Carrie au bal du diable

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Carrie au bal du diable

Titre québécois Carrie
Titre original Carrie
Réalisation Brian De Palma
Scénario Lawrence D. Cohen
Acteurs principaux
Sociétés de production Redbank Films
Metro Goldwyn Mayer
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Horreur
Fantastique
Sortie 1976
Durée 98 minutes[1]

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Carrie au bal du diable (Carrie) est un film d'horreur américain de Brian De Palma, sorti en 1976. C'est l'adaptation cinématographique de Carrie (1974), premier roman de Stephen King. Le film s'éloigne parfois ostensiblement du roman, alternant ellipses et ajouts dans l'histoire.

Le film se centre sur l'adolescente Carrie White, le souffre-douleur des élèves de son lycée, qui découvre qu'elle possède des pouvoirs de télékinésie après les humiliations que lui font subir ses pairs, certains enseignants et la torture psychologique de sa mère. Une enquête réalisée en octobre 2008 a révélé que le film était considéré comme l'un des films pour adolescents les plus populaires à regarder pendant la fête d'Halloween. Le film a aussi été un succès majeur aux États-Unis, rapportant plus de trente-trois millions de dollars au box-office américain, pour un budget de 1 800 000 dollars. C'est aussi un succès critique.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Carrie White est une adolescente de 17 ans, présentée dès la scène d'ouverture comme une fille solitaire, timide, ayant un physique disgracieux, mauvaise en sport et comme le souffre-douleur de ses camarades de classe et des autres enfants et adolescents de la ville. Lors de la douche qui suit le cours de sport, elle remarque des saignements, paniquée car elle ne peut se l'expliquer, elle est humiliée par ses camarades qui lui crient qu'elle a ses règles et « Carrie pas d'amis » en boucle en la bombardant de tampons hygiéniques. Finalement, Miss Collins, la prof de sport vient la consoler puis la renvoie chez elle pour la journée. Exaspérée de s'entendre appeler « Cassie » par le directeur, Carrie montre, le jour même, dans le bureau de ce dernier un avant-goût de ses pouvoirs télékinétiques, en brisant un cendrier.

Margaret White, mère de Carrie, est ensuite présentée comme une extrémiste religieuse, essayant de convertir à sa foi la famille de Susan Snell, camarade de classe de Carrie qui ne la fait que peu souffrir. Rentrant chez elle, elle a une conversation face à sa fille et la dispute violemment, prétendant que ce sont les péchés de Carrie qui ont conduit à ce qu'elle atteigne la puberté. Carrie, en pleurs, est ensuite enfermée dans un placard obscur et lugubre, où elle doit prier pour expier ses fautes.

La vie reprend au lycée où Carrie étudie et continue à souffrir. Celle-ci s'intéresse à la télékinésie tandis que les autres filles sont punies par la prof de sport, à cause de l'humiliation qu'elles ont fait subir à Carrie : cinquante-cinq minutes de retenue en sport tous les jours, les réfractaires s'exposant à trois jours d'exclusion et à l'interdiction de venir au bal de promotion de fin d'année, qui approche à grands pas. À la demande de Susan, honteuse de son comportement envers Carrie (c'est en effet elle qui a eu l'idée du bombardement de tampons sur Carrie), Tommy Ross accepte d'inviter Carrie au bal de fin d'année. Celle-ci est étonnée, pense qu'on se moque une nouvelle fois d'elle mais accepte finalement devant l'insistance de Tommy. Une nouvelle violente dispute contre sa mère contraint Carrie à user de ses dons. Terrifiée, Margaret ne parvient plus à retenir sa fille. Le bal peut commencer.

Carrie devient gracieuse et reste très anxieuse mais parvient à profiter de la soirée, rassurée par Tommy, qu'elle finit par embrasser sur scène. Elle se croit dans un rêve, ou sur Mars comme elle le confie à la professeur de sport. Mais Chris, une autre camarade de classe de Carrie qui la déteste, lui a préparé, avec l'aide de Billy Nolan, un piège pour se venger d'avoir été exclue du bal parce qu'elle a essayé de se rebeller contre la punition infligée par la prof de sport. Du sang de porc a été recueilli dans un seau puis disposé au-dessus de l'estrade de la salle de danse. Les résultats ayant été truqués, Carrie gagne le concours de la reine de la soirée. Heureuse, elle monte sur scène ; son cauchemar commence quand Chris tire sur la corde, déversant le sang de porc sur elle.

Horrifiée, Carrie utilise ses pouvoirs pour faire le plus de mal possible à ceux qui se sont une nouvelle fois moqués d'elle. Mais dans son état de choc, elle pense que tous rient d'elle, alors qu'ils sont juste stupéfaits (hormis ceux qui ont préparé le coup). Tommy, qui se met en colère contre ce qui vient de se passer, est assommé par le seau qui retombe, et tombe évanoui sur la scène. Carrie scelle les portes, ouvre les tuyaux à incendie (et noie ainsi Norma, la première à avoir explosé de rire en la montrant du doigt), électrocute le directeur et le professeur de littérature, au moment où ceux-ci essayent de s'emparer du micro pour appeler tout le monde au calme, écrase le professeur de sport avec un panneau de basket, et provoque l'incendie de la salle. Finalement elle sort du gymnase, enfermant ses camarades dans le bâtiment en feu. Sur la route, elle croise un camion de pompier, puis se retourne et voit Chris lui foncer dessus au volant de la voiture de Billy (qui est sur le siège du passager). Carrie provoque l'embardée de l'auto, qui effectue plusieurs tonneaux avant d'exploser en flammes.

