Nasir e Khosraw

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Nasser Khosro ou Nasir e Khosraw (en persan : ناصرخسرو) est un philosophe, théologien et poète ismaélien de langue perse né en 1004 à Qobadiyan (près de Balkh, dans le Khorassan) et mort à Yomgan vers 1074.

Vie[modifier | modifier le code]

À la suite d'études philosophiques, religieuses et scientifiques, il occupe d'importantes fonctions administratives à Merv. Mais, le 20 décembre 1045, il rêve qu'un personnage lui reproche de vivre dans l'ivresse et en silence lui montre la direction de la qibla, qui, pour Nasir, représente l'imam éternel. À son réveil, il démissionne de ses fonctions et part sur le champ pour Le Caire avec son frère. Ce rêve initiatique est typique de l'ismaélisme. Mais ici, la quête du Graal est remplacée par la quête de l'imam. C'est pourquoi elle est dictée par « le Silencieux » au dormeur dont l'éveil représente une métamorphose spirituelle. En se rendant au Caire, il répond à la convocation ismaélienne. Au Caire, il reçoit pendant six ans l'enseignement ésotérique qui lui permet de recevoir le grade de « missionnaire » puis de « garant » (hojjat) au sein de la chevalerie spirituelle (da'wat). L'imam du Caire lui ordonne de retourner dans le Khorassan en tant que guide des ismaéliens de cette région. Là-bas, persécuté par des sunnites fanatiques, il se réfugie à Yomgan grâce à l'aide de l'émir du Badakhchan, Ali Ibn Asad, prince ismaélien et de surcroît poète comme Nasir. Il y assume la direction spirituelle des ismaéliens et élabore son œuvre théologique et philosophique dans le silence et le recueillement : son rêve initiatique s'est enfin réalisé.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Traités[modifier | modifier le code]

Ses traités représentent le sommet de l'âge d'or de l'ismaélisme à la veille de la réforme d'Alamut.

S'attachant à trouver les équivalents perses des termes techniques arabes, il est l'un des créateurs du vocabulaire scientifique et philosophique perse. Son style, précis, simple et direct est souvent animé. Il exprime un humour corrosif et les humeurs polémiques et combatives d'une âme passionnée qui ne doute pas.

  • Le Livre réunissant Les deux Sagesses , édité en persan par Henry Corbin, Bibliothèque iranienne, vol. 3, 1953, réed. 1984. Trad. française chez Fayard, 1990.
  • Le livre de la Lumière, Téhéran, 1929.
  • Le livre du voyage, trad. française, École des langues Orientales, 1881.
  • La face de la Religion, Kaviani, 1924.
  • Le Viatique des voyageurs, id. 1922.
  • La Table des Frères, traité de théosophie, Le Caire, 1940.
  • Le Livre de la Lumière, six chapitres en persan, traduits en anglais, The Ismaili Society, séries B n°6, 1949.
  • Développement et solution, id. séries A n° 5, 1950.

Poésie[modifier | modifier le code]

Son divan en fait l'un des créateurs de la poésie religieuse d'expression perse. Sa poésie reflète son enseignement spirituel : riche en sentences et en exhortations, elle est exempte de fioritures maniéristes.

Un poème de Naser Khosro[modifier | modifier le code]

Dans le poème suivant, Nasser Khosro jure de ne pas gâcher le persan dari en flattant les gouverneurs autocrates de son époque:

Si fructifie l'arbre de ta connaissance
Tu peux surmonter le ciel d'azur
Je ne verse pas aux pieds des porcs
La perle roulante du persan dari

Traduit par Mahshid Moshiri[1]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mashid Moshiri, Dictionnaire des poètes renommés persans: À partir de l'apparition du persan dari jusqu'à nos jours. Téhéran, Aryan-Tarjoman, 2007

Liens externes[modifier | modifier le code]