Mâlik ibn Anas

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Mālik ibn Anas aussi connu par la dénomination Imām dār al Hijrah, l'Imâm de Médine ou plus communément imām Mālik (708/716 - 796[1]), fut un juriste musulman, traditionaliste et fondateur d’une des quatre écoles juridiques de droit musulman sunnite, l'école malékite.

Les musulmans considèrent qu'il fut annoncé par le prophète Mahomet dans un hadîth rapporté par Tirmirdhî[1] où il est dit : " Les gens vont aller très loin avec leur monture, et ils ne trouveront guère quelqu'un de plus savant que le savant de Médine. "

On a demandé à l'Imâm Ibn 'Uyaynah qui était le savant de Médine, et Il répondit qu'il s'agissait de l'Imâm Mâlik Ibn Anas[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Son nom complet est Abou Abd Allāh Mālik b. Anas b. Mālik b. 'Āmir b. 'Amr b. al-Hārith b. Ghaymân b. Khuthayl b. 'Amr b. am-Hārith al-Asbahî[3], en arabe : أبو عبد الله مالك بن أنس بن مالك بن أبي عامر بن عمرو بن حارث. Il est le fils de Anas bin Malik (pas le sahabi) et de Aaliyah bint Shurayk al-Azdiyya. Sa famille est originaire du Yémen, de la tribu Al-Asbahi. Son grand-père Amir s'installa à Médine après sa conversion à l'islam en l'an deux de l'hégire.

Selon la légende rapportée par Ibn Sa'd, il passa 3 ans dans le ventre de sa mère[3].[modifier | modifier le code]

