Flèche (arme)

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Pointes de flèche du néolithique – Muséum de Toulouse
Crâne du Soldat Martin W..., de la 4ème Cavalerie américaine, touché à la tête par des Indiens Comanche le 30 septembre 1870, à 20 miles de Fort Concho, au Texas. Il est rapidement mort d'une hémorragie cérébrale

Une flèche est une arme de tir, constituée d'un long tube ou fût muni d'une pointe à une extrémité, d'un empennage et une encoche à l'autre ; les flèches (ou traits) destinées à être lancées par un arc ou une arbalète (cas général) sont construites spécialement pour une arme ou un modèle d'arme particulier ; les flèches courtes destinées aux arbalètes, et dont la tige est de forte section carrée, sont appelées carreaux.

L'arc et la flèche sont connus depuis plus de 10 000 ans, et ont été utilisés pour la chasse et la guerre.

Les flèches ont été presque exclusivement construites à partir d'un fût de bois ; les pointes étaient soit des pièces rapportées (d'abord en pierre, en os, en bois de cerf, ensuite en métal), soit directement taillées dans la tige ; l'empennage, destiné à stabiliser la trajectoire de la flèche, était réalisé à l'aide de plumes. L'encoche taillée dans le bois permet de faire tenir la flèche sur la corde de l'arc. Dans son ouvrage "Germani" ("À propos des Germains"), l'écrivain romain Tacite (1° siècle après JC) mentionne les "arbres à flèches" des peuplades et tribus barbares d'Outre-Rhin. Des pointes de flèche en métal étaient fichées directement dans les jeunes pousses de branches d'arbre, qui développaient ainsi inextricablement leurs nervures autour de la pointe. Quand la branche avait atteint la taille requise, on la coupait pour l'effiler en sa forme définitive.

Tir à l'arc[modifier | modifier le code]

Détail du bout d'une flèche
Flèche colorée

Les flèches employées pour le sport du tir à l'arc sont construites à partir de matières variées :

  • bois, alliage léger ou fibre de carbone pour le tube, le fût ;
  • acier ou tungstène pour la pointe ;
  • plumes naturelles, ou ailerons de matière plastique, pour l'empennage ;
  • plastique pour l'encoche.

Flèche polynésienne[modifier | modifier le code]

Arme de jet propulsée à l'aide d'une cordelette. Appellation imprécise de ce type d'arme car le terme n'est usité que dans les milieux d'animations pour enfants et ne correspond pas à une arme précise polynésienne.

Flèche japonaise pour le kyūdō[modifier | modifier le code]

Haya et Otoya

Ya, nom japonais des flèches dans la pratique du kyūdō. L’ouverture de l’arc japonais induit une longueur de flèche importante. Sa longueur correspond environ à la moitié de l'envergure de l’archer. Ces flèches sont fabriquées traditionnellement dans une variété de bambou : le shinodake (篠竹?).

Tir à 28 mètres, tir kinteki[modifier | modifier le code]

Sur la distance standard de tir à 28 mètres, l’épaisseur du fût en bambou des flèches varie en fonction de la puissance de l’arc et sont empennées de plume d'aigle. La pointe de flèche itatsuki a une forme évasée afin de produire un son lorsque la flèche se plante dans la cible de papier tendu appelée mato.

Pointes de flèche : 1 et 2 mato-ya, 3 makiwara-ya

L’encoche hazu est en corne ou en plastique.

Empennage d'une flèche Ya

En raison de la rareté des plumes d'aigle dû à sa protection, le coût élevé de telles flèches réserve leurs utilisation à de rares archers expérimentés et de haut niveau capable de les utiliser avec un maximum de soins. Les flèches de la majorité des pratiquants de kyūdō ont un fût communément en aluminium (2015 ou 1913) ou en carbone, avec des plumes de dindon ou de cygne teintées. Les encoches sont en matériaux synthétiques.

Les flèches de cible matoya sont tirées par multiple de deux. Dans chaque couple de flèches (hitote), une flèche possède les plumes inclinées sur la droite haya, l'autre flèche possède les plumes inclinées sur la gauche otoya.

On reconnaît l’une de l’autre par le sens de l’incurvation des plumes. Haya est incurvée dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, et tournera, lors du tir, dans le sens des aiguilles d’une montre. Otoya est incurvée dans le sens des aiguilles d’une montre, et tournera dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.

Ya haya otoaya.jpg

Quand on regarde les flèches de face (Hazu à droite), on voit la partie collée sur le fût : sur le dessus pour Haya, sur le dessous pour Otoya.

Ya haya otoya2.jpg

Tir à bout portant[modifier | modifier le code]

Pour le tir à bout portant tel qu'il se pratique sur une makiwara (botte de paille), la flèche makiwaraya n'a pas de plume du tout ou des plumes peu saillantes ; dans ce cas, ces flèches sont destinées à des tirs de démonstration. La pointe de la flèche est en forme d'obus. Ces flèches sont, suivant les circonstances, constituées soit d'un fût de bambou, soit de carbone, soit encore d'aluminium.

Tir à 60 mètres, tir enteki[modifier | modifier le code]

Pour les tirs à longue distance à 60 m, les flèches ont un fût de diamètre inférieur. Les plumes sont aussi moins importantes.

Autres flèches de kyūdō[modifier | modifier le code]

Il existe d'autres flèches plus rares, pour des évènements spéciaux : les flèches sifflantes, à pointe ouvragée, à bout rond pour le yabusame...

Pointes de flèches japonaises

Articles connexes[modifier | modifier le code]