Juan Velasco Alvarado

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Juan Velasco Alvarado
Juan Velasco Alvarado 1971.jpg

Juan Velasco Alvarado

Fonctions
Président du Pérou
-
Commandant en chef de l'armée du Pérou (d)
-
Ernesto Montagne Sánchez (d)
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 67 ans)
LimaVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Cementerio El Ángel (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Conjoint
Consuelo Gonzales Posada (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Luis Gonzales Posada (en) (beau-frère)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Grade militaire

Juan Velasco Alvarado est un militaire et homme politique péruvien né à Piura le 16 juin 1910 et mort à Lima le 24 décembre 1977. Il fut Président du Pérou entre 1968 et 1975 avec le titre de Président du Gouvernement révolutionnaire.

Jeunes années[modifier | modifier le code]

Fils de Manuel José Velasco et de Clara Luz Alvarado, il grandit au sein d’une famille paysanne modeste, et épouse Consuelo Gonzáles Arriola. Il intègre l’armée péruvienne, dans l’infanterie, en 1929, dont il gravira graduellement tous les échelons, de simple soldat à général. En raison de son excellente discipline, il est sélectionné pour entrer à l’Académie militaire de Chorrillos. En 1934, il sort parmi les meilleurs de sa promotion. Il conservera des liens étroits avec ses camarades, dont la plupart étudieront au Centre des Hautes Études militaires (CAEM). En 1965, il accède au grade de général de division.

Le gouvernement révolutionnaire militaire (1968-1975)[modifier | modifier le code]

Devenu commandant général de l’armée, il est à la tête de la Junte militaire qui renverse le président Fernando Belaúnde Terry le 3 octobre 1968, après que celui-ci ait accepté un contrat jugé très favorable aux intérêts des compagnies pétrolières nord-américaines (qui seront aussitôt nationalisées par le gouvernement révolutionnaire).

Velasco constitue un cabinet de ministres militaires, le « Gouvernement révolutionnaire des Forces armées ». Il nationalise les secteurs clé de l’économie, dont les banques, l'industrie pétrolière et les secteurs liés à l'exportation. Les pêcheries, les mines, les télécommunications, l’énergie, le pétrole, sont regroupés dans des conglomérats administrés par l’État (PescaPeru, MineroPeru, Petroperu, ElectroPeru, EntelPeru, etc.) ; le taux de change et le commerce extérieur sont placés sous l'autorité de l’État. La pierre angulaire de la politique économique du gouvernement est la réforme agraire visant à éliminer les grandes haciendas et qui consacre la redistribution de onze millions d'hectares aux paysans. Les anciens propriétaires crient à la confiscation, car les biens expropriés sont payés en bons non-négociables risquant de perdre toute valeur avec l’inflation.

Le gouvernement révolutionnaire projette des investissements massifs dans l'éducation, élève la langue quechua - parlée par près de la moitié de la population mais jusque-là méprisée par les autorités - à un statut équivalent à celui de l'espagnol et instaure l'égalité des droits pour les enfants naturels.

Le régime de Velasco, parfois appelé le « Velascato » par ses opposants, se caractérise aussi par un pouvoir autoritaire. Il tolère peu la dissidence, exilant, harcelant, parfois emprisonnant les dirigeants de partis d'opposition, et fait nationaliser les médias audio-visuels et écrits en 1974. Il entreprend par ailleurs une réconciliation avec les guérillas de gauche du début des années 1960, dont un ancien combattant, Bejar Rivera, est nommé au gouvernement.

En politique extérieure, contrastant avec les dictatures militaires latino-américaines contemporaines, qui sont de droite pour la plupart, il établit un partenariat avec le bloc socialiste ainsi que des relations diplomatiques avec Cuba et la Chine, et achète du matériel militaire soviétique pour moderniser l’armée péruvienne. Ceci lui vaut l’hostilité des États-Unis, qui répondent par des pressions commerciales, économiques et diplomatiques. Les relations avec le Chili se distendent fortement après le coup d’État du général Pinochet.

En économie, la politique du gouvernement de Velasco s’avère relativement inefficace, en dépit d'une certaine amélioration du niveau de vie des classes populaires et du développement industriel. La pêche et l’agriculture sont des échecs particulièrement patents. PescaPeru surpêche l’anchois qui sert principalement pour la production de farine de poisson et est un élément-clé dans l’écosystème marin péruvien. La production atteint des records pendant les premières années mais s’ajoutant aux effets du phénomène El Niño de 1972, cela conduit à une chute vertigineuse des prises à tel point qu'il faudra plus d’une décennie pour retrouver un niveau d’activité correct. La dette de l’État et la politique inflationniste contraignent à dévaluer la monnaie. De plus, la réforme agraire, ambitieuse mais mal conduite, se traduit par la création de milliers de fermes sans capitaux. La production et la distribution agricoles, désorganisées, faiblissent et génèrent des pénuries périodiques, du rationnement, et nourrit le malaise social.

Coup d’État contre Velasco[modifier | modifier le code]

Ces difficultés économiques et l’opposition politique croissante après le coup porté à la presse en 1974 finissent par affaiblir le gouvernement Velasco et conduisent à sa chute. Le 29 août 1975, un groupe de commandants militaires importants (des 1re, 2e, 3e, 4e, et 5e régions militaires) provoque un coup d’État qui sera surnommé le Tacnazo car il a lieu dans la ville de Tacna au sud du pays. Les commandants déclarent que Velasco a échoué à atteindre les buts de la « Révolution péruvienne » et est dans l’incapacité de rester à son poste.

Le général Francisco Morales Bermúdez Cerruti, alors président du Conseil des ministres, relève Velasco de ses fonctions et est nommé président, par une décision unanime de la nouvelle junte militaire. Il prend pour prétexte la mauvaise situation économique et la santé fragile de Velasco, à qui on a dû amputer une jambe en 1973 à la suite d'une embolie et dont on dit que les facultés cognitives sont affectées par des problèmes circulatoires. Ce dernier se trouve alors en convalescence à Chaclacayo, près de Lima. Il décide de se réunir avec son conseil des ministres mais il se rend compte qu’il n’y a pratiquement plus rien à faire. Il rédige un dernier discours à la nation dans lequel il fait part de sa décision de ne pas opposer de résistance.

Écarté du pouvoir, Velasco meurt à l’Hôpital militaire de Lima en 1977.