Abou Hassan al-Chadhili

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Abou Hassan al-Chadhili (أبي الحسن الشاذلي), surnommé Sidi Belhassen Chedly, né vers 1197 au Maroc et décédé en 1258 en Égypte, est un saint musulman d'origine marocaine. Surnommé l'« imam des croyants », il fonda l'ordre soufi de la Chadhiliyya.

Réputé pour être un chérif idrisside issu de la lignée d'Omar Ben Idris (fils d'Idriss II), il voit le jour au sein du groupe des Béni Zeroual, Ghomaras dépendant de la tribu Akhmès, et vivant dans le pays Jebala ; il est rattaché à la branche des Ghaïtiyin[1].

À l'âge de 25 ans, prenant la route de l'Orient, il entreprend un voyage à Bagdad où il s'empresse de demander l'adresse du pôle mystique local pour rencontrer un maître qui le ferait « rentrer dans la voie ». Un homme du nom d'Abou Hassan Wasti lui aurait déclaré : « Tu cherches le qotb d'Irak alors qu'il se trouve dans le pays d'où tu viens ». Retournant au Maroc, il devient alors le disciple d'Abdeslam Ben Mchich Alami, considéré comme son maître, avant que celui-ci ne lui demande de se rendre en Tunisie, où Abou Hassan al-Chadhili fonde sa propre école.

Il devient alors un ascète toujours en pèlerinage à travers l'Afrique du Nord, notamment en Tunisie. Il enseigne sa doctrine à Tunis avec un grand succès et attire de nombreux disciples dont quelques-uns deviennent célèbres à leur tour :

  • Sidi Ali El Gorjani qui donne son nom à une ancienne porte de Tunis et à un cimetière aujourd'hui désaffecté ;
  • Sidi Mohammed El Chérif dont le tombeau se trouve près de la mosquée d'El Haoua ;
  • Sidi Ali El Hattab qui est enterré dans la plaine de Mornaguia et dont le tombeau est un lieu de pèlerinage bien connu des Tunisiens ;
  • Sidi Hassen El Séjoumi qui possède sa zaouïa près de la sebkha du même nom ;
  • Saïda Aïcha Manoubia ou Lella Manoubia qui est considérée comme une sainte à Tunis.

Au cours de l'un de ses voyages à La Mecque, il rapporte l'usage de la décoction des graines de caféier afin que ses disciples puissent se tenir éveillés durant les exercices de piété nocturne qu'il recommande. Il est ainsi considéré comme celui qui a introduit l'usage du café en Tunisie. À une certaine époque, il élit domicile dans l'une des grottes de la colline qui porte encore son nom. Mais sa popularité porte ombrage au pouvoir et, peut-être sous l'instigation des oulémas, il est forcé de s'exiler. Il se retire en Égypte où il meurt en 1258.

Après son départ de Tunis, ses disciples se réunissent en une confrérie, qui s'organise sous le nom de Chadhiliyya, et dont on peut voir la zaouïa au sommet de la colline de Sidi Belhassen.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Mouna Hachim, Dictionnaire des noms de famille du Maroc, Casablanca, Le Fennec,‎ 2012 [détail de l’édition], p. 179

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