Pancrace de Rome

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Saint Pancrace, Saint-Pancrace et Pancrace (homonymie).
Saint Pancrace, par Guercino, v.1616

Pancrace de Rome, l'un des saint Pancrace, est selon la tradition né vers 289 ou 290, d'une famille noble de Phrygie ; il serait mort martyr à l'âge de 14 ans, en 304, lors des persécutions de Dioclétien à Rome.

C'est le deuxième saint de glace, fêté le 12 mai.

Hagiographie[modifier | modifier le code]

Originaire de Phrygie, Pancrace, ayant perdu ses parents, fut confié aux bons soins de son oncle paternel, Denis. Ils possédaient une grande fortune. Tous deux se rendirent à Rome.

Converti au christianisme par le pape Corneille, le jeune garçon fut dénoncé comme chrétien. Il comparut devant l'empereur Dioclétien, et ce dernier lui dit, selon la légende :

« Jeune enfant, je te conseille de ne pas te laisser mourir de male mort ; car, jeune comme tu es, tu peux facilement te laisser induire en erreur, et puisque ta noblesse est constatée et que tu es le fils d'un de mes plus chers amis, je t'en prie, renonce à cette folie, afin que je te puisse traiter comme mon enfant. ».

Mais Pancrace lui répondit, toujours selon la légende :

« Bien que je sois enfant par le corps, je porte cependant en moi le cœur d'un vieillard, et grâce à la puissance de mon Seigneur Jésus-Christ, la terreur que tu nous inspires ne nous épouvante pas plus que ce tableau placé devant nous. Quant à tes Dieux que tu m’exhortes à honorer, ce furent des trompeurs, des corrupteurs de leurs belles-sœurs ; ils n'ont pas eu même de respect pour leurs père et mère que si aujourd'hui tu avais des esclaves qui leur ressemblassent tu les ferais tuer incontinent. Je m’étonne que tu ne rougisses pas d'honorer de tels dieux. ».

Il fut alors décapité. Il avait 14 ans. Le corps du jeune martyr fut recueilli et inhumé par la pieuse matrone Ottavilla, et ses reliques sont vénérées à la basilique San Pancrazio, à Rome, érigée en son honneur en 604, tricentenaire de son martyre, par le pape saint Symmaque. Dès le temps de Grégoire de Tours, il est vénéré en France. La basilique San Pancrazio est un titre cardinalice parmi les plus anciens de Rome. Ses reliques furent profanées par l'invasion française de 1798, ordonnée par le Directoire; elles furent en partie sauvée et conservée au palais du Latran et solennellement rapportées à la basilique San Pancrazio en 1814. Son culte devint très vite populaire. Saint Pancrace incarnait l'innocence et la foi de l'enfance. Son nom est issu du grec ancien et signifie "le tout puissant" .

Représentation[modifier | modifier le code]

Le martyre de Saint Pancrace
dans l'église Saint-Alexandre de Milan

Traditionnellement représenté sous des traits juvéniles et en habit de légionnaire, avec pour attribut l'épée dans une main et la branche de palme dans l'autre, il appartient au groupe des Saints de glace.

Patronage[modifier | modifier le code]

Il est un des saints patrons des enfants et des adolescents, mais aussi :

  • dans beaucoup de régions de France, il est populairement le protecteur des animaux domestiques ;
  • il est le patron des gens de bonne foi[1]
  • en Corse plus particulièrement, il est le saint patron des bandits corses (pour des raisons non élucidées) ;
  • en Provence, on le nomme San Brancaï, littéralement le saint boiteux (alors que la tradition n'atteste pas cela) ;
  • en Suisse, il a donné son nom à la commune valaisanne de Sembrancher (prononciation franco-provençale) ;
  • en Allemagne, il est le patron des chevaliers ;
  • il avait la réputation de guérir les rhumatismes, les crampes et les engelures.

Littérature[modifier | modifier le code]

L'histoire de Saint Pancrace, embellie et mêlée à celle d'autres martyrs, est évoquée dans le célèbre roman Fabiola ou l'Eglise des catacombes (1864) du cardinal Wiseman

Éponymie[modifier | modifier le code]

Fête[modifier | modifier le code]

Le 12 mai

Lien externe[modifier | modifier le code]

Autres saints appelés Pancrace[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Serge Panarotto, Chapelles de Provence : chapelles rurales et petits édifices religieux, Édisud, Aix-en-Provence, 2007, collection « Patrimoines », ISBN 978-2-7449-0817-0, p. 150

Sur les autres projets Wikimedia :