèssite », sur lesmaterialistes.com, (consulté le )
  9. Philippe Baillet, L'autre tiers-mondisme : des origines à l'islamisme radical, Saint-Genis-Laval, Akribeia, , 475 p. (ISBN 978-2-913612-61-7), p. 13-14
  10. (de) Otto-Ernst Schüddekopf, « Linke Leute von rechts ». Die nationalrevolutionäre Minderheiten und der Kommunismus in der Weimarer Republik, Stuttgart, Kohlhammer,
  11. Louis Dupeux, Stratégie communiste et dynamique conservatrice. Essai sur les différents sens de l'expression « National-bolchevisme » en Allemagne, sous la République de Weimar (1919-1933), (Lille, Service de reproduction des thèses de l'Université) Paris, Librairie H. Champion, 1976, 627 p.
  12. Schüddekopf, Otto Ernst., Nationalbolschewismus in Deutschland 1918-1933, Ullstein, 1973
  13. Armin Mohler, La Révolution conservatrice en Allemagne, 1918-1932, Pardès, Puiseaux, 1993, 894 p. ( (ISBN 2-86714-095-1)), p. 585-586.
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  16. (en) « 'Fidel Castro recruited ex-Nazis to train troops during Cold War' », sur The Economic Times, (consulté le ).
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    .
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  37. « Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR) : c'est quoi ? », sur linternaute.com, (consulté le ).
  38. (it) Jacopo Belviso, « Gli estremisti di Forza Nuova scendono in piazza contro Israele: Ponte Milvio blindato », Il Mattino,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  39. http://www.resistances.be/edproislam.html
  40. « Z-le mag, la "valeur ajoutée" de Zentropa », sur Infos-Toulouse, (consulté le )
  41. Il Tempo - Spettacoli - di Mario Bernardi Guardi Sono fascisti i ragazzi di Casa Pound e del Blocco Studentesco? È da qualche anno che politici, giornalisti, sociologi si pon…
  42. http://memri.fr/2019/03/20/une-delegation-europeenne-de-lalliance-pour-la-paix-et-la-liberte-apf-en-visite-a-beyrouth-rencontre-un-representant-du-hezbollah-et-exprime-son-soutien-a-sa-lutte-contre-israel/
  43. (en) Patrick Strickland, « Why do Italian fascists adore Syria's Bashar al-Assad? », sur aljazeera.com, (consulté le ).
  44. http://www.solid-onlus.org/

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Stephen E. Atkins, Encyclopedia of modern worldwide extremists and extremist groups, Greenwood Publishing Group, , 404 p. (ISBN 978-0-313-32485-7, lire en ligne).
  • Jean-Yves Camus, « Une avant-garde populiste : « peuple » et « nation » dans le discours de Nouvelle Résistance », Mots, no 55, , p. 128-138 (analyse approfondie de la doxa nationaliste révolutionnaire).
  • Alexandre Faria, « Unité radicale : histoire d’un mouvement nationaliste-révolutionnaire », mémoire de maîtrise en histoire, université Toulouse 2.
  • Nicolas Lebourg, « Les nationalismes-révolutionnaires en mouvements : idéologies, propagandes et influences (France : 1962-2002) », thèse de doctorat en histoire, université de Perpignan.
  • Nicolas Lebourg, Le monde vu de la plus extrême droite : du fascisme au nationalisme-révolutionnaire, Perpignan, Presses universitaires de Perpignan, 2010, 260 p. (ISBN 978-2-354-12075-7)
  • (en) Martin A. Lee, The Beast Reawakens, , 546 p. (ISBN 978-0-415-92546-4, lire en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]