Guêpe

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Guêpe
Nom commun ou
nom vernaculaire ambigu :
L'expression « Guêpe » s'applique en français à plusieurs taxons distincts. Page d'aide sur l'homonymie
Plusieurs espèces de guêpes naturalisées
Plusieurs espèces de guêpes naturalisées
Taxons concernés

Dans l'ordre des Hymenoptera ;
Parmi les Super-familles :

Parmi les Familles :

Autres articles sur les guêpes

Guêpe est un nom vernaculaire ambigu en français, pouvant désigner plusieurs espèces différentes d'insectes. Ce nom vernaculaire est aussi à la base de plusieurs noms vulgaires créés pour la nomenclature scientifique en français. Les guêpes sont des insectes de l'ordre des hyménoptères (sous-classe des ptérygotes, groupe des néoptères). Ces insectes, solitaires ou sociaux, nourrissent leurs couvains de viande crue exclusivement.

Sommaire

Vocabulaire et histoire du terme [modifier]

Guêpe (ici Vespula vulgaris)

Le mot est attesté dès le Moyen Âge, sous la forme « guespe » dans le Dictionnaire du Moyen français (1330-1500). Les « mouches guespes » comprennent alors les « guespes de ruche », c'est-à-dire les abeilles[1].

Dans le Dictionnaire de l'Académie française, ce terme est mentionné dès la quatrième édition (1762) qui définit la guêpe en la comparant à la mouche, plus petite, et à l'abeille, « presque semblable ». Elle est aussi caractérisée par son aiguillon et son « mauvais miel ». À partir de la sixième édition (1832-5), ce dictionnaire précise que certaines espèces « vivent en société ». La huitième édition (1932-5) introduit la notion de classification en les décrivant comme un « Genre d'Insectes de l'ordre des Hyménoptères » dont font partie la « Guêpe vulgaire » ou le Frelon, et l'ouvrage précise que seules les femelles sont pourvues d'un aiguillon, mais leur production de miel n'est plus mentionnée[2].

Vocabulaire : On dit un essaim de guêpes, un nid de guêpes, une piqûre de guêpe. Le « guêpier » désigne, quant à lui, aussi bien le nid que l'essaim[1],[3].

« Guêpe » se dit vespa en latin[1], à la racine des taxons Vespoidea, Vespidae, Vespinae, Vespa ou Vespula.

Morphologie [modifier]

D'une longueur variant habituellement de 10 à 19 millimètres, les guêpes ont une morphologie de base proche de celle des abeilles et des fourmis sexuées : une tête notamment dotée de mandibules et d'une paire d'antennes, d'une paire d'yeux composés et de trois ocelles infrarouges, un thorax sur lequel sont fixées six pattes et quatre ailes membraneuses, enfin l'abdomen arborant des couleurs vives avec à son extrémité un aiguillon relié à une glande à venin.

En 2007, la plus petite guêpe connue Dicopomorpha echmepterygis de la famille des Mymaridae, mesure 0,139 mm. C'est probablement le plus petit insecte également[4].

Différencier une guêpe d'une abeille [modifier]

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Abeille (ici Apis mellifera)
  • Couleur : La guêpe est jaune vif rayé de noir alors que l'abeille est plus brune (sauf l'abeille charpentière qui, elle, est toute noire).
  • Morphologie :
    • L'abdomen et le corps de la guêpe sont très distincts, fins et peu poilus. Les abeilles, à l'inverse, sont plus compactes et poilues.
    • L'abeille possède au niveau de ses articles de la paire de pattes postérieures un article modifié appelé corbeille qui lui permet de transporter le pollen récolté, ce qui n'est pas le cas chez la guêpe.
    • La guêpe garde son dard et reste en vie quand elle pique alors que l'abeille perd son dard et meurt.
  • Alimentation : L'abeille se nourrit de nectar. La guêpe se nourrit de sucre, de fruits en décomposition et parfois de miel provenant des ruches. Pour nourrir les larves, les guêpes doivent chasser d'autres insectes qu'elles coupent en petits morceaux (certaines pondent directement sur le corps de la proie piquée puis stockée dans le nid). Après avoir mastiqué ces morceaux de viande, elles les servent à leurs larves. Les guêpes ne produisent donc pas de miel.

Les nids et l'organisation sociale sont très différents : la vie de l'abeille est très élaborée, celle de la guêpe rudimentaire.[réf. nécessaire]

Classification [modifier]

Les guêpes fouisseuses [modifier]

Article détaillé : Sphecidae.
Guêpe bâtissant des loges en terre pour stocker les proies qui serviront de réserves de nourriture à ses propres larves.

