Les Voyages de Gulliver

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Voyages du capitaine Lemuel Gulliver en divers pays éloignés
Image illustrative de l'article Les Voyages de Gulliver

Auteur Jonathan Swift
Genre conte satirique
Version originale
Titre original Gulliver’s Travels
Éditeur original Benjamin Motte
Langue originale anglais
Pays d'origine St Patrick's saltire.svg Royaume d’Irlande
Lieu de parution original Londres
Date de parution originale 1726
Version française
Traducteur abbé Guyot-Desfontaines
Lieu de parution La Haye
Éditeur P. Gosse et J. Neaulme
Date de parution 1727
Dessinateur Richard Redgrave

Les Voyages de Gulliver (en anglais Gulliver’s Travels) est un roman satirique écrit par Jonathan Swift en 1721. Une version censurée et modifiée par son éditeur paraît pour la première fois en 1726 ; ce n’est qu’en 1735 qu’il paraîtra en version complète. Il apparaît pour la première fois en français sous le titre Voyages du capitaine Lemuel Gulliver au XVIIIe siècle, par l’abbé Desfontaines.

Ces récits, très riches, mêlent, en les relativisant, critique et raison, folie et pamphlet, fantastique et science-fiction. En ce sens, Swift amorce l’ère des Lumières anglaise et précède Oscar Wilde, Lewis Carroll, mais aussi Edgar Allan Poe.

Le contexte[modifier | modifier le code]

En 1726, Swift commence Les Voyages de Gulliver. marque un sommet de la satire sociale et politique au travers d’éléments mêlant, sur le mode du pamphlet ou de la description narrative, de la philosophie, de la logique, du fantastique et de la science-fiction.

Le roman a été écrit par Swift après le krach de 1720. Il avait acheté des actions de la Compagnie des mers du Sud pour 1 000 livres. La spéculation avait fait passer la valeur d'une action de 128 livres à 1 050 livres, avant de s'effondrer ruinant bon nombre de commerçants britanniques. Cet accroissement puis cette miniaturisation de la richesse en un temps très court a dû donner à Swift l'idée des changements de taille relative de son personnage principal qui serait une métaphore de ce krach en donnant à Swift l'occasion de se moquer des travers de la société de son temps.

  • 1705 : The Battle of the Books : Swift y décrit une bataille allégorique entre les livres anciens et modernes
  • 1706 : Daniel Defoe publie une Histoire de fantômes : « A True Relation of the Apparition of One Mrs Veal, the Next Day After Her Death, at Canterbury, the 8th of September 1705 ».
  • 1719 : Defoe qui n’a pas encore publié son Robinson Crusoé écrit : Memoirs of sundry translations from the World of the Moon translated from the Lunar languages by the Author of the True-Born English Man, une satire de la culture et de la politique anglaises.
  • 1720 : Defoe écrit Life and Adventures of Mr Duncan Campbell, une histoire poétique et fantastique mettant en scène un magicien muet.

Les quatre voyages de Gulliver[modifier | modifier le code]

Cette œuvre, écrite à la première personne, est divisée en quatre parties.

Voyage à Lilliput[modifier | modifier le code]

Jean-Georges Vibert, Gulliver et les Lilliputiens, vers 1870

Où l’on voit Lemuel Gulliver, chirurgien de marine, naviguer vers Bristol. Après un naufrage, il se retrouve sur l’île de Lilliput, dont les habitants, les Lilliputiens, ne mesurent qu'environ six pouces de haut (env. 15 cm). Plusieurs aspects de la société lilliputienne semblent bien plus avancés que l'Angleterre de l'époque, pourtant les peuples passent leur temps à faire la guerre. Après bien des aventures, Gulliver découvre l'origine de la guerre entre Lilliput et Blefuscu qui est l'île voisine : un roi a voulu imposer le côté par lequel devaient être cassés les œufs à la coque ; d'où le nom des partisans de chaque doctrine, les Gros-boutiens et les Petits-boutiens. À la fin du récit, Gulliver doit fuir Lilliput pour Blefuscu : en effet, en ayant refusé d'asservir les Blefusciens vaincus et surtout à la suite d'un complot fomenté par le Grand Amiral et certains ministres lilliputiens, il perd les grâces de l'Empereur. S'il restait, il se risquerait à une sentence d'arrachement de ses yeux, l'Empereur ayant atténué la peine prévue par les ministres : la mort. Il parvient finalement à retrouver un navire au large pour retourner en Angleterre.

