Nationalisme révolutionnaire

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La croix celtique, emblème couramment utilisé par les nationalistes révolutionnaires.

Le nationalisme révolutionnaire, également connu sous l'acronyme NR, est un courant d'idées situé à l'extrême droite. Le nationalisme révolutionnaire est apparu en France en contrepied à la fin de l’Algérie française[1] et de la décolonisation française en Tunisie et au Maroc. L'un des éléments fondateurs du nationalisme révolutionnaire est une réunion à Venise, le , de l'essentiel des groupes néofascistes européens. Au cours de cette réunion, les participants s'étaient engagés à fonder un « parti nationaliste européen intégré ». Cette alliance, découlant du courant nationaliste européen, aurait visé à édifier une Europe unitaire, pour constituer une « troisième voie » entre d'une part l'URSS et le communisme, et d'autre part les États-Unis et le capitalisme[1].

Les NR sont profondément anticapitalistes, ils pensent que le capitalisme est la première force antinationaliste et uniformisatrice. Ils sont hostiles à l'immigration, aux anarchistes, au libre-marché, au racisme anti-blanc, au sionisme, au marxisme et au gauchisme. Les nationalistes révolutionnaires prônent une forme de socialisme mêlé d'ultranationalisme, de solidarisme et d'anti-imperialisme et sont généralement anti-occidentalistes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le début[modifier | modifier le code]

Front européen de libération[modifier | modifier le code]

Le nationalisme révolutionnaire apparaît après la Seconde Guerre mondiale, tirant idéologiquement du Fascisme. Le premier mouvement nationaliste révolutionnaire est le Front européen de libération, un mouvement créer pour « libérer l'Europe de l'impérialisme américain ». Dans le programme du Front européen de libération synthétisé par Yockey dans The Proclamation of London figurait le point suivant :

« L’expulsion complète de tout ce qui est étranger à l’âme et du sol de l’Europe, la purification de l’âme européenne des scories du matérialisme et du rationalisme du XIXe siècle avec leur culte de l’argent, leur démocratie libérale, leur dégénérescence sociale, leur parlementarisme, leur lutte des classes, leur féminisme, leur nationalisme vertical, leur capitalisme financier, leur étatisme borné, leur chauvinisme, le bolchevisme de Moscou et Washington, la syphilis éthique de Hollywood, et la lèpre spirituelle de New York[2]

Malgré les efforts, le projet du Front européen de libération n'aboutira pas.

Le parti socialiste du Reich[modifier | modifier le code]

En Allemagne de l'ouest en 1949, un parti ultranationaliste composé d'anciens soldats et généraux de la Wehrmacht fait son apparition, le Sozialistische Reichspartei, fondé et dirigé par Otto Ernst Remer reprend une parti importante du programme du Strasserisme (Idéologie mêlant ultranationalisme d'extrême droite et socialisme), le parti obtient de bons scores aux élections régionales. Ce parti prône ouvertement l'anti-américanisme. Le SRP prônait la « troisième force » en opposition au capitalisme et au communisme[3]. Le SRP est interdit en 1952 par les autorités ouest-allemandes pour reconstitution du parti nazi.

Otto Ernst Remer, le national-révolutionnaire allemand[modifier | modifier le code]

Otto Ernst Remer, ancien général de la Wehrmacht, membre fondateur du Sozialistische Reichspartei, était contre l'état de l'Allemagne de l'ouest (en quoi il voyait un état fantoche des États-Unis)[4], il fuit en Égypte[5] (alors dirigée par le nationaliste arabe Gamal Abdel Nasser, dont Remer sera l'un des conseillers). En Égypte, Remer se livrera également au trafic d'armes (le régime de Fidel Castro sera l'un des clients de Remer[6])

De retour en Allemagne de l'ouest dans les années 1980, Remer créa le « Mouvement pour la liberté allemande » (MLA), un mouvement nationaliste révolutionnaire allemand prônant la réunification de l'est et de l'ouest allemands et le retrait des forces de l'OTAN[4].

