Keith Haring

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Keith Haring

Naissance 4 mai 1958
Reading, Pennsylvanie
Décès 16 février 1990 (à 31 ans)
New York
Nationalité Drapeau : États-Unis Américaine
Activités Plasticien de la mouvance Pop art et Graffiti et peinture
Influencé par Jean Dubuffet, Pierre Alechinsky, William Burroughs, Brion Gysin

Compléments

fondation = Collection Keith Haring Foundation

Keith Allen Haring, né le 4 mai 1958 à Reading en Pennsylvanie et mort le 16 février 1990 (à 31 ans) à New York, est un artiste, dessinateur, peintre, sculpteur et activiste américain des années 1980.

Biographie[modifier | modifier le code]

Keith Haring, fils de Allen et Joan Haring, est l'aîné de trois sœurs. Il passe son enfance à Kutztown. Il a été élevé dans une famille où régnait la discipline et un certain esprit conservateur.

Dans sa jeunesse, Keith Haring écoute Aerosmith et les Beatles.

Formation et début de carrière[modifier | modifier le code]

À 18 ans, il suit des cours de dessin publicitaire à la Ivy School of Professional Art de Pittsburgh mais il se rend compte que ça ne lui convient pas, il se consacre alors à sa passion : le dessin. Il se sent vite enfermé dans cette ville et décide de partir à New York afin de faire de nouvelles rencontres. À son arrivée il s'inscrit à la School Visual of Arts. Il s'essaie à des disciplines telles que le collage, la peinture, les installations, la vidéo, etc., mais son mode d'expression privilégié demeure le dessin. Il teste plusieurs supports pour peindre (métal, objets trouvés, corps…). Il ne fait jamais de croquis avant, et peint toujours très vite.

À New York, et plus particulièrement dans l'East Village, il découvre la foisonnante culture alternative des années 1980 qui, hors des galeries et des musées, développe son expression sur de nouveaux territoires : rues, métros, entrepôts, etc. Il rencontre des artistes de la vie underground new-yorkaise tels Kenny Scharf, Madonna, Jean-Michel Basquiat, avec qui il devient ami, et organise ou participe à des expositions et des performances au Club 57, qui devient le lieu fétiche de l'élite avant-gardiste. C'est à cet endroit que le Bébé rayonnant, un des pictogrammes les plus connus de l'artiste, fut créé. Les rayons autour du bébé représentent son énergie, ce pictogramme symbolise ainsi la vie, la joie et l'espoir pour le futur.

En plus d'être impressionné par l'innovation et l'énergie de ses contemporains, Haring était aussi influencé par le travail de Jean Dubuffet, Pierre Alechinsky, Brion Gysin et le manifeste de Robert Henri The Art Spirit[1].

Style et thèmes[modifier | modifier le code]

Inspiré par le graffiti, tenant du Bad Painting, et soucieux de toucher un large public, Haring commence à dessiner à la craie blanche sur des panneaux publicitaires noirs du métro de New York. Il grave également des dalles de grès des trottoirs dans l'East Village (elles sont toujours visibles). Un photographe, Tseng Kwong Chi, le photographie en permanence, même quand la police l'arrête. Il exécute ainsi plusieurs milliers de dessins, aux lignes énergiques et rythmées.

Ses peintures font partie du mouvement général de l'art contemporain, et pas seulement de la stricte figuration libre. La « griffe Haring », c'est la répétition infinie de formes synthétiques soulignées de noir avec des couleurs vives, éclairantes, sur différents supports. C'est un récit permanent où l'on retrouve des bébés à quatre pattes, des dauphins, des postes de télévision, des chiens qui jappent, des serpents, des anges, des danseurs, des silhouettes androgynes, des soucoupes volantes, des pyramides ou des réveils en marche, mais aussi la sexualité et la pulsion de mort. Il s'est en partie inspiré des dessins du désert de Nazca[2].

Reconnaissance publique[modifier | modifier le code]

Sa première exposition personnelle a lieu en 1982 à la galerie Tony Shafrazi de New York et rencontre un immense succès, la même année, il figure en juin à la documenta 7 de Cassel et, durant l'exposition « Statements New York 82 - Leadinq contemporary artists from France » à New York, il noue des relations avec les artistes de la Figuration libre, avec lesquels il interviendra lors de ses nombreux voyages ultérieurs à Paris[3], dont Remi Blanchard puis François Boisrond[4]. En 1983, il participe à la biennale du Whitney Museum et à la Biennale de Sao Paulo.

En juin 1984, il est présenté à l'exposition « Tendances à New York » au musée du Luxembourg et à la Biennale de Venise, puis en décembre s'ouvre à l'ARC du musée d'art moderne de la ville de Paris la grande exposition « Figuration libre, 5/5, France/USA » où, avec Robert Combas et Hervé di Rosa, il couvre les murs du musée de fresques[5]. En 1985, il est invité à participer à la Biennale de Paris, puis bénéficie en décembre de sa première exposition personnelle dans un musée, au CAPC de Bordeaux. Sa notoriété internationale ne cesse de croître et il participe à de nombreuses expositions internationales. Il exécute aussi de nombreuses fresques murales, en 1984 à Sydney, Melbourne, Rio de Janeiro, Minneapolis et New York, en 1986 sur le mur de Berlin et en 1989 à Pise, puis il reçoit des commandes prestigieuses comme, en 1987, la sculpture monumentale Red Dog for Landois à Münster et la fresque de l'hôpital Necker de Paris.

