Tannage

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Tannerie à Fès (Maroc)

Le tannage est un procédé chimique, consistant à transformer les peaux en cuir en les rendant plus durables et plus souples. Cette opération se fait dans des tanneries. L'artisan qui pratique le tannage s'appelle un tanneur.

Les diverses méthodes de tannage[modifier | modifier le code]

Les différentes méthodes de tannage sont :

  • Tannage végétal utilisé pour les cuirs en semelle, bourrelleries, selleries, maroquineries, chaussures, etc.
  • Tannage à l'aldéhyde
  • Tannage à l'alun
  • Tannage à l'écorce de chêne ou de saule
  • Tannage à l'extrait
  • Tannage à l'huile
  • Tannage à la fumée
  • Tannage à la quinone
  • Tannage à la silice
  • Tannage à sec
  • Tannage adouci
  • Tannage au chrome
  • Tannage au fer
  • Tannage au formaldéhyde
  • Tannage au soufre
  • Tannage au sulfochlorure
  • Tannage au syntan
  • Tannage au zirconium
  • Tannage aux alcools gras sulfatés
  • Tannage aux phospholipides
  • Tannage aux polyacides
  • Tannage aux polyphosphates
  • Tannage aux résines
  • Tannage combiné utilisé pour certaines peaux, surtout celles destinées à l'équipement et l'ameublement
  • Tannage en fosse
  • Tannage en milieu solvant
  • Tannage en sac
  • Tannage gonflant
  • Tannage mégi, voir: mégisserie
  • Tannage minéral
  • Tannage mort
  • Tannage par condensation
  • Tannage par électro-osmose
  • Tannage par polymérisation
  • Tannage rapide
  • Tannage semi-chrome
  • Tannage végétal mixte

Le tannage au chrome est parmi les plus répandus actuellement car plus rapide. Cependant, il convient de préciser que cet élément métallique peut provoquer des réactions allergiques de plus en plus dénoncées par les associations de consommateurs. Cette production au Bangladesh très polluante est décriée[1],[2].

Dans une tannerie du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Les peaux apportées fraîches ou en vert, ou préalablement salées et séchées dans les établissements de tannerie, sont immédiatement soumises soit à un traitement par la chaux, soit à l'action de la vapeur ou d'un courant d'eau chaude soit, enfin, à l'action de l'eau courante, après quoi les poils sont enlevés facilement par le grattage. Cette première partie des opérations, que facilite le voisinage d'un cours d'eau, est désignée sous le nom de travail de rivière, et explique la situation de la plupart des tanneries. Il peut cependant se faire sans difficulté dans l'intérieur des établissements. Le cuir ainsi préparé est soumis au tannage soit par la mise en couche des peaux et du tan ou écorce de chêne broyé, soit par l'action de l'alun. À ces opérations longues et prolongées succèdent le séchage et le graissage à l'aide du suif fondu ou de l'huile de dégras. Les manipulations du corroyeur et des maroquiniers qui mettent les peaux plus ou moins finement préparées en état d'être travaillées sont moins compliquées et consistent surtout dans l'humectation, le battage, le graissage et la teinture des cuirs[3].

Le tannage des voiles[modifier | modifier le code]

À bord des navires, voiles et cordages étaient également tannés, afin de lutter contre la pourriture des textiles, qu'il s'agisse de lin, de chanvre ou de coton. En France, cette opération fut longtemps effectuée à base de tan, écorce de chêne moulue et longuement bouillie. Dans le Golfe du Morbihan, connu pour ses voiles rouges, on utilisait de l'écorce de pin pilée. À partir de la fin du XIXe siècle, le tan à base d'écorces locales est remplacé par le cachou, qui provient du Areca catechu, un bois exotique, ce qui donna aux voiles leur couleur rouge brun longtemps si caractéristique. À Douarnenez, par exemple, les marins en utilisaient une dose plus forte que dans les autres ports, ce qui expliquait la couleur plus sombre des voiles des bateaux de ce port. Des tannages mixtes, à base, par exemple, de tan et d'ocre mêlés, ou utilisant divers produits locaux, selon les endroits, étaient aussi pratiqués.

Les petites voiles étaient tannées directement dans de grandes cuves qui appartenaient généralement au bistrot où l'équipage faisait escale. Les plus grandes voiles étaient enduites au balai sur le quai ou sur les dunes. Progressivement, après la Première Guerre mondiale, le cachou fut remplacé par de la poudre d'ocre additionnée parfois d'huile de lin, ce qui donna aux voiles une couleur brique intense et un aspect velouté[4].

Autres[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, l'ouvrage du chimiste allemand Sigismund Hermbstädt, Principes du tannage du cuir (1806), rapporta plus de royalties à son auteur que le Frankenstein de Mary Shelley[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Reportage Le scandale du Bycast et du cuir au Bangladesh, novembre 2012
  2. « Vidéo : Le scandale du Bycast et du cuir dans les tanneries au Bangladesh », sur www.wat.tv, (consulté le 9 octobre 2014)
  3. Ambroise Tardieu. Dictionnaire d’hygiène publique et de salubrité ou Répertoire de toutes les questions relatives a la santé publique...J.-B. Baillière et Fils, 1862
  4. Panneau d'information d'une exposition organisée au Port-Musée de Douarnenez en 2013
  5. (en) « The Real Reason for Germany's Industrial Expansion? », sur spiegel.de, 18 août 2010

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) 2013/84/UE. Décision d’exécution de la Commission du 11 février 2013 établissant les conclusions sur les meilleures techniques disponibles (MTD) pour le tannage des peaux, au titre de la directive 2010/75/UE du Parlement européen et du Conseil relative aux émissions industrielles [notifiée sous le numéro C(2013) 618] Texte présentant de l'intérêt pour l'EEE