De 1991 à 1994, Remer a publié un bulletin d'information politique intitulé Remer-Depesche, contenant sa philosophie politique. Il est poursuivi pour Incitation à la haine raciale. C'est le début du Procès Remer, mais Remer s'enfuira en Espagne où il mourra à l'âge de 85 ans.

Jeune Europe 1962-1969[modifier | modifier le code]

En 1962, Jean Thiriart, un ancien militant d'extrême gauche passé par la collaboration avec les allemands lors de la Seconde Guerre mondiale créer le réseau Jeune Europe, qui s'étendra principalement en Belgique, en Italie et en Allemagne.

Le 1er septembre 1961, Thiriart publie le Manifeste à la nation européenne. Même si le mouvement est encore très « marqué à droite », notamment par un anticommunisme virulent, il se concentre désormais sur des objectifs européens : « une Europe unitaire, puissante, communautaire en réaction — et en dehors — contre le bloc soviétique et le bloc des États-Unis »[7].

L'année commence par une grève des médecins belges. Le fait que plusieurs médecins soient membres de la direction de Jeune Europe profite au mouvement. En juin 1964 paraît le livre de Jean Thiriart : Un empire de 400 millions d'hommes. Son journal, qui tire normalement à 10 000 exemplaires, va passer à 30 000 à l'occasion des élections communales.

Jeune Europe aura sa propre revue : La nation européenne

En 1966, Thiriart prend la décision de créer les brigades européennes, ces brigades sont censées être des brigades de lutte anti-américaine, Thiriart tentera de contacter les chefs d'États de pays non-alignés.

Thiriart rencontre Zhou Enlaï à Bucarest, pendant que d'autre cadres visitent la Bulgarie, la Yougoslavie et la Roumanie.

Plusieurs terroristes d'extrême gauche marxistes et d'extrême droite nationaliste et néofascistes sont passés par Jeune Europe en tant que militants d'extrême droite comme Renato Curcio.

La presse de Jeune Europe va par ailleurs pouvoir publier des interviews avec plusieurs personnalités de l'époque tel que Juan Peron exilé en Espagne franquiste, Ahmed Choukairy de l'Organisation de Libération de la Palestine qui donnera sa bénédiction à Jeune Europe[8].

Thiriart prend également contact avec le dirigeant nationaliste arabe Gamal Abdel Nasser à qui il rend visite en 1968[9].

En 1968, un militant de Jeune Europe, Roger Coudroy alors engagé dans la guérilla palestinienne Fatah écrit un livre : J'ai vécu la résistance palestinnienne. Il sera tué le par l'armée israélienne[9].

Néanmoins, faute de financement pour les Brigades européennes, Thiriart met fin à Jeune Europe en 1969.

François Duprat : le théoricien[modifier | modifier le code]

François Duprat est l'un des principaux théoriciens français du nationalisme révolutionnaire. Il écrit plusieurs ouvrages : Manifeste du nationaliste révolutionnaire et Le Ba'as, idéologie et histoire. Il fût un ami de Maurice Bardèche et il écrivait dans Défense de l'Occident.

Ayant des liens avec le Fatah et le Front populaire de libération de la Palestine[10], il aurait, aux côtés de Maurice Bardèche, joué un rôle non négligeable dans l'antisionisme d'extrême droite. En 1967, il crée un Rassemblement pour la libération de la Palestine[11]. Il publie l'hebdomadaire Les Cahiers européens et la Revue d'histoire du fascisme. Duprat fût par ailleurs le co-fondateur du Front national.

Il est tué le 18 mars 1978 lors d'un attentat revendiqué par deux groupes sionistes dont un groupe terroriste inconnu : le « commando du souvenir »[12].

La révolution islamique en Iran[modifier | modifier le code]

Couverture d'un numéro de "Volonté Européenne", journal nationaliste-révolutionnaire

Après la Révolution islamique en Iran, des nationalistes révolutionnaires montrent ouvertement leur sympathie à l'égard de l'Ayatollah Rouhollah Khomeiny et de la Révolution iranienne comme Claudio Mutti[13] ou Franco Freda (qui sera condamné en Italie du fait de sa participation aux actions des groupes armés d'extrême droite italiens des années 1970-1980). Il est par ailleurs fréquent que les NR défendent la République islamique d'Iran au nom de l'antisionisme.

