Zaïdisme

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Le zaïdisme (de l'arabe الزيدية az-zaydiyya) est une branche du chiisme dont les adeptes reconnaissent Zaïd (Zayd Ibn Ali as-Sajjad) comme cinquième et dernier imam.

Les zaïdites ou zeydiyya ne sont plus présents de nos jours que dans le nord du Yémen, où ils sont majoritaires, bien qu'à l'échelle nationale, ce soient les sunnites qui prédominent.

Le chiisme est fondé à l’origine sur l’idée que le chef des musulmans doit être un descendant de Mahomet, et plus spécifiquement d'‘Ali, le quatrième calife et premier [imam] chiite, et de sa femme Fatima, la fille de Mahomet.

Les querelles successorales et théologiques ont amené la création de nombreuses écoles chiites comme le chiisme duodécimain qui compte le plus grand nombre d'adeptes. Mais il en existe d’autres, comme les zaïdites.

Géographie[modifier | modifier le code]

Les zaïdites sont essentiellement implantés au Yémen, dont ils constituent environ la moitié de la population. Dans ce pays, ils sont essentiellement concentrés dans le nord montagneux.

Le zaïdisme est non seulement une appartenance religieuse, mais il a aussi fonctionné dans les faits comme un lien communautaire pour les montagnards yéménites, qui sont toujours restés réticents à subir la loi des hommes des plaines.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines du zaïdisme[modifier | modifier le code]

Sous les Omeyyades[modifier | modifier le code]

Le chiisme zaïdite trouve son origine en Zayd ben Ali, descendant de Mahomet par Fatima, arrière-petit-fils d'‘Ali et petit-fils de Husayn dont la jurisprudence est proche des écoles sunnites. Vers 740, il tenta d'arracher le pouvoir aux Omeyyades de Damas, à Kufa (Irak).

Vers 740, Yousef ben ‘Umar voyant que les chiites commençaient à s'agiter à Koufa, demanda à Zayd ben ‘Alî de quitter la ville. Zayd finit par s'en aller à Médine. Ses partisans le convainquirent que sa place était à Koufa où il revint. De Koufa, Zayd envoyait des lettres appelant la population de toutes les provinces à se rallier à lui contre les Omeyyades. Zayd s'aliéna les chiites les plus extrêmes en ne voulant pas récuser les califes Abû Bakr et ‘Umar, ses descendants les considèrent comme légitime. Néanmoins Zayd crut avoir rassemblé des forces suffisantes pour se lancer au combat. Il fut tué au cours du combat qui s'ensuivit. Yousef ben ‘Umar fit exhumer le cadavre de Zayd, le fit décapiter puis mettre en croix dans les rues de Koufa, les chefs de la conspiration furent mis à mort et brulés. Après l’échec et la mort de Zayd, son fils Yahyâ ben Zayd prit sa succession. Avant de mourir le calife Hîcham a fait emprisonner Yahyâ à Merv[1].

Le nouveau calife Al-Walid II a remis Yahyâ ben Zayd en liberté, ce dernier a quitté Merv pour Nichapur. Arrivé à Nichapour le gouverneur a voulu le faire arrêter le croyant en fuite. Une bataille s'ensuivit à l'avantage des partisans de Yahyâ. Il crut prudent de ne pas continuer sa route vers l'Irak et revint vers le Khorasan à Gorgan où il fut tué lui et son frère. Leurs corps furent exposés sur le gibet. Ils restèrent ainsi jusqu'à l'insurrection d'Abû Muslim (743). Ce dernier les fit ensevelir. Al-Walîd de son côté envoya l'ordre de les brûler en les enduisant de pétrole. Le gouverneur d'Irak exhuma les cadavres et exécuta cet ordre[2].

La mort de Yahyâ provoqua une émeute à Damas au cours de laquelle Al-Walîd fut tué, le 17 avril 744.

