Kīlauea

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Kīlauea
Image satellite du Kīlauea émettant un panache volcanique depuis le cratère Halemaʻumaʻu dans la caldeira du Kīlauea ; un second panache sur la côte indique l'entrée de la lave dans l'océan Pacifique.
Image satellite du Kīlauea émettant un panache volcanique depuis le cratère Halemaʻumaʻu dans la caldeira du Kīlauea ; un second panache sur la côte indique l'entrée de la lave dans l'océan Pacifique.
Géographie
Altitude 1 222, 1 243 ou 1 247 m[1],[2],[3],[4]
Massif Île d'Hawaï
Coordonnées 19° 25′ 16″ Nord
       155° 17′ 13″ Ouest
/ 19.421, -155.287
19° 25′ 16″ N 155° 17′ 13″ W / 19.421, -155.287 [1]
Administration
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
État Hawaï
Comté Hawaï
Ascension
Première Hawaïens
Voie la plus facile Highway 11 puis Crater Rim Road
Géologie
Âge 23 000 ans
Roches Basaltes
Type Volcan rouge
Activité En éruption
Dernière éruption Depuis le 3 janvier 1983
Code [1] 1302-01-
Observatoire Observatoire volcanologique d'Hawaï

Géolocalisation sur la carte : Hawaï

(Voir situation sur carte : Hawaï)
Kīlauea

Géolocalisation sur la carte : États-Unis

(Voir situation sur carte : États-Unis)
Kīlauea

Le Kīlauea ou Kilauea est un volcan qui se trouve dans l'archipel d'Hawaï, dans l'océan Pacifique. Situé dans le Sud-Est de l'île d'Hawaï, il est considéré comme l'un des volcans les plus actifs de la planète[5] avec le Piton de la Fournaise sur l'île de la Réunion, l'Etna et le Stromboli.

Sommaire

[modifier] Toponymie

Kīlauea est un toponyme hawaïen pouvant s'écrire ou non avec le macron kahakō indiquant un allongement du son de la voyelle « i ». La forme Kirauea est aussi rencontrée[6].

Ce terme signifie littéralement en français « crachant », « vomissant » en référence à ses éruptions volcaniques et ses coulées de lave fluide[7],[5].

[modifier] Géographie

[modifier] Localisation

Le Kīlauea est situé aux États-Unis, dans le centre de l'océan Pacifique et de l'Océanie, dans le Nord de la Polynésie. Il se trouve dans le Sud-Est de l'archipel d'Hawaï et de l'île du même nom, entre l'océan Pacifique au sud et le Mauna Loa au nord-ouest.

Administrativement, il fait partie du comté d'Hawaï dans l'État américain d'Hawaï et s'étend sur le district de Kaʻū pour son sommet et son flanc occidental ainsi que le district de Puna pour son flanc oriental. La majorité du volcan, notamment son sommet, son flanc occidental et la moitié Ouest de son flanc oriental, est incluse dans le parc national des volcans d'Hawaï.

[modifier] Topographie

Le Kīlauea se présente sous la forme d'une montagne allongée dans le sens nord-est-sud-ouest, recouvrant le flanc sud-est du Mauna Loa, couronnée par une caldeira et dont les flancs sont parcourus par deux rifts soulignés par un ensemble de cratères, cônes, fissures volcaniques et leurs coulées de lave associées. Son sommet, appelé Uwekahuna, est constitué du rebord nord-ouest de la caldeira sommitale du volcan[2],[3] longue de cinq kilomètres, large de trois kilomètres et profonde de 165 mètres[5],[1]. Il s'élève à 1 222[1], 1 243[2] ou 1 247[3],[4] mètres d'altitude. Le Kīlauea est peu proéminent puisque le col qui le sépare du Mauna Loa, le sommet plus élevé le plus proche du Kīlauea, ne se trouve qu'à quelques centaines de mètres au nord-ouest du sommet et dépasse les 1 200 mètres d'altitude[2]. La caldeira sommitale est formée d'un ensemble de falaises, d'escarpements et de failles grossièrement circulaires[2]. Elle renferme dans sa partie Sud-Ouest un cratère en forme de puits, le Halemaʻumaʻu, siège de l'activité volcanique sommitale[2].

