Yukio Mishima

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Yukio Mishima
三島 由紀夫
Description de cette image, également commentée ci-après
Mishima en 1956.
Nom de naissance Kimitake Hiraoka (平岡 公威?)
Naissance
Shinjuku, Tokyo, Japon
Décès (à 45 ans)
Shinjuku, Tokyo, Japon
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture japonais

Œuvres principales

Yukio Mishima (三島 由紀夫, Mishima Yukio?) (nom de plume de Kimitake Hiraoka (平岡 公威, Hiraoka Kimitake?)) est un écrivain japonais, né le , et qui s'est suicidé par seppuku le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Yukio Mishima en 1931.

Du côté paternel (Hiraoka), Mishima est issu d'une famille de la paysannerie de la région de Kobe. Son grand-père Jotarō Hiraoka fut gouverneur des îles Sakhaline à l'ère Meiji. Son enfance est marquée par sa grand-mère Natsuko qui le retire à sa mère pour le prendre en charge, séparé du reste de la famille. Du côté de sa grand-mère maternelle, la famille de Mishima avait des origines ancillaires ; elle fut liée aux samouraïs de l'ère Tokugawa. Sa grand-mère garda des prétentions aristocratiques même après avoir épousé le grand-père de Mishima, pourtant lui aussi issu d'une famille de domestiques mais qui avait fait fortune avec le commerce colonial. Elle lisait le français et l'allemand et appréciait le théâtre kabuki. Cette grand-mère, victime de douleurs et de sciatique, était extrêmement têtue et prompte à des accès de violence ; Mishima la massait. Ses biographes attribuent à Natsu sa fascination pour la mort et l'exagération. Elle interdisait à Mishima de sortir au soleil, de faire du sport ou de jouer avec des garçons : il passait la plupart de son temps seul ou avec ses cousines.

Mishima rejoint sa famille à douze ans et développe une relation très forte avec sa mère. Celle-ci le réconforte et l'encourage à lire. Son père, employé de ministère et bureaucrate rangé, est un homme brutal, marqué par la discipline militaire, qui l'éduque en le forçant par exemple à se tenir très près d'un train fonçant à toute vitesse[1]. Il fait également des rafles dans sa chambre pour trouver des preuves de son intérêt efféminé pour la littérature et déchire ses manuscrits. Il semblerait que Mishima ne se soit pas révolté contre lui.

Études et premiers travaux[modifier | modifier le code]

Mishima écrit sa première histoire à douze ans. Il lit avec voracité les œuvres d'Oscar Wilde, Rainer Maria Rilke et les classiques japonais. Il va à l'école d'élite de Peer's de Gakushūin sur l'insistance de sa grand-mère.

Après six années d'école, il est toujours un adolescent fragile mais devient le plus jeune membre de l'équipe éditoriale de la société de littérature de son école. Il est invité à écrire un roman en feuilleton pour le prestigieux magazine de littérature Bungei-Bunka (文芸文化?, Art et Culture) auquel il soumet Hanazakari no Mori (花ざかりの森?, La forêt tout en fleur) pour lequel il prit son pseudonyme de Yukio Mishima. Il sera publié en livre en 1944 en un petit nombre d'exemplaires à cause de la disette de papier causée par la guerre. Il fréquente à cette époque le milieu de l'École romantique japonaise.

Mishima est convoqué par l'armée japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale mais prétend souffrir de tuberculose, ce qui lui permet d'échapper à la conscription. Bien qu'il fût soulagé d'avoir échappé à la guerre, il se sentira coupable d'avoir survécu et raté la chance d'une mort héroïque.

Mishima continue, malgré l'interdiction de son père, d'écrire en secret en étant soutenu par sa mère Shizue qui était toujours la première à lire ses écrits. Après l'école, son père, qui avait sympathisé avec les nazis, le contraint d’étudier le droit allemand. Tout en ayant continué d'écrire, il sort diplômé de la prestigieuse Université de Tokyo en 1947 et entre au Ministère des finances où il est promis à une brillante carrière.

Son père accepte alors qu'il démissionne pour se consacrer un an à sa passion de l'écriture puis se résigne définitivement à voir son fils devenir écrivain. Mishima rencontre Yasunari Kawabata qui l’encourage à publier ses manuscrits.