Par ailleurs, l'Alliance pour la paix et la liberté, groupe d'extrême droite européen aillant plusieurs partis nationalistes révolutionnaires dans ses rangs a des liens avec le Hezbollah libanais, allié à l'Iran[14][15][16].

Lutte armée dans les années 1970-1980 en Italie[modifier | modifier le code]

Pendant les années 1970-1980, c'est la période les années de plomb en Italie, des militants armés d'extrême gauche communistes, anarchistes et marxistes se battent contre les groupes armés d'extrême droite néofascistes, tercéristes et Rouge-bruns qui eux aussi se battent contre le gouvernement. Les membres des groupes néofascistes armés se revendiquent « nationalistes révolutionnaires », « fascistes » voir « nazi-maoïstes »[17].

Certains militants d'extrême gauche comme d'extrême droite finissent par être arrêtés. D'autres s'enfuient d'Italie.

Mouvance NR en France dans les années 1990-2000[modifier | modifier le code]

En 1998 est créé Unité radicale, née d'une alliance entre plusieurs groupes NR, respectivement l’alliance du Groupe union défense (GUD), de Jeune Résistance et de l’Union des cercles de résistance.

Après l'attentat raté de juillet 2002 contre le président Jacques Chirac par Maxime Brunerie, membre du Mouvement national républicain et proche de la nouvelle équipe dirigeante d'Unité radicale constituée après le départ de Christian Bouchet, le mouvement fut dissous par décret en application de la loi du 10 janvier 1936 pour cause d'idéologie raciste et discriminatoire, antisémitisme, encouragement de la discrimination, de la haine et de la violence[18].

Mouvance NR en France (2010-2019)[modifier | modifier le code]

En France, de 2010 à 2019, la mouvance NR est principalement représentée par le Groupe Union Défense (alors devenu la plus ancienne organisation NR en France), le GUD, actif de 1968 à 2017 (il est mis en sommeil en 2017 au profit du mouvement Bastion social, mouvement dissous par décret en 2019.) En 2013, le GUD participe à la manif pour tous contre le mariage homosexuel[19], 2013 est aussi l'année où l'extrême droite radicale est particulièrement active.

En 2017, le GUD est mis en sommeil pour le Bastion social, créé par des membres du GUD lyonnais. En 2019, le président de la République Emmanuel Macron, au dîner du CRIF prend la décision de dissoudre le Bastion social[20],[21],[22]. Les membres du BS manifestent leur colère[23]. Le 24 avril 2019, le Bastion social est dissous.

Description[modifier | modifier le code]

Le nationalisme révolutionnaire est décrit par ses partisans comme une tendance associant une vision nationaliste du monde et une vision socialiste de la société, avec des références et des thématiques attribuées traditionnellement à la gauche. Les NR revendiquent une filiation avec le national-bolchevisme et le national-syndicalisme ; ils militent à ce titre pour la création d’un « front anti-système », regroupant les ennemis radicaux du système, et qui serait une jonction entre l'extrême gauche et l'extrême droite.

Refusant à la fois le capitalisme libéral et le communisme égalitariste, d'où le terme de « Troisième voie » ou tercérisme, les NR prônent, dans un même temps, nationalisme et socialisme. Il s'agirait d'un socialisme à l'échelle continentale qui permettrait l'émergence d'un empire européen respectant les différences culturelles et ethniques, débarrassé d'un capitalisme destructeur des identités. Les NR rejettent aussi le racisme traditionnel suprémaciste, au profit d’une conception différentialiste de la société, un différentialisme garant de la préservation des différentes identités culturelles et ethniques propres à chaque peuple. Les nationalistes révolutionnaires rejettent donc le libéralisme et ce qu'ils considèrent comme sa tendance à abattre les frontières, à mélanger les peuples et uniformiser les cultures, faisant disparaître leur unicité. Ils développent de ce fait une rhétorique violemment hostile à l'immigration.

