Bartabas

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Bartabas, né Clément Marty le 2 juin 1957 à Boulogne-Billancourt[1], est un écuyer, pédagogue, metteur en scène et scénographe français, fondateur du spectacle équestre Zingaro et est depuis 2003 responsable de l'Académie du spectacle équestre de Versailles.

Biographie[modifier | modifier le code]

Clément Marty, fils d'un père architecte et d'une mère médecin du travail, se passionne dès son enfance pour les chevaux. Il est remarqué en 1977 dans le cadre du festival off d'Avignon puis cofonde le Théâtre Emporté et le Cirque Aligre.

Théâtre équestre et musical Zingaro[modifier | modifier le code]

Entrée du cirque Zingaro à Aubervilliers

Créé en 1985, le Cirque Zingaro débute sa tournée avec Cabaret équestre. Zingaro (tsigane en italien) est le nom du frison emblématique de la troupe, mort en 1998 lors de la tournée d'Éclipse. C'est en 1986[2] que la troupe change de nom et devient le Théâtre équestre et musical Zingaro. Bartabas invente une nouvelle forme de spectacle équestre en y apportant une dimension onirique et esthétique. La troupe composée d'artistes alliant le théâtre, l'art équestre, la danse et la musique s'installe au fort d'Aubervilliers en 1989 et devient une des compagnies les plus importantes d'Europe. Elle parcourt le monde de New York à Tokyo avec ses créations[3] qui parachèvent l'émergence d'un théâtre équestre à part entière.

Liste des spectacles[modifier | modifier le code]

  • Cabaret équestre I-II-II (1984-1990), cette série de spectacles ouvre l'ère du théâtre équestre dans une ambiance de cabaret et de musique d'inspiration tsigane.
  • Opéra équestre (1991-1993), sur une musique conçue par Jean-Pierre Drouet, nous assistons à un face à face entre chanteurs caucasiens et chanteuses berbères.
  • Chimère (1994-1996), inspiré de l'Inde, ce spectacle voit la participation musicale de Jean-Pierre Drouet et de musiciens chanteurs du Rajasthan.
  • Éclipse (1997-1999), inspiré de la Corée[4], la musique est assurée par un orchestre de musique shinawi et une chanteuse de pansori : Sung-Sook Chung[5], à noter également la participation de Quincella Swyningan (danseur de Pina Bausch). Ce spectacle est monochromique et joue sur la dualité à plusieurs niveaux (homme/ femme ; noir/ blanc ; ...)
  • Triptyk (2000-2002), spectacle conçu en trois parties avec des danseurs de kalarippayatt. Chaque partie repose sur une musique : Le Sacre du printemps (première partie) et la Symphonie de psaumes (troisième partie) d'Igor Stravinsky et le Dialogue de l'ombre double (deuxième partie) de Pierre Boulez qui accompagne les sculptures de Jean-Louis Sauvat.
  • Loungta (2003-2005), inspiré du Tibet, des moines du monastère de Gyuto assurent la musique.
  • Battuta (2006-2009), spectacle d'inspiration tsigane où la musique est l’œuvre de la Fanfare Şukar[6] (musiciens tsiganes de Roumanie).
  • Darshan (2009-2010) sur une musique conçue par Jean Schwarz, la scénographie est celle d'un théâtre d'ombres circulaire[7]. Les spectateurs sont assis au centre de la piste sur une tribune circulaire qui tourne sur elle-même au ralenti.
  • Calacas (2011-2012), inspiré de la fête des morts mexicaine[8].

Académie du spectacle équestre de Versailles[modifier | modifier le code]

Il fonde, en 2003, l'Académie du spectacle équestre à la Grande Écurie du château de Versailles. L'originalité de cette académie d'art équestre réside dans le fait d'associer le travail de dressage de haute école avec d'autres disciplines telles que l'escrime, la danse, le chant ou le Kyudo (tir à l'arc japonais). Les écuyers acquièrent ainsi une sensibilité artistique. La voie de l'écuyer spectacle chorégraphié par Bartabas présenté dans le manège de la Grande écurie du château de Versailles, dont le titre est emprunté au livre de Sophie Nauleau & Alfons Alt, en est le reflet.

Le 27 décembre 2007, Bartabas a été placé en garde à vue après avoir endommagé un photocopieur et un convecteur de la Direction régionale des Affaires culturelles (DRAC). Cet incident aurait fait suite à l'annonce de la réduction des subventions attribuées à l'Académie du spectacle équestre. Il a par la suite exprimé son point de vue dans Les raisons de la colère[9], une lettre ouverte à l'attention de madame Christine Albanel, ministre de la culture.

