Perturbation écologique

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Dans le domaine de l'environnement, la notion de perturbation (à ne pas confondre avec celle de « dérangement » (plus utilisée dans les contextes légaux), désigne une détérioration naturelle et souvent provisoire de l’environnement ou d'un écosystème.
Ce concept a pris une importance croissante dans l'étude des cycles naturels et des habitats.

La détérioration d’un habitat naturel est une dégradation physique qui semble relativement facile à mesurer (par exemple par l’évaluation de la diminution de superficie, changement des caractéristiques d’un habitat ou perte des structure écologiques et les fonctions spécifiques nécessaires au maintien à long terme de cet habitat).

Les impacts positifs et/ou négatifs des perturbations[modifier | modifier le code]

  • les perturbations naturelles : Sauf de rares cas particulier (perturbations majeures induisant une crise d'extinction), elles font intégralement partie des processus d'évolution des paysages et des écosystèmes. Le cas le plus connus est celui du chablis, suivi d'une régénération naturelle en forêt ; ce type de perturbation est par exemple nécessaire à la survie et pérennité d'espèces pionnières et des oiseaux de clairières[1],[2].
  • les perturbations non-naturelles  ; Quand la perturbation n'est pas naturelle mais causée par l'Homme, on parle de « perturbation anthropique » ; Par exemple, une coupe rase ne peut être comparée à une perturbation de type chablis (elle est généralement plus vaste, s'étend sur une plus longue période de temps (avec donc un dérangement), nécessite des routes qui fragmentent la forêt, et est accompagnée d'éventuels « effets de bordure » beaucoup plus "durs" (effet-lisière, artificialisation du milieu) [3]
    Le dérangement en fait éventuellement partie. Il est plus difficile à mesurer, qualitativement et quantitativement. Elle relève d’autres indicateurs qui relèvent plutôt de l'éthologie...
    Certaines perturbations anthropiques dépassent par l'importance des changements écologiques qu'elles induisent les perturbations naturelles. Ces impacts peuvent être étudiés au moyen d’indicateurs d'état, de pression, et de réponse (pour la conservation).
    Certaines perturbations induites par l'homme sont des phénomènes qui n'existaient simplement pas depuis l'apparition de la vie (pollution lumineuse par exemple, dégradant l'environnement nocturne)
Articles détaillés : Dérangement (écologie) et dérangement.
L'incendie de forêt, surtout s'il touche une surface importante et s'il est récurrent est un des grands facteurs de « perturbation écologique »
Le chablis est l'une des perturbations qui génère naturellement des micro-milieux (dont ici un petit point d'eau) , du bois-mort et qui participe ainsi au cycle de la sylvigenèse
La déforestation lorsqu'elle concerne de vaste surface, des sols fragiles, ou des sites écologiquement vulnérables, est un facteur majeur de perturbation écologique anthropique
Les polluants toxiques ou non biodégradables abandonnés accidentellement ou volontairement dans la nature, et ici rapportés sur le littoral par la mer dans la laisse de mer sont d'autres facteurs de perturbation écologique sur lesquels il est difficile d'agir parce qu'ils sont mobiles (déchets en mer) et de source diffuse.

Éléments de définitions[modifier | modifier le code]

  • De manière générale, il y a perturbation d'un écosystème quand (des) évènement(s) altérent – dans le temps et dans l’espace – les relations entre les organismes vivants et leurs habitats[4]. La perturbation d'un milieu terrestre est suivie d'une série de séquences de recolonisation (succession écologique) caractérisées par un stade pionnire à faible nombre d'espèces, puis de stades à plus grand nombre d'espèces et enfin d'une diminution du nombre d'espèces quand le site s'approche du stade climacique [5].
  • un cas particulier de perturbation anthropique est le dérangement de la faune, définit par Triplet et Schricke, en 1999[6] comme «  tout événement généré par l’activité humaine qui provoque une réaction (l’effet) de défense ou de fuite d’un animal, ou qui induit directement ou non, une augmentation des risques de mortalité (l’impact) pour les individus de la population considérée ou, en période de reproduction, une diminution du succès reproducteur ». Les anglophones parlent de « human disturbance ».

En forêt[modifier | modifier le code]

L'écologie forestière a beaucoup étudié l'importance des perturbations (Incendies de forêt, épidémies, chablis..), qui - tant qu’ils sont « naturels » - sont considérés comme des facteurs normaux et favorables de la sylvigenèse (stades évolutifs de la forêts, de la plantule au bois-mort) en tant que favorisant la succession écologique et la biodiversité qui la caractérise.

Article détaillé : Forêt.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Michael E. Soulé, « What is conservation biology ? : A new synthetic discipline addresses the dynamics and problems of perturbed species, communities and ecosystems », Biosciences, vol. 35, no 11,‎ décembre 1985, p. 727-734 (résumé)
  • (en) Leopold, A. (1966) A Sand County Almanach. Oxford University Press. New York.
  • (en) Keller V., 1996. Effects and management of disturbance of waterbirds by human recreational activities : a review. Gibier Faune Sauvage, Game Wildl., n°13, p. 1039-1047
  • (fr) Le Corre N., 2009. « Le dérangement de l'avifaune sur les sites naturels protégés de Bretagne : état des lieux, enjeux et réflexions autour d'un outil d'étude des interactions hommes/oiseaux » (thèse soutenue le 2 septembre 2009). Brest : université de Bretagne occidentale (UBO). 537 p.
  • (fr) Le Corre N. Article Le dérangement de l'avifaune : Etat des lieux d'une problématique devenue incontournable sur les espaces naturels protégés de Bretagne. LE CORRE N.1 ; Actes du colloque international pluridisciplinaire "Le littoral : subir, dire, agir" - Lille, France, 16-18 janvier 2008 ; Proceedings of the international pluridisciplinary conference "The littoral : challenge, dialogue, action" - Lille, France, 16-18 january 2008.
  • (en) Brawn, J. D., S. K. Robinson, and F. R. Thompson III. 2001. The role of disturbance in the ecology and conservation of birds. Annual Review of Ecology and Systematics 32:251–276.
  • (en) Franklin JF, Mitchell RJ, Palik BJ (2007), Natural Disturbance and Stand Development Principles for Ecological Forestry (Northern Research Station, Newton Square, PA) USDA Forest Service General Tech. Rpt. NRS-19.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Brawn, J. D., S. K. Robinson, and F. R. Thompson III. 2001. The role of disturbance in the ecology and conservation of birds. Annual Review of Ecology and Systematics 32:251–276.
  2. Chambers, R. J. 1994. Habitat relations of Bachman's sparrows and other birds on Missouri glades. Thesis, University of Missouri, Columbia, USA.
  3. Donovan, T. M., P. W. Jones, E. M. Annand, and F. R. Thompson III. 1997. Variation in local-scale edge effects: mechanisms and landscape context. Ecology 78:2064–2075
  4. Wali M.L., 1987. The structure, dynamics, and rehabilitation of drastically disturbed ecosystems. In: Khoshoo T.N., ed. Perspectives in environmental management. New Delhi, India: Oxford and IBH Publishing, 163-183.
  5. Mohan K. Wali ; Ecological succession and the rehabilitation of disturbed terrestrial ecosystems  ; Plant and Soil Volume 213, Numbers 1-2, 195-220, DOI:10.1023/A:1004475206351
  6. Triplet P., Schricke, V., 1998. Les facteurs de dérangement des oiseaux d’eau : synthèse bibliographique des études abordant ce thème en France. Bulletin mensuel de l’ONCFS, n°235 spécial « Perturbation », p. 20-27