Carrie revient chez elle, prend un bain, puis supplie sa mère de la réconforter. Elle se morfond de ne pas l'avoir écoutée. Margaret raconte alors l'histoire tragique de la naissance de Carrie et essaye alors de tuer sa fille en lui plantant un couteau dans le dos (elle espère ainsi que Dieu lui pardonne ses péchés), mais elle échoue. C'est Carrie qui la tue en utilisant ses pouvoirs pour lui envoyer des couteaux. Puis Carrie met le feu à la maison et s'enferme dans un placard avec le cadavre de sa mère, laissant la maison s'effondrer sur elles.

La mère de Susan veille sur sa fille, la seule survivante du drame du gymnase (elle avait essayé, en vain, de prévenir la prof de sport du piège monté par Chris, mais s'était fait expulser de la salle). Dans l'un de ses rêves, Susan vient déposer des fleurs sur les débris de la maison de Carrie sur lequel est marqué « Carrie White brule en enfer » (« Carrie White burns in hell »). La main ensanglantée de celle-ci en sort ; Susan est en fait bien allongée dans son lit, mais elle s’effondre en larmes au réveil dans les bras de sa mère.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

John Travolta, interprète du personnage de Billy Nolan, en 1983.

Production[modifier | modifier le code]

Développement[modifier | modifier le code]

Carrie est le premier roman de Stephen King, publié en 1974.

De Palma rapporte dans une interview dans Cinefantastique en 1977 :

« J'ai lu le livre. Il m'avait été suggéré par un ami auteur. Je crois que c'était il y a environ deux ans (ndlr 1975). Je l'ai apprécié et j'ai appelé mon agent pour trouver qui en possédait les droits. J'ai découvert que personne ne les avait achetés. Beaucoup de studios voulaient les droits, j'ai donc appelé plusieurs personnes auxquelles j'ai dit que c'était un livre incroyable et que j'avais très envie de le faire[4],[5] »

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Casting[modifier | modifier le code]

Brian De Palma n'avait pas songé à prendre Sissy Spacek pour le rôle de Carrie jusqu'à ce que son mari Jack Fisk (décorateur sur Phantom of the Paradise et Carrie) ne le convainque. Son audition a tellement plu à De Palma qu'il lui a donné le rôle principal[6]. Melanie Griffith avait auparavant auditionné pour le rôle.

Nancy Allen et Piper Laurie ont déclaré plus tard qu'elles ne s'étaient pas rendu compte d'à quel point leurs personnages étaient méchants avant qu'elles ne visionnassent le film. Piper Laurie s'imaginait même qu'elle tournait une comédie[6].

Amy Irving, qui joue la fille de Priscilla Pointer dans le film, est sa véritable fille.

Tournage[modifier | modifier le code]

La scène au ralenti montrant Susan s'avancer vers la tombe de Carrie avec une démarche lui conférant une allure surnaturelle a été en réalité tournée à l'envers (Amy Irving marchait en fait à reculons). En regardant la séquence dans le film, on peut apercevoir en arrière-plan une voiture de couleur rouge rouler en marche arrière.

La séquence de la destruction de la salle du bal par Carrie utilise la technique de l'écran divisé[7]. En 2001 le réalisateur a jugé que cet usage était une erreur car l'effet n'est pas adapté aux scènes d'action : il s'agit en effet « [d']une forme trop méditative, parfaite pour les contrepoints mais inappropriée quand il s'agit d'enchaîner des plans très rapidement[7]. »

Musique[modifier | modifier le code]

À l'origine, Brian De Palma avait prévu de confier la partition du film à Bernard Herrmann, avec qui il avait déjà collaboré sur Sœurs de sang et Obsession. Mais le compositeur décède en décembre 1975, peu après avoir terminé la partition de Taxi Driver. C'est après avoir entendu la musique du film de Ne vous retournez pas que De Palma décide d'engager le compositeur Pino Donaggio. Leur collaboration ne s'arrêtera pas là puisqu'ils ont depuis travaillé ensemble sur six autres films.

On peut voir un hommage en forme de clin d'œil au compositeur Bernard Herrmann lorsque les pouvoirs de Carrie se manifestent : la musique de Donaggio joue alors des violons stridents, comme Herrmann l'avait fait pour la scène de la douche dans Psychose.

La soeur de l'actrice Amy Irving, qui tenait le rôle de Sue, Katie Irving, chante deux chansons dans la bande originale du film : I Never Dreamed Someone Like You Could Love Someone Like Me, et Born To Have It All.

