Bernac (Tarn)

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Bernac
Grange cistercienne de Bernac.
Grange cistercienne de Bernac.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Tarn
Arrondissement Albi
Canton Les Deux Rives
Intercommunalité Gaillac Graulhet Agglo
Maire
Mandat
Pascal Hébrard
2014-2020
Code postal 81150
Code commune 81029
Démographie
Gentilé Bernacois
Population
municipale
185 hab. (2014)
Densité 33 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 57′ 33″ nord, 2° 01′ 32″ est
Altitude Min. 174 m
Max. 225 m
Superficie 5,54 km2
Localisation

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Site web Site officiel

Bernac est une commune française située dans le département du Tarn, en région Occitanie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Commune située entre Albi et Gaillac, sur un coteau sur plombant la vallée du Tarn.

Histoire[modifier | modifier le code]

La Grange cistercienne[1][modifier | modifier le code]

Deux actes fondateurs[modifier | modifier le code]

  • 1198 : Bertrand de Saint Denis et Guillaume Oulric donnent aux moines de Bonnecombe toutes les terres qu’ils pourront cultiver dans le polygone balisé par les églises de Bernac, de Pleux (démolie et remplacée par une croix dans la commune de Labastide-de-Lévis), de Godor (lieu-dit Goudou au Mas de Cassagnes) et de Mazières (Le Carla actuel, au bord du Tarn). Si on voit bien les contours nord, ouest, sud, on ne connaît pas trop la frontière est à la limite de Castelnau-de-Lévis (La Ravaillé, La Raffinié, Mas de Causse, La Borie ?).
  • 1199 : Guillaume V, évêque d’Albi, donne l’église de Bernac à l’abbaye de Bonnecombe.

Les moines de Bonnecombe étaient à l’étroit dans la vallée du Viaur avec 40 hectares cultivables sur 160 et plus d’un millier de bouches à nourrir. Ils cherchaient des terres autour du monastère qu’on voulait bien leur céder. Les seigneurs féodaux et l’Église ne se débarrassaient que de terres sans rapport. Bernac était une terre en friches et l’église en état de dénuement et d’abandon.

La règle était d’envoyer une trentaine de frères convers sous l’autorité d’un frère grangier sur le site et de le mettre en valeur. Il y avait un système de rotation : pas plus de quinze jours sans revenir à la maison-mère à Bonnecombe et ensuite ils étaient envoyés à une autre Grange. La règle de saint Benoît était strictement appliquée : huit heures de prière, huit heures de travail et huit heures de sommeil dans l’accomplissement des trois vœux : obéissance, chasteté et pauvreté. À la différence de l’abbaye, les Granges n’avaient pas de clôture mais les femmes y étaient interdites : celles qui lavaient le linge dans le lavoir sur le Luzert à côté du moulin n’avaient pas le droit de franchir la clôture virtuelle. Les rapports des « visiteurs » de l’ordre qui venaient de Clairvaux ou autres grandes abbayes (on les appellerait « inspecteurs » aujourd’hui) rappellent qu’ils ne veulent pas de convers isolés et l’interdiction de laisser entrer une femme sous peine de suspicion de carnis contagio, faute punie d’un an de prison au pain et à l’eau.

Les moines se mettent donc immédiatement à bâtir La Grange et à défricher et cultiver les terres pour produire du blé froment principalement, la vigne et le pastel. On a un croquis à la plume de 1201 de la Grange de Bernac avec une très haute tour au milieu de deux corps de bâtiments orientés est-ouest mais la construction est restée inachevée, la partie ouest n’a pas été construite.

Le grangier, lui-même frère convers, dirige le domaine, représente l’abbé de Bonnecombe pour la rédaction des actes chaque fois qu’il acquiert de nouvelles terres ou de nouveaux droits pour s’étendre jusqu’aux portes de Gaillac, en passant par des propriétés à Fayssac et Senouillac. Il gère aussi les dîmes et les droits seigneuriaux. Il collecte aussi les revenus des censives en nature. Tous ces produits sont acheminés par le chemin des moines à dos d’ânes ou de mulets jusqu’à Bonnecombe en deux jours de marche en faisant étape à la Grange de Bar à côté de Moularès.

À la fin du XIIIe siècle, l’abbé de Bonnecombe donne seize exploitations rurales avec autorisation de construire habitations et dépendances en fermage à autant de familles de Bernac, fermage payable en blé et gélines. Ceci donne la mesure du travail accompli en un siècle ! L’influence économique de Bonnecombe sur Bernac et les environs fut importante pendant tout le XIIIe siècle jusqu’à la peste noire du milieu du XIVe siècle : mise en valeur des terres, construction. Les moines eurent une grande influence dans la revitalisation du pays en donnant l’exemple par le travail et la prière.

La Grange dans l’histoire locale[modifier | modifier le code]

  • Aussitôt implantée, elle aurait pu être prise dans la guerre des Albigeois mais fut épargnée alors qu’Amaury VI de Montfort, fils du célèbre Simon IV de Montfort annexait La Bastide en allant faire le siège de Penne. Les moines de Bonnecombe avaient su rester en bonne grâce à la fois avec les rois de France et les comtes de Toulouse bien que saint Bernard soit venu prêcher à Albi.
  • Pendant la guerre de Cent Ans, Anglais et Compagnies ou Routiers dévastaient le pays. Le Rouergue appartenait aux Anglais et la frontière était sur le Viaur. Les moines rencontraient soit des détachements anglais ou des compagnies royales qui les pillaient. Un tour de garde fut institué sur la Tour de la Grange et les habitants de Bernac s’en plaindront dans les cahiers de doléances car ils avaient aussi un tour de garde à la Tour de Castelnau.
  • La peste noire (1348) dévaste la région : Albi perd la moitié de sa population, Castelnau en perd un quart et se retrouve presque aussi peuplé qu’Albi. C’est la fin de l’exploitation directe de La Grange par les moines. Elle est donnée en fermage à un nommé Barthe.
  • La Révolution française : le , eut lieu à l’église de Bernac la première assemblée de citoyens actifs qui avec 19 votants élurent Barnabé Massol comme maire, Fabre Pierre de la Borie et Jacques Galibert de Peyrebès officiers municipaux. Le , La Grange fut vendue comme bien national à Jean Antoine Ichard qui aménagea et transforma les bâtiments vers 1806 en démolissant la tour en ruine pour construire la bâtiment classique à angle droit du bâtiment médiéval.
  • En 1956, la famille Mazars achète la propriété à Ichard qui ne l’exploitait pas directement et qui était retombée en friches. L’ironie de l'histoire veut que ce soit encore des Aveyronnais qui remettent en valeur La Grange.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason à dessiner Blason Écartelé: au 1er de gueules à la bastide d'argent maçonnée de sable, aux 2e et 3e d'or plain, au 4e de gueules à la crosse d'argent mouvant de la pointe.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 mars 2008 Jean-Paul Pezet    
mars 2008 en cours Pascal Hebrard[2]    

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans.

Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[3]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[4],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 185 habitants, en augmentation de 10,12 % par rapport à 2009 (Tarn : 2,72 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
180 229 229 226 213 259 273 281 285
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
248 258 214 222 240 257 238 231 213
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
216 218 216 202 197 189 197 183 187
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008 2013 2014
170 175 169 146 136 159 164 189 185
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006[6].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Source : Albert Besombes, Martine Houdet et Gilbert Puech, Sur le chemin des moines, édité par le Centre culturel de Valdériès
  2. Site de l' Association des Maires et des Elus du Tarn (81) consulté le 11 mai 2009
  3. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  4. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .