Mawlid

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Mawlid
(la naissance du prophète)
procession à Bhadohi (hi), dans l'État indien de l'Uttar Pradesh, à l'occasion du Mawlid
procession à Bhadohi (hi), dans l'État indien de l'Uttar Pradesh, à l'occasion du Mawlid

Nom officiel (ar) المولد النبويّ, ạlmwld ạlnbwỹ
Autre(s) nom(s) Milad, Gamou
Observé par certains Musulmans
Type fête religieuse non canonique
Signification Célébration de la naissance de Mahomet
Date 12 de Rabia al Awal
Célébrations Drapeau du Maroc jour férié au Maroc

Drapeau de l'Algérie jour férié en Algérie
Drapeau des Émirats arabes unis jour férié aux Émirats arabes unis, …

Le Mawlid[1] (on trouve parfois aussi mouloud, maouloud, mouled ou maoulide) est une fête qui commémore généralement la naissance du prophète de l'islam Mahomet.

Elle se célèbre à la date du 12 de Rabia al Awal[2], troisième mois de l'année musulmane. Cette fête est aujourd'hui célébrée par bon nombre de communautés musulmanes dans le monde, aussi bien sunnites que chiites. Elle ne fait pas partie des deux fêtes religieuses authentiquement sacrées qui sont les deux aïds : le petit (l'Aïd el-Fitr) et le grand (l'Aïd al-Adha).

Histoire[modifier | modifier le code]

À l'instar de Noël qui fut instaurée tardivement et sans source biblique, aucune trace explicite de cette fête n'existe dans le Coran et la sunna. L'anniversaire de Mahomet n'a jamais été célébré de son époque, ni par ses compagnons, ni par les musulmans sunnites des premiers siècles, et aucune information fiable ne permet d'en établir la date réelle. Le premier qui a innové la célébration de la naissance de Mahomet est Al-Muizz li-Dîn Allah en l’an 362 de l’hégire au Caire. Puis, on continua de le fêter jusqu’à ce que le comman­deur des armées El-Afdhal Abou El-Qâssim Ibn Badr El-Djamâli, le vizir du calife El-Mousta`li Bi Allah l’annula en l’an 972 (490 de l’hégire)[3]. D'après les historiens Ibn Kathîr[4] et Ibn Khallikan[5], elle fut réinstaurée bien plus tard, vers 1207, par le roi d'Erbil.

Cependant, des traces de cette célébration existent dans la tradition chiite deux siècles plus tôt. La dynastie des Fatimides avait en effet pour habitude de célébrer 4 anniversaires : celui de Mahomet, d'Ali, de Fatima, et enfin du calife au pouvoir. Les festivités se limitaient alors à des processions dans la cour du souverain, pendant la journée, ainsi qu'à trois sermons (khutbas) prononcés devant les fidèles et en présence du calife. La célébration de l'anniversaire de Mahomet (ainsi que les autres anniversaires alors célébrés), fut ensuite suspendue vers 1095. Selon l'historien Ali Ibn al-Athîr, cette abolition fut décrétée à l'accession au pouvoir du nouveau vizir Al-Malik al-Afdhal, régent du calife fatimide Al-Musta'li, car non conforme au enseignements islamiques[6]. L'historien du XIIe siècle Ibn al-Qalanisi le décrivait alors comme un « fervent croyant des doctrines de la Sunnah[7] ». À sa mort, son successeur le vizir Al-Ma’mûn Al-Batâ’ihî, lui-même régent du calife fatimide Mansur al-Amir Bi-Ahkamillah, émet alors en 1123 un décret officiel pour distribuer des aumônes le jour du 13 de Rabia al Awal.

Légitimité de la célébration[modifier | modifier le code]

Les théologiens légitimant cette fête sont nombreux[réf. nécessaire] et appartiennent aux quatre écoles de jurisprudence islamique. On peut citer parmi les anciens Ibnou Hajar Al-`Asqalani, Sakhawi, As-Souyouti (savant soufi), ou encore Ahmad ibnou Zayni Dahlan[8].