L'écrivain d'après-guerre[modifier | modifier le code]

Yukio Mishima et l'ancien maire de Tokyo, Shintarō Ishihara, en 1956.

Mishima fréquente le groupe de la revue Littérature Moderne mais ne se sent pas en phase avec le Japon d’après-guerre. En 1946, il commence son premier roman Tōzoku (盗賊?) qu'il publie en 1948. Il est suivi de Confession d'un masque (仮面の告白, Kamen no Kokuhaku?) une œuvre autobiographique sur un jeune garçon devant cacher ses désirs homosexuels. Ce dernier rend célèbre Mishima qui n'a alors que 24 ans.

Il commence alors une brillante et prolifique carrière d'auteur. On peut citer ses romans Amours interdites (1951), paru l'année de son premier voyage en Occident, Le Tumulte des flots (1954), Le Pavillon d'or (1956) ou Après le banquet (1960). Il écrit également des récits populaires pour s’assurer le confort matériel, des pièces de théâtre kabuki pour la compagnie théâtrale le Bungaku-za ainsi que des recueils de nouvelles et des essais littéraires.

Il obtient une renommée internationale, notamment en Europe et aux États-Unis. Il voyage beaucoup et est pressenti trois fois pour le prix Nobel de littérature. Celui-ci revient à son ami Yasunari Kawabata et Mishima comprend que les chances pour qu'un autre auteur japonais le remporte prochainement sont faibles. Il semblerait aussi qu'il ait volontairement laissé le prix à Kawabata par respect pour l'homme qui l'avait introduit dans les cercles littéraires de Tokyo.[réf. nécessaire]

Il rédige de 1965 jusqu’à sa mort en 1970 l'œuvre qu’il considérera comme la plus importante, un cycle de quatre romans intitulé La Mer de la fertilité (Neige de printemps, Chevaux échappés, Le Temple de l'aube, L'Ange en décomposition).

Vie privée[modifier | modifier le code]

Après Confession d'un masque, Mishima essaie de s’échapper de son personnage fragile en s’astreignant à des exercices physiques. En 1955, il a un corps d’athlète qu’il entretiendra jusqu’à la fin de sa vie et il devient un expert en kendo.

Mishima fréquente les bars homosexuels en observateur et aurait quelques liaisons avec des étrangers de passage au Japon, avec des Français à Paris, etc. Après avoir envisagé une alliance avec Michiko Shōda, qui devient par la suite la femme de l'Empereur du Japon Akihito, il se marie en 1958 avec Yoko Sugiyama. Il aura avec elle deux enfants. Cette vie apparemment rangée traduit surtout la volonté de l'écrivain de satisfaire le désir de sa mère.

L'homosexualité de Mishima apparaît dans ses romans, dans ses essais (par exemple dans La mort de Radiguet, traduit en français en 2012) et elle est attestée par maints témoignages. Au Japon, ce thème est très difficile à aborder. En 1995, la famille de Mishima a intenté un procès au romancier Jiro Fukushima, qui venait de publier un livre sur sa liaison avec l'écrivain, assorti de lettres. Avant d'être interdit, ce livre fut vendu à plus de 90 000 exemplaires. Certains auteurs japonais n'hésitent pas à nier la réalité de l'homosexualité de Mishima, secret de polichinelle au Japon. Mais en Occident, cette tentative d'occultation se retrouve par d'autres biais. Dans son film Mishima, Paul Schrader n'accorde qu'un plan assez rapide au thème de l'homosexualité, qui est pourtant le thème central de Confession d'un masque. La biographie de Mishima par Henry Scott-Stokes, ouvrage de référence, accorde en revanche à cet aspect une attention soutenue. Le biographe rappelle notamment qu'en 1970, au moment de la mort de Mishima, de nombreux journalistes et certains hommes politiques ont vu dans cet acte un shinjū, un suicide à deux, manière d'authentifier l'amour que Mishima et Morita se seraient porté. Au reste, les photos d'art où Mishima exhibe son corps relèvent d'une esthétique homosexuelle d'avant-garde, au point de devenir par la suite de véritables icônes.

En 1968, il joue dans Le Lézard noir aux côtés de l'onnagata Akihiro Miwa, supposément son amant.