Créations avec l'Académie[modifier | modifier le code]

Au bassin de Neptune - fêtes de nuit du château de Versailles (avec la participation du Théâtre Zingaro) :

  • Le Chevalier de St George : un Africain à la Cour en 2004, œuvre inspirée de la vie de Joseph de Bologne (25 décembre 1745 - 10 juin 1799), violoniste, compositeur et écuyer sous Louis XVI.
  • Voyage aux Indes Galantes en 2005, œuvre inspirée de la vie de René Madec, qui se clôt sur un morceau de l'opéra de même nom de Rameau.
  • Les Juments de la nuit en 2008, œuvre inspirée de la pièce Macbeth de Shakespeare et du film Le Château de l'araignée de Akira Kurosawa (adaptation de la pièce de Shakespeare). Avec la participation vocale de Bernard-Pierre Donnadieu et d'Ingrid Donnadieu ainsi que des danseurs Larrio Ekson et Miyoko Shida sur une musique conçue par Jean Schwarz[10].

Les autres créations :

  • Récital équestre en 2006 avec Alexandre Tharaud (pianiste) et Bartabas. Présenté aux Nuits de Fourvière à Lyon.
  • Partitions équestres en 2008, sur la musique de Philip Glass interprétée par l'ensemble de saxophones Ossia. Le spectacle est présenté dans le théâtre gallo-romain aux Nuits de Fourvière à Lyon[11].
  • Liturgie équestre : autour de Saint François d'Assise en 2009, représenté à l'Abbatiale Saint-Ouen à Rouen, dans le cadre du festival Automne en Normandie. Avec la participation de Beñat Achiary (chanteur basque) et Vincent Dubois (orgue).
  • Charivari équestre en 2010 dans le cadre du saut Hermès au Grand Palais (Paris), avec la participation du Théâtre Zingaro.
  • We Were Horses en 2011 en collaboration avec Carolyn Carlson [12] sur la musique de Philip Glass.
  • La Voie de l'écuyer, spectacle annuel présenté au manège de la grande écurie du Château de Versailles.

Films et œuvres intimistes de Bartabas[modifier | modifier le code]

  • 1993 : Mazeppa film qui raconte la vie du peintre Théodore Géricault et du maître équestre Antonio Franconi.
  • 1996 : Chamane film qui raconte la longue épopée à cheval d'un échappé du goulag à travers la taïga. C'est une adaptation d'un récit de Jean-Louis Gouraud : Riboy : fugue pour un violoncelle. L'étrange pérégrination dans la taïga d'un musicien et de son extraordinaire petit cheval bigarré. Ce récit est lui-même inspiré d'une histoire vrai d'un cosaque : Dimitri Nicolaïvitch Pechkov[13].
  • Entr'aperçu au Théâtre du Châtelet en 2004 sur les textes de Victor Segalen, avec la participation de la danseuse Miyoko Shida et des musiciens Jean-Pierre Drouet et Gaston Sylvestre.
  • Lever de soleil créé en 2006 au festival d'Avignon puis présenté au Maroc, à Paris et à Montpellier. Déroulé au lever du soleil, c'est une présentation du rapport intime entre l'homme et le cheval[14].
  • 2010 : Galop Arrière, film introspectif dans l'univers du Théâtre Zingaro[15].
  • Le Centaure et l'Animal créé à Toulouse en septembre 2010 avec Kô Murobushi chorégraphe de butô sur les Chants de Maldoror du Comte de Lautréamont.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Bartabas a reçu les distinctions suivantes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Acte n°1349/1957
  2. Pascal Jacob, Le Cirque : du théâtre équestre aux arts de la piste, Paris : Larousse/ VUEF, coll. Comprendre et Reconnaître, 2002, p. 168.
  3. Depuis Chimère, le nom des spectacles de Zingaro comporte 7 lettres (comme Zingaro).
  4. Didier Mereuze, « Éclipse (Théâtre Zingaro) » [en ligne], [s.l.] : Encyclopædia Universalis.
  5. Véronique Jacob, "Zingaro entre yin et yang", L'Express, 10/07/1997 : http://www.lexpress.fr/informations/zingaro-entre-yin-et-yang_623496.html
  6. Victor S. Stoichita, "De solides vérités. Ordre et approximation dans la pratique des musiciens tsiganes de Roumanie" in Études Tsiganes : Roms de Roumanie: la diversité méconnue, n°38, p. 161.
  7. Constance Vargioni, Darshan, l'envers du décor [documentaire audiovisuel], Sombrero and Co. [prod.], 2012, (52 min.).
  8. Interview sur France inter : http://www.franceinter.fr/evenement-calacas
  9. Les raisons de la colère
  10. Michel Viotte, Les Juments de la nuit : récit d'une création [documentaire audiovisuel][2008], in Les Juments de la nuit [DVD], conception et mise en scène par Bartabas, Paris : MK2 éditions [éd.], TF1 [distrib.], 2009, 1 DVD zone 2 (53 min.).
  11. Audrey Chazelle, "Une relation intime spectaculaire", Les Trois coups, 13/06/2008 : http://www.lestroiscoups.com/article-20417796.html
  12. Une interview des deux créateurs est disponible sur le site de Bartabas : http://www.bartabas.fr/fr/Academie-du-spectacle-equestre/spectacles-11/we-were-horses. Un documentaire a été réalisé par Laurent Portes, Carlson/ Bartabas, We were horses [documentaire audiovisuel], Sombrero and Co.[prod.], France Télévisions [prod., éd., distrib.], 2011, (52 min. env.).
  13. Il a été publié : Dimitri Nicolaïvitch Pechkov et Thomas Steven, La Russie à cheval : Récits croisés d'un cosaque et d'un reporter (1889-1890), Paris : Payot et Rivages, coll. Petite Bibliothèques Payot/ Voyageurs, 2002, p. 33-145.
  14. Voir la conférence de presse du 19 juillet 2006 à Avignon http://www.theatre-video.net/video/Avignon-2006-conference-de-presse-du-19-juillet?autostart
  15. Voir la conférence de presse du 15 juillet 2010 à Avignon : http://www.theatre-video.net/video/Conference-de-presse-du-14-juillet-1824