D'un autre côté, la célébration de l'anniversaire de Mahomet est considérée par d'autres théologiens (aujourd'hui souvent affiliés au salafisme)[réf. nécessaire] comme une innovation religieuse (bidah) étrangère à l'islam. Ils mettent en garde contre l'altération par l'humanité de l'islam tel qu'enseigné au Prophète et pratiqué par les premiers musulmans, sahabas, n'ayant jamais fêté ce jour, malgré tout l'amour qu'ils avaient pour le Prophète. L'anniversaire de Mahomet n'a jamais été célébré de son époque, ni par ses compagnons, ni par les musulmans sunnites des premiers siècles. Aucune trace explicite de cette fête n'existe dans le Coran et la sunna. D'après les historiens Ibn Kathîr et Ibn Khallikan, elle fut instaurée bien plus tard, vers 1207, par le roi d'Erbil. Ce qui constitue donc une innovation en religion selon les paroles de Mahomet parmi lesquelles :

« - Toute nouveauté est une innovation, toute innovation est égarement, et tout égarement est au feu. - Quiconque introduit dans notre religion ce qui lui est étranger le verra rejeté »[9],[10]

Et les historiens ne s'accordent pas sur la date de naissance du Prophète (elle se célèbre à une date arbitraire, le 12[2] de Rabia al Awal), ceci montre que personne n'attacha de l'importance à transmettre la date exacte dans les premières générations de musulmans.[réf. nécessaire]

Hormis le fait que cette pratique puisse être considérée comme une innovation religieuse[11], elle peut être considérée comme l'imitation des non-musulmans : les chrétiens fêtant l'anniversaire de Jésus ('Issa, leur Prophète) fêter l'anniversaire de Mahomet revient à les copier. L’imam Ahmed a rapporté que Mahomet a dit : « Celui qui imite un peuple, fait partie intégrante de ce peuple. » L’imam At-Tirmidhi a rapporté que Mahomet a dit : « Il n’est pas des nôtres celui qui imite des gens différents de nous, n’imitez ni les juifs, ni les chrétiens. » le Prophète qui a déclaré : « Ne me flattez point de la façon dont les chrétiens ont flatté Jésus, le fils de Marie ; certes, je ne suis qu’un serviteur; donc, dîtes plutôt : serviteur et messager d’Allah » [12].

Parmi les anciens théologiens condamnant cette innovation, on peut citer Abu Ishaq al-Shatibi, Ibn Hadj[13], ou encore le juriste Malékite Tâjuddîn `Omar `Alî Al-Lakhmî d’Alexandrie, connu sous le nom d’Al-Fakahânî, dont l'épitre à ce sujet "Al-Mawrid fil-Kalâm `alâ Al-Mawlid" fut citée intégralement par As-Souyouti dans son ouvrage de défense du Mawlid[14].

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Dans la plupart des États musulmans, le jour du Mawlid est férié[15].

En Arabie saoudite cependant, le Ministère des affaires religieuses considère cette fête comme étrangère à l'Islam et comme une innovation d'origine non religieuse - bien que sa célébration ne soit pas interdite par les autorités[16]. Une semaine, qui n'est pas utilisée pour se rapprocher d'Allâh (pas religieuse), mais dans un but didactique, y est occasionnellement[Quand ?] dédiée à Mohammed ben Abdelwahhab[17].

Au Maroc, cette fête a été officiellement introduite en 1292, par le sultan mérinide Abû Ya`qûb Yûsuf an-Nasr. Aujourd'hui, la fête du Mawlid engendre deux jours fériés.

En Tunisie, ce jour est également férié. Un dîner familial est souvent préparé à cette occasion. Une crème pâtissière à base de pignons de pin d'Alep, l'Assidat zgougou est également préparée pour cette fête.