Ce film a été l'occasion d'un des rares affrontements entre Brian De Palma et ses producteurs[8]. En effet, un des producteurs voulait rajouter des paroles écrites par son épouse sur la musique de la séquence de la douche au début du film, ce qui aurait rendue la scène « ridicule » et Brian De Palma a dû batailler pour éviter que cela n'advienne[8].

Accueil[modifier | modifier le code]

Le film a été un important succès commercial, rapportant environ 33 800 000 $ en Amérique du Nord[9] pour un budget de moins de 2 000 000 $. En France, il a réalisé 1 290 685 entrées[10].

Il a reçu un accueil critique très favorable, recueillant 92 % de critiques positives, avec une note moyenne de 8,1/10 et sur la base de 47 critiques collectées, sur le site agrégateur de critiques Rotten Tomatoes[11].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Commentaires[modifier | modifier le code]

Différences entre le film et le livre[modifier | modifier le code]

La structure même adoptée par Stephen King dans son livre - alternance entre récit, coupures de presse et extraits de thèses relatant le cas « Carrieta White » - était impossible à adapter au cinéma.

Concernant le contenu, certaines scènes sont identiques à celles du roman, tandis que d'autres sont spécifiques au film :

  • les scènes de la douche, du bureau du directeur et du bal sont très proches de celles du livre ;
  • dans le livre, le professeur de sport a un rôle bien plus secondaire que dans le film ;
  • dans le livre, Billy Nolan conduit une Ford. Dans le film, il conduit une Chevrolet Chevelle SS 1968. La Chevelle est de 1967, la '68 est restylée et le coupé est désormais un fastback jusqu'à la fin de la production de la seconde génération en 1972 ;
  • dans le livre, Carrie détruit le gymnase et utilise son pouvoir pour ravager la ville. Dans le film, seuls les lycéens au gymnase subissent la vengeance de Carrie ;
  • dans le livre, Carrie rentre chez elle dans le but précis de tuer sa mère alors que dans le film, elle espère, au contraire, obtenir un réconfort auprès de celle-ci ;
  • dans le livre, Carrie tue sa mère en faisant arrêter son cœur à l'aide de son pouvoir. Dans le film, elle la tue en faisant voler des couteaux. Dans les deux cas, Margaret White frappe bien sa fille dans le dos avec une lame ;
  • dans le livre, Carrie meurt dans la rue des suites de sa blessure infligée par sa mère. Dans le film, elle se donne le coup de grâce en faisant écrouler sa maison ;
  • la dernière scène où Susan fait un cauchemar est présente uniquement dans le film.

Clins d’œil[modifier | modifier le code]

Le nom de l'école, Bates High School, fait évidemment référence au tueur schizophrène Norman Bates du film Psychose[6]. Elle s'appelait en réalité la Pier Avenue Junior High et était située à Hermosa Beach.

Le film est référencé dans le jeu vidéo Silent Hill (ainsi que d'autres livres/films de King) : Alessa est une fille née avec des pouvoirs psychiques. Comme Carrie, elle est le souffre-douleur de ses camarades de classe, sa mère fanatique la bat et la punit en l'enfermant dans une petite pièce. À la fin du jeu (où elle fait office de boss final), elle tue sa mère à l'aide de ses pouvoirs. On peut d'ailleurs voir l'affiche du film sur un mur de la ville.

Suites et nouvelles adaptations[modifier | modifier le code]

Le film donna lieu à une suite en 1999 intitulée Carrie 2 (The Rage: Carrie 2) et réalisée par Katt Shea. Seule l'actrice Amy Irving est présente dans les deux films. Un remake pour la télévision a été réalisé en 2002 : Carrie de David Carson.

En 2012, Kimberly Peirce dirige Carrie, la revanche (Carrie), une nouvelle adaptation du roman de Stephen King avec Chloë Moretz dans le rôle de Carrie. Le film est sorti en 2013.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Carrie - Main, IMDb.
  2. Carrie sur The Numbers.
  3. (en) Dates de sortie sur l’Internet Movie Database.
  4. « I read the book. It was suggested to me by a writer friend of mine. A writer friend of his, Stephen King, had written it. I guess this was almost two years ago [circa 1975]. I liked it a lot and proceeded to call my agent to find out who owned it. I found out that nobody had bought it yet. A lot of studios were considering it, so I called around to some of the people I knew and said it was a terrific book and I'm very interested in doing it. ».
  5. Brian De Palma interview (July 1977); accessed 30 June 2010.
  6. a, b et c (en) Anecdotes sur l’Internet Movie Database.
  7. a et b Blumenfeld et Vachaud, p. 70.
  8. a et b Fernando Gonzo, « La Vie de Brian », So Film, no 16,‎ décembre 2013, p. 33.
  9. Carrie sur Box Office Mojo.
  10. Carrie sur Jp's Box-Office.
  11. Carrie sur Rotten Tomatoes.
  12. (en) Awards - Internet Movie Database.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Samuel Blumenfeld et Laurent Vachaud, Brian de Palma : Entretiens avec Samuel Blumenfeld et Laurent Vachaud, Calmann-Lévy,‎ 2001, 214 p. (ISBN 2-7021-3061-5).

Liens externes[modifier | modifier le code]