Graulhet

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Graulhet
Ruelle près du château.
Ruelle près du château.
Blason de Graulhet
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Tarn
Arrondissement Castres
Canton Graulhet
(bureau centralisateur)
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Rabastinois - Tarn et Dadou - Vère Grésigne et Pays Salvagnacois
Maire
Mandat
Claude Fita
2014-2020
Code postal 81300
Code commune 81105
Démographie
Gentilé Graulhétois
Population
municipale
12 063 hab. (2014)
Densité 213 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 45′ 42″ nord, 1° 59′ 21″ est
Altitude 160 m
Min. 126 m
Max. 373 m
Superficie 56,75 km2
Localisation

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Liens
Site web Ville de Graulhet

Graulhet[Note 1] est une commune française située dans le département du Tarn et la région Occitanie. La ville est membre de la communauté de communes Tarn et Dadou.

Ses habitants sont appelés les Graulhetois (ou Graulhetous en occitan).

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

La ville s'est construite autour d'un îlot rocheux entre le Dadou, le ruisseau du Verdaussou, les marécages du Jourdain et de vieux ateliers de couteaux en silex préhistoriques, dans la plaine alluviale creusée d'est en ouest par le Dadou sur les premiers contreforts du Massif central. Elle se trouve au cœur du Tarn, à égale distance de Castres et d’Albi (situées à environ 30 kilomètres chacune, respectivement au sud-est et au nord-est).

Du fait de sa position dans une vallée dont l'axe est parallèle à l'axe Toulouse-Albi, elle n'est pas desservie par le chemin de fer[Note 2]. Elle se trouve aussi, pour les mêmes raisons, un peu à l'écart de l'A68 qui relie Toulouse à Albi, bien qu'elle y soit reliée par la RD 964 à Gaillac.

La ville est organisée de part et d'autre de la barre oblique d'un Z que forme la rivière. Les zones industrielles liées à la tannerie se sont concentrées en aval, au nord de la cité.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Graulhet
Busque Labessière-Candeil Montdragon
Puybegon
Briatexte
Graulhet Saint-Julien-du-Puy
Cabanès Moulayres
Missècle
Brousse

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

L'altitude de la commune varie entre 126 et 373 mètres[1].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Aérodrome de Graulhet.

L'aérodrome de Graulhet - Montdragon accueille un aéro-club de tourisme et un club de vol à voile.

Toponymie[modifier | modifier le code]

La ville s'appelait Granoillet en 1188 et Granolheto en 961[2]. C'est un diminutif du mot occitan « granolha » (grenouille, en provençal)[3], ce que confirme le Dictionnaire provençal de Frédéric Mistral. Ce mot provient du latin ranucula qui signifie lui aussi grenouille.

Ces batraciens étaient en effet présents en grand nombre aux abords du village, en raison de la présence de lieux humides (ruisseaux et marécages).

Histoire[modifier | modifier le code]

L'occupation du site par l'homme est attestée par de nombreuses pièces archéologiques découvertes, datées d'environ 500 à 100 av. J.-C.[4]. La présence romaine se manifeste entre autres par la présence d'un oppidum gallo-romain.

L'éperon rocheux qui surplombe la rivière se voit doté d'un château féodal (qui fut détruit depuis) : le castrum de Graulhet, mentionné pour la première fois en 961, dans un testament de Raymond Ier, Comte de Rouergue. Le village, centré sur le château, est fortifié pour constituer une petite place-forte. En 1166, Graulhet, alors une seigneurie, passe sous le contrôle des comtes de Toulouse.

En 1484, la seigneurie passe aux mains de la maison d'Amboise, grâce au mariage de Hugues d'Amboise d'Aubijoux, (grand-père de Louis d'Amboise d'Aubijoux), avec Madeleine d'Armagnac.

Au XVIe siècle, fidèle à l'Église Catholique de Rome bien qu'en pays Cathare, la ville subit relativement peu de dommages durant la croisade contre les Albigeois et pendant les guerres de religion, en partie grâce à la politique de Louis d'Amboise d'Aubijoux (1536-1614), seigneur et comte de Graulhet, qui en est aussi lieutenant-général. En 1583, elle devient même le siège temporaire du diocèse, en accueillant l'évêque de Castres qui s'y réfugie. La ville se trouve alors au cœur d'une zone de production et de commerce important du pastel. Elle devient un carrefour local du transit fluvial entre la Garonne, le Tarn et l'Agout grâce à son modeste port. De cette époque sont représentatifs le château de Lézignac et son moulin pastellier, typiques de l'industrie du pastel.

François d'Amboise, jeune comte d'Aubijoux. (Source : Banque d'images site BNF).

