Casse (typographie)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Casse.
Casse

En typographie, la casse est un casier en bois destiné à contenir l’ensemble des caractères en plomb d’une même fonte (c’est-à-dire de même corps, style et graisse d’une police donnée). La casse est divisée en cases appelées cassetins dont les dimensions et les emplacements sont définis par la fréquence des lettres (donc, le nombre de caractères identiques) et la commodité d’accès. Pour chaque police, les caractères les plus fréquemment utilisés — ceux représentant les minuscules — sont rangés à portée de main, donc en « bas de casse ». Les capitales se trouvent en « haut de casse ». Les casses forment tiroir et sont rangées dans un meuble appelé rang. Des petites casses, destinées à recevoir des caractères particuliers, ou des blancs, cadrats, cadratins, espaces, interlignes, des filets, des vignettes ou culs-de-lampe, etc, sont appelées casseaux.

Le terme « bas de casse » est utilisé pour désigner l'ensemble des caractères représentant les minuscules des écritures bicamérales ; cette appellation a été reprise dans les polices informatiques.

Par extension, on parle de casse pour désigner l'alternative entre capitale (ou majuscule) et minuscule. La casse est généralement régie par les conventions typographiques : le français exige une majuscule en début de phrase et aux noms propres, tandis qu'en allemand, la majuscule est généralisée pour tous les substantifs. D'autres langues, comme l'anglais, vont jusqu'à doter d'une majuscule tous les lexèmes mais seulement dans certains cas comme les titres d'œuvres ou d'articles journalistiques. Dans la typographie créative au contraire, le choix de la casse est laissé à l'artiste. La sensibilité à la casse est essentielle en informatique selon que les différents langages employés font ou non une distinction entre capitales et bas de casse.

Types de casses[modifier | modifier le code]

Casse parisienne, Musée de l'Imprimerie, Lyon
Casses américaines regular (en haut) et California (en bas).
Casse hollandaise.

Depuis l'avènement de l'imprimerie, l'usage de la casse s'est peu à peu installé dans des formes stables dictées par l'usage et la commodité. Cependant des différences existaient selon les époques et les pays : les pays anglo-saxons, avec l'anglais, n'utilisent pas de caractères accentués, leurs casses sont forcément différentes de celles des pays dont les langues requièrent de nombreux signes diacritiques. Par ailleurs, en tous temps des imprimeurs ou des théoriciens ont tenté d'introduire de nouveaux modèles de casses plus rationnelles, mais ces tentatives se sont souvent heurtées à la force de l'habitude. En France, la casse traditionnellement utilisée est la casse parisienne.

Mécanisation : machines à composer[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Machine à composer (imprimerie).

La casse n’a jamais disparu des ateliers d’impression traditionnels, la composition manuelle restant la norme dans les petits travaux de ville. En revanche, la nécessité de mécaniser la composition s’est posée dès le xixe siècle pour les travaux de longue haleine, l’édition, la presse. La composition demande du temps, mais il ne faut pas oublier que le processus inverse, la distribution (spécifiquement génératrice des fautes appelées coquilles), ou remise des caractères à leurs places respectives dans la casse, fait aussi partie du travail. Divers types de machines ont été expérimentés avec peu de succès, jusqu’à ce que s’impose la machine à composer et à fondre les caractères, la linotype. Dans ce cas la casse disparaît et est remplacée par un magasin renfermant les matrices des caractères.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maurice Audin, Histoire de l'imprimerie, A. et J. Picard, 1972
  • Marius Audin, Somme typographique, vol. 1, 1948, Paris, Paul Dupont ; vol. 2, 1949, Lyon, Audin.