Roland Dubillard

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Roland Dubillard

Activités écrivain, dramaturge, acteur
Naissance 2 décembre 1923
Paris
Décès 14 décembre 2011 (à 88 ans)
Vert-le-Grand
Distinctions Commandeur des Arts et des Lettres, Chevalier de la Légion d'honneur

Œuvres principales

Roland Dubillard, né le 2 décembre 1923 à Paris et mort le 14 décembre 2011 à Vert-le-Grand[1], est un écrivain, dramaturge et comédien français. Son œuvre littéraire comporte des pièces de théâtre ainsi que des nouvelles, deux recueils de poésies, quelques essais et un journal intime. Il y flirte souvent avec un absurde très subtilement distillé, ce qui, pour certains, fait de lui un frère spirituel de Ionesco et de Beckett. En 1987, son œuvre créative est interrompue par un accident vasculaire cérébral, à la suite duquel il devient hémiplégique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Très jeune, Roland Dubillard écrit des poèmes (remarqués par Raymond Queneau dès 1945), des nouvelles, ainsi qu’un conte, Les aventures merveilleuses de Michele Ange, en 1945. Tout en poursuivant des études de philosophie à la Sorbonne, il entre, en 1943, à la Maison des Lettres dirigée par Pierre-Aimé Touchard. Dans le cadre du Groupe de Théâtre Moderne, il écrit et joue de courtes pièces, qu'il qualifie lui-même de saynètes, dont Conjoncture et Le Miracle de Sainte Agnès. En 1944, il y rencontre Michèle Dumézy qui deviendra sa femme. Ils auront deux fils, Jérôme et Stéphane. En 1946, Roland fait son service militaire dans le Théâtre aux Armées, en Autriche. Il y écrit et joue Il ne faut pas boire son prochain, avec André Voisin[2] (1923-1991). À son retour à Paris, il suit, avec Michèle, les cours de l’EPJD (Éducation Par le Jeu Dramatique), animé par Jean Vilar, Jacques Dufilho, le mime Marceau et le chorégraphe Loudolf Child.

À partir de 1947, à la demande de Jean Tardieu qui dirige le Club d’Essai de la Radiodiffusion Française, il écrit des nouvelles radiophoniques, des émissions comme L’urbanisme, Matière et mémoire, ainsi qu’une série de sketches écrits et interprétés avec Pierre Dumayet, mis en ondes par François Billetdoux. Les sketches Grégoire et Amédée ont été créés pour la radio à la demande d’Agathe Mella, à partir de 1953. Écrits quotidiennement par Roland Dubillard, dit Grégoire et Philippe de Chérisey, dit Amédée, rédigés soit par l’un, soit par l’autre, ils passent chaque soir sur Paris Inter. Ils remportent un grand succès qui fait connaître leurs auteurs. Ceux-ci font un spectacle de cabaret, joué entre autres à La Tomate et à la Fontaine des Quatre Saisons (aujourd’hui Musée Mayol), jusqu’en 1955. En 1976, Roland Dubillard a réuni ses sketches en volume, Les Diablogues. Joués régulièrement, notamment par François Morel et Jacques Gamblin, ce spectacle valut à Roland Dubillard un Molière de l’auteur en 2008. Ils furent repris en 2010 pour la première fois par deux comédiennes, Muriel Robin et Annie Grégorio.

Poursuivant son œuvre littéraire, en 1949, il écrit une première version de Où boivent les vaches, créée en 1972 par la Compagnie Renaud/Barrault. Dans le même temps, il écrit Les Campements (en 1949, édités en 1974) et deux essais : Les Confessions d’un fumeur de tabac français ( en 1950, éditées en 1974) et Méditation sur la difficulté d’être en bronze (en 1951, éditée en 1972). En 1952, il écrit Si Camille me voyait, une opérette sans musique, créée pour la radio et mise en ondes par Yves Le Gall. Cette pièce fut jouée au Théâtre Babylone en mai 1953 (éditée en 1971 ). La même année, il écrit Naïves Hirondelles, pièce qui sera montée en 1961 au Théâtre de Poche par Arlette Reinerg.