Sous les Abbassides[modifier | modifier le code]

En 750, Abû al-‘Abbâs as-Saffâh renverse le dernier calife omeyyade et installe la dynastie Abbasside.

Il déçoit ses supporters chiites qui espèrent que leur imam devienne calife. Son successeur Al-Mansûr mène une politique contre les chiites.

Trois États indépendants[modifier | modifier le code]

Une dynastie d'imams zaïdites s'implante au Tabaristan, une autre au Yémen et une autre au Maroc.

Zaydites du Maroc[modifier | modifier le code]

Idriss Ier, fuyant les Omeyyades, se refugia au Maroc, où il fonda la dynastie idrisside.

Zaydites du Tabaristan[modifier | modifier le code]

En 864, Al-Hasan ben Zayd, chef de guerre, descendant[3] de Hasan prend le Tabaristan au Tâhiride Muhammad. Il profite de la révolte de la population contre les abus de la dynastie Tâhiride dans la région. L'émir tâhiride, malgré l'aide des Samanides, est incapable de reprendre le terrain perdu, car il doit aussi lutter contre les Saffarides. Une fragile dynastie zaydite s'installe, pour près de trois siècles dans les montagnes au sud de la mer Caspienne. Le fondateur, Al-Hasan ben Zayd, meurt en 884 et son frère Muhammad lui succède.

En 900, les Samanides ont repris partiellement le contrôle de la région. Muhammad ben Zayd est tué au combat.

Une partie des zaydites se réfugie dans le Gilan. L’autorité du calife ne dépasse pas Ray vers l’est. Un descendant de Husayn, Al-Hasan ben ‘Alî « al-Utrûch » [réf. souhaitée], vient renforcer cette dynastie zaydite qui reprend temporairement au Tabaristan en 914. Il parvient à se rallier une grande partie de la population, et forme une nouvelle communauté appelée Nasiriya.

L'avènement de la dynastie bûyide sur la côte sud de la mer Caspienne, change la donne. Les Bûyides sont des chiites et tolèrent facilement la présence des zaydites du Tabaristan. La domination bûyide sur tout l'empire Abbasside permet au zaydisme de connaître son âge d'or (945). Ray devient un centre important de l'enseignement du zaydisme.

En 1055, le Seldjoukide Toghril Beg dépose le dernier souverain buyide. L'empire abbasside passe de nouveau sous une domination sunnite.

La prise d'Alamut par Hassan ibn al-Sabbah à la tête des Nizârites en 1090 marque le retour du chiisme dans le Gilzan.

La dynastie[modifier | modifier le code]

Nom Translittération Arabe Naissance Règne Mort
« Ad-Dâ‘ī Ilâ al-Haqq » al-Hasan ben Zayd « Ad-Dāʿī ʾIlā al-Ḥaqq » al-Ḥasan ben Zayd

« الداعي إلى الحق » الحسن بن زيد

? 864–884 884
« Al-Qâ'im bi-l-Haqq » Muhammad ben Zayd « Al-Qāʾim bi-l-Ḥaqq » Muḥammad ben zayd

« القائم بالحق » محمد بن زيد

? 884–900 900 Mort au combat contre les Samanides
An-Nâsir Ilâ al-Haqq al-Hasan ben ‘Alî « al-Utrûch » An-Nāṣir ʾIlā al-Ḥaqq al-Ḥasan ben ʿAlī « al-ʾUṭrūš »

الناصر إلى الحق الحسن بن علي « الأطروش »

845 900–917 917 « Le sourd »
Ad-Dâ‘î Ilâ Allâh al-Hasan ben al-Qâsim Ad-Dāʿī ʾIlā Allāh al-Ḥasan ben al-Qāsim

الداعي إلى الله الحسن بن القاسم

878 917–928 928
Al-Mahdî Muhammad ben al-Hasan ad-Dâ‘î Al-Mahdī Muḥammad ben al-Ḥasan ad-Dāʿī

المهدي محمد بن الحسن الداعي

? 928–971 971

Zaydites du Yémen[modifier | modifier le code]

Le fondateur du zaydisme au Yémen, Al-Hâdi Yahya Ibn al-Hussein [réf. souhaitée], fut invité à arbitrer les conflits tribaux au Nord-Yémen, où il convertit les tribus des montagnes. Il s'installa en 898 de l'ère chrétienne à Sa'dah, une grande ville du Nord (actuel gouvernorat de Sa'dah), et y régna jusqu'en 911.