Dans les années 1960, il exprime des idées fortement nationalistes. En 1967, il s’engage dans les Forces d'autodéfense du Japon puis forme la milice privée Tatenokai (« société du bouclier ») destinée à assurer la protection de l’empereur.

À la fin de sa vie, il joue dans plusieurs films et coréalise une adaptation de sa nouvelle Patriotisme (憂国, Yūkoku?).

Suicide par seppuku[modifier | modifier le code]

Au cours de l'année 1970, il achève sa tétralogie La Mer de la fertilité avec son quatrième tome, L'Ange en décomposition. Le 25 novembre, il poste à son éditeur la fin de son manuscrit puis se rend au ministère des Armées accompagné de quatre jeunes disciples. Au deuxième étage de l'École militaire du quartier général du ministère de la Défense, quartier d'Ichigaya à Shinjuku (Tokyo), aujourd'hui Mémorial des forces japonaises d'autodéfense, il prend en otage le général commandant en chef des forces d'autodéfense et fait convoquer les troupes : il leur tient alors un discours en faveur du Japon traditionnel et de l'empereur. La réaction des 800 soldats est vite hostile. Devant les huées, il se retire vers 11 h.

Suivant le rituel, Mishima se donne la mort par seppuku ; son kaishakunin, un des membres de Tatenokai Masakatsu Morita (en), devait accomplir seul la décapitation mais, ne parvenant pas à décapiter Mishima après plusieurs tentatives, c'est Hiroyasu Koga (en) qui termine le geste. Morita suivra ensuite Mishima dans la mort. Ce coup d'éclat avait été minutieusement préparé pendant plus d'une année ; Mishima avait même décrit une action très similaire dans son roman Chevaux échappés (1969) et dans sa nouvelle Patriotisme (1960), avec une fin tout aussi tragique. Certains ont avancé que cette tentative de coup d'État n'était qu'un prétexte symbolique destiné à accomplir le suicide rituel que Mishima avait toujours fantasmé et qu'il avait depuis longtemps prémédité et mis en scène[2],[3]. Avant de se suicider, Mishima aurait fumé une Onshino Tabako, les cigarettes spéciales de la Maison impériale du Japon.

Sa tombe est située au cimetière de Tama.

Marguerite Yourcenar déclare dans l'émission Apostrophes en 1981 que « la mort de Mishima est une de ses œuvres et la plus soigneusement préparée[4] », à l'occasion de la publication de son essai, Mishima ou la Vision du vide (1980).

Regards sur l'œuvre[modifier | modifier le code]

Saint Sébastien par Guido Reni, v. 1615, musées du Capitole.

Mishima publia près de quarante romans pour un total d'une petite centaine d'ouvrages : essais, 20 recueils de nouvelles, 18 pièces de théâtre… Son œuvre est très ambiguë : jusqu'au début des années 1960, ses écrits sont de type plus européen que purement japonais. Il vivait d'ailleurs à l'occidentale, dans une villa moderne, généralement vêtu de complets-vestons, lisant abondamment les classiques européens (il affectionnait Racine, mais lisait aussi l'anglais et un peu le grec). Dès sa jeunesse, c'est « un fervent lecteur de littérature française ; attiré tout particulièrement par le style classique, ses auteurs préférés, selon son propre témoignage, sont Raymond Radiguet, Madame de La Fayette et Racine[5]. » Mais par la suite, à partir du début des années 1960, c'est surtout Sade et l'œuvre de Georges Bataille qui le fascinèrent le plus. Il considérait ce dernier comme une sorte de frère aîné spirituel, déclarant, dans une interview juste avant sa mort, qu'il est « le penseur européen dont je me sens le plus proche[6]. »

Pourtant il se réclame de la tradition classique japonaise dont il est également familier. Ambiguïté aussi dans son attirance pour les hommes, tout à la fois assumée dans ses livres et refoulée dans sa vie. De condition chétive, il proclamait le culte de la force physique ; à force de pratiquer la musculation et les arts martiaux, il finit par obtenir dans ses dernières années un corps d'athlète.

Son œuvre est empreinte d'un certain pessimisme et abonde en dénouements tragiques. La fascination pour la souffrance est par exemple un thème récurrent. Mishima se disait envoûté par le tableau Saint Sébastien de Guido Reni qui représente le martyr à demi-nu et percé de flèches. Une célèbre photographie de Eikō Hosoe le représente d'ailleurs dans cette posture (publiée dans l'album Ordalie par les roses (Barakei) en 1963 : 39 portraits et une préface de l'écrivain).