À partir de 1962, Roland Dubillard écrit plusieurs pièces, telles que Le jardin aux betteraves ou Les Crabes.

Il joue également dans plusieurs films : Le Témoin et Les Compagnons de la marguerite, de Jean-Pierre Mocky, et surtout La Grande Lessive (!), du même Mocky. Flanqué de Bourvil et Francis Blanche, ils y forment un trio aussi poétique que drolatique. En 1972, il interprète un rôle dramatique très remarqué dans Quelque part quelqu'un, premier long-métrage de Yannick Bellon pour lequel il reçoit le Grand Prix d’interprétation masculine française de l'Académie du cinéma « Étoiles de cristal » en 1973. Suivront Les vécés étaient fermés de l'intérieur (1976) de Patrice Leconte, Polar de Jacques Bral où il incarne un journaliste moqueur, alcoolisé, anarco-mélancolique, prêtant à Jean-François Balmer plus de mystère et de hauteur qu'il n'en a.

En 1975, il épouse la comédienne allemande Maria Machado, qui jouera dans plusieurs pièces avec lui.

Sa fille Ariane, née en 1956 de son union avec Nicole Ladmiral, est comédienne et chanteuse.

Récompenses[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Recueils de poèmes[modifier | modifier le code]

  • Je dirai que je suis tombé (1966), Gallimard, 1966, 1p. Coll. "Blanche". In Je dirai que je suis tombé suivi de La Boîte à outils. Gallimard, 2003, 327 p. Coll. "Blanche"
  • La Boîte à outils (1985), Décines : l'Arbalète, 1985, 285 p. In Je dirai que je suis tombé suivi de La Boîte à outils. Gallimard, 2003, 327 p. Coll. "Blanche"

Nouvelles et recueils de nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Négligence (nouvelle). la revue La Française
  • Olga ma vache (nouvelle, 1974). In Olga ma vache, suivi des Campements et des Confessions d'un fumeur, Gallimard, 1974, 176 p. Coll. "Blanche". Gallimard, 1993. Coll. "L'Imaginaire" no 297.
  • Campements (nouvelle, (1974). In Olga ma vache, suivi des Campements et des Confessions d'un fumeur, Gallimard, 1974, 176 p. Coll. "Blanche". Gallimard, 1993. Coll. "L'Imaginaire" no 297.
  • Madame fait ce qu'elle dit ou machine d'un jardin (récit, 2008), Coll. "Blanche". Gallimard.

Essais[modifier | modifier le code]

  • Confessions d’un fumeur de tabac français (essai, 1974). In Olga ma vache, suivi des Campements et des Confessions d'un fumeur, Gallimard, 1974, 176 p. Coll. "Blanche". Gallimard, 1993. Coll. "L'Imaginaire" no 297. Gallimard, 2003, 107 p. Coll. "Folio 2 euros" no 3965
  • Méditation sur la difficulté d’être en bronze (essai, 1972)
  • Carnets en marge (journal intime, 1998)

Scénario[modifier | modifier le code]

  • L'Affaire Manet, film de Jean Aurel ; scénario : Jean Aurel et Roland Dubillard (1951). In L'Avant-scène-Cinéma no 77, janvier 1968, p. 42-50.
  • Les Jardins de Paris, film d'Alain Resnais, 1948
  • Les Ciens de Conserve, Galimard, 1978, mis en scène par Catherine Marnas.

