Sapindus

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le sapindus est un arbre de la famille des sapindacées. On le trouve dans toutes les régions tempérées chaudes et tropicales de la planète, en particulier en Asie. Il en existe des variétés feuillues et d'autres sempervirentes.

Description[modifier | modifier le code]

C'est un petit arbre au tronc court, dépassant rarement une douzaine de mètres de hauteur, et dont le feuillage alterne et de forme arrondie est constitué de tiges de 15 à 40 cm dotées de 14 à 30 folioles, et dont la foliole terminale est souvent absente.

Ses fleurs, qui apparaissent à la fin du printemps, forment de larges panicules d'une quinzaine de centimètres de diamètre composées de petites fleurs de couleur crème.

Ses fruits, mûrs en automne, sont réunis en grappes de drupes translucides de 1 à 2 cm de diamètre et dotés d'une fine peau, de couleur jaune-orangé au début, puis jaune-marronné de plus en plus foncée en mûrissant, et contenant de 1 à 3 graines.

Espèces[modifier | modifier le code]

Le nombre d'espèces de sapindus est sujet à controverse, particulièrement en Amérique du Nord, où seulement 3 espèces sont reconnues.

Les noix de lavage[modifier | modifier le code]

Composition[modifier | modifier le code]

Les fruits du sapindus sont riches en saponine, un détergent naturel antibactérien et qui protège le noyau. Contrairement aux idées reçues, c'est le noyau qui est toxique et non la saponine du Sapindus mukorossi. Selon le type de sapindus, cela peut les rendre toxiques en cas d'ingestion, et peut provoquer des réactions allergiques comme l'urticaire chez certaines personnes en cas de contact avec la peau. Le Sapindus mukorossi, ou l'arbre à savon, qui pousse en Inde et plus particulièrement dans les contreforts de l'Himalaya, est utilisé comme détergent par les Indiens. Le Sapindus mukorossi n'est pas toxique et est utilisé en médecine ayurvédique pour guérir les maladies de la peau. Les Indiens l'utilisent autant comme shampooing que comme détergent.

Utilisation comme lessive[modifier | modifier le code]

Un sac de « noix de lavage »

En raison de leur teneur en saponine, les noix de sapindus sont utilisées comme alternative aux lessives chimiques classiques[1]. Dans ce cas, les fruits sont appelées « noix de lavage » ou « noix de lavage indiennes ». Deux à trois coquilles placées dans un sac, dans le tambour d'une machine à laver, permettraient de laver le linge à partir de 30 °C, les coquilles pouvant être réutilisées plusieurs fois. L'utilisation des noix de lavage a pu être préconisé par le passé, comme en Algérie au début du XXe siècle. On peut ainsi lire dans le journal La Quinzaine coloniale de juin 1908 : « Le distingué président de la Société des Agriculteurs d'Algérie a longuement entretenu ses confrères des observations intéressantes agricoles qu'il a pu faire ces dernières années concernant la culture de ces végétaux. Il les engage fortement à transformer progressivement leurs cultures de vignes et à établir les cultures intensives qui abrègent considérablement des cultures d'attente. Il conseille la culture de l'olive dans les champs de vigne et la plantation en grand du savonnier (Sapindus). Cet arbre est de grand avenir car sa zone de croissance est restreinte et, devant la disparition progressive du bois de Panama, il n'y a pas à craindre de surproduction. De même beaucoup d'espèces favorables pourraient être cultivées avec de bonnes variétés greffées d'orangers et de mandariniers, et la consommation française pourrait bientôt être affranchie de l'importation espagnole. Ce mémoire très remarquable d'un travailleur est à méditer par tous les colons. »[2].

Efficacité comme lessive[modifier | modifier le code]

L'efficacité réelle des noix de lavage n'est pas établie : des associations de consommateurs ont procédé à des tests comparatifs et n'ont mesuré aucune différence avec un simple brassage à l'eau chaude[3]. Toutefois, ce test n'a pas tenu compte de l'ajout possible d'un sel détachant et blanchissant, le percarbonate de sodium (percarbonate de soude). Ce sel permet de compléter les noix de lavage en s'attaquant aux taches et en enlevant le voile terne qui peut apparaître sur le blanc.

Une autre étude[4] fait part elle aussi d'un résultat peu probant. Le résultat sur les taches profondes (cacao, graisse, …) serait très peu efficace. Parlant plutôt d'un produit à réserver pour le linge légèrement sale car très écologique.

Un autre test, cependant peu poussé comme l'avouent leurs auteurs[5], semble montrer une efficacité comparable aux lessives traditionnelles, avec toutefois une blancheur inférieure.

Dans la pratique, plus d'un milliard d'Indiens lavent encore à ce jour avec la noix de lavage [réf. nécessaire].

Bilan écologique[modifier | modifier le code]

Le bilan écologique des noix de lavage a été comparé au bilan écologique des lessives traditionnelles en 2007 par deux étudiants en sciences et ingénierie de l’environnement de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) : « En tenant compte de tout le cycle de vie, les noix ressortent partout meilleures pour l’écologie. Le transport en bateau ayant un impact bien moindre que la fabrication de la poudre. » [6].

Galerie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. [1]Utilisation des noix de lavage
  2. Source : Le Sapindus mukorossi
  3. Lors de son test (demandé par Ecover) des lessives, dans son numéro de novembre 2006 de 60 millions de consommateurs, l'Institut national de la consommation note que les noix de lavage obtiennent un résultat très proche voire identique à celui de l'eau chaude
  4. Résumé de l'étude du magazine belge Test-Achat dans l'émission ABE sur tsr.ch
  5. Noix de lavage: moins blanc, mais plus écolo « bon à savoir », magazine des consommateurs Suisses, 4 juillet 2007 (accès réservé aux abonnés)
  6. Résumé de l'étude sur l'impact écologique dans l'émission ABE sur tsr.ch

Références externes[modifier | modifier le code]