« La “troisième voie” NR, politique, économique, géopolitique, serait en fait l’équivalent européen des régimes populistes du Tiers-monde (en particulier le péronisme, le nasserisme, le baasisme et la Jamahiriya libyenne). Les NR mettent en avant une continuité entre les notions d’ethnie, de peuple, de nation, de construction européenne, de socialisme et d’État. Leur antisémitisme n’est pas d’ordre biologique ou religieux mais politique. Le juif est conçu tel l’agent du cosmopolitisme, qui empêche l’édification du socialisme national, et du sionisme, qui vise à régenter le monde avec l’appui des USA via le processus de mondialisation[1]. »

Les combats des NR se situent à la marge de ceux menés par l'extrême droite électoraliste. Les NR ne nient pas l'existence des classes sociales et se sont aussi impliqués dans le combat écologiste. Ils soutiennent les mouvements nationalistes arabes et rejettent violemment le sionisme.

Les NR revendiquent une filiation avec des personnalités aussi diverses que Auguste Blanqui, Corneliu Zelea Codreanu, Pierre-Joseph Proudhon, Georges Sorel, Édouard Berth, Manuel Hedilla, Ramiro Ledesma Ramos, Juan Peron, Ernst Jünger, Ernst Niekish, les frères Gregor Strasser et Otto Strasser, Francis Parker Yockey ou Jean Thiriart.

Dans une conférence, reprise par le site Vox NR, un militant de ce courant, Christian Bouchet, a tenté d'écrire une histoire du nationalisme-révolutionnaire français en qui il voit un héritier tant des sans-culottes les plus radicaux de 1793 que de la montagne blanche ou du bonapartisme plébiscitaire, de la droite révolutionnaire de la fin du XIXe siècle et du Cercle Proudhon, de Georges Valois, de certains des « non-conformistes des années 30 », comme Philippe Lamour ou Pierre Winter ainsi que de théoriciens d'extrême droite d'après-guerre plus classiques[24].

Parmi les dirigeants politiques mondiaux contemporains, Hugo Chávez, Fidel Castro[25] et Mahmoud Ahmadinejad[26] inspirent du respect aux NR pour leur opposition à l'impérialisme américain, et sont souvent cités dans leurs publications. En Italie, la figure d'Ernesto Che Guevara[27] inspire également du respect aux NR italiens. Les nationalistes-révolutionnaires ont également apporté leur soutien, selon les époques, à des dirigeants nationalistes arabes comme Gamal Abdel Nasser, Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi, Hafez el-Assad puis Bachar el-Assad.

Parmi les symboles utilisés par le nationalisme révolutionnaire on retrouve les couleurs rouge et noire (en référence à la première Phalange) et le trident (emprunté au solidarisme russe) mais la croix celtique est le symbole le plus couramment utilisé par les nationalistes révolutionnaires.

Le nationalisme révolutionnaire fût représenté en France par le groupe Bastion social jusqu'à sa dissolution en 2019 et fut par le passé représenté par des organisations telles que le Réseau radical, le GUD, le Mouvement nationaliste révolutionnaire, Troisième voie, Nouvelle Résistance, Unité radicale, les Groupes nationalistes révolutionnaires ou encore Jeune Europe fondée par Jean Thiriart.

Des membres de ce courant se réclament également du phalangisme, du strasserisme et du fascisme en Europe, du mouvement eurasiste dans l'ex-URSS, du péronisme ou du bolivarisme en Amérique latine, ainsi que du baasisme ou du kadhafisme dans les pays arabes.

Les nationalistes révolutionnaires sont plus axés dans la lutte contre le capitalisme, l'américanisme et le sionisme que contre le marxisme (même s'ils sont anticommunistes pour la majorité d'entre eux). Les nationalistes révolutionnaires sont contre l'OTAN et contre les trotskystes et la mouvance « antifa » en particulier.