Œuvres traduites en français[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • 1949 : Confessions d’un masque (仮面の告白), roman traduit de l’anglais par Renée Villoteau, Gallimard (collection « Du monde entier »), 1972 ; Gallimard (collection « Folio »), 1983. Nouvelle traduction du japonais par Dominique Palmé, Gallimard (collection « Du monde entier »), 2019.
  • 1950 : Une soif d’amour (愛の渇き), roman traduit de l’anglais par Léo Lack, Gallimard (collection « Du monde entier »), 1982 ; Gallimard (collection « Folio »), 1987.
  • 1951 : Les Amours interdites (禁色), roman traduit du japonais par René de Ceccatty et Ryôji Nakamura, Gallimard (collection « Du monde entier »), 1989 ; Gallimard (collection « Folio »), 1994.
  • 1954 : Le Tumulte des flots (潮騒), roman traduit du japonais par Gaston Renondeau, Gallimard (collection « Du monde entier »), 1969 ; Gallimard (collection « Folio »), 1978.
  • 1956 : Le Pavillon d’or (金閣寺), roman traduit du japonais par Marc Mécrant, Gallimard (collection « Du monde entier »), 1961 ; Gallimard (collection « Folio »), 1975.
  • 1960 : Après le banquet (宴のあと), roman traduit du japonais par Gaston Renondeau, Gallimard (collection « Du monde entier »), 1966 ; Gallimard (collection « Folio »), 1979.
  • 1963 : L’Ecole de la chair (肉体の学校), roman traduit du japonais par Brigitte Allioux et Yves-Marie Allioux, Gallimard (collection « Du monde entier »), 1993 ; Gallimard (collection « Folio »), 1995.
  • 1963 : Le Marin rejeté par la mer (午後の曳航), roman traduit du japonais par Gaston Renondeau, Gallimard (collection « Du monde entier »), 1968 ; Gallimard (collection « Folio »), 1979.
  • 1964 : La Musique (音楽), roman traduit du japonais par Dominique Palmé, Gallimard (collection « Du monde entier »), 2000 ; Gallimard (collection « Folio »), 2002.
  • 1965-1970 : La Mer de la fertilité (豊饒の海), tétralogie romanesque traduite de l’anglais par Tanguy Kenec’hdu, Gallimard (collection « Biblos »), 1989 ; Gallimard (collection « Quarto »), 2004. Cette tétralogie comprend :
    • Neige de printemps (春の雪), roman traduit de l’anglais par Tanguy Kenec’hdu, Gallimard (collection « Du monde entier »), 1980 ; Gallimard (collection « Folio »), 1989.
    • Chevaux échappés (奔馬), roman traduit de l’anglais par Tanguy Kenec’hdu, Gallimard (collection « Du monde entier »), 1980 ; Gallimard (collection « Folio »), 1991.
    • Le Temple de l’aube (暁の寺), roman traduit de l’anglais par Tanguy Kenec’hdu, Gallimard (collection « Du monde entier »), 1981 ; Gallimard (collection « Folio »), 1992.
    • L’Ange en décomposition (天人五衰), roman traduit de l’anglais par Tanguy Kenec’hdu, Gallimard (collection « Du monde entier »), 1981 ; Gallimard (collection « Folio »), 1992.

Nouvelles[modifier | modifier le code]

  • 1944 : Extraits des vestiges du journal philosophique d'un impénitent meurtrier du Moyen Âge (中世に於ける一殺人常習者の遺せる哲学的日記の抜萃), dans La Nouvelle Revue Française n°599-600 (Du Japon - p. 256-266), texte traduit par Alice Hureau, mars 2012.
  • 1946-1965 : Une matinée d’amour pur, sept nouvelles traduites du japonais par René de Ceccatty et Ryôji Nakamura, Gallimard (collection « Du monde entier »), 2003 ; Gallimard (collection « Folio »), 2005. Ce recueil comprend :
    • 1946 : Une histoire sur un promontoire (岬にての物語)
    • 1947 : Haruko (春子)
    • 1948 : Le Cirque (サーカス)
    • 1948 : Papillon (蝶々)
    • 1948 : La Lionne (獅子)
    • 1949 : Un voyage ennuyeux (退屈な旅)
    • 1965 : Une matinée d'amour pur (朝の純愛)

Deux de ces nouvelles ont fait l’objet d’une édition à part : Papillon, suivi de La Lionne, Gallimard (collection « Folio 2 € »), 2009.

