Ali ibn Abbas al-Majusi

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Ali ibn Abbas al-Majusi (mort en 982- 994), également connu sous le nom de Masoudi (Haly Abbas sous forme latinisée), est un médecin et psychologue persan célèbre surtout pour le Kitab al-Maliki ou Livre de l'art médical, son manuel de médecine et de psychologie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est né à Ahvaz au sud-ouest de la Perse, il a étudié auprès de Cheikh Maher Abu Musa ibn Sayyār. À son époque, il était considéré comme l'un des trois plus grands médecins de l'Est du califat et, à ce titre, est devenu médecin de l’Émir Adhad al-dowleh Fana Khusraw de la dynastie Bouyides qui régna de 949 à 983 de l’ère chrétienne. L'émir a été un grand mécène de la médecine et a fondé un hôpital à Chiraz en Perse et en 981 l’Hôpital Al-Adudi de Bagdad où al-Magusi a travaillé. Ses ancêtres étaient zoroastriens, mais lui-même était Musulman. Sa vénération pour Allah transparaît de manière évidente dans le style de tous ses travaux[1].

Le traité de l’art de la médecine[modifier | modifier le code]

Al-Majusi est surtout connu pour son Kitab Kamil as-Sina'a at-Tibbiyya ("Traité de l’art médical"), appelé plus tard Le traité de médecine[1], qu’il a terminé vers 980. Il a dédié à l’Émir son livre qui a alors été connu sous le nom de Kitab al-Maliki (livre royal, ou en latin Liber Regalis ou Regalis Dispositio). Cet ouvrage est une encyclopédie plus systématique et plus concise que le Hawi de Razi et plus pratique que le Canon de la médecine d’Avicenne par lequel il a été remplacé.

Le Maliki est divisé en 20 conférences, dont les dix premières traitent de la théorie et les dix suivantes de la pratique de la médecine. Pour donner quelques exemples des thèmes abordés citons la diététique et la matière médicale, une description rudimentaire des capillaires sanguins, d'intéressantes observations cliniques et la preuve du rôle des contractions de l’utérus au cours de l’accouchement (il a affirmé par exemple que l'enfant ne sortait pas de lui-même du ventre de sa mère comme on le croyait alors, mais qu’il était expulsé par les contractions).

En Europe une traduction latine partielle a été adaptée vers 1087 par Constantin l'Africain, sous titre du Liber pantegni qui est devenu le texte fondateur de la Schola Medica Salernitana de Salerne. Étienne d'Antioche a proposé en 1127 une traduction plus complète et bien meilleure qui a été imprimée à Venise en 1492 et 1523.

Déontologie médicale et méthodologie de la recherche[modifier | modifier le code]

Ses travaux ont mis l’accent sur la nécessité d'une relation saine entre les médecins et les patients, et l'importance de la déontologie médicale. Il a également fixé des orientations d’une méthodologie scientifique similaire à celle de la Recherche médicale moderne[2].

Neurologie et psychologie[modifier | modifier le code]

Les neurosciences et la psychologie ont été abordées dans L’art de la médecine. Il a entrevu la neuroanatomie, la neurobiologie et la neurophysiologie du cerveau et a été le premier à décrire certaines maladies mentales, incluant les troubles du sommeil et de la mémoire, l’hypocondrie, le coma, la méningite aiguë et subaiguë, les vertiges, l’épilepsie, la maladie d’amour et l’hémiplégie. Il a mis davantage l'accent sur la préservation de la santé par la diète et la guérison naturelle plutôt que sur les médicaments ou les drogues qu'il n’utilisait qu’en dernier recours[1].

Psychophysiologie et médecine psychosomatique[modifier | modifier le code]

Ali ibn Abbas al-Majusi a été un pionnier dans le domaine de la psychophysiologie et de la médecine psychosomatique. Il a décrit comment l’état physiologique et psychologique d'un patient peuvent tous deux avoir une influence réciproque l’un sur l’autre dans son Livre de l'art médical. Il a trouvé une corrélation entre les patients qui sont physiquement et mentalement en bonne santé et ceux qui sont atteints physiquement et mentalement et a conclu que "la joie et le contentement peuvent apporter une vie meilleure à beaucoup de ceux qui, autrement, seraient malades et misérables en raison d’une tristesse inutile, de la peur, de l’inquiétude et de l'anxiété. "[3]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Amber Haque (2004), "Psychology from Islamic Perspective: Contributions of Early Muslim Scholars and Challenges to Contemporary Muslim Psychologists", Journal of Religion and Health 43 (4): 357-377 [363].
  2. Amber Haque (2004), "Psychology from Islamic Perspective: Contributions of Early Muslim Scholars and Challenges to Contemporary Muslim Psychologists", Journal of Religion and Health 43 (4): 357-377 [364].
  3. Nurdeen Deuraseh and Mansor Abu Talib (2005), "Mental health in Islamic medical tradition", The International Medical Journal 4 (2), p. 76-79.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Lutz Richter-Bernburg, "‘Ali b. ‘Abbas Majusi", in Encyclopædia Iranica, ed. Ehsan Yarshater, 6+ vols. (London: Routledge & Kegan Paul and Costa Mesa: Mazda, 1983 to present), vol. 1, pp. 837-8
  • Manfred Ullmann, Die Medizin im Islam, Handbuch der Orientalistik, Abteilung I, Erg?nzungsband vi, Abschnitt 1 (Leiden: E.J. Brill, 1970), pp. 140-146
  • Fuat Sezgin, Medizin-Pharmazie-Zoologie-Tierheilkunde bis ca 430 H., Geschichte des arabischen Schrifttums, Band 3 (Leiden: E.J. Brill, 1970), pp. 320-322
  • Manfred Ullmann, Islamic Medicine (Edinburgh: Edinburgh University Press, 1978, reprinted 1997), pp. 55-85.
  • Wustenfeld: Geschichte der arabischen Aerzte (59, 1840).
  • Edward G. Browne, Islamic Medicine, 2002, p.53-54, ISBN 81-87570-19-9
  • Charles S. F. Burnett, Danielle Jacquart (eds.), Constantine the African and ʻAlī Ibn Al-ʻAbbās Al-Magūsī: The Pantegni and Related Texts. Leiden: Brill, 1995. ISBN 90-04-10014-8
  • Shoja MM, Tubbs RS. The history of anatomy in Persia. J Anat 2007; 210:359–378.

Voir aussi[modifier | modifier le code]