Au Sénégal et au Mali, où il est appelé Gamou, du nom du mois de mouharam en wolof, d'importantes célébrations y sont organisés. Les Tijani se rendent notamment dans la ville de Tivaouane, fondée par l'imam Malick Sy, pour y célébrer une importante commémoration rythmée par des poèmes chantés en l'honneur du Prophète et des conférences parlant de sa vie et sa grandeur.

En Libye, le dirigeant Kadhafi organisait depuis 2006 une grande fête du Mouloud dans divers pays en partenariat avec Ligue populaire et sociale des tribus du Grand Sahara.

Au Kenya sur l'île de Lamu (dont la capitale est considérée comme une ville sainte dans la culture swahilie), le Mawlid est chaque année l'occasion d'un festival culturel entourant un important pèlerinage, qui draine des fidèles de toute la région, sous l'égide du Sharif. Organisé pour la 123e fois en octobre 2013, le festival appelé localement « Maulidi » a attiré plus de 30 000 visiteurs venant principalement de la côte est-africaine (Somalie, Tanzanie, Comores...), mais aussi du Moyen-Orient, de toute l'Afrique orientale ainsi que quelques touristes occidentaux.

En Égypte[modifier | modifier le code]

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En Égypte on fête l'anniversaire de Fatima (la fille de Mahomet), de Husseyn (son petit-fils).

Le Moulid n'est pas considéré par de nombreux musulmans comme faisant partie intégrante de la religion, mais plutôt une tradition populaire de la vie musulmane. Certains considèrent cet instant comme une heureuse occasion pour les familles et amis de passer du temps ensemble et bien manger, et offrir au cours de cette fête les bonbons confectionnés spécialement pour les enfants.

En Égypte, presque chaque village et chaque quartier dans les grandes villes a son saint et leurs fêtes sont célébrées une fois par an. L'aspect est très semblable à la fête annuelle de dieux locaux fêtés au cours de l'ancienne Égypte.

Personne ne sait exactement quand la première célébration du « Moulid Al-Naby » a eu lieu, mais on suppose que c'est durant les époques fatimides et ayyoubide, où il était considéré comme un grand événement.

Il est très difficile de connaître les dates exactes de ces festivités mais les plus célèbres Moulid islamique et copte en Égypte sont :

