Première ascension

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Illustration de la première ascension du Cervin
Illustration de la première ascension du Cervin (par Gustave Doré)

La première ascension est, en alpinisme ou en escalade, la première expédition atteignant le sommet d'une montagne ou la première ascension empruntant une voie spécifique. On parle alors aussi dans ce dernier cas d'ouverture de la voie. On recense les premières ascensions parce qu'elles sont assimilées à de vraies explorations ; elles sont souvent risquées et représentent un défi important pour les alpinistes qui les effectuent.

La première ascension est généralement répertoriée dans l'histoire d'une montagne ou d'un site d'escalade. On distingue souvent indépendamment les premières ascensions en solitaire, les premières hivernales, les premières hivernales en solitaire, les premières ascensions féminines, les premières féminines en solitaire et les premières féminines hivernales en solitaire.

L'utilisation de la photographie ou de la vidéo permet d'attester de ce premier accès à un sommet. Il peut aussi arriver qu'un objet soit laissé au sommet. Cela peut être un drapeau ou alors un objet oublié ; ce fut le cas d'un piolet oublié par Hermann Buhl au sommet du Nanga Parbat et retrouvé par une expédition japonaise en 1999.

On peut également parler de première ascension en aéronautique pour déterminer la première fois où un certain type d'aérostat a décollé notablement du sol[1]

Escalade[modifier | modifier le code]

En escalade, dans de nombreux pays, le grimpeur qui réalise la première ascension d'une voie est généralement celui qui peut la baptiser en lui donnant le nom de son choix. En France, au contraire, c'est celui qui a équipé la voie qui lui donne un nom[2]. Cette différence entre les pays a d'ailleurs amené à une controverse sur le nom de la célèbre voie ouverte par Chris Sharma en 2001 : Biographie[3]. Celle-ci fut ainsi nommée par son équipeur Jean-Christophe Lafaille une vingtaine d'année plus tôt. Or, aux États-Unis, c'est généralement le premier à réussir l'ascension de la voie qui la baptise. Ainsi Chris Sharma l'a nommée Realization. Les deux noms subsistent.

Souvent, pour les voies dans le neuvième degré, il est noté la seconde ascension car celle-ci permet de confirmer ou corriger le niveau annoncé par l'ouvreur de la voie. La première ascension féminine est également remarquée ; ce qui a été le cas pour le premier 9a réalisé par Josune Bereziartu qui a grimpé Bain de Sang.

Enfin, des voies ont parfois été libérées en artificielle détermine une première date de première ascension mais la première réussite en libre donne un second repère pour la voie qui aura donc vu deux premières ascensions (voire plus si celle-ci est également ouverte par une femme).

On parle aussi de dernière ascension dans le cas de voies qui ont été sensiblement modifiées (taille ou casse de prise), changeant sensiblement la cotation (ce qui peut être le cas pour jumbo love).

Alpinisme[modifier | modifier le code]

La première ascension du mont Blanc a marqué le démarrage de l'alpinisme dit « moderne »[réf. souhaitée]. Parfois la première ascension est difficile à déterminer. Dans le cas de l'Everest, il n'est pas possible de déterminer si l'expédition de 1924 a permis à George Mallory et Andrew Irvine d'atteindre le sommet car ils sont morts durant cette expédition. Cependant, il reste admis que la première ascension de ce sommet a été réussie par Edmund Hillary en 1953[4].

En pyrénéisme, la première ascension connue n'est pas nécessairement la première ascension d'un sommet.

À de nombreuses reprises, la réussite de la première ascension d'une montagne ou d'une voie d'alpinisme a coûté la vie à ceux qui la tentait. Certains sommets sont même devenus célèbres, voire considérés comme impossible à gravir suite au nombre de victimes lors des tentatives. La face nord de l'Eiger, par exemple, est restée indomptée entre 1932 et 1938 malgré les essais. Durant six années, plus d'une dizaine d'alpinistes ont trouvé la mort ce qui a rendu cette face tristement célèbre[5],[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Chronique sur la chronologie de l'aéronautique » (consulté le 23 mai 2010)
  2. Louis Dollo, « Biographie ou Réalization ? », sur www.kairn.com,‎ 18 juin 2004 (consulté le 8 mai 2012) : « Mais il faut quand même savoir qu’aux US, contrairement en France et plus généralement en Europe, c’est le premier qui enchaîne la voie qui lui donne un nom. Le même phénomène existe pour le bloc. »
  3. « Petit éclaircissement : Biographie ou Realization ? », sur www.kairn.com,‎ 17 août 2010 (consulté le 8 mai 2012)
  4. (de) David Breashears, Audrey Salkeld, Mallorys Geheimnis. Was geschah am Mount Everest?, Steiger, 2000 (ISBN 3-89652-220-5)
  5. Rainer Rettner et Agnès Couzy, Triomphe et tragédies à l'Eiger : à la conquête de la face nord 1932-1938, Grenoble, Glénat,‎ 2009, 319 p. (ISBN 9782723469586)
  6. Catherine Destivelle, « Catherine Destivelle : l'Eiger », sur www.destivelle.com,‎ 31 janvier 2001 (consulté le 8 mai 2012) : « Beaucoup d'alpinistes s'y étaient cassés les dents ; cette paroi était, et est encore, considérée comme une "tueuse". »