  • 1946-1965 : Pèlerinage aux Trois Montagnes, sept nouvelles traduites du japonais par Brigitte Allioux et Yves-Marie Allioux, Gallimard (collection « Du monde entier »), 1997 ; Gallimard (collection « Folio »), 1998. Ce recueil comprend :
    • 1963 : Jets d'eau sous la pluie (雨のなかの噴水)
    • 1963 : Pain aux raisins (葡萄パン)
    • 1963 : Ken ()
    • 1955 : La Mer et le couchant (海と夕焼) (nouvelle également disponible sous le titre La Mer et le soleil couchant, dans Cahiers de l’Energumène n°2 (p. 19-27), traduite par René de Ceccatty et Ryôji Nakamura, printemps-été 1983)
    • 1946 : La Cigarette (煙草)
    • 1948 : Martyre (殉教)
    • 1965 : Pèlerinage aux Trois Montagnes (三熊野詣)

Deux de ces nouvelles ont fait l’objet d’une édition à part : Martyre, précédé de Ken, Gallimard (collection « Folio 2 € »), 2004.

  • 1951 : Les Ailes (翼――ゴーティエ風の物語), dans Les Ailes La Grenade Les Cheveux blancs et douze autres récits (1945-1960), nouvelle traduite du japonais par Marc Mécréant, Le Calligraphe-Picquier, 1986 (réédition Philippe Picquier, 1991) ; Anthologie de nouvelles japonaises (Tome II - 1945-1955) - Les Ailes La Grenade Les Cheveux blancs, Picquier poche, 1998.
  • 1953 : La Mort de Radiguet (ラディゲの死), nouvelle traduite du japonais par Dominique Palmé, Gallimard (édition hors commerce à l’occasion du Salon du livre), 2012.
  • 1953-1963 : La Mort en été, dix nouvelles traduites de l’anglais par Dominique Aury, Gallimard (collection « Du monde entier »), 1983 ; Gallimard (collection « Folio »), 1988. Ce recueil comprend :
    • 1953 : La Mort en été (旅の墓碑銘)
    • 1960 : Trois millions de yens (百万円煎餅)
    • 1962 : Bouteilles thermos (魔法瓶)
    • 1954 : Le Prêtre du temple de Shiga et son amour (志賀寺上人の恋) (cette nouvelle figure également dans la même traduction dans La Nouvelle Revue Française n°306 (p. 1-19), juillet 1978)
    • 1956 : Les Sept Ponts (橋づくし) (cette nouvelle figure également dans la même traduction dans La Nouvelle Revue Française n°250 (p. 253-271), octobre 1973)
    • 1961 : Patriotisme (憂国) (cette nouvelle figure également dans la même traduction dans La Nouvelle Revue Française n°206 (p. 220-247), février 1970)
    • 1957 : Dôjôji (道成寺)
    • 1957 : Onnagata (女方)
    • 1963 : La Perle (真珠) (cette nouvelle figure également dans la même traduction dans 3 nouvelles étrangères, Gallimard (collection « La Bibliothèque Gallimard »), 2007)
    • 1955 : Les Langes (新聞紙) (cette nouvelle figure dans une autre traduction dans Nota Bene n°5 (p. 31-39), nouvelle traduite du japonais par Edwige de Chavanes, été 1982).

Quatre de ces nouvelles ont fait l’objet d’une édition à part : Dôjôji, suivi de Les Sept ponts, Patriotisme et La Perle, Gallimard (collection « Folio 2 € »), 2002.