Depuis la caldeira s'étendent les flancs du volcan. Ceux-ci ont une pente faible caractéristique des volcans boucliers, notamment en direction du sud-ouest et de l'est. Dans ces deux directions, deux crêtes peu marquées correspondant à deux rifts s'éloignent du sommet en direction de l'océan Pacifique. Ils correspondent à deux zones de faiblesse du volcan d'où s'infiltre préférentiellement la lave. Il en résulte un alignement de dizaines de cratères, de cônes et de fissures volcaniques dans ces deux directions. Parmi les plus importants comme le Mauna Ulu, le Kīlauea Iki, le Mauna Iki ou encore le Makaopuhi, le Puʻu ʻŌʻō est le siège de l'activité volcanique sur les flancs du volcan depuis 1983. Au sud du sommet, entre les deux rifts, des ruptures de pente appelés pali et pouvant prendre la forme de falaises s'alignent plus ou moins parallèlement au littoral.

[modifier] Climat

Du fait de sa latitude inférieure au tropique du Cancer, le Kīlauea est situé en zone tropicale. Ainsi, les alizés qui soufflent d'est en ouest apportent d'importantes quantités de précipitations qui se déversent sur le versant oriental du volcan. De ce fait, au bord de l'océan Pacifique, au niveau du cap Kumukahi, le point le plus oriental de l'île de Hawaï, 2 031 millimètres sont mesurés à Kapoho[8] et 3 743 millimètres à Pahoa à 182 mètres d'altitude[9]. Néanmoins, des valeurs supérieures sont mesurées à mi-pente sur le versant oriental du Kīlauea, les nuages étant bloqués dans leur course par la montagne. Ainsi, 4 950 millimètres sont relevés à 650 mètres d'altitude[10] ou encore 5 202 millimètres à 585 mètres d'altitude[11]. Au sommet du volcan, en raison de l'altitude, la tendance s'inverse et les précipitations annuelles ne sont plus que de 2 607,6 millimètres relevés au bord de la caldeira sommitale à 1 210 mètres d'altitude[12]. Le versant occidental du volcan est en revanche plus sec que l'oriental car soumis à un phénomène d'ombre pluviométrique avec par exemple une moyenne annuelle des précipitations de 1 571 millimètres à 640 mètres d'altitude[13] et de 941 millimètres au bord de l'océan Pacifique au sud-ouest du sommet[14].

Contrairement aux précipitations, les températures sont uniquement influencées par l'altitude. Ainsi, les moyennes annuelles minimale et maximale varient entre 20 et 28,9 °C au niveau de la mer sur le versant oriental[8], entre 19,4 et 27,9 °C au niveau de la mer sur le versant occidental[14], entre 14,2 et 23,3 °C à mi-pente sur le versant oriental[11] et entre 11,5 et 21,3 °C au sommet du volcan[12].

La variabilité saisonnière des précipitations et des températures est peu marquée avec toutefois une saison estivale plus sèche et plus chaude peu marquée de mai à octobre. Lors de passage de cyclones, ceux-ci peuvent provoquer une hausse de la pluviométrie mais ils sont occasionnels, la trajectoire typique de ces tempêtes tropicales passant juste au sud de l'archipel d'Hawaï dans cette région de l'océan Pacifique.

Relevé météorologique au siège du parc national des volcans d'Hawaï (1 210 m) entre 1981 et 2010[12]
Mois jan. fév. mar. avr. mai jui. jui. aoû. sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 9,6 9,5 10,1 10,8 11,5 12,3 13,0 13,2 12,9 12,7 12,1 10,7 11,5
Température moyenne (°C) 14,9 14,8 15,0 15,4 16,4 17,0 17,7 18,1 17,9 17,6 16,6 15,4 16,4
Température maximale moyenne (°C) 20,0 20,0 20,0 20,0 21,4 21,9 22,4 23 22,8 22,4 21,2 20,1 21,3
Précipitations (mm) 236,5 223,0 286,0 240,8 162,8 129,8 189,5 170,7 158,0 185,4 320,0 306,1 2 607,6
Source : Western Regional Climate Center
Diagramme climatique
J F M A M J J A S O N D
 