Voyage à Brobdingnag[modifier | modifier le code]

(durant tout le voyage, il est écrit Brobdingnag, mais dans la lettre à son cousin Simpson qui clôture le livre, Gulliver précise que l'orthographe exacte est Brobdingrag) Gulliver entreprend un deuxième voyage et se retrouve à Brobdingnag, que l'auteur situe dans l'océan Pacifique entre le Japon et l'Amérique. Il se retrouve alors dans la situation inverse de Lilliput : tous les Brobdingnagiens sont des géants. L'un d'entre eux s'empare de Gulliver pour l'emmener dans sa ferme, où une petite fille, qu'il surnomme Glumdalclitch, s'occupe de lui. Il est par la suite acheté par la cour royale de Brobdingnag et y réside avec sa nourrice Glumdalclitch. Du fait de sa petite taille, le héros devient un objet de curiosité pour le roi, la reine et la cour, et devient notamment favori de la reine. Il explique au roi le système politique existant en Angleterre. Le souverain critique vivement les institutions anglaises. Mais à la suite d'un manque d'attention de la part d'un courtisan qui l'emmenait en balade près d'une falaise, Gulliver se retrouve emporté depuis sa chambre artificielle par un aigle, puis est repêché par des marins, qui le ramènent en Angleterre, où il a l'impression durant quelque temps de voir la population plus petite que lui.

Voyages à Laputa, à Balnibarbi, à Glubbdubdrib, à Luggnagg et au Japon[modifier | modifier le code]

Laputa jouxte, en miroir, l’ile volante de Lagado. En abusant de la philosophie spéculative, les hommes y perdent tout sens commun. C’est une critique de la philosophie et de la spéculation.

On peut apercevoir à Laputa une machine qui évoque fortement ce qu'est un ordinateur aujourd'hui[1].

Voyage au pays de Houyhahoms[modifier | modifier le code]

Pays peuplé par les Houyhnhnms, des chevaux beaux et intelligents arrivés au sommet de la raison et de la sagesse, qui sont les maîtres des Yahoos, animaux d’aspect répugnant au comportement misérable, qui se révèlent, au grand désespoir de Gulliver, être des humains. Swift pose ici une question de réflexion : quelle est la différence entre un être humain et un animal ? Cette différence est-elle réelle ou est-elle simplement apparente ? Doit-on avoir honte d’être humain ?

Adaptations cinématographiques et télévisuelles[modifier | modifier le code]

Dès 1902 : le livre est adapté une première fois au cinéma muet avec Le Voyage de Gulliver à Lilliput et chez les géants de Georges Méliès [2].

Plusieurs adaptations suivront depuis lors. Dont, entre autres :

Adaptations théâtrales[modifier | modifier le code]

  • Jean-Louis Sarthou a écrit et mis en scène une adaptation intitulée La fable de Libre-Gueule. Elle a été jouée en 1974-75 au Studio d'Ivry et en tournée en France (particulièrement en coproduction avec la Maison de la Culture de Chambéry). Elle était interprétée par Dany Tayarda, Raymond Bisbal, Michel Brothier et Vincent Violette.

Postérité[modifier | modifier le code]

  • Après avoir traduit l'original en français en 1727, Pierre Desfontaines a écrit Le Nouveau Gulliver ou Voyage de Jean Gulliver, fils du capitaine Gulliver... en 1730
  • Bertolt Brecht emprunte à Swift dans Têtes rondes et têtes pointues (Die Rundköpfe und die Spitzköpfe) car Yahoo désigne alors un royaume imaginaire: « La scène représente un pays nommé Yahoo, / Dans lequel le Juge des crânes, en les répartissant, / Décide du même coup du sort de certaines gens » (traduction de Michel Habart, L'arche, 1959).
  • Plusieurs cratères de Phobos, satellite naturel de Mars font références à des personnages du roman.
  • Dans le film d'animation, Le Château dans le ciel (1986) de Hayao Miyazaki, le château volant nommé Laputa est une adaptation libre de cette partie des Voyages.
  • En informatique, l'ordre des octets, l'endianness, porte le nom des deux peuples Lilliputiens, en référence au côté par lequel chaque peuple mange ses œufs à la coque.
  • Dans Docteur Folamour (1964) de Stanley Kubrick, le bombardier B-52 « Colonie lépreuse » cible le complexe de Missile Laputa.
  • le nom du site Yahoo! a été choisi en référence au peuple des yahoos[réf. nécessaire]
  • en 2000 Maxime Aulio compositeur, écrit une suite pour Orchestre d'Harmonie, basée sur ce livre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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