Ja'far al-Sâdiq

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Abû `Abdillâh Ja`far bin Muhammad al Sâdiq[1] (arabe : أبو عبد الله جعفر بن محمد الصادق) est né à Médine le 24 avril 702/17 Rabia al Awal 83 H, mort le 15 décembre 765/25 Chawwal 148 H[2]. Il est le fils de Muhammad al-Bâqir et de Umm Farwah bint Qasim ibn Muhammad ibn Abi Bakr (arrière-petite-fille du calife Abû Bakr). À ce titre, il fait partie des ahlul bayt. Il est en outre le fondateur de la première école de l'islam[3].

Chez les chiites[modifier | modifier le code]

Il est considéré par les Chiites duodécimains et les Ismaéliens comme le sixième imam.

Il est mort empoisonné le 15 décembre 765/25 Chawwal 148 H, par le calife abbasside Abû Ja`far al-Mansûr (754-775). Il est enterré à Médine au cimetière d'al-Baqî, auprès de son illustre élève Malik Ibn Anas.

À la mort de son père, en 743, Ja'far lui succéda comme imam.

Il est le fondateur de l'école jafarite. Son slogan était selon les chiites : « Achoura c'est tous les jours et Kerbela c'est partout. » Il est considéré comme une autorité en matière de droit et de hadiths. Sa succession créa un problème car son fils Ismâ`il ben Ja`far, successeur désigné, serait décédé avant lui en 760 (occulté selon la tradition ismaélienne). À la mort de Ja`far as-Sâdiq la majorité préféra prendre pour imam son deuxième fils Mûsâ al-Kâzim plutôt qu'Ismaïl (et son fils Muhammad ben Ismâ`il), que suivirent les Ismaéliens.

Chez les sunnites[modifier | modifier le code]

Les sunnites le considèrent comme un des pieux prédécesseurs, un grand savant et un modèle de spiritualité. De nombreuses paroles de l'imam Ja'far sont ainsi rapportées par les sunnites, notamment dans le domaine de l'exégèse coranique[4] et la spiritualité[5] : il est l’un des maillons de la chaîne soufie des naqshbandi.

L’imam Farîd Ud Dîn Al 'Attâr débuta même un de ses livres contenant des notices biographiques sur les saints de l'islam sunnite en ces termes : " Afin d'attirer les faveurs célestes, nous allons tout d'abord parler de Ja'far As Sâdiq, car il fait partie des gens de l'intimité [avec Allâh], il est le modèle de tous les savants et il a mieux parlé qu'eux tous réunis de la voie spirituelle menant à Allâh. "[6]

Les célèbres imams Abou Hanifah et Mâlik ibn Anas le rencontrèrent et apprirent de lui.

Abu Na’im Isfahani dans son al-Hulya dit: "Ja’far al-Sadiq fut cité par un grand nombre de savants et d’imams renommés, comme Malik ibn Anas,Shu’ba ibn Hajjaj, Sufyan Thawri, Ibn Juraih, Abdullah ibn Amr, Ruh ibn Qasim, Sufyan ibn Uyeyna, Sulaiman ibn Bilal, Ismael ibn Ja’far, Hatem ibn Ismael, Abdul Aziz ibn Bilal, Ismael ibn Ja’far, Hatem ibn Ismael, Abdul Aziz ibn Mukhtar, Wahab ibn Khalid, Ibrahim ibn Tahham et plusieurs autres. D’autres disent qu’il fut la source originelle de narrateurs tels que Malik, Imam Shafi’i, Hassan ibn Salih, Abu Ayub Sakhtiyani, Umar ibn Dinar, Ahmad ibn Hanbal et d’autres. Anas ibn Malik dit: Aucun œil n’a jamais vu, aucune oreille n’a jamais entendu, aucun cœur n’a jamais connu un homme meilleur que Ja’far al-Sadiq en ce qui concerne son savoir, son adoration et sa piété."[7]

Mahmud Abu Zuhra, le doyen de l’université d’Al Azhar, préfaçant son livre al-Imam al-Sadiq, dit: { Nous, qu’Allah nous accorde le secours et le succès, avons déjà écrit à propos de 7 imams. Nous n’avons différé notre livre à son propos que parce qu’en fait, il en est le supérieur, il a un mérite particulier parmi les plus grands d’entre les savants, tel ABou Hanifa qui le cite souvent et le considère comme le plus instruit au sujet des différences d’opinions et le plus compétent en jurisprudence. L’imam Malik fréquentait sa classe en tant qu’étudiant et le citait en tant que narrateur. Il fut le professeur d’Abu Hanifa et de Malik, ce qui est suffisant pour prouver son grand mérite. Il ne peut être écarté pour cause de déficience quelconque, et personne ne peut le dépasser dans ses mérites. En outre, il est le petit-fils de Ali Zain al-Abidin, qui fut le plus honoré de la population de Médine en son temps, aussi loin que son mérite, son honneur, sa piété et son savoir furent concernés. Ibn Shihab Zahri et plusieurs autres ont également assisté à ses cours. Il est le fils de Muhammad al-Baqir, qui pourfendit le savoir pour en extraire son pur noyau. Il est donc celui à qui Allah accorda un honneur personnel outre l’honneur de sa noble lignée, la parenté des Hashimites et la progéniture de Mahomet[8]

Ya’qubi dit: "Il fut le meilleur et le plus instruit dans la religion d’Allah. Les hommes de science, en le citant, disaient: l’instruit nous a dit."[9]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Sâdiq : "authentique", arabe : صادق
  2. Selon Charles Schefer Chrestomathie persane, à l'usage des éleves de l'École spéciale des langues orientales vivantes, 1883
  3. Dictionnaire du Coran - Édition Robert Laffon
  4. Voir le florilège de paroles rapportés par le Qâdî 'Iyâd dans Kitâb Ush Shifâ°, le Tafsîr ul Qur°ân il 'Azîm de Ibn Kathîr, ou encore le Tafsîr de Al Qurtubî, et bien d'autres exégèse coranique sunnites.
  5. Voir également le Kitâb Ush Shifâ° du Qâdî 'Iyâd, le Mémorial des Saints de l’imam Al 'Attâr ou encore Mawâdd Ul Ghawthiyyah de l’imam Al 'Alawî.
  6. Tadhkirat ul Awliyâ de l'Imâm Farîd Ud Dîn Al 'Attâr.
  7. Ibn Shahr Ashub, Manaqib aal Abi Taleb, vol 4,p 248
  8. Abu Zuhra, Imam al-Sadiq, p3
  9. Ahmad ibn Abi Ya’qub ibn Ja’far ibn Wahab, Tarikh Ya’qubi, vol 2,p381

Sources[modifier | modifier le code]