Massimo Girotti

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Massimo Girotti

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Dans Les Amants diaboliques (1943)

Naissance 18 mai 1918
Mogliano (Marches)
Italie
Nationalité Drapeau de l'Italie Italienne
Décès 5 janvier 2003 (à 84 ans)
Rome (Latium)
Italie
Profession Acteur
Films notables Les Amants diaboliques
Au nom de la loi
Chronique d'un amour

Massimo Girotti est un acteur italien, né le 18 mai 1918 à Mogliano, dans la province de Macerata dans la région des Marches et mort le 5 janvier 2003 à Rome.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ancien champion de water polo, Massimo Girotti poursuit des études d'ingénieur chimiste avant de devenir acteur de théâtre et de cinéma. Il est remarqué par le metteur en scène Luchino Visconti lors du tournage de Tosca, commencé par Jean Renoir en 1939 et repris plus tard par Carl Koch.

En 1941, il doit interpréter, sous la direction de Visconti, le « farouche bandit Gramigna » aux côtés de Luisa Ferida mais le projet n'aboutit pas à cause du ministre de la Culture populaire de Mussolini, Pavolini, qui en avait « assez des histoires de brigands ».

Visconti, « séduit par les yeux clairs et les brusques effarouchements » de Girotti[1], lui confie en 1942 le rôle du vagabond Gino dans Les Amants diaboliques (Ossessione), adaptation naturaliste du roman de James Cain, Le facteur sonne toujours deux fois, avec Clara Calamai (qui remplace Anna Magnani, initialement prévue). Selon Calamai, « Massimo fut peu à peu transformé; peu à peu nous le vîmes dompté ». Girotti lui-même témoigne : « le dernier jour du tournage, je tombai à terre, évanoui, à bout de tension nerveuse et de fatigue »[1].

Girotti a plusieurs fois témoigné, parfois de façon anonyme, de la dureté de son mentor, particulièrement au théâtre[1] où il interprète sous la direction de Luchino Visconti le rôle d'Ajax dans une mise en scène monumentale de Troïlus et Cressida de Shakespeare en 1949 (avec Paolo Stoppa, Rina Morelli, Vittorio Gassman et Marcello Mastroianni entre autres), Mademoiselle Julie de Strindberg, en 1957 aux côtés de Lilla Brignone, et Trofimov dans La Cerisaie de Tchekhov en 1965.

Au cours de ses soixante-quatre ans de carrière (l'une des plus longues du cinéma italien), il jouera dans 117 films avec les plus grands metteurs en scène italiens : Alessandro Blasetti, Roberto Rossellini, Vittorio De Sica, Pietro Germi, Giuseppe De Santis, Luigi Zampa, Michelangelo Antonioni, Luigi Comencini, Carlo Lizzani, Alberto Lattuada, Carmine Gallone, Riccardo Freda, Mario Bava, Bernardo Bertolucci, Giuliano Montaldo, Ettore Scola, Liliana Cavani, Roberto Benigni... L'acteur passe ainsi des vétérans du muet à la jeune garde du cinéma italien d'après-guerre, du cinéma d'auteur au cinéma populaire ; il tourne ainsi une dizaine de péplums, interprétant le sculpteur Praxitèle, le musicien Orphée, le poète Ovide ou le général Holopherne.

Parmi les cinéastes étrangers qui l'emploient il y a de nombreux français (Yves Allégret, Jean Grémillon, Claude Autant-Lara, Jean Delannoy, Josée Dayan, Robert Enrico), mais aussi Mikhail Kalatozov, André De Toth, Joseph Losey ou Walerian Borowczyk.

Grand séducteur à l'écran, il a été le partenaire d'Alida Valli, Isa Miranda, Anna Magnani, Lucia Bosé, Silvana Mangano, Patricia Neal, Belinda Lee, Florinda Bolkan, Micheline Presle, Françoise Arnoul.

Ses films les plus célèbres sont, outre Les Amants diaboliques, Chronique d'un amour (1950), Onze heures sonnaient, L'Amour d'une femme, Théorème (1969), Le Dernier Tango à Paris (où il est le rival chanceux de Marlon Brando), M. Klein (1976) ou encore Passion d'amour (1983). Il incarne en outre Spartacus dans la version de 1953 réalisée par Riccardo Freda, Créon/Crésus dans Médée de Pier Paolo Pasolini aux côtés de Maria Callas en 1969, et un Casanova vieillissant dans Cagliostro en 1974.

Dix jours après le tournage de La Fenêtre d'en face, il meurt d'une crise cardiaque le 5 janvier 2003, à l'âge de 84 ans. Il repose dans le cimetière de Campo Verano à Rome.

Distinctions[modifier | modifier le code]

En 1950, Girotti obtient le prix Ruban d'argent pour sa prestation dans le film Au nom de la loi, où il campe le rôle d'un juge incorruptible aux prises avec la mafia sicilienne.

En 2003, il reçoit à titre posthume le David di Donatello du meilleur acteur pour son rôle d'un vieux monsieur ayant perdu la mémoire dans le long métrage de Ferzan Özpetek, La Fenêtre d'en face.

Filmographie partielle[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Commentaires[modifier | modifier le code]

Malgré leur homonymie, il n'a pas de lien de parenté avec Mario Girotti alias Terence Hill, comme ce dernier l'affirme sur son site officiel.

Liens externes[modifier | modifier le code]

(en) Massimo Girotti sur l’Internet Movie Database

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Laurence Schifano, Visconti, les feux de la passion, Flammarion, 1989