Au XVIIe siècle, le petit-fils de Louis d'Amboise d'Aubijoux, François-Jacques d'Amboise (1606-1656) est l'ami et le protecteur de Molière de 1647 à sa mort, alors que l'artiste commence sa carrière et vient de fuir ses créanciers parisiens. Son château de Crins accueille à la même époque des troubadours comme Chapelle et Bachaumont, au bord du Dadou. En parallèle, la ville voit se développer les activités d'artisanat autour du tannage, de la cordonnerie et en particulier de la mégisserie : environ le tiers de la population travaille dans ces domaines.

En 1895, la ville est enfin raccordée au réseau ferroviaire national, via une ligne à petit écartement. Une seconde ligne est construite en 1903[5].

En 1909-1910, la ville connaît un important conflit social avec une grève dans les mégisseries : depuis 1881, la chambre syndicale des mégissiers a obtenu différents acquis sociaux, au prix d'une dizaine de grèves importantes en huit années. En décembre 1909, un nouveau conflit éclate sur fond de revendications salariales et de temps de travail. Les grévistes sont soutenus par Jean Jaurès, la grève dure 147 jours, mais le patronat ne lâche rien. De nombreux témoignages de ce conflit nous sont parvenus sous forme de cartes postales que vendaient les grévistes pour subsister[6].

Après la Première Guerre mondiale, l'industrie de la maroquinerie se développe dans le sillage de la mégisserie. Cependant, la crise économique de 1929 touche durement à la fois l'industrie locale (fortement dépendante des échanges de peaux avec l'Australie, l'Argentine et l'Afrique) et la compagnie de chemin de fer. Cette dernière ferme la dernière liaison en 1937 et les voies sont entièrement démontées[5].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des maires de Graulhet.

Jumelages[modifier | modifier le code]

La ville de Graulhet est jumelée avec[7] :

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans.

Pour les communes de plus de 10 000 habitants les recensements ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage auprès d'un échantillon d'adresses représentant 8 % de leurs logements, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[8],[Note 3].

En 2014, la commune comptait 12 063 habitants, en diminution de -0,48 % par rapport à 2009 (Tarn : 2,72 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
3 607 3 419 3 889 4 654 5 097 5 278 5 167 5 298 5 425
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
5 613 6 120 6 118 6 346 6 940 6 945 6 924 7 477 7 848
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
7 900 8 377 7 912 7 351 7 605 8 566 8 224 7 602 8 866
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014
10 155 12 073 14 097 13 543 13 523 12 663 11 991 11 761 12 063
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2006[10].)
Histogramme de l'évolution démographique
Évolution du rang de la commune
selon la population municipale des années : 1968[11] 1975[11] 1982[11] 1990[11] 1999[11] 2006[12] 2009[13] 2013[14]
Rang de la commune dans le département 5 4 3 3 3 4 4 4
Nombre de communes du département 326 324 324 324 324 323 323 323

Enseignement[modifier | modifier le code]

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Santé[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

Le rugby à XV est fortement implanté à Graulhet (plus de 500 licenciés, une école de plus de 100 places)[15]. Le club local (Sporting club graulhetois), fondé en 1910, a évolué parmi l'élite du rugby à XV français de 1949 à 1995. Il a fourni plus de 20 joueurs internationaux depuis 1946.

Économie[modifier | modifier le code]

Avant la fin du premier millénaire, sa place était connue de très loin parce qu'elle utilisait un tanin spécial et secret : la rusca de garric ou garolha (écorce de chêne). Le cuir ainsi tanné était d'une solidité inégalée et d'un prix abordable[16].

Véritable culture locale depuis des siècles, le travail du cuir a fait de Graulhet la capitale[17] de la basane, cuir essentiellement utilisé pour la doublure des chaussures. Elle reste aujourd'hui le plus grand centre français de mégisserie : le tannage de petites peaux.

Mais Graulhet s'étant construite autour de sa mono-industrie, la mégisserie, elle s'est trouvée touchée de plein fouet par une profonde crise économique de ce secteur d'activité, ce qui a affecté par ricochet l'attractivité économique et démographique de la ville. La grande majorité des usines était installée en bord de rivière Dadou qui traverse la ville. Aujourd'hui, plus de 160 friches industrielles côtoient les zones d'habitation et donnent à la ville une image marquée par le déclin économique.

Agriculture[modifier | modifier le code]

Viticulture : Gaillac (AOC).