Il fonda ainsi le régime politico-religieux dit « imamat zaïdite », qui perdura jusqu'à la révolution républicaine de 1962.

Doctrine[modifier | modifier le code]

À l'origine, les zaïdites contestent le choix du cinquième imam face aux ismaéliens et aux duodécimains qui lui préfèrent son frère Muhammad al-Baqir.

En matière de théologie, ils ont une doctrine proche de celle des malékites.

En matière de droit, les zaïdites ont une fiqh proche du rite (madhhab) hannafite (sunnisme).

Cependant ils rejettent la notion d'imam caché des duodécimains. Les zaïdites, considèrent que n’importe qui peut devenir imam du moment qu'il descend d'‘Ali et Fatima et qu’il en a la capacité. Il peut donc, au nom de cette capacité, être remis en cause si elle lui fait défaut.

De fait, les zaïdites sont une tendance chiite assez éloignée des autres branches. Ils sont de fait très proches des mu'tazilites, dont le principal élément doctrinal qui les sépare reste le culte des imams.

Certains présentent même le zaïdisme comme une quasi-cinquième école du sunnisme (avec le malékisme, le hanbalisme, le shafi'isme et le hanafisme), cependant, ce genre de déclaration est représentative d'une position marginale chez les sunnites.

Les cinq règles de la doctrine zaydite[modifier | modifier le code]

  • Le monothéisme (tawhid) ;
  • La justice ;
  • La promesse du paradis et la menace du châtiment ;
  • Le degré entre les deux degrés (c'est-à-dire qu’entre le mécréant et le croyant, il y a le pécheur coupable de mauvaises actions) ;
  • Commander le convenable et interdire le blâmable.

Les cinq piliers de l'islam[modifier | modifier le code]

  1. l'attestation de la foi
  2. la priere
  3. zakat
  4. le jeûne du mois de ramadan
  5. le pèlerinage

Les grands savants zaydites contemporains yéménites[modifier | modifier le code]

Mohammed b. Mohammed Al-Mansour [réf. souhaitée] ; Hamoud Abass Al-Moaïd [réf. souhaitée] ; Badr ed-Dine Al-Hothi [réf. souhaitée].

Les conditions pour être imam[modifier | modifier le code]

  • Fils descendants d’al-Hassan ou d’al-Husayn ;
  • Être pieux ;
  • Être savant ;
  • Être courageux ;
  • Être réformateur ;
  • S'annoncer comme imam auprès de la population ;
  • Se révolter contre le pouvoir combattre les injustes ;
  • Être ascète ;
  • Être généreux ;
  • Être juste ;
  • Avoir atteint le niveau de « mujtahed » (« mudjtahid » ?) [réf. souhaitée] dont les opinions sont reconnues comme les plus justes.

Les imams zaydites[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tabari, Les Chroniques (Volume II, Les Omayyades), Actes-Sud (ISBN 2-7427-3318-3), p. 265-266
  2. Tabari, Les Chroniques (Volume II, Les Omayyades), Actes-Sud (ISBN 2-7427-3318-3), p. 267-268
  3. « Les dynasties musulmanes » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2014-08-24, cinq générations après Hasan
  4. « Yémen » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2014-08-24. Sur web.genealogie.free.fr.
  5. « Dynastie des Alides — Troisième branche » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2014-08-24. Sur web.genealogie.free.fr.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Documentation externe[modifier | modifier le code]