Auréole (religion)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Auréole.
Ce tondo de Botticelli, la Madone du Magnificat, illustre l'origine de l'auréole : c'est la couronne divine portée par les anges, éclairée par le savoir divin représenté par les rayons solaires
Disque plein de la peinture byzantine

L’auréole en religion (mot tiré de l'expression latine aureola corona, « couronne d'or ») est une forme d'aura fréquemment représentée par un cercle ou un disque plus ou moins flou, et à partir de la Renaissance par une ellipse (un cercle vu en perspective).

Iconographie religieuse[modifier | modifier le code]

Une auréole (aussi nommée halo ou aura) est un anneau de lumière disposé au-dessus d'une personne ou d'un personnage. Elle est souvent utilisée en religion pour indiquer la sainteté et est représentée par une lueur jaune, dorée ou argentée, placée autour de la tête. Elle se distingue du nimbe qui est placé autour de la tête des personnages sacrés et de la gloire qui est composée de lumières rayonnantes

À l'origine, comme le prouvent les plus anciennes représentations picturales, l'auréole était bel et bien un disque et non un cercle[1], évoquant ainsi le disque solaire de l'Égypte ancienne qui figurait notamment au-dessus de la tête de Horus ou de Hator, personnages divins, ou celui du dieu grec Hélios. Sous l'Empire romain, cette aura prend la forme d'un cercle parfait, notamment sur les représentations d'empereurs divinisés[2].

Dans certaines représentations religieuses, elle peut être de forme carrée ou losange. Le carré était destiné aux représentations de personnes encore vivantes alors que le cercle était destiné aux personnes mortes (art byzantin). Quand le corps est représenté nimbé ou auréolé, on est alors très proche de l'utilisation de la mandorle. l'auréole est l'expression de la lumière solaire et par extension de la lumière spirituelle et de son rayonnement. L'auréole est centrée sur la tête du personnage représenté. L’auréole ou le nimbe exprime le caractère sacré ou l’aura de la personne représentée.

On retrouve cette utilisation conventionnelle dans plusieurs religions, notamment dans le christianisme, dans le bouddhisme et l'islam (miniatures perses). Son utilisation existe déjà pendant l'empire romain (représentation des dieux et des empereurs)[3].

Religion catholique[modifier | modifier le code]

En Occident, si à l’origine l’auréole est un cercle ou un disque parfait centré sur le visage ou la tête, à la pré-Renaissance, il devient un petit disque planant au-dessus de la tête. Il est alors représenté par les primitifs italiens en perspective afin de donner une réalité palpable à un concept ou convention de représentation du caractère sacré. Puis suivant les vicissitudes de l'histoire artistique, l’auréole devient un halo lumineux, une flamme, une étoile.

Disque orné chez Carlo Crivelli, bord d'ellipse seule pour saint Dominique, ellipses pleines chez Masaccio Disque orné chez Carlo Crivelli, bord d'ellipse seule pour saint Dominique, ellipses pleines chez Masaccio Disque orné chez Carlo Crivelli, bord d'ellipse seule pour saint Dominique, ellipses pleines chez Masaccio
Disque orné chez Carlo Crivelli, bord d'ellipse seule pour saint Dominique, ellipses pleines chez Masaccio

Hypothèse physiologique[modifier | modifier le code]

Nimbes flamboyants chez Velasquez
Le Couronnement de la Vierge

Selon le médecin Bernard Auriol, ces représentations auraient leur pendant réel via un « phénomène psycho-physiologique » résultant de la dévotion. Ainsi, certaines émotions (admiration, désir, amour, etc.) et certaines modifications de « l'état de conscience » (états d'éveil paradoxal) engendrent une dilatation pupillaire. Lorsque la personne, pleine d'admiration, regarde l'objet de cette admiration, ses pupilles se dilatent et rendent flou le contour de l'objet observé. Il est entouré d'un halo lié à ce phénomène perceptif. C'est ce phénomène qui est à l'origine de l'usage de la belladona chez les belles italiennes : la mydriase engendrée par cette plante, en agrandissant leurs pupilles, donnait à leur regard l'aspect fascinant du désir ou de l'admiration. L'homme regardé avait ainsi l'impression non consciente d'être très apprécié par cette femme qui devenait dès lors, elle-même, très séduisante.

Origine littérale[modifier | modifier le code]

Les auréoles proviennent à l'origine des dais disposés sur la tête des statues représentant les saints, en vue d'éviter les excréments d'oiseaux ou la poussière. Ces dais, en forme de parapluies, protégeaient aussi lesdites statues de la pluie. Cette technique de protection fut beaucoup utilisée dans les églises parce que les statues y étaient nombreuses mais surtout parce qu'elles étaient placées en hauteur, où l'accès, et donc l'entretien, est difficile.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. voir par exemple « La Cène » de Jaume Serra au Musée national de Palerme
  2. Baudouin Paternotre de la Mairieu, Monothéisme et ses valeurs : étape cruciale de l'évolution, Editions Academia,‎ 2013, p. 42
  3. LouvreBible

Voir aussi[modifier | modifier le code]