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Château de Lézignac (XVIIe siècle.)
  • Pont Vieux, classé Monument historique. Édifié en 1244, il permettait une communication entre le bourg primitif et le nouveau quartier Saint-Jean où s'installèrent peu à peu des tanneries sur la rive droite du Dadou.
  • Quartier médiéval de Panessac. La rue Panessac est une ruelle au cachet typiquement médiéval : étroite, bordée de bâtisses à pans de bois et encorbellements des XVIe et XVIIe siècles.
    Autrefois des pontets reliaient certaines maisons de part et d'autre.
  • Hostellerie du Lyon d'Or, superbe bâtisse médiévale, classée à l'inventaire des Monuments Historiques. Henri de Navarre, futur Henri IV, y fit une escale gourmande. Remarquer les croix de Saint-André, typiques du XVe siècle, sur sa belle façade et les marques d'assemblage en chiffres romains sur les pans de bois.
  • L'église Notre-Dame-du-Val-d'Amour, au pied de laquelle se trouve la dalle funéraire de Louis d'Amboise d'Aubijoux, classée Monument Historique.
  • Maison des Métiers du cuir : visite d'une ancienne mégisserie, les différentes étapes de la transformation du cuir, de la peau aux objets fabriqués en cuir.
  • Médiathèque Marguerite-Yourcenar, ancienne mégisserie entièrement rénovée, témoin d'un fort passé industriel et d'un avenir tourné vers le réaménagement de cette ville.
  • Moulin du seigneur XIVe siècle : ancien moulin sur le Dadou, transformé en mégisserie, détruit à la suite d'un incendie en juillet 2010.
  • Château de Crins XVIe siècle : ancien château des comtes d'Aubijoux, partiellement démoli pour être transformé en école.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Graulhet

« Parti d'argent à l'épi de blé de sinople et d'azur au marteau de cordonnier d'or (symboles de l'agriculture et de l'industrie du cuir). »

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'usage exige que l'on prononce Grauillet ou Grauliet (et non pas Graulet) : en occitan « lh » se prononce « ill » ou « li » comme dans « oseille » ou « liane » ; cependant en fin de mot « lh » se prononce [l]: solelh = [soulél] http://oc.net.free.fr/occitania/qu-es-aquo.html voir aussi sur ce point Millau (jadis Milhau).
  2. Graulhet fut reliée par rail à d'autres parties du réseau ferroviaire français de 1895 à 1937, mais les liaisons furent supprimées et les rails déposés en raison du manque de rentabilité des lignes.
  3. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Notice Cassini
  2. Bénédicte et Jean-Jacques Fénié, Toponymie occitane, Sud Ouest université, (ISBN 2879012155)
  3. Mairie de Graulhet, « Patrimoine & Tourisme : Histoire », sur www.ville-graulhet.fr (consulté le 10 mai 2009)
  4. « Raconte moi... Graulhet », sur www.racontemoigraulhet.fr (consulté le 11 mai 2009)
  5. a et b Association du Chemin de Fer Touristique du Tarn, « Des Tramways à Vapeur du Tarn au Chemin de Fer Touristique », sur www.cftt.org (consulté le 11 mai 2009)
  6. Association des Amis des Musées de Castres, « Jaurès et les mégissiers en grève (1910) », sur www.amis-musees-castres.asso.fr (consulté le 11 mai 2009)
  7. Mairie de Graulhet, « Découvrir / Jumelage », sur www.ville-graulhet.fr (consulté le 13 mai 2009)
  8. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  11. a, b, c, d et e INSEE, « Population selon le sexe et l'âge quinquennal de 1968 à 2012 (1990 à 2012 pour les DOM) », sur insee.fr, (consulté le 10 janvier 2016)
  12. INSEE, « Populations légales 2006 des départements et des collectivités d'outre-mer », sur insee.fr, (consulté le 8 janvier 2016)
  13. INSEE, « Populations légales 2009 des départements et des collectivités d'outre-mer », sur insee.fr, (consulté le 8 janvier 2016)
  14. INSEE, « Populations légales 2013 des départements et des collectivités d'outre-mer », sur insee.fr, (consulté le 8 janvier 2016)
  15. Mairie de Graulhet, « Patrimoie & Tourisme : Cité du rugby », sur www.ville-graulhet.fr (consulté le 11 mai 2009)
  16. site officiel de la municipalité
  17. Jean Louis Julié, « Du cuir et de son histoire Graulhetoise », sur blog.laruedesartisans.com, Cédric Donnaint,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ferdinand Kerssenbrock, Donatien Rousseau, Rpahaël Dhers, Graulhet, art de bâtir, art de vivre, Toulouse, France, Éditions Privat, , 144 p. (ISBN 978-2-7089-5883-8)

Liens externes[modifier | modifier le code]