Chavisme

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Timbre russe à l'effigie du président et fondateur du chavisme Hugo Rafael Chávez Frías.

Le chavisme (Chavismo en espagnol) est un terme employé pour désigner les actions et l'idéologie politique du président socialiste vénézuélien Hugo Chávez. Le terme même de « chavisme » est inspiré du nom de l'ancien président en fonction de 1999 à 2013 mais actif sur le plan politique depuis 1982 et la fondation du mouvement révolutionnaire bolivarien[1].

Le chavisme s'inspire de nombreux courants de pensées classés à gauche comme le marxisme, le communisme et l'antilibéralisme. Il est notamment connu comme un modèle de social-démocratie visant originalement à mettre le peuple comme acteur principal dans la vie politique à travers une démocratie directe[1]. Le chavisme est vu comme un modèle de renouvellement socialiste visant à créer un « socialisme du XXIe siècle »[2],[3],[4]. Cela s'est traduit par une forte nationalisation des entreprises et une forte présence de l'État dans la vie publique vénézuélienne. De par la personnalité de son créateur, le chavisme est aussi un mouvement anti-américain, anti-impérialiste et nationaliste[5],[6],[7],[8]. Il s'articule notamment autour de la Constitution de la République Bolivarienne du Venezuela (es) mise en place en 1999[9].

Les partisans du chavisme sont appelés Chavistas[10] en espagnol et se traduit en chavistes en français.

Le chavisme et l'Histoire[modifier | modifier le code]

Les figures emblématiques en Amérique latine depuis le XIXe siècle et les mouvements indépendantistes ont créé de nombreux cultes de la personnalité et sont à l'origine de changements et modifications majeures dans les sciences sociales[11],[12].

Le chavisme et Bolívar[modifier | modifier le code]

Chávez s'étant fortement inspiré par le meneur de l'indépendance de l'Amérique latine face aux Espagnols au début du XIXe siècle Simón Bolívar — bien que ce dernier n'ait pas connu de réels succès politique durant sa vie. Jusqu'en 2001, les militants aux côtés du président étaient considérés avant tout comme bolivarien, c'est la crise de 2002 qui a introduit le terme de chaviste[13].

Le chavisme se démarque aussi par une forte représentation des deux hommes dans les rues des villes du Venezuela dont Caracas[14],[15]

Chávez et Perón[modifier | modifier le code]

Le chavisme utilisé par Hugo Chávez et ses successeurs ne sont pas sans rappeler d'autres cas similaires sur le continent sud-américain. En effet, l'importance de ce courant de pensées n'est pas sans rappeler le péronisme[16],[17] argentin. Dans ces deux exemples, la figure de leader est mise en valeur autour d'un homme au charisme fort et qui ont rassemblé les forces politiques. Les deux hommes sont arrivés au pouvoir après un putsch raté et ont tenu une politique populiste et autoritaire[18],[19]. Le point commun entre Chávez et Peron est aussi le changement significatif du paysage politique de leurs pays, ils ont tous deux marqué un tournant. Chávez par exemple a représenté l'alternance pour le Venezuela qui connaissait depuis 1958 deux partis : le Copei et Action démocratique respectivement de centre droit et social-démocrate qui se sont partagé le pouvoir pendant 40 ans.

Juan Domingo Perón en Argentine a ainsi profondément modifié et structuré la vie politique de son pays qu'elle influe encore aujourd'hui, plus d'un demi-siècle après le début du mouvement argentin. Cette utilisation de l'image de leader est ainsi ce que tente de faire les successeurs de Chávez après sa mort en 2013. Ainsi, pour pallier le mécontentement de la population[20], le président Maduro utilise ainsi la figure du révolutionnaire pour continuer sa politique[21] malgré de nombreuses critiques portées par les chavistas[22].

L'appellation d'idéologie pour désigner les actions du chef de la révolution bolivarienne n'est souvent pas fondée[1],[23] et demeure un moyen de culte pour idéaliser l'ancien homme politique.

La Quinta vía[modifier | modifier le code]

Inventé par le sociologue chilien Thomas Moulian, le terme de Quinta vía, est énoncé lors du Forum social mondial de 2005 de Porto Alegre et lors du IV sommet pour l'annulation de la dette sociale par Hugo Chávez où ce dernier préconise la création d'un socialisme du XXIe siècle et préconise de « revendiquer le socialisme comme une thèse, un projet, un chemin, mais un nouveau type de socialisme, un socialisme humaniste qui place avant tout les hommes et non les machines »[3],[24].

Le chavisme est donc caractérisé par une volonté de réinventer le socialisme après la chute de l'URSS et le développement du libéralisme. Chávez s'inspire alors de personnalité telles que Fidel Castro, José Carlos Mariátegui, Augusto César Sandino et Agustín Farabundo Martí[24].

La "cinquième voie" peut aussi être vu comme l'alternative à la IVe République vénézuélienne en crise dans les années 1990 qui a conduit à la création de la Ve République sous le premier mandat Chávez[25].

Relation avec l'étranger[modifier | modifier le code]

Article connexe : Présidence d'Hugo Chávez.

Le chavisme peut aussi s'inscrire dans un contexte diplomatique qui inclut des comportements particuliers vis-à-vis de différents pays et un sentiment anti-impérialiste.