  • 1965 : Les Paons (孔雀), dans La Nouvelle Revue Française n°387 (p. 1-12), nouvelle traduite de l’anglais par Dominique Aury, avril 1985. Nouvelle traduction dans Les Paons La Grenouille Le Moine-Cigale et dix autres récits (Tome 3 - 1955-1970), nouvelle traduite du japonais par Jacqueline Pigeot, Le Calligraphe-Picquier, 1988 (réédition Philippe Picquier, 1991) ; Anthologie de nouvelles japonaises (Tome III - 1955-1970) - Les Paons La Grenouille Le Moine-Cigale, Picquier poche, 1998.
  • 1966 : Du fond des solitudes (荒野より), dans Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines (Tome I), nouvelle traduite du japonais par Estrellita Wasserman, Gallimard, 1986.

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • 1951-1960 : Cinq Nô modernes (近代能楽集), traduits du japonais par Georges Bonmarchand, Gallimard (collection « Du monde entier »), 1970. Nouvelle traduction du japonais par Marguerite Yourcenar avec la collaboration de Jun Shiragi (Silla), Gallimard (collection « Du monde entier ») 1984. Ce recueil comprend :
    • 1952 : Sotoba Komachi (卒塔婆小町)
    • 1960 : Yoroboshi (弱法師)
    • 1951 : Le Tambourin de soie (綾の鼓)
    • 1954 : Aoi (葵上)
    • 1955 : Hanjo (班女)
  • 1956 : Le Palais des fêtes (鹿鳴館), drame en quatre actes traduit du japonais par Georges Neyrand, Gallimard (collection « Le Manteau d’Arlequin »), 1983.
  • 1960 : L’Arbre des tropiques (熱帯樹), tragédie en trois actes traduite du japonais par André Pieyre de Mandiargues avec la collaboration de Jun Shiragi (Silla), Gallimard (collection « Le Manteau d’Arlequin »), 1984.
  • 1961 : Le Lézard noir (黒蜥蜴), pièce de théâtre adaptée du roman éponyme d’Edogawa Ranpo, traduite du japonais par Brigitte Allioux, Gallimard (collection « Le Manteau d’Arlequin »), 2000.
  • 1965 : Madame de Sade (サド侯爵夫人), version française d’André Pieyre de Mandiargues, établie d’après la traduction littérale effectuée à partir du texte original japonais par Nobutaka Miura, Gallimard (collection « Du monde entier »), 1976.

Un grand nombre de pièces de Mishima n’ont pas été traduites en français, notamment Iwashi Uri Koi Hikiami et Mon ami Hitler.

Essais[modifier | modifier le code]

  • 1948 : Le Bal du comte d'Orgel (ドルジェル伯の舞踏会), dans La Nouvelle Revue Française n°599-600 (Du Japon - p. 185-197), texte traduit du japonais par Dominique Palmé, mars 2012.
  • 1963-1967 : Trois essais inédits (Sur Jean Genet, La Mort de Jean Cocteau, Le Sang d’un poète), dans Le Magazine littéraire n°169 (p. 37-41), traduits du japonais par Peggy Polak, février 1981.
  • 1967 : Postface de La Beauté, tôt vouée à se défaire de Yasunari Kawabata, traduite du japonais par Liana Rosi, Albin Michel, 2003 ; Le Livre de poche (collection « Biblio »), 2004.
  • 1967 : Le Japon moderne et l'éthique samouraï – La Voie du Hagakuré (葉隠入門――武士道は生きてゐる), essai traduit de l’anglais par Emile Jean, Gallimard (collection « Arcades »), 1985.
  • 1968 : Le Soleil et l’Acier (太陽と鉄 et エピロオグ), essai traduit de l’anglais par Tanguy Kenec’hdu, Gallimard (collection « Du monde entier »), 1973 ; Gallimard (collection « Folio »), 1993.
  • 1968 : Défense de la culture (extrait de 文化防衛論), dans Esprit (p. 344-355), traduit du japonais en collaboration avec Philippe Pons, février 1973.
  • 1968-1970 : Essai sur Georges Bataille (Ma mère) (extrait de 小説とは何か), dans La Nouvelle Revue Française n°256 (p. 77-82), traduit du japonais par Tadao Takémoto et texte français établi par Michel Cazenave, avril 1974.

Poésie[modifier | modifier le code]

  • 1970 : Djisei (辞世の句), dans La Nouvelle Revue Française n°219 (p. 52), les deux derniers poèmes de Mishima Yukio, traduction de Yuge Mitsuo et adaptation de Jean Pérol, mars 1971.