Certaines personnalités d'extrême droite proches du courant national révolutionnaire ont par le passé milité à gauche voire à l'extrême gauche et conservent des idées économiques de gauche associées à un nationalisme exacerbé, dans la lignée de l'idéologie strasseriste. Ces personnalités sont souvent décrites comme rouges-brunes ou national-communistes. C'est le cas notamment de personnalités comme Alain Soral, Jean Thiriart ou le national-anarchiste Hans Cany[28]. En dépit de l'anticommunisme affiché par les nationalistes révolutionnaires, ceux-ci affichent de la sympathie pour un certain nombre de régimes communistes anti-impérialistes et également nationalistes[29]. À titre d'exemple, Hans Cany, ex-communiste passé par Unité radicale, soutient le régime communiste vietnamien[28],[30] ; plus récemment Alain Soral et Dieudonné (qui n'est cependant pas formellement une personnalité d'extrême droite) se sont rendus à plusieurs reprises en Corée du Nord et ont rencontré de nombreux officiels du régime nord-coréen[29],[31]. Dans la même registre, Jean Thiriart, national-bolchéviste belge, a également été proche de la Chine maoïste et du régime communiste roumain de Nicolae Ceaușescu[29]. Les nationalistes révolutionnaires sont généralement considérés comme des partisans de l'autoritarisme voire du totalitarisme de par leurs soutiens à de nombreux régimes dictatoriaux au nom de l'anti-impérialisme.

Enfin, certaines personnalités national-communistes souhaitent une alliance entre l'extrême gauche et l'extrême droite, à l'instar d'Alain Soral; qui déplore, dans ses Chroniques d’avant-guerre (2012), qu’il ne soit pas possible de fusionner le Front national et le Front de gauche, en se basant sur l’exemple libanais de Hassan Nasrallah, musulman, s’alliant au général Aoun, chrétien[32]. En 2017, celui-ci a adressé ses encouragements à Jean-Luc Mélenchon[33][travail inédit ?].

La plupart des nationalistes révolutionnaires rejettent le qualificatif d'extrême droite qui leur est accolé[34],[35]. Au contraire, certains d'entre eux se considèrent comme étant de « gauche »[34] et revendiquent des idéaux anarchistes, écologistes, tout en rejetant la gauche traditionnelle et l'extrême gauche assimilées à des « traîtres » en raison de leur cosmopolitisme et leur acceptation du multiculturalisme[34],[36]. Néanmoins, les nationalistes révolutionnaires contestent la pertinence des classifications gauche/droite et ne se reconnaissent pas sur l'échiquier politique traditionnellement utilisé[34]. Pour leurs détracteurs de gauche, les nationaux-communistes et les nationaux-anarchistes seraient en réalité des fascistes voire des néonazis déguisés, maquillant leur ultranationalisme en dévoyant et en dénaturant des concepts habituellement utilisés par les partis et mouvements de gauche, telles que la lutte des classes ou l'écologisme afin de donner une apparence respectable à leurs mouvements[28],[30].

Activités[modifier | modifier le code]

Nationalistes révolutionnaires manifestants contre l'OTAN et les USA en 2007.

Culture[modifier | modifier le code]

Le site de la librairie en ligne Librad est tenu par des militants nationalistes-révolutionnaires (il existe trois sites « librad » : un français, un italien et un allemand)[37]. Il existe également en France les éditions Ars Magna.

Manifestations[modifier | modifier le code]

Les nationalistes révolutionnaires organisent des manifestations, commémoration à l'anniversaire de la mort du militant NR Sébastien Deyzieu[38], manifestations contre l'impérialisme américain[39], manifestations pro-palestiniennes[40]. Des NR ont par ailleurs participés à la Manif pour tous contre le mariage homosexuel et participent régulièrement aux manifestations contre l'immigration.

Presse[modifier | modifier le code]

Les NR utilisent leur propre presse pour mettre en avant leurs idées via les revues ou journaux, telle que:

  • Défense de l'Occident : périodique ultranationaliste français, prônant un nationalisme occidental, révisionniste et pro-palestinien.
  • Eurasia : revue eurasiste italienne.
  • Volonté Européenne : revue ultranationaliste belge, prônant le nationalisme européen, pro-chiite et pro-iranien[41].
  • Rivarol : ce journal nationaliste français n'est pas affilié à la mouvance NR mais interviewe plusieurs membres de la mouvance NR.
  • Zentropa : d'abord site internet publiant en plusieurs langues (français, italien, espagnol, polonais…), se voulant culturel et métapolitique, proche de la CasaPound italienne, le groupe rédactionnel français publie depuis 2018 un magazine, Z-le mag[42].
  • Cazemate : journal nationaliste.