 
236.5
 
20.0
9.6
 
 
223.0
 
20.0
9.5
 
 
286.0
 
20.0
10.1
 
 
240.8
 
20.0
10.8
 
 
162.8
 
21.4
11.5
 
 
129.8
 
21.9
12.3
 
 
189.5
 
22.4
13.0
 
 
170.7
 
23
13.2
 
 
158.0
 
22.8
12.9
 
 
185.4
 
22.4
12.7
 
 
320.0
 
21.2
12.1
 
 
306.1
 
20.1
10.7
Temp. moyennes maxi et mini (°C) • Précipitations (mm)

[modifier] Géologie

Arc-en-ciel au-dessus du cratère Halemaʻumaʻu en activité dans la caldeira du Kīlauea.

Le volcanisme ayant donné naissance au Kīlauea et aux autres volcans de l'archipel d'Hawaï est lié à la présence d'un flux de chaleur mantellique, le point chaud d'Hawaï, dans cette partie de l'océan Pacifique. La plaque Pacifique se déplaçant au-dessus de ce point chaud qui lui reste fixe, les volcans les plus anciens sont ceux qui sont les plus éloignés de cette particularité géologique, ceux situés à l'aplomb étant les plus jeunes et ceux actifs. Ainsi, le Kīlauea est le volcan émergé le plus jeune de cette chaîne volcanique[5], le Loihi, bien que plus récent, étant encore à l'état de mont-sous-marin sur les flancs immergés de l'île d'Hawaï, au sud du Kīlauea.

Le magma composant le point chaud d'Hawaï est basaltique et a la particularité de produire des laves d'une très grande fluidité en raison d'une faible teneur en silice et d'une très grande température, généralement plus de 1 000 °C et parfois jusqu'à plus de 1 200 °C. Ces laves forment en surface des coulées de lave qui s'étendent très loin de leur lieu d'émission. L'empilement de ces coulées conduit à la construction d'un volcan bouclier aux pentes peu marquées dont le Kīlauea est un exemple bien que sa structure soit asymétrique car il s'est édifié sur les flancs du Mauna Loa voisin. Cet emplacement a longtemps fait penser aux scientifiques que le Kīlauea est un satellite du Mauna Loa, notamment jusqu'au début du XXe siècle. Cette supposition est renforcée par le comportement éruptif des deux volcans qui fonctionnent avec une certaine alternance. Ainsi, alors que seul le Mauna Loa est actif de 1934 à 1952, c'est au tour du Kīlauea de connaître des éruptions à partir de cette date alors que le Mauna Loa retourne dans une phase de sommeil interrompue par les brèves éruptions de 1975 et 1984[15],[16].

Les éruptions du Kīlauea ont servi à définir le type hawaïen. Elles sont marquées par un faible indice d'explosivité volcanique de 0 à 1 sur une échelle allant jusqu'à 8 en raison de l'émission d'une lave d'une grande fluidité[17]. Cette lave, de type basaltique, est pauvre en silice, donc peu visqueuse, et portée à de très hautes températures ce qui facilite sont dégazage et sa rapide évacuation de la bouche éruptive. Suivant les conditions propres à chaque éruption, la lave peut être éjectée sous la forme d'une fontaine de lave plus ou moins puissante voire sous la forme d'un lac de lave. Se déversant sur les pentes du volcan, elle forme des coulées de lave pāhoehoe ou ʻaʻā qui brûlent la végétation, recouvrent les routes, exceptionnellement détruisent des bâtiments et finissent parfois par se jeter dans l'océan Pacifique distant de plusieurs kilomètres. Des formations volcaniques rendues possibles uniquement avec une lave d'une telle fluidité sont observés sur ses pentes, comme des arbres de lave, des cheveux et larmes de Pélé, des Limu o Pele, des tunnels de lave, etc. Le risque humain lié à ce type d'éruptions effusives est en revanche très faible comparé aux éruptions explosives car même si la lave peut progresser à plusieurs kilomètres par heure, elle laisse le temps aux populations d'évacuer les zones menacées. Certaines éruptions atteignent un indice d'explosivité volcanique de 2[17]. Il s'agit soit d'éruptions effusives marquées par un important volume de lave émis comme celles de 1959 ou de 1960, soit des rares éruptions explosives du Kīlauea comme celle de mai 1924 marquée par une importante activité phréatique ou celle de 1790, la plus puissante avec un indice d'explosivité de 4[17].