Correspondance[modifier | modifier le code]

  • 1997 : Kawabata-Mishima – Correspondance (川端康成・三島由紀夫 往復書簡), traduit du japonais par Dominique Palmé, Albin Michel, 2000 ; Le Livre de poche (collection « Biblio »), 2002.

Photographie[modifier | modifier le code]

  • 1963-1985 : Ordalie par les roses (薔薇刑), photographies de Yukio Mishima prises en 1961 à son domicile par Eikô Hosoe ; introduction de Yukio Mishima et notes de Eikô Hosoe traduites de l’anglais par Tanguy Kenec’hdu, Hologramme, 1986.

Filmographie[modifier | modifier le code]

L'après Yukio Mishima[modifier | modifier le code]

En 1989, Ingmar Bergman adapte et met en scène au théâtre "La Marquise de Sade" (titre original : サド侯爵夫人 - Sado Kōshaku Fujin ; titre suédois : Markisinnan de Sade) de Yukio Mishima, avec Anita Björk.

Benoît Jacquot a réalisé L'École de la chair, film (1998) adapté du roman.

Un des spectacles du Cirque Baroque, Ningen (1998), s’inspire de Mishima : éléments de sa vie telle qu’il l’a racontée dans Confessions d’un masque, son déchirement entre Orient et Occident, son goût du scandale, son obsession du martyre de saint Sébastien[7].

Riyoko Ikeda a publié dans le magazine Shukan Josei, depuis le 11 octobre 2005, l'adaptation de Haru no yuki (Neige de Printemps). La famille de Mishima a accepté cette adaptation. Après cette parution, un film basé sur la même œuvre de Mishima est sorti le 29 octobre 2005 au cinéma, avec Satoshi Tsumabuki et Yūko Takeuchi. Une des musiques de ce film est la chanson Be My Last interprétée par Hikaru Utada.

En France, son suicide est abondamment décrit dans le roman de Stéphane Giocanti, Kamikaze d'été (Ed. du Rocher, 2008), dans lequel Mishima joue un grand rôle. Giocanti est également l'auteur du livret de présentation de l'édition française du DVD de Yûkoku.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marguerite Yourcenar, Mishima ou La vision du vide, Gallimard, 1981, p. 18.
  2. Voir p. 282-283, chapitre 47 « A Phantasy World: Mishima Yukio » in Shōwa Japan: Political, Economic and Social History, 1926-1989, volume III, Stephen S. Large, Taylor & Francis, 1998.
  3. Voir p. 10-11 in Japan: The Burden of Success, Jean-Marie Bouissou et Jonathan Derrick, Fondation nationale des sciences politiques (CERI), C. Hurst & Co., 2002.
  4. Six jours avant l'Académie française, Apostrophes sur INA.fr, le 16 janvier 1981
  5. Nao Sawada, « Bataille et Mishima : corps à corps », dans Sexe et Texte : Autour de Georges Bataille, Presses universitaires de Lyon, 2007, textes réunis par Jean-François Louette et Françoise Rouffiat, p. 140.
  6. Ibid. , p. 139.
  7. source, article : Marc Dazy, « Pierre-Jules Billon, batteur baroque », paru dans Le Progrès le 07/01/1999. Pierre-Jules Billon est l'un des compositeurs-interprètes de la musique de Ningen. Spectacle créé au Parc de la Villette (Paris) en 1998 puis joué en tournée internationale, en Europe et aux États-Unis, quatre-vingt fois à la date de l’article de M. Dazy.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul-Laurent Assoun, Analyses et réflexions sur Mishima : Le Pavillon d'or et la beauté, Paris, Ellipses, , 224 p. (ISBN 2-72-988641-9)
  • Henri-Alexis Baatsch, Mishima, Monaco, Le Rocher, , 224 p. (ISBN 2-26-805943-X)
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  • Catherine Millot, Gide, Genet, Mishima : intelligence de la perversion, Paris, Gallimard, , 168 p. (ISBN 2-07-074608-9)
  • John Nathan, La Vie de Mishima, Paris, Gallimard, , 320 p. (ISBN 2-07-029287-8)
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  • (en) Naoki Inose et Hiroaki Sato, Persona: A Biography of Yukio Mishima, Etats-Unis, Berkeley, Stone Bridge Press, 2012, 852 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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