Víctor Paz Estenssoro

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Víctor Paz Estenssoro
Illustration.
Víctor Paz Estenssoro en 1958.
Fonctions
Président de la République de Bolivie

(4 ans)
Élection
Prédécesseur Hernán Siles Zuazo
Successeur Jaime Paz Zamora

(4 ans, 2 mois et 29 jours)
Prédécesseur Hernán Siles Zuazo
Successeur René Barrientos

(4 ans, 3 mois et 22 jours)
Prédécesseur Hernán Siles Zuazo
Successeur Hernán Siles Zuazo
Biographie
Nom de naissance Ángel Víctor Paz Estenssoro
Date de naissance
Lieu de naissance Tarija (Bolivie)
Date de décès (à 93 ans)
Lieu de décès Tarija (Bolivie)
Nationalité Bolivienne
Parti politique MNR

Víctor Paz Estenssoro
Présidents de la République de Bolivie

Ángel Víctor Paz Estenssoro, né le à Tarija et mort le dans la même ville, est un homme d'État bolivien.

Biographie[modifier | modifier le code]

C'est en 1941 qu'il fonde avec d'autres partis politiques ainsi que quelques intellectuels, le Mouvement nationaliste révolutionnaire (MNR). Il demeure président du MNR durant près de 50 ans. Il est également ministre de l'Économie en 1941. Initialement très nationaliste, le MNR adopte un discours socialiste après son alliance avec le Parti ouvrier révolutionnaire, de tendance trotskyste et principalement composé de mineurs[1].

Il est élu président de la Bolivie à quatre reprises. En 1951, il remporte les élections cependant l'armée l'empêche de prendre ses fonctions. En , le MNR lance alors une révolution qui renverse le gouvernement du général Hugo Ballivián. Le , Paz Estenssoro peut ainsi prendre ses fonctions présidentielles. Durant son mandat, il instaure le suffrage universel, redistribue les terres du pays, améliore l'éducation de la population rurale, et nationalise les plus grandes compagnies minières du pays. Son mandat se termine le et Hernán Siles Zuazo lui succède.

Il est ensuite élu pour la deuxième fois le et succède à Siles Zuazo le suivant. Il refuse une aide économique de l'Union soviétique par crainte de justifier les accusations de communisme lancées contre lui, et conclut une opération triangulaire avec des États-Unis, la République fédérale d'Allemagne et la Banque mondiale qui s'effectue au prix de licenciements massifs[2]. Il conserve pourtant l'appui des paysans qui l'associent à la réforme agraire de 1952 et est réélu le . Cependant, trois mois plus tard son vice-président, le général René Barrientos Ortuño, prend le pouvoir lors d'un coup d'État militaire, le force à démissionner et prend sa place de président le [2].

Il revient une dernière fois au pouvoir le , succédant de nouveau à Siles Zuazo. Il est alors confronté à la crise économique et à l'hyperinflation, et invite en 1985 l'économiste Jeffrey Sachs à l'aider à restructurer l'économie. Martín Redrado (qui sera nommé président de la Banque centrale de la République argentine en 2004), Felipe Larraín (ministre des Finances au sein du gouvernement du président chilien Sebastián Piñera) ou encore le Français Daniel Cohen font partie de cette équipe d'économistes.

Le « décret suprême 21060 » entraine des privatisations, la réduction des dépenses publiques, le licenciement de vingt mille mineurs de l’étain (qui pour la plupart se tournent alors vers la culture de la feuille de coca), et la suppression des protections sociales dont bénéficiaient les ouvriers. La Centrale ouvrière bolivienne (COB), principale confédération syndicale du pays, lance un appel à la grève générale, à laquelle le gouvernement répond en instaurant l’état de siège et en faisant emprisonner cent soixante-quinze dirigeants syndicaux. Ces mesures provoquent une chute du niveau de vie de la population : le pouvoir d’achat moyen recule de 70 % au cours de l'année 1986 et le chômage atteint entre 20 et 25 % de la population active[3].

Il quitte la présidence le . Avec un total de 12 ans et 7 mois, il est, après Evo Morales, le deuxième président ayant dirigé le plus longtemps le pays.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Kalfon, Ernesto Guevara, une légende du siècle, Points, , p. 116-117.
  2. a et b Maurice Lemoine, Les enfants cachés du général Pinochet. Précis de coups d’État modernes et autres tentatives de déstabilisation, Don Quichotte, , p. 66.
  3. Renaud Lambert, « Une prédilection pour la saignée », sur Le Monde diplomatique,

Liens externes[modifier | modifier le code]