  • Moulid Al-Naby, l'anniversaire du prophète célébré partout dans le monde ;
  • Moulid Sayyida Zeinab (la petite-fille du prophète), qui se tient derrière la mosquée de Sayyeda Zeinab où est son tombeau. Il est l'un des Moulid les plus fréquentés au cours du mois de septembre ;
  • Moulid Sayyid Badawi (saint musulman), qui se tient à Tanta, dans le delta du Nil généralement au cours du mois d'octobre après que les récoltes aient été vendues ;
  • Moulid Sayyedna al-Hussein, en août au Caire ;
  • Moulid Al-Refai, à la Citadelle du Caire au cours de septembre ;
  • Moulid Fatma Al-Nabawiya, tous les mois de juillet à Darb al-Ahmar ;
  • Moulid Abou al-Hagga al-Uqsuri, qui a eu lieu à Louxor et se déroule dans le milieu du mois islamique de Shaaban ; il se dit être lié à l'Égypte ancienne ;
  • Moulid al-Adra, le Moulid de la Vierge-Marie est un grand Moulid copte qui se tient en août au monastère de la Sainte Vierge à Durunka à une dizaine de kilomètres d'Assiout ;
  • Moulid copte Mari Girgis, sur la rive occidentale du Nil à Louxor au cours d'octobre.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. arabe : al-mawlid an-nabawîy, المولد النبويّ, la naissance du prophète
  2. En l'absence de sources sûres à ce sujet, des divergences existent à propos de la date de naissance du Prophète (le 8, le 9, le 10 ou le 13 sont également évoqués).
  3. « El-Mawâ`id Wa El-I`tibâr » d’El-Maqrîzi (1/432-433), « Soubh El-A`châ » d’El-Qalaqchandi (3/398), « El-Ibdâ` » d’Ali Mahfoudh (p. 126) et « El-Qawl El-Fasl Fi Houkm El-Ihtifâl Bi Mawlid Khayr Er-Rousl » d’Ismaïl El-Ansâri (p. 68).
  4. "Al-Bidayah wa n-Nihayah" (3/137).
  5. "Wafyat al-a'yan" (2/274)
  6. Al-Kamil fi al-Tarikh, Ali Ibn al-Athîr, volume 8, p. 302
  7. The Damascus Chronicle of the Crusades, Extracted and Translated from the Chronicle of Ibn al-Qalanisi. H.A.R. Gibb, 1932 (reprint, Dover Publications, 2002)
  8. As-Sira An-Nabawiyyah wa Al-athar Al-Mouhammadiyyah, p. 51.
  9. Cité par al-Boukhari, 3/167 no 2697, Al-Fath, 5/355)
  10. D’après Aïsha (رضي الله عنها), le Prophète a dit : « Quiconque innove dans notre religion une chose qui n’en fait pas partie la verra rejetée » (Rapporté par Al-Boukhâri dans le chapitre « des arrangements » n°2697, Mouslim dans le chapitre « des jugements » n°4589, Abou Dâoûd dans le chapitre de « la Sounna » n°4608, Ibn Mâjah dans « L’Introduction » n°14 et Ahmad n°26786) ; Houdhayfa Ibn Al-Yaman a dit : « N’accomplissez point des adorations que les Compagnons du Prophète n’ont pas accomplies, car les prédécesseurs n’ont rien failli à mentionner aux successeurs » (Rapporté par Ibn Al-Moubârak (en) dans le chapitre du « Az-Zuhd » n°47, par Ibn Nasr dans « Es-Sounna » n°89, par Ibn Waddâh dans « les hérésies » n°11 et par Ibn `Abd Al-Barr (en) dans « Al-Djâmi` » n°1809 par l’intermédiaire d’Abd Allah Ibn Aoun d’après Ibrâhim. Ce récit a été authentifié par Mashour Hassan Salman dans son commentaire critique du livre « Al-I`tissâm » d’Ach-Châtibi 1/122)
  11. Fatawa du Comité permanent pour la recherche d'Islamique et des Fatawas V3/p. 39
  12. Rapporté par El-Boukhâri dans le chapitre « des Prophètes » (hadith 3261), par Ed-Dârimi dans son recueil « Es-Sounane » (hadith 2682) et par Ahmed dans son livre « El-Mousnad » (hadith 333) par l’intermédiaire Omar Ibn El-Khattâb.
  13. Al Madkhal, Ibn Hadj, volume 2, p. 11-12.
  14. Al mourad fil kalam 3ala 3amal al mawlid, Tâjuddîn `Omar `Alî Al-Lakhmî, http://www.rahmet.org/Arapca/ar3191.doc.
  15. Afghanistan 1. Algérie 2. E.A.U.3. Indonésie 4. Iran 5. Jordanie 6. Libye 7. Mali 8. Maroc 9. Pakistan 10. Sénégal 11. Soudan [1]. Tunisie 12. Yémen 13
  16. Fatâwa Al-Lajnah Ad-Dâ-ima lil-Bouhouth Al-’Ilmiyyah wal-Iftâ (Fatwas de la Commission Permanente pour les Recherches Académiques et l’Ifta (consultation religieuse) du royaume d'Arabie Saoudite), vol.3, p. 23
  17. Voir la Fatwa présente dans Fatawa Al 'Aqida de Ibn Uthaymin, ed. Maktabat As Sunna, p. 624. traduite à ce lien : Interdiction du Mawlid et Autorisation de la semaine de Ibn Abd Al Wahhab

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]