Musique[modifier | modifier le code]

Il existe des groupes de musiques NR, principalement en Italie, le courant musical NR italien est appelé Musique alternative de droite, en France, le courant musical NR est lié au Rock identitaire français et possède plusieurs labels.

Célébrations de guérillas anti-impérialistes[modifier | modifier le code]

Les NR célèbrent les guérillas anti-impérialistes, principalement celles des palestiniens contre Israël, celles des nationalistes irlandais contre les britanniques.

Contre-culture[modifier | modifier le code]

La plupart des militants NR appartiennent aux mouvances Casual et des Ultras (supporters) et à la mouvance Skinhead[43].

Centres sociaux[modifier | modifier le code]

article détaillé : Centres sociaux de droite (it)

La première occupation d'immeuble à laquelle le mouvement se livra sous la dénomination de CasaPound fut celle à laquelle procéda le à Rome un groupe de jeunes invoquant le sigle ONC/OSA (Occupations non conformes et Occupations à visée de logement, 'Occupazioni a Scopo Abitativo', en italien) et issus de l'expérience précédente de CasaMontag aux portes de Rome. L'édifice, un ci-devant bâtiment administratif sis au no 8 de la via Napoleone III, devint aussitôt le siège national du mouvement et de l'association CasaPound Italia. En 2010 y vivaient 23 familles, pour un total de 82 personnes[44]

Dans les deux années qui suivirent, CasaPound multiplia les occupations à Rome

Action coup de poing[modifier | modifier le code]

Les NR font également des actions coup de poing, notamment contre les antifascistes, les militants de gauche, contre les militants sionistes mais également contre la police.

Relations avec le Sud[modifier | modifier le code]

Les NR entretiennent de bonnes relations avec les pays nationalistes du Sud et des mouvements chiites. L'Alliance pour la paix et la liberté, un parti européen nationaliste, entretient des relations avec la Syrie, le Parti Baas syrien, le Parti social nationaliste syrien et le Hezbollah chiite libanais[45].

CasaPound est aussi en relation avec la Syrie et soutien Bachar el-Assad[46], son organisme humanitaire SOLID aide les Serbes du Kosovo, les Syriens, les Palestiniens et les Karens[47].

Lutte armée[modifier | modifier le code]

Plusieurs groupes NR italiens sont entrés dans la lutte armée entre les années 1970 et les années 1980 tandis que les groupes français n'ont jamais dépassés le stade groupusculaire.

Le mouvement nationaliste révolutionnaire pan-européen Jeune Europe tenta la lutte armée via les brigades européennes, un de ses membres, Roger Coudroy, est mort en Palestine tué par l'armée israélienne.

Partis politiques[modifier | modifier le code]

Organisations[modifier | modifier le code]

Groupes armés[modifier | modifier le code]

La plupart des groupes armés NR ont été interdits et soupçonnés d'être terroristes, d'autres ont été dissous par leurs créateurs. Parmi eux:

Personnalités[modifier | modifier le code]