Les éruptions du Kīlauea se produisent exclusivement dans trois secteurs du volcan : la zone sommitale représentée par sa caldeira contenant le cratère Halemaʻumaʻu ainsi que les rifts Est et Sud-Ouest[17].

[modifier] Faune et flore

[modifier] Histoire

[modifier] Mythologie hawaïenne

Le nom hawaïen Kīlauea signifie « vomissant ». Pour les Hawaïens, le volcan est la demeure de la déesse Pélé[5]. Selon la légende, elle aurait été chassée de Tahiti par sa sœur Na-maka-o-Kaha’i la déesse de l'eau et aurait trouvé refuge dans le Kīlauea. Cette légende est l'illustration du phénomène de point chaud qui est responsable de l'apparition des îles volcaniques des archipels de l'océan Pacifique.

[modifier] Découverte européenne et études

Depuis 1983, le cône du Puʻu ʻŌʻō crache des millions de mètres cubes de lave chaque année. Cette lave coule vers l'océan situé à environ onze kilomètres en aval. Les coulées ont déjà rayé de la carte plusieurs hameaux, 195 édifices, quinze kilomètres de routes et a recouvert 120 km2 de terrain. En même temps, la lave refroidissant et durcissant au contact de l'océan a jusqu'à présent agrandi l'île de 201 hectares de nouvelle terre.

[modifier] Références

  1. a, b, c et d (en) Kilauea, Global Volcanism Program. Consulté le 2 mars 2012
  2. a, b, c, d, e et f (en) USGS Kilauea Crater Quad, Hawaii, Topographic Map, Topozone. Consulté le 2 mars 2012
  3. a, b et c (en) Kilauea, Hawaii, Peakbagger. Consulté le 2 mars 2012
  4. a et b (en) Kilauea, Peakware. Consulté le 2 mars 2012
  5. a, b, c, d et e (en) Kilauea, Observatoire volcanologique d'Hawaï. Consulté le 2 mars 2012
  6. (en) Synonymes et sous-éléments, Global Volcanism program. Consulté le 2 mars 2012
  7. (en) Kī-lau-ea, Hawaiian Dictionnaries. Consulté le 2 mars 2012
  8. a et b (en) Kapoho Beach 93.11, Hawaii (513368), Western Regional Climate Center. Consulté le 2 mars 2012
  9. (en) Pahoa 65, Hawaii (517457), Western Regional Climate Center. Consulté le 2 mars 2012
  10. (en) S Glenwood, Hawaii (518638), Western Regional Climate Center. Consulté le 2 mars 2012
  11. a et b (en) Mountain View N°3 91.9, Hawaii (516546), Western Regional Climate Center. Consulté le 2 mars 2012
  12. a, b et c (en) Hawaii Volcns NP HQ 54, Hawaii (511303), Western Regional Climate Center. Consulté le 2 mars 2012
  13. (en) Kapapala Ranch 36, Hawaii (513300), Western Regional Climate Center. Consulté le 2 mars 2012
  14. a et b (en) Sea Mountain 12.15, Hawaii (518600), Western Regional Climate Center. Consulté le 2 mars 2012
  15. (en) Histoire éruptive du Mauna Loa, Global Volcanism Program. Consulté le 2 mars 2012
  16. (en) Inflation of Mauna Loa Volcano slows, Observatoire volcanologique d'Hawaï. Consulté le 2 mars 2012
  17. a, b, c et d (en) Histoire éruptive, Global Volcanism Program. Consulté le 2 mars 2012

[modifier] Annexes

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

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