Émissions radiophoniques, (1947/1951)[modifier | modifier le code]

  • L’urbanisme
  • L’indicible objet
  • Le micro savant
  • Les extrêmes se touchent
    • Musique et langage
  • Matière et mémoire

Pièces de théâtre[modifier | modifier le code]

  • Si Camille me voyait… (1953), Mercure de France, 1997, 90 p. Éd. Régine Detambel. In Si Camille me voyait… suivi de Les Crabes ou les hôtes et les hôtes. Gallimard, 1971, 108 p. Coll. Le Manteau d'Arlequin. Gallimard, 2004, 98 p. Coll. Le Manteau d'Arlequin. Gallimard jeunesse, 2005, 166 p. Coll. Folio junior théâtre no 1361/21. Petit carnet de mise en scène Maria Machado et Charlotte Escamez
  • Les Crabes ou les hôtes et les hôtes. In Si Camille me voyait… suivi de Les Crabes ou les hôtes et les hôtes, Gallimard, 1971, 108 p., coll. Le Manteau d'Arlequin. In Si Camille me voyait… suivi de Les Crabes ou les hôtes et les hôtes. Gallimard, 2004, 98 p. Coll. Le Manteau d'Arlequin. In Si Camille me voyait… suivi de Les Crabes ou les hôtes et les hôtes. Gallimard jeunesse, 2005, 166 p., coll. Folio junior théâtre no 1361/21. Petit carnet de mise en scène Maria Machado et Charlotte Escamez
  • Naïves hirondelles (1961), Gallimard, 1962, 220 p., coll. Blanche. Gallimard, 2004, 264 p. Coll. Folio théâtre no 87. Éd. présentée, établie et annotée par Michel Corvin.
  • La Maison d'os (1962), Gallimard, 1966, 176 p. Coll. Blanche
  • Le Jardin aux betteraves (1969), Gallimard, 1969, 128 p., coll. Le Manteau d'Arlequin. Gallimard, 2002, 119 p., coll. Le Manteau d'Arlequin
  • Où boivent les vaches (1973), Gallimard, 1973, ?? p., coll. Le Manteau d'Arlequin
  • Les Diablogues et autres inventions à deux voix (1975), Décines : M. Barbezat, 1976, 326 p. Décines : L'Arbalète, 1984, 321 p. Paris : L'Arbalète, 1991, 321 p. Gallimard, 1998, 363 p. Coll. "Blanche". Gallimard, 1998, 363 p., coll. Folio no 3177
  • Les Nouveaux diablogues, L'Arbalète, 1998, 232 p. Gallimard, 1998, 286 p., coll. "Folio" no 3176
  • Le Bain de vapeur (1977)
  • Les Chiens de conserve (1978), Bron : Centre d'études et de recherches théâtrales et cinématographiques, 1986. N° spécial d'Organon.
  • Chiens sous la minuterie (1986)
  • Il ne faut pas boire son prochain : fantaisie monstrueuse en quatre tableaux, sur une idée d'André Voisin (1997), Gallimard, 1998, 124 p., coll. Le Manteau d'Arlequin (préf. de Diane Henneton).
  • Le Gobe-douille et autres diablogues, Gallimard jeunesse, 2000, 165 p., coll. Folio junior théâtre no 1101/6.
  • Dialogue puéril / Roland Dubillard ; ill., Lisa Mandel. [Morsang-sur-Orge] : Lire c'est partir, 2002, 31 p.
  • Madame fait ce qu'elle dit, Gallimard, 2008.

Théâtrographie[modifier | modifier le code]

Comédien[modifier | modifier le code]

Metteur en scène[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Courts-métrages[modifier | modifier le code]

Scénariste[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Voix off[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. David Caviglioli, « Roland Dubillard est mort », sur http://bibliobs.nouvelobs.com,‎ 14/12/2011 (consulté le 14/12/2011)
  2. André Voisin : écrivain et peintre français, ancien directeur des programmes de l'ORTF Notice sur BnF.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Robin Wilkinson, Le théâtre de Roland Dubillard, essai d'analyse sémiologique, Berne, P. Lang, 1989 (ISBN 3-261-04142-0)
  • Charlotte Escamez, Roland Dubillard et le comique, Paris, l'Harmattan, 2003 (ISBN 2-7475-3894-X)

Liens externes[modifier | modifier le code]