Yazdgard III

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Yazdgard III
Pièce du règne de Yazdgard III.
Pièce du règne de Yazdgard III.
Titre
Empereur sassanide
16 juin 632651
Prédécesseur Bûrândûkht
Successeur Péroz III
Biographie
Dynastie Sassanides
Date de décès 651
Père Shâhriar
Mère Concubine noire
Enfant(s) Adragh, Shahr Banû, Mardavand, Bahram, Péroz III

Yazdgard III (appelé aussi dans la littérature historique Yezdegerd, ou Yezdeguerd) est un souverain d'Iran (Perse) de la dynastie des Sassanides.

Biographie[modifier | modifier le code]

Petit-fils de Khosro II et Chîrin, fils du prince Shâhriar et d'une concubine noire[1]. Lors du massacre des princes royaux perpétré par Kavadh II, il est sauvé de la mort par sa grand-mère et caché en province dans le Fars[2].

Avec l'aide du général Rostam, il s'empare de la capitale Ctésiphon à l'âge de 16 ans. Le début de son règne le 16 juin 632 est la date initiale de l'ère qui porte son nom (ère de Yazdgard, qui marque le début du calendrier des Pârsî). Il règne en concurrence avec son cousin Hormizd VI jusqu'à l'assassinat de celui-ci en janvier 633.

Dès 633/634, il doit faire face à l'invasion des Arabes musulmans qui ont déjà razzié l'Irak au cours de la période de conflits dynastiques des années 628/632. Ses généraux sont vaincus dans plusieurs batailles, dont Rostam Farrokhzad en 635 à Qâdisiya, non loin de Hira, ce qui entraîne la perte de la capitale Ctésiphon en 637, puis une séries de défaites la même année lors des batailles d'Ahvāz, Jalula, Rām Hurmuz et la conquête du Khouzistan par les Arabes. En 641/642, la défaite de Firuzān (i. e. : Pérozân) à la bataille de Nihāvand entraîne la perte de la Médie, et le roi Yazdgard III doit se réfugier dans le sud de ses États. Deux nouvelles défaites de ses troupes, commandées par Shahrvarāz Jādhuyih à Ispahan en 642 puis en 643 lors de la bataille de Wāj Rudh par le dynaste arménien Varaz-Tiroç II Bagratouni, qui entraîne la perte de Reyy, l'obligent à fuir dans l'est de l'empire[3].

Alors que les dynastes locaux du Tabaristan concluent des trêves avec les Arabes, il se réfugie à Merv dans l'extrême-est de l'empire, auprès du mazbân Mâhôe où il est assassiné à l'automne 651. Son corps, jeté dans une rivière et repêché par des paysans, est identifié et inhumé par Élie, l'évêque chrétien nestorien de Merv[4].

Postérité[modifier | modifier le code]

D'après Masudi, historien arabe chiite, Yazdgard III avait trois filles, Adrek ou Adragh, Chahin ou Shahr Banû, qui aurait épousé Al-Hussein ibn Ali, et Mardawend, et aussi deux fils, Bahram et Péroz III[5].

Après la conquête de la Perse, le calife Omar ibn al-Khattâb voulait vendre Shahr Banû (persan : šahr bānū, شهر بانو, « dame de la cité »), capturée après la prise de Ctésiphon, comme esclave, mais l'imam Ali refuse qu'une des filles du souverain désormais vaincu soit traitée comme telle, et il en fait l'épouse de son fils Hussein. Shahr Banû serait morte peu de temps après avoir donné naissance à son seul enfant, Ali Zayn al-Abidin.

Les deux autres filles de Yazdgard III sont présentes dans les traditions du zoroastrisme et du judaïsme. L'une se serait réfugiée dans une grotte des environs de Yazd (ville où vivent encore quelques milliers de zoroastriens), d'où ses larmes suintent toujours. L'autre, surnommée Izdundad (« don des anges »), aurait épousé Boustenaï, l'exilarque des Juifs de Babylone, descendant du roi David, lui donnant trois fils, Hisdai II, Nehemiah, et Haninai, exilarque de Sura, et serait l'ancêtre d'une descendance prestigieuse, dont Makhir nassi de Narbonne, qui aurait épousé selon une tradition Aude de France, fille naturelle putative de Charles Martel[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. selon Nahal Tajadod, Les porteurs de Lumière, « Le dernier roi des rois », p. 334, qui suit en la matière Tabari.
  2. Tabari, Chronique, volume II, chapitre LIX, p. 328-329.
  3. (en) Parvaneh Pourshariati, Decline and fall of the Sassanian Empire, I. B. Taurus and Co Ltd, Londres, 2008 (ISBN 9781845116453), p. 469 .
  4. Nahal Tajadod, op. cit., p. 356-357.
  5. Masudi, Les Prairies d'or tome II, p. 241.
  6. (en) Arthur Zuckerman's book, A Jewish Princedom in Feudal France, 768-900, New York, 1972.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Clément Huart & Louis Delaporte, L'Iran antique : Élam et Perse et la civilisation iranienne, Albin Michel, coll. « L'Évolution de l'Humanité », Paris, 1952, p. 358-359.
  • (en) Parvaneh Pourshariati, Decline and fall of the Sassanian Empire, I. B. Taurus and Co Ltd, Londres, 2008 (ISBN 9781845116453), « Yazdgird III: Arab conquest of Iran », p. 219-281.
  • Nahal Tajadod, Les porteurs de lumière, Plon, Paris, 1993 (ISBN 2259026672).