Symboles[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Nicolas Lebourg, « Qu’est ce que le nationalisme-révolutionnaire » ? (1/2), Fragments sur les Temps Présents, le 9 mars 2009.
  2. « [...] the complete expulsion of everything alien from the soul and from the soil of Europe, the cleansing of the European soul of the dross of 19th century materialism and rationalism with its money-worship, liberal-democracy, social degeneration, parliamentarism, class-war, feminism, vertical nationalism, finance-capitalism, petty-statism, chauvinism, the Bolshevism of Moscow and Washington, the ethical syphilis of Hollywood, and the spiritual leprosy of New York [...] » traduction française in Collectif, Francis Parker Yockey, Le Prophète de l'Imperium, Avatar, Dublin, 2004, pp. 70-71.
  3. Lee 2000, p. 50.
  4. a et b Atkins 2004, p. 273-274.
  5. Lee 2000, p. 73, 134, 151.
  6. https://m.economictimes.com/news/politics-and-nation/fidel-castro-recruited-ex-nazis-to-train-troops-during-cold-war/articleshow/16829802.cms
  7. « Nouvelles formes et tendances d'extrême droite en Belgique. - I », Courrier hebdomadaire du CRISP, no 140,‎ , p. 1-22 (DOI 10.3917/cris.140.0001, lire en ligne).
  8. Christophe Bourseiller, Les maoïstes, la folle histoire des gardes rouges français, Paris, Points, , 512 p. (ISBN 978-2757805077), p. 311-315
  9. a et b (it) Andrea Cascioli, « Ritratti. Roger Coudroy, il nazionalista europeo eroe (dimenticato) della Palestina », barbadillo,‎ (lire en ligne, consulté le 18 avril 2019).
  10. « Il établit des liens personnels avec la totalité des organisations néo-fascistes sises dans l’ensemble de l’Europe, et il collabore avec des mouvements arabes, en particulier les mouvements palestiniens al-Fatah et Front populaire de libération de la Palestine. », dans Nicolas Lebourg, François Duprat : idéologies, combats et souvenirs, mémoire de DEA, Université de Perpignan, 2000 ; « François Duprat semble le seul leader de cette mouvance à cultiver des sympathies pour les groupes palestiniens extrémistes, pro-syriens notamment », dans Roger Faligot et Rémi Kauffer, Le Croissant et la croix gammée, p. 254.
  11. « François Duprat, une histoire de l'extrême droite », sur lemonde.fr, .
  12. Frédéric Charpier, Génération Occident : de l'extrême droite à la droite, Paris, Éditions du Seuil, (ISBN 2-02-061413-8 et 978-2-02-115751-2, lire en ligne), p. 284.
  13. Philippe Baillet, « Les métamorphoses du "traditionalisme-révolutionnaire": le cas Claudio Mutti et la revue Totalité », in: Philippe Baillet, L'Autre Tiers-mondisme: des origines à l’islamisme radical - Fascistes, nationaux-socialistes, nationalistes-révolutionnaires entre « défense de la race » et « solidarité anti-impérialiste »,Akribeia, Saint-Genis-Laval, 2016. 475 p., p. 195-231. (ISBN 978-2913612617)
  14. « Hizbullah Official In Beirut Receives Visiting Far-Right 'Alliance For Freedom And Peace' Party Members From UK, Italy, Belgium, Germany, And Croatia – Who Express Support For Hizbullah's Fight Against Israel », sur MEMRI
  15. http://www.israelnationalnews.com/News/News.aspx/260599
  16. https://www.foiaresearch.net/news/apf-delegation-meets-hezbollah-leader
  17. https://books.google.it/books?id=6pmKAAAAMAAJ&q=franco+freda+maoista&dq=franco+freda+maoista&hl=it&sa=X&ved=0ahUKEwiQrffXv9HZAhXFyaQKHQTPAgMQ6AEIJzAA
  18. Décret du 6 août 2002 portant dissolution d'un groupement de fait, JORF no 184 du 8 août 2002, p. 13582, texte no 3, NOR INTX0205830D, sur Légifrance : « (…) Considérant que le groupement de fait "Unité radicale" propage, dans ses publications, intitulées Résistance ! et Jeune Résistance, ainsi que lors des rassemblements qu'il organise, des idées tendant à encourager la discrimination, la haine et la violence à l'égard de certains groupes de personnes, notamment des étrangers présents sur le territoire français et des Français issus de l'immigration ; qu'il prône également l'antisémitisme ;
    Considérant que, pour des raisons inhérentes aux nécessités de l'ordre public, il convient de réprimer les manifestations d'une idéologie raciste et discriminatoire ;(…) »
    .
