Herpestidae

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Herpestinae)
Aller à : navigation, rechercher

Herpestidés

Les Herpestidés (Herpestidae) constituent une famille de carnivores féliformes et portent pour noms vernaculaires mangoustes, suricates et même rats. La mangouste est parfois donnée comme animal totémique dans l'univers scout sous le nom de sifak, sans qu'il soit possible de déterminer l'origine du mot. Il est en revanche avéré qu'il ne s'agit pas d'une confusion avec le sifaka.

Morphologie[modifier | modifier le code]

Les herpestidés ont une face et un corps allongés, des oreilles petites et rondes, des pattes courtes et une queue longue et effilée. La plupart sont tachetées ou grisonnantes ; un petit nombre a une fourrure bien marquée. Leurs griffes ne sont pas rétractiles et elles les utilisent surtout pour creuser la terre.

Moins diversifiées que les viverridés, cette sous-famille regroupe une trentaine d'espèces africaines et asiatiques vivant dans des habitats divers qui vont des forêts ouvertes aux savanes, aux régions semi-arides et aux déserts. Elles sont principalement terrestres, mais quelques-unes sont aquatiques ou semi-arboricoles.

Répartition[modifier | modifier le code]

Répartition de la famille. Plus le bleu est sombre, plus la diversité d'espèces est grande.

On les trouve en Asie, en Afrique, aux Caraïbes et en Europe du Sud. Il existe plus de trente espèces, dont la longueur varie d'une trentaine de centimètres à un mètre. Les mangoustes sont carnivores, et se nourrissent d'insectes, de crabes, de lombrics, de lézards, de rongeurs et d'autres petits animaux. Elles n'hésitent pas à manger des œufs, des charognes et quelquefois des fruits. Certaines espèces, comme Herpestes edwardsii, la mangouste indienne, sont connues pour leur capacité à lutter contre des serpents venimeux comme les cobras et à les tuer (mais elles n'ont aucune attirance particulière pour leur chair). Elles en sont capables grâce à leur vitesse et à leur agilité mais également par une adaptation qui les immunise contre les venins neurotoxiques[1]. Si on les fait se battre contre des vipères ou d'autres serpents plus rapides que les cobras (et dotés de venins hémotoxiques), comme c'est souvent malheureusement le cas pour les jeux d'argent, c'est la mangouste qui perd en général.[réf. nécessaire]

Comportement[modifier | modifier le code]

La mangouste égyptienne (Herpestes ichneumon) est généralement considérée comme un animal solitaire, bien qu'on ait observé qu'elle vit parfois en groupes.

Le suricate (Suricata suricatta), qui vit en troupes de deux ou trois familles, chacune comprenant un mâle, une femelle et entre deux et cinq petits, a pour habitat les territoires ouverts de l'Afrique méridionale (Angola, Namibie, Botswana, Union Sud-Africaine). C'est un petit mammifère diurne qui chasse les invertébrés. Son mode de vie et sa petite taille (il pèse moins d'un kilogramme) le rendent très vulnérable vis-à-vis des carnivores de plus grande taille et des rapaces. Pour protéger le groupe des prédateurs quand les autres sont en train de chasser, un suricate fait le guet, grimpant sur une position dominante afin de repérer le danger. S'il aperçoit un prédateur, il pousse un cri d'alarme pour prévenir ses congénères et indiquer si la menace vient de l'air ou de la terre. Si la menace est aérienne, chacun se précipite vers le trou le plus proche ; si elle est terrestre, la troupe fuit moins précipitamment, car les suricates échappent plus facilement aux prédateurs terrestres qu'aux rapaces.

Systématique[modifier | modifier le code]

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Cette famille contenait à la base les deux sous-familles des Herpestinae et des Galidiinae. À la suite d'une étude de 2003[2], les espèces de la sous-famille des Euplerinae (anciennement partie des Viverridae) ont été regroupées avec les Galidiinae, au sein de la famille des Eupleridae. La sous-famille des Herpestinae n'a depuis plus lieu d'être.

Origine[modifier | modifier le code]

Ces espèces appartiennent à l'une des quatre familles de mammifères féliformes terrestres descendant des viverrinés, qui étaient des mammifères ressemblant à la civette ou à la genette. Du point de vue évolutif, cette famille est étroitement reliée à la famille des Viverridae, dont elle était auparavant considérée comme un membre (cette théorie a encore des partisans[3]), bien qu'elle présente des traits distinctifs quant à la morphologie et au comportement, tout en possédant la même formule dentaire de base que les viverridés. À la différence des viverridés, arboricoles et nocturnes, ces espèces sont plus souvent terrestres et beaucoup sont actives pendant la journée. La plupart sont des solitaires, comme la mangouste égyptienne, mais quelques-unes, tels les suricates, ont des systèmes sociaux bien développés.

Genres et espèces[modifier | modifier le code]

mangouste - Tanzanie

Les herpestidés et l'homme[modifier | modifier le code]

Quelques-unes de ces espèces peuvent être facilement domestiquées. Elles sont assez intelligentes et on peut leur enseigner des choses simples, c'est pourquoi elles servent souvent d'animaux de compagnie pour protéger la maison des nuisibles. Pourtant, elles peuvent être plus destructrices qu'on le souhaiterait ; quand on les a importées aux Caraïbes pour tuer les rats, elles ont détruit la plus grande partie de la petite faune vivant à terre. C'est pour cela que l'importation de la plupart de ces espèces est illégale aux États-Unis, en Australie et dans d'autres pays. Les mangoustes ont été introduites à Hawaii en 1883 et ont eu un impact important sur les espèces indigènes. Pour cette raison les mangoustes sont considérées quelquefois comme « les animaux les plus dangereux de la planète ».[réf. nécessaire] Il est d'ailleurs illégal d'en posséder sans permis en Hawaï.

À Okinawa, au Japon, il existe une attraction touristique qui consiste à faire se battre devant des spectateurs et dans un espace fermé une mangouste et un serpent venimeux local, le habu (une des espèces de Trimeresurus). La pression des associations pour les droits des animaux a néanmoins réduit le nombre de ces spectacles.

La mangouste a été popularisée auprès du public par le personnage de Rikki-Tikki-Tavi, créé par Rudyard Kipling dans Le Livre de la jungle.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hedges, Stephen. "Science: Mongoose's secret is to copy its prey"; New Scientist; 11 January 1997
  2. Yoder, A., M. Burns, S. Zehr, T. Delefosse, G. Veron, S. Goodman, J. Flynn. 2003. Single origin of Malagasy Carnivora from an African ancestor. Nature, 421: 734-737.
  3. (en) Géraldine Veron, Marc Colyn, Amy Dunham, Peter Taylor et Philippe Gaubert, « Molecular systematics and origin of sociality in mongooses (Herpestidae, Carnivora) », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 30, no 3,‎ mars 2004, p. 582-598 (lire en ligne)