Ondes Martenot

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ondes Martenot

Les ondes Martenot sont un instrument de musique électronique, inventé par Maurice Martenot et présenté au public en 1928. Un joueur d'ondes Martenot est appelé un ondiste.

Histoire[modifier | modifier le code]

Avec le thérémine mis au point en Russie en 1917[1], les ondes Martenot constituent l'un des plus anciens instruments de musique électronique. Maurice Martenot conçoit cet instrument à partir de 1918[2] et le présente à l'Opéra de Paris en 1928[2],[3]. Des compositeurs comme Arthur Honegger, Darius Milhaud, André Jolivet et Olivier Messiaen écrivent immédiatement pour les ondes Martenot[2], symbole d'inouï et de modernité, que son inventeur ne cesse d'améliorer jusqu'en 1975, année de la création du septième et dernier modèle de concert. Le répertoire compte plus de 1 500 œuvres. L'instrument est aussi employé dans les musiques populaires, dans les années 1950 et 1960 ; on peut l'entendre par exemple chez des chanteuses telles qu'Édith Piaf ou Catherine Sauvage, et plus significativement chez des chanteurs tels que Léo Ferré ou Jacques Brel.

Sa production est stoppée en 1988. Suite à diverses tentatives infructueuses de la part de fabricants japonais ou américains, on assiste à la fin des années 1990 à l'éclosion d'une nouvelle facture de l'instrument ayant pour nom ondéa. L'ondéa doit beaucoup à Jeanne Loriod par ses conseils éclairés et à Claude-Samuel Lévine qui a, par ailleurs, mis au point son système de diffuseurs virtuels, s'approchant des sonorités des diffuseurs des ondes Martenot d'origine (résonance, métallique et palme)[4][5]. Cela a permis une renaissance de l'instrument, utilisé désormais sur scène et en tournée par différents ondistes depuis 2004, notamment des artistes populaires anglo-américains tels que Joe Jackson, Gorillaz ou Jonny Greenwood (qui utilise un modèle appelé french connection). L'ondéa est aussi utilisé par le musicien français Yann Tiersen. Plusieurs conservatoires français (Strasbourg, Cergy, Boulogne, Évry, Saint-Étienne) se sont équipés de cet instrument.

Description[modifier | modifier le code]

Cet instrument monodique à oscillateur électronique se caractérise par ses sonorités particulières, dont la plus connue, proche de la sinusoïde, évoque des voix « venues d'ailleurs », assez proche de la scie musicale, mais présente bien d'autres possibilités, particulièrement au niveau de l'expression. Il comporte :

  • un clavier suspendu[Quoi ?], dont la transposition agit sur la hauteur du son (sa fréquence) et donc le vibrato ;
  • un ruban parallèle au clavier, le fil, autorisant les glissandi ;
  • une touche d'expression qui se contrôle de la main gauche et qui gère le volume sonore. Par pression plus ou moins forte, on obtient toutes les variations d'intensité allant du pianissimo au fortissimo. Un geste sec sur la touche produit un son percuté. On peut aisément faire une analogie entre la touche d'expression et l'archet d'un instrument à cordes ;
  • un tiroir avec différents timbres pour filtrer et modifier le son et procurer des combinaisons ;
  • des diffuseurs (haut-parleurs transformés) :
  1. principal ou D1 : haut-parleur standard de grande puissance ;
  2. résonance ou D2 : haut-parleur réverbérant, construit par la Manufacture Rehdéko, et monté derrière des ressorts afin d'obtenir une résonance acoustique, une réverbération artificielle ;
  3. gong ou D3 : haut-parleur dont la membrane est remplacée par un gong pour créer des sons métalliques ;
  4. palme  : pièce de lutherie sur laquelle sont tendues des cordes métalliques, reliées au moteur du haut-parleur. Ces vibrations permettent une mise en résonance dite « par sympathie » des différentes cordes accordées très précisément.


Répertoire[modifier | modifier le code]

Répertoires classique, contemporain et électroacoustique[modifier | modifier le code]

Chansons d'expression française classique[modifier | modifier le code]

Musiques populaires[modifier | modifier le code]

Musiques de films[modifier | modifier le code]

(ondistes - Suzanne Binet-Audet, Jean-loup Dierstein, Jean Laurendeau, Jean-Louis Martenot, Geneviève Grenier, Ensemble d'ondes de Montréal)

Indicatifs de télévision[modifier | modifier le code]

Animations japonaises[modifier | modifier le code]

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Instrumentistes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ainsi que le trautonium créé par Friedrich Trautwein en 1929.
  2. a, b et c Dictionnaire de la musique : sous la direction de Marc Vignal, Larousse,‎ 2011, 1516 p. (ISBN 978-2-0358-6059-0), p. 993
  3. http://www.universalis.fr/encyclopedie/ondes-martenot/
  4. les diffuseurs de l'onde Martenot : des "haut-parleurs" spéciaux
  5. courte présentation publique du système de diffuseurs virtuels
  6. http://bruit-direct.org/disques/br-d%204/index.html
  7. Réalisé par Marcel Ichac en 1936 (et aussi version de 1986)
  8. Auteur de Maurice Martenot, luthier de l'électronique
  9. Auteur de Maurice Martenot et l'amitié, confidences d'une ondiste méconnue, 2009, Éd. Je Publie.
  10. Participe à l'étude du nouvel instrument Ondéa et offre des présentations détaillées de l'instrument sur son site
  11. Interprète de prédilection de Maurice Martenot.
  12. Enseigna à Saint-Ouen puis Cergy, interprète de prédilection de Robert Bichet

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]