Dhikr

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Représentation d'artiste d'une pratique collective du Dhikr

Le dhikr (ou Zikr, arabe : ذِكْر [ḏikr], évocation ; mention, rappel, répétition rythmique (du nom de Dieu)), dans l'islam, désigne à la fois le souvenir de Dieu et la pratique qui avive ce souvenir[1]. Il est au cœur de la pratique du soufisme.

Dans la sourate L'araignée (29) du Coran, au verset 45, il est dit que ce qu'il y a de plus grand c'est le rappel d'Allah.

"Vous informerais-je de la meilleure de vos actions, la plus plure au regard de votre Souverain, celle qui vous élèvera davantage et qui sera meilleure pour vous que de faire l'aumône de l'or et de l'argent ; celle qui sera meilleure pour vous que de rencontrer votre ennemi et de le tuer (litt. frapper à la nuque) ou d'être tué ?" Bien sûr, répondirent-ils - "Il s'agit de l'évocation de Dieu", Exalté soit-Il, dit le Prophète.
Hadith rapporté par Abû Dardâ, Tirmidhî et Hâkim

Dhikr dans le soufisme[modifier | modifier le code]

Le Dhikr a une importance particulière dans le soufisme. Il y devient la « voie d'accès » privilégiée[1]. Le but est le renoncement au monde, en « vidant le cœur des préoccupations terrestres » pour mieux approcher Dieu et parvenir à l'anéantissement (fana')[1]. Pour ce faire, la pratique est codifiée : le rythme de la respiration et l'attitude sont des éléments susceptibles de soutenir la répétition du nom de Dieu (Allah, ou le nom du Prophète ou « l'un des 99 plus beaux noms divins », voire les attributs du Prophète, etc.) qui est au cœur de la méthode.

Il existe deux Dhikr, le solitaire et le collectif sans qu'il y ait d'opposition entre les deux[1], même si, selon certaines sources, les adeptes d’une pratique plutôt que de l’autre peuvent s’affronter ou se « tourner en dérision »[2]. Si la transe qui résulte de la pratique collective a souvent été perçue comme l'aboutissement recherché, par les observateurs, les initiés la considèrent comme n'étant pas le but à atteindre[1]. Il existerait donc un « Dhikr des privilégiés », comme expérience spirituelle intérieure, parfois mentionnés comme « Dhikr du cœur » ou « Dhikr de l'intime » (par opposition au « Dhikr de la langue », à haute voix) qui serait assez éloigné des pratiques hypnotiques du Dhikr collectif[1]. Il est fondé sur la conservation du sens du Dhikr au moment de sa pratique, de telle manière qu'il ne devienne pas une répétition routinière et distraite. L'intention (niyya) est alors essentielle pour le pratiquant afin qu'il soit préservé des distractions[1].

Le Dhikr s'accompagne souvent de l'usage d'une sorte de chapelet (مِسْبَحة [misbaḥa], misbaha; chapelet).

Les fondements dans le Coran[modifier | modifier le code]

Cette pratique s'appuie sur plusieurs versets du Coran, dont  :

Ô vous qui croyez ! Invoquez souvent le nom de Dieu !
Louez le matin et soir.
Le Coran (XXXIII ; 41-42)
Invoque ton Seigneur quand tu oublies, et dis : « il se peut que mon Seigneur me dirige vers ce qui est plus proche que cela du chemin droit. »
Le Coran (XVIII ; 24)

Il existe plusieurs hadiths authentiques où le prophète de l'islam, Mahomet, donne des indications du nombre de fois ou la formule doit être prononcée.

Nous étions chez le Prophète lorsqu'il nous demanda : "Est-ce que l'un d'entre vous serait capable d'acquérir chaque jour mille bonnes actions ?" L'un de ceux qui étaient en sa compagnie rétorqua : "Comment pourrait-on acquérir mille bonnes actions ?" Le Prophète répondit : "En disant cent fois "subhân Allah" (gloire à Dieu), il vous sera inscrit mille bonnes actions ou il vous sera ôté mille péchés."
Hadith rapporté par Sa'd ibn Abî Waqqas et Muslim
La meilleure évocation est le fait de dire : "il n'est de dieu que Dieu."
Hadith rapporté par Jâbir et Tirmidhî
Le Prophète m'a dit : "T'informerais-je de la parole la plus aimée auprès de Dieu ?" La parole la plus aimée de Dieu consiste à dire : "Gloire et louange à Dieu."
Hadith rapporté par Abû Dharr et Muslim
Article détaillé : Liste de hadith par récompense.

Mais le dhikr n'est pas seulement la répétition de formules, il peut prendre plusieurs formes : l'étude du Coran dans un cercle d'étude est considérée comme un dhikr, l'étude de hadiths en est une autre, la lecture du Coran et même la prière obligatoire est un dhikr comme le dit ce verset du Coran : "Et accomplis la prière pour le souvenir de Moi" ("wa aqimi salata li dhikri") (Sourate Ta Ha, verset 14).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Georges C. Anawati, Louis Gardet, Mystique musulmane: aspects et tendances, expériences et techniques, J. Vrin,‎ 1986 (présentation en ligne)
  2. Adriana Piga, Les voies du soufisme au sud du Sahara, Karthala (présentation en ligne), p. 77

Voir aussi[modifier | modifier le code]