Dans son désir de rencontrer un large public et de rendre son art accessible au plus grand nombre, il ouvre, en 1986, dans le quartier de SoHo, son Pop Shop au 292 Lafayette Street, où il vend ses produits dérivés[6] (vêtements, posters, etc.) illustrés par lui-même, comme autant d'œuvres « au détail ». Cette démarche très controversée dans les milieux artistiques est néanmoins fortement appuyée par ses amis et par son mentor Andy Warhol. Son travail l'amène à collaborer avec des artistes tels que Madonna, Grace Jones, Timothy Leary ou encore William S. Burroughs.

Maladie et dernières années[modifier | modifier le code]

En 1988, Keith Haring apprend qu'il est infecté par le virus du sida. Il s'engage dès lors fortement dans la lutte contre cette maladie, mettant son art et sa notoriété au service de cette cause et de sa visibilité. Il crée à cet effet la Keith Haring Foundation[7], en 1989, qui est chargée de venir en aide aux enfants et de soutenir les organisations qui luttent contre le sida.

En février 1990, à l'âge de 31 ans, il meurt de complications dues à sa maladie.

Conformément à ses vœux, la donation posthume de l'un des 9 exemplaires de sa dernière œuvre, La Vie du Christ[8], un triptyque doré à l'or blanc reflétant ses dernières préoccupations spirituelles sera effectuée par sa fondation en juin 1994 au profit de la cathédrale Saint-Jean le Divin de New York, lieu de son service funéraire[9] et un second par la Spirit Foundation de Yoko Ono pour une église de Paris. Jean-Jacques Aillagon le fera déposer à l'église Saint-Eustache, alors paroisse d'accueil des malades du sida à Paris[10],[11], ville particulièrement appréciée de l'artiste et où Yoko Ono répandra une partie de ses cendres[12]. Un troisième retable est installé en décembre 1995 à la Grace Cathedral de San Francisco avec la participation de Yoko Ono, dans la chapelle interconfessionnelle du sida créée pour l'occasion[13],[14].

Expositions récentes[modifier | modifier le code]

  • 2008 :
  • 2009 :
    • « Keith Haring All over », Beaux-Arts de Mons (Belgique)
  • 2010 :
    • « Keith Haring Show[16] », Soma Museum of Art, Séoul (République de Corée), à l'occasion du 20e anniversaire de la mort de l'artiste
  • 2010 :
    • Keith Haring in Paris, retrace les passages de l'artiste à Paris de 1983 aux années suivantes, portraits, soirées et séance de body painting sous l'objectif du photographe et ami Jean Claude Lagrèze. [1]
  • 2011 :
  • 2012 :
    • POP ART 1970's to 1990's, Paris[18]
  • 2013 :

Cote de l'artiste[modifier | modifier le code]

Le marché de l'art a très vite récupéré le phénomène Haring. Pourtant l'artiste a toujours cherché à démocratiser l'œuvre d'art et à miner son statut élitiste.

Pyramid (1989), composée de quatre triangles contenant des personnages stylisés, a été vendue 92 000 euros à Cologne[20].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrage de Keith Haring[modifier | modifier le code]

  • Journal, Flammarion, 2012
  • Free South Africa, 1985

Ouvrages sur Keith Haring[modifier | modifier le code]

  • Keith Haring, Une vie pour lʼart, Alexandra Kolossa, ed Taschen, 2004.
  • Keith Haring, monographie, John Gruen, 1991.
  • Keith Haring, Connaissance des Arts, Guillaume Morel, Hors série no 352, SFPA, Paris, 2008.
  • Keith Haring, Free South Africa, 1985.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Keith Haring, le petit prince de la rue, documentaire[21] de Christina Clausen, 2008.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Biographie de Keith Haring sur le site de la (en) Keith Haring Foundation.
  2. (en) Mark Coetzee, Against all odds: Keith Haring in the Rubell Family Collection, éd. Rubell Family Collection, 2008, p. 104.
  3. « Keith Haring The political line », site du musée d'art moderne de la ville de Paris.
  4. Catalogue de l'exposition « Keith Haring The polical line », MAMVP, Odile Burluraux, « When I grow up I would like to be an artist in France », p. 46. De 1984 à 1989, il exposera à 9 reprises en France et y réalisera 7 commandes publiques et performances dont 2 peintures dans le métro parisien, ibid., p. 43 à 51.
  5. « Figuration libre », Hervé Perdriolle, 3 août 2008, site Blogspot.
  6. (en) Site du Guardian, « Is it art, or is it a shop? »
  7. Site de la (en) Keith Haring Foundation.
  8. Keith Haring Altarpiece: The Life of Christ, site de la Saint Louis University.
  9. « Chronicle », The New York Times, Nadine Brozan, 28 juin 1994 (copier l'adresse du lien pour le maintenir ouvert).
  10. Keith Haring : Jésus, l'enfant rayonnant, à Saint-Eustache, blog Archéologie du futur.
  11. 28 juin 2009, Chapelle en Bretagne - Gérard Beneteau, blog de Jean-Jacques Aillagon.
  12. Vanity Fair, The Universe of Keith Haring Filmmaker Christina Clausen, Mary Lyn Maiscott, 28 octobre 2008, site de Vanity Fair. Au pied de la colonne Vendôme, face à l'hôtel Ritz.
  13. « Keith Haring Work Will Adorn AIDS Chapel », San Francisco Chronicle, Dan Levy, 1er décembre 1995, site SFGate.
  14. Grace Cathedrale's AIDS Interfaith Chapel - « The story behind the creation », site A voice for community achievers.
  15. Exposition sur le site de la galerie
  16. Ambassade des États-Unis en République de Corée
  17. Exponaute - Les hiéroglyphes de Keith Haring
  18. Inception Gallery Contemporary Art
  19. Sortir à Paris - Keith Haring The political line
  20. Lempertz, Die 900. Auktionen, Cologne, 2007.
  21. Site de cinemagora
  22. The message, version intégrale

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]