  19. https://france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-france/2014/02/02/paris-12-militants-du-gud-interpelles-la-manif-pour-tous-407491.html
  20. « Quels sont ces trois groupes antisémites dissous par Macron? », sur LExpress.fr, (consulté le 21 février 2019)
  21. « Emmanuel Macron demande la dissolution du Bastion social », sur www.leprogres.fr (consulté le 21 février 2019)
  22. Un coup porté à la recomposition de la nébuleuse néofasciste
  23. https://www.noussommespartout.fr/bastion-social-nous-refusons-detre-les-palestiniens-de-leurope/resister/
  24. Voir sur voxnr.com.
  25. http://www.forlitoday.it/cronaca/polemica-forli-casapound-che-guevara-fidel-castro-giovani-comunisti.html
  26. http://www.ecn.org/antifa/article/2082/iranfiore-con-ahmadinejad-contro-lobby-ebreoamericane
  27. http://www.forlitoday.it/cronaca/polemica-forli-casapound-che-guevara-fidel-castro-giovani-comunisti.html
  28. a b et c « A propos de quelques commentaires », sur La Terre d'abord, (consulté le 23 janvier 2018)
  29. a b et c Nicolas Lebourg, « L'étrange fascination de penseurs d'extrême droite pour des régimes d'extrême gauche », sur Slate, (consulté le 23 janvier 2018)
  30. a et b « Rébellion », sur REFLEXes, (consulté le 23 janvier 2018)
  31. « Dieudonné, Soral : pourquoi une telle lune de miel avec la Corée du Nord ? », sur Le Nouvel Obs, (consulté le 23 janvier 2018)
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  35. « HANS CANY : la vérité sur son parcours politique », sur L'Etoile Noire, (consulté le 23 janvier 2018)
  36. « National-communisme et national-bolchevisme. », sur Rouge & Noir, (consulté le 23 janvier 2018)
  37. Stéphane François, « Réflexions sur des subcultures contemporaines 7, Fragments sur les Temps Présents, le 18 mars 2009.
  38. http://www.francesoir.fr/politique-france/quand-des-neofascistes-defilent-dans-les-rues-de-paris
  39. https://www.linternaute.com/actualite/societe/1150052-jeunesses-nationalistes-revolutionnaires-jnr-c-est-quoi.amp/
  40. https://www.ilmattino.it/primopiano/politica/forza_nuova_ponte_milvio_palestina_israele-4348625.html
  41. http://www.resistances.be/edproislam.html
  42. Infos Toulouse, « Z-le mag, la "valeur ajoutée" de Zentropa », sur Infos-Toulouse, (consulté le 16 août 2019)
  43. https://comptoir.org/2017/04/03/stephane-francois-les-nationalistes-revolutionnaires-ont-toujours-ete-a-lavant-garde-du-militantisme-et-du-contre-culturel/
  44. Il Tempo - Spettacoli - di MARIO BERNARDI GUARDI Sono fascisti i ragazzi di Casa Pound e del Blocco Studentesco? È da qualche anno che politici, giornalisti, sociologi si pon...
  45. http://memri.fr/2019/03/20/une-delegation-europeenne-de-lalliance-pour-la-paix-et-la-liberte-apf-en-visite-a-beyrouth-rencontre-un-representant-du-hezbollah-et-exprime-son-soutien-a-sa-lutte-contre-israel/
  46. https://www.aljazeera.com/news/2018/01/italian-fascists-adore-syria-bashar-al-assad-180125115153121.html
  47. http://www.solid-onlus.org/
  48. https://reflexes.samizdat.net/kermites-de-tous-les-pays/

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Stephen E. Atkins, Encyclopedia of modern worldwide extremists and extremist groups, Greenwood Publishing Group, (ISBN 978-0-313-32485-7, lire en ligne).
  • Jean-Yves Camus, « Une avant-garde populiste : « peuple » et « nation » dans le discours de Nouvelle Résistance », Mots, no 55, juin 1998, p. 128-138 (analyse approfondie de la doxa nationaliste révolutionnaire).
  • Alexandre Faria, « Unité radicale : histoire d’un mouvement nationaliste-révolutionnaire », mémoire de maîtrise en histoire, université Toulouse 2.
  • Nicolas Lebourg, « Les nationalismes-révolutionnaires en mouvements : idéologies, propagandes et influences (France : 1962-2002) », thèse de doctorat en histoire, université de Perpignan.
  • Nicolas Lebourg, Le monde vu de la plus extrême droite : du fascisme au nationalisme-révolutionnaire, Perpignan, Presses universitaires de Perpignan, 2010, 260 p. (ISBN 978-2-354-12075-7)
  • (en) Martin A. Lee, The Beast Reawakens, (ISBN 978-0-415-92546-4).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]