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bartabas, Conaco Claire, Habiter Zingaro : le fort d'Aubervilliers, Arles : Actes Sud, coll. L'impensé, 2010, 109 p.
  • Bartabas, Manifeste pour la vie d'artiste, 2012, Éditions Autrement.
  • Bartabas et Sauvat Jean-Louis, Les Chevaux de Sauvat, [s.l.] : éditions Ouest-France, coll. Beaux livres, 2009, 142 p.
  • Garcin Jérôme, L'Étalon noir d'Aubervilliers, in La Chute de cheval [1998], Paris : Gallimard, coll. Folio, 2008, p.115-132.
  • Garcin Jérôme, Bartabas, roman [2004], Paris : Gallimard, coll. Folio, 2007, 247 p.
  • Gayot Joëlle, « Changement de décor : Bartabas » [émission radio], France Culture, diffusion publique, France, Paris, 06/11/2011 à 23h, (28 min.).
  • Homéric, Zingaro, 25 ans livre collector avec 8 DVD, édité chez Actes sud, en a association avec Mk2.
  • Jacob Pascal, Le Cirque : du théâtre équestre aux arts de la piste, Paris : Larousse/ VUEF, coll. Comprendre et Reconnaître, 2002, 263 p. Bartabas et le Théâtre Zingaro sont cités.
  • Lahuerta Claire, « Zingaro virtuel, l'évanescence incarnée », in Lachaud Jean-Marc et Lussac Olivier (dirs.), Arts et nouvelles technologies, Paris : L'Harmattan, coll. Ouverture philosophique, 2011, p.211-221.
  • Nauleau Sophie, Un Verbe à cheval, la poésie équestre d'André Velter dans le sillage de Bartabas, Atelier des Brisants, coll Chambres d'Echos, 2007. Reprise d'une partie de sa thèse de littérature française : André Velter troubadour au long : vers une nouvelle oralité poétique (soutenue en 2009 sous la direction de Pierre Brunel) portant sur l'œuvre d'André Velter en général.
  • Nauleau Sophie (texte) et Alt Alfons (photo), La Voie de l'écuyer, Arles : Actes Sud, 2008, 286 p. Consacré à l'Académie du spectacle équestre de Versailles.
  • Rivoiron Christophe, Ma vie d'artiste : Bartabas [documentaire audiovisuel], France 5, 2001, (25min. env.).
  • Velter André et Pignon-Ernest Ernest, Zingaro suite équestre et autres poèmes pour Bartabas, Paris : Gallimard, coll. Blanche, 2012, 368 p. (Il existe deux anciennes versions : Zingaro suite équestre publié en Folio (1998) et Zingaro suite équestre et un piaffer de plus dans l'inconnu publié dans la collection Blanche (2005)).

Liens externes[modifier | modifier le code]