États-Unis[modifier | modifier le code]

Contrairement au péronisme qui s'est démarqué par le non-alignement lors de la guerre froide, le chavisme, quant à lui, est caractérisé par des relations internationales marquées. Par exemple la position affichée contre les États-Unis et le rapprochement avec des pays comme Cuba, l'Iran ou encore la Chine qui étaient des pays hostiles aux États-Unis.[réf. nécessaire]

Amérique du Sud[modifier | modifier le code]

Avec l'inspiration bolivarienne, Chávez a aussi voulu s'inscrire dans le paysage sud américain avec un soutien aux FARC en Colombie. Il tient à un rapprochement entre les pays de l'Amérique du Sud, il a donc fait rentrer son pays dans le Mercosur, ce qui a valu une stabilité économique face à la crise financière.[réf. nécessaire]

Afrique[modifier | modifier le code]

Lors de ses mandats, Chávez a incité un rapprochement entre l'Afrique et l'Amérique du Sud. Lors du IIIe sommet de l'ASA, il appelle à un soutien respectif entre les pays des deux continents et insiste sur le fait que les pays occidentaux —par extension les pays du Nord — ne sont pas une finalité pour le développement économique et politique[26].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Patrick Bèle, « Vénézuela : « Le chavismen'a aucune base idéologique » », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne, consulté le 29 octobre 2016).
  2. Le Monde politique, Les grands thèmes de culture générale, Le Monde politique, (ISBN 9782954426525, lire en ligne)
  3. a et b Thierno DIOP, « Le socialisme bolivarien du XXIe siècle -- Thierno DIOP », Le Grand Soir,‎ (lire en ligne, consulté le 29 octobre 2016)
  4. « Le dessous des cartes - Venezuela : Le Chavisme sans Chavez | ARTE », Le dessous des cartes | ARTE,‎ (lire en ligne, consulté le 29 octobre 2016)
  5. Frédérique Langue, « Antécédents historiques du chavisme », Nuevo Mundo Mundos Nuevos. Nouveaux mondes mondes nouveaux - Novo Mundo Mundos Novos - New world New worlds,‎ (ISSN 1626-0252, lire en ligne, consulté le 29 octobre 2016)
  6. Jean-Baptiste Mouttet, « Qu'est-ce le « chavisme » ? », Thinkovery,‎ (lire en ligne, consulté le 29 octobre 2016)
  7. « Comprendre le chavisme par-delà les effets déformants du mythe », Libération.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 29 octobre 2016)
  8. « El chavismo es el patriotismo | AVN », sur www.avn.info.ve (consulté le 29 octobre 2016)
  9. (es) CONSTITUCIÓN DE LA REPÚBLICA BOLIVARIANA DE VENEZUELA (lire en ligne)
  10. (en) « Chavistas »
  11. http://www.archivesdefrance.culture.gouv.fr/static/343
  12. Frédérique Langue, « Antecedents historiques du chavisme », Nuevo Mundo Mundos Nuevos. Nouveaux mondes mondes nouveaux - Novo Mundo Mundos Novos - New world New worlds,‎ (ISSN 1626-0252, lire en ligne, consulté le 29 octobre 2016)
  13. RM, « Le Chavisme - Viva Venezuela », Viva Venezuela,‎ (lire en ligne, consulté le 29 octobre 2016)
  14. Marion Cocquet, « Venezuela : Bolívar, derrière Chávez », Le Point,‎ (lire en ligne, consulté le 3 novembre 2016)
  15. Jean-Luc C, « Photo de famille », sur venezueLATINA, (consulté le 3 novembre 2016)
  16. « Le Chavisme au Venezuela, le péronisme en Argentine : une comparaison », sur America Latina (VO) (consulté le 29 octobre 2016)
  17. « Chavez, héritier de Bolivar ou de Peron ? | Que dit l'Histoire? », sur histoire.blogs.la-croix.com (consulté le 29 octobre 2016)
  18. « Radio-Canada.ca/Nouvelles/ : : D N C : : », sur ici.radio-canada.ca (consulté le 29 octobre 2016)
  19. « About Freedom in the World | Freedom House », sur freedomhouse.org (consulté le 29 octobre 2016)
  20. William Neuman, « In Venezuela, Protest Ranks Grow Broader », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 29 octobre 2016)
  21. « Venezuela: les chavistes font bloc autour du président Maduro », RFI,‎ (lire en ligne, consulté le 29 octobre 2016)
  22. Marie Delcas (Caracas, envoyée spéciale), « Au Venezuela, des chavistes critiquent le président Nicolas Maduro et l’immobilisme du pouvoir », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 29 octobre 2016)
  23. « «Ni idéaliser ni démoniser le chavisme, régime complexe» », JOL Press,‎ (lire en ligne, consulté le 29 octobre 2016)
  24. a et b Paul Ariès, La face cachée du pape François: Essais - documents, Max Milo, (ISBN 9782315007868, lire en ligne)
  25. Classe Internationale, « Venezuela : le chavisme, origines et héritages. », sur Classe Internationale, (consulté le 29 octobre 2016)
  26. Bolivar Infos, « LETTRE DU PRESIDENT Chavez AUX PARTICIPANTS AU III° SOMMET DE L'ASA - Le blog de Cuba Si Provence », Le blog de Cuba Si Provence,‎ (lire en ligne, consulté le 29 octobre 2016)