Roland Toutain

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Roland Toutain

Description de cette image, également commentée ci-après

Roland Toutain, acrobate aérien, en 1926

Naissance 18 octobre 1905
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Décès 16 octobre 1977 (à 71 ans)
Argenteuil
Profession Acteur, cascadeur
Films notables Le Mystère de la chambre jaune, Le Parfum de la dame en noir, La Règle du jeu

Roland Albert Toutain, né le 18 octobre 1905 à Paris et mort le 16 octobre 1977 à Argenteuil (Val-d'Oise), est un acteur français, cascadeur et auteur de chansons. Archétype de l'acteur bondissant et casse-cou, il incarna notamment Rouletabille dans Le Mystère de la chambre jaune et Le Parfum de la dame en noir de Marcel L'Herbier, et l'aviateur André Jurieux dans La Règle du jeu, de Jean Renoir.

L'as des as[modifier | modifier le code]

Roland Toutain est le fils d'un normand, éleveur de chevaux, et d’une artiste corse, réputée intrépide. Alors qu'il n'a que deux ans, son père ne trouve rien de mieux que de le jeter dans le lac du Vésinet, pensant qu'il va se mettre à nager naturellement. En pension à l'école des Pères de Notre-Dame, à Boulogne-Billancourt, il en sort plus souvent en sautant le mur que par la porte.

Son père meurt lorsqu'il a douze ans. Voué dès son plus jeune âge aux acrobaties et cabrioles, l'adolescent se distingue en escaladant la Tour Eiffel, en faisant le funambule dans les carrières d’Argenteuil, en grimpant sur le toit des voitures et des trains. Il passe une bonne partie de sa jeunesse sur les terrains d'aviation. En 1925, sa notoriété de cascadeur aérien n'est plus à faire.

Le cinéma l'attire : Roland Toutain, qui admire l'acteur Douglas Fairbanks, rencontre Marcel L'Herbier, qui lui fait faire des figurations dans quelques films sans grand intérêt pour lui. En 1930, après une audition très disputée, Roland Toutain emporte le rôle qui va le rendre célèbre, celui de Rouletabille dans Le Mystère de la chambre jaune, et sa suite Le Parfum de la dame en noir, adaptation des romans de Gaston Leroux réalisée par Marcel L'Herbier. Le succès est au rendez-vous : il reprendra à plusieurs reprises le rôle du célèbre journaliste, s'inscrivant durablement dans les mémoires.

Il est alors l'ami d'écrivains et d'aventuriers tels que Joseph Kessel et Jean Mermoz. Juste retour des choses, il campe l'aviateur André Jurieux dans La Règle du jeu, de Jean Renoir (1939). Il incarne ensuite Scapin dans Le capitaine Fracasse, d'Abel Gance (1942). En 1943, il tient le rôle d'un garagiste dans le succès de l'année, L'Éternel Retour, de Jean Delannoy, puis celui de Cabrion, dans Les Mystères de Paris de Jacques de Baroncelli.

Séducteur, sportif, charmeur, Roland Toutain joue ses rôles avec un certain dilettantisme, ce qui le rend encore plus attachant. On le voit pourtant sauter d'un train en marche dans une rivière, exécuter des exercices périlleux au trapèze sous un avion. Il initie également Jean Marais à la cascade.

Nature généreuse[modifier | modifier le code]

En 1949, il fonde le « club des Casse-cou », réunissant les spécialistes du moment, dont Gil Delamare, autre cascadeur célèbre, qui se tuera en 1966 lors du tournage du film Le Saint prend l'Affût. En 1951, à la suite d'un énième accident, Roland Toutain est amputé d'une jambe. Il se retire alors des plateaux, signant toutefois son départ avec deux dernières cascades : dans son dernier film, L'inspecteur aime la bagarre, il passe d'une vedette à un hélicoptère par une échelle de corde, puis se retrouve suspendu par les mains à une jetée, à 60 m au-dessus de la mer.

Ce risque-tout inguérissable consacre alors son temps libre et sa nature généreuse aux activités de « La roue tourne », association dédiée aux comédiens nécessiteux. Il habite avec sa mère à Argenteuil, au 40 avenue d’Orgemont, continue à rouler en Cadillac, reçoit les gamins du quartier.

Il aura vécu sa vie intensément, sans jamais s'arrêter : marié et divorcé trois fois, accidenté des dizaines de fois, ruiné à la fin de sa vie. À sa mort, Jean Marais, resté son fidèle ami, organise ses obsèques. Roland Toutain est inhumé au cimetière d'Argenteuil.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Roland Toutain offre un spectacle aux marins du porte-avions Arromanches en baie de Hạ Long en Indochine en 1952
  • En septembre 1928, lors d'un meeting aérien au Champ-Roland, à Hirson, Roland Toutain et Maryse Hilsz, suspendus par les pieds sous la carlingue d'un avion, décrochent des fanions tendus par terre.
  • Habitué des meetings aériens de Vincennes, il apparaît suspendu par les pieds à un trapèze sous un avion en vol.
  • En 1950, près de Rouen, lors d'un meeting aérien au lieu-dit La Madrillet, le clown de l'air est perché sur un Storch, équipé d'une grosse cloche sur chaque aile. Il réussit à les faire sonner, pour le plus grand bonheur des spectateurs.
  • Le champion de boxe Al Brown, vainqueur de Young Perez pour la couronne mondiale, catégorie poids coq, en 1934, était son inséparable ami. Avec lui, Roland Toutain était un habitué des boîtes de nuit de Montmartre, dont La Cabane Cubaine, qu'ils quittaient seulement au petit matin.

Chansons[modifier | modifier le code]

Roland Toutain a composé plusieurs chansons, dont celles du film d'André Zwobada, Capitaine Ardant, ainsi que Je suis fauché, Allumez la lune, La femme de mes rêves, etc.

Famille[modifier | modifier le code]

Roland Toutain a été marié et divorcé trois fois. Avec l'une de ses compagnes de jeunesse, Odette Calais, il a eu un fils, le comédien Jacques Maire, qu'il n'a jamais reconnu, malgré l'insistance et la médiation de Jean Marais.

Citations[modifier | modifier le code]

  • Dans la préface de l'autobiographie de Roland Toutain, Jean Cocteau évoque « l’être le plus désintéressé, le plus léger, le plus libre, le plus charmant de notre époque de disputes. [...] J'imagine mal une chose de toi qui n'aurait ni ailes, ni roues, ni rien de ce qui arrache l'homme à cette colle de la terre. »
  • Joseph Kessel : « Je ne pense pas qu'un autre garçon – et nulle part au monde – ait distribué, dilapidé avec autant de cœur, de fraîcheur, de talent et de simplicité, tant d'amusement, de joie et de jeunesse pour ses contemporains. »
  • Roland Toutain : « À l'écran, je ne joue pas, je m'amuse à jouer. C'est le secret de ma réussite. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les quatre cents coups, souvenirs autobiographiques, Éditions Amiot Dumont, Le livre contemporain, 1951

Filmographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]

(en) Roland Toutain sur l’Internet Movie Database