Il en existe environ 9 000 espèces à travers le monde. Ce sont des guêpes solitaires. Certaines de ces guêpes ont le corps allongé et très élancé, alors que d’autres sont plus trapues. Elles mesurent généralement entre 1 et 3 cm. Elles sont parfois noire et jaune (ou orangé), toutes noires ou bleu métallique (comme le Chalybion californicum ). Elles ont parfois une taille très allongée. Leurs antennes sont longues et leurs pièces buccales de type broyeur. Leurs pattes arrières sont souvent longues.

Pour son nid, la femelle peut :

  • utiliser diverses cavités (tiges creuses, anfractuosités) ;
  • bâtir de toutes pièces des loges (en terre) ;
  • creuser plusieurs cellules dans le sol.

Le nid peut être rempli d'arthropodes (insectes matures, larves, araignées) souvent paralysés à l'aide de son venin et sur lesquels elle pond.

Les femelles chassent des insectes (ou des araignées) dans le but de nourrir leur progéniture. Les adultes se nourrissent surtout de nectar. Certaines sont généralistes et se contentent de divers arthropodes qu’elles peuvent trouver (araignées, chenilles, mouches, sauterelles), alors que d’autres sont plus spécifiques dans leurs choix de proies. Ainsi le grand sphex doré (Sphex inchneumoneus) ne chasse que de grosses sauterelles vertes. Lorsqu’une proie est capturée, celle-ci est paralysée à l’aide de l’aiguillon de la femelle guêpe. La guêpe place ensuite sa victime dans une cellule préalablement construite (dans la terre, le bois mort ou sur une paroi quelconque). Elle pond ensuite un œuf dessus et referme ensuite la cellule. Les autres cellules seront remplies de la même façon et un œuf sera pondu dans chaque cellule. À leur éclosion, les larves pourront se nourrir de la proie (insecte ou araignée) paralysée que leur mère leur a laissée. Ces proies, toujours bien vivantes, constituent un repas frais et nutritif pour ces futures guêpes.

Les pompiles [modifier]

Article détaillé : Pompilidae.

Ce sont des guêpes solitaires. La femelle nourrit ses larves avec des araignées (une araignée par œuf). Soit elle utilise le nid de l'araignée, soit elle utilise une cavité préexistante, soit elle creuse un terrier avant ou après avoir capturé une proie.

Les guêpes maçonnes [modifier]

Article détaillé : Eumeninae.

Les guêpes maçonnes, ou potières, sont les guêpes faisant partie de la sous-famille des Eumeninae, dans la famille des Vespidae.

Ce sont des guêpes formant des petits nids d'argile ou de boue ou de particules de sable et argiles agglomérées avec de la salive[5]. Ces nids sont si spécifiques à chaque espèce qu'il est possible de produire une clé d'identification des nids de guêpes sociales (Certaines espèces sont solitaires, d'autres sont sociales)[5].

  • Les Eumènes construisent leur nid en assemblant des gouttelettes de boue.
    Dans cette famille, on appelle Guêpes potières celles (Eumenes, Delta, etc.) qui les fabriquent en forme de petit pot de terre remplis de chenilles paralysées avant que l'entrée en soit fermée d'un opercule de terre. La femelle fixe un seul œuf par cellule de terre, suspendu au bout d'un fil au-dessus des "provisions" de nourriture. Après l'éclosion, la larve reste suspendue et mange peu à peu son stock de chenilles.
  • Les Odynères (Odynerus et genres voisins) font des nids de terre qui sont des galeries où des cellules sont aménagées par des cloisons les séparant. La plupart des espèces construisent ces nids dans le sol, ou des pans de terre (talus argilo-sableux en général). Les galeries souterraines sont parfois équipées d'une sorte de cheminée provisoire qui protège le nid (des prédateurs, de la pluie, de la déshydratation le temps de sa construction et de la ponte, avant que la femelle ne la détruise et en utiliser la terre pour construire l'opercule qui fermera le nid. Les proies stockées dans ces nids sont le plus souvent des larves de charançons ou de chrysomèles, paralysées par une petite dose de venin). Certaines espèces d'Odynères font leurs nids dans des tiges creuses de végétaux, des nids récupérés d'Hyménoptères ou des coquilles d'escargots[6]. Une femelle produit généralement une dizaine de nids, avant de mourir[7]. Le Sceliphron, qui peut construire ses nids dans les maisons est une guêpe qui nourrit ses larves avec des araignées paralysées[7].

Les guêpes sociales [modifier]

Article détaillé : Vespidae.

Les guêpes sociales, sont les guêpes faisant partie de la famille des Vespidae, à l'exception de la sous-famille des Eumeninae[8].

Elles forment des colonies annuelles fondées au printemps par une femelle fécondée, la reine. Le nid est constitué d'alvéoles de « carton » que les guêpes produisent en mastiquant du bois pour le mélanger à leur salive.


Noms français et noms scientifiques correspondants [modifier]

Liste alphabétique des noms vulgaires ou des noms vernaculaires attestés[9] en français.
Note : certaines espèces ont plusieurs noms et, les classifications évoluant encore, certains noms scientifiques ont peut-être un autre synonyme valide.
En gras, les espèces les plus connues des francophones.

En Guyane, les guêpes comme les abeilles sont souvent appelées des « mouches »[14].

Les guêpes et l'homme [modifier]

Piqûres de guêpe [modifier]

  • On comptabilise une quinzaine de morts par piqûres d'hyménoptères (abeilles, guêpes et frelons) par an en France, principalement chez les personnes allergiques[15]. Seule la femelle est pourvue d'un aiguillon venimeux.
  • Les piqûres d'insectes peuvent être très dangereuses en cas d'allergies.
  • La guêpe pique avec beaucoup d'ardeur car son aiguillon n'est pas équipé de harpon; de ce fait elle peut piquer à répétition sans perdre la vie, contrairement à l'abeille.

Neutralisation et dangers pour l'homme [modifier]

  • La guêpe est un insecte utile[réf. nécessaire]. L'emploi de pesticide peut parfois être excessif comparé à la menace présentée. Une neutralisation propre peut très bien être réalisée ponctuellement avec un abat-guêpe. Cependant, en cas de nid important et mal placé, sous un toit ou dans un jardin, il convient de neutraliser la colonie. Toujours attendre la fin du jour et le retour de la fraîcheur pour agir[réf. nécessaire] et il est nécessaire de faire appel à des spécialistes.

Aspects culturels [modifier]

Une « taille de guêpe »

L'expression « taille de guêpe » désigne une taille fine comme celle de l'animal et serrer sa taille pour l'amincir se dit « guêper », l'un des vêtements conçus à cet usage étant une gaine appelée guêpière[1],[3],[16].

Au sens figuré, une « guêpe » était une personne importune ou mordante et un « guêpier » devient un endroit plein d'agitation ou de danger, voire un piège. Le proverbe : « Où la guêpe a passé le moucheron demeure », signifie qu'il est vain d'imiter les gens qui possèdent force ou richesse[1],[3]. De nombreux titres d'œuvres font référence à la guêpe ou au guêpier dans ce dernier sens : La Guêpe, Les Guêpes, Nid de guêpes, Le Guêpier, etc.

Références [modifier]

  1. a, b, c, d et e Définitions lexicographiques et étymologiques de « Guêpe » du TLFi, sur le site du CNRTL.
  2. Guêpe dans les Dictionnaires d'autrefois, des 17e, 18e, 19e et 20e siècles, sur Atilf
  3. a, b et c Définitions lexicographiques et étymologiques de « Guêpier » du TLFi, sur le site du CNRTL.
  4. John R. Meyer, « World's smallest insect », sur cals.ncsu.edu. Mis en ligne le 21 January 2007, consulté le 18 juin 2012
  5. a et b Wenzel J. W., 1998. A generic key to the nests of hornets, yellowjackets, and paper wasps worldwide (Vespidae: Vespinae, Polistinae). American Museum Novitates, 3224 : 1-39.
  6. Claire Villemant. Les nids de guêpes solitaires et sociales, Insecte 24, no 136, OPIE, PDF, 3 pages
  7. a et b OPIE, Qu'est-ce que les guêpes maçonnes ? et illustrations par Aramel, avec clé de détermination
  8. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o et p Nom en français d’après Termium plus, la banque de données terminologiques et linguistiques du gouvernement du Canada
  9. Attention aux appellations et traductions fantaisistes circulant sur l'Internet
  10. a, b, c, d et e (en) Nom en français d’après Animal Word List, Liste d’animaux du monde (français, latin, anglais, suédois).
  11. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o et p Meyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne. Montpellier, France, Cirad.
  12. a, b, c et d Nom français d'après Dictionary of Common (Vernacular) Names sur Nomen.at
  13. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Voir définition donnée par le Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécoi de la langue française.
  14. Prévention contre les piqûres, consulté en avril 2012
  15. Communiqué du Ministère de la santé et de la Protection sociale sur la recrudescence des piqûres d’hyménoptères
  16. Définitions lexicographiques et étymologiques de « Guêpière » du TLFi, sur le site du CNRTL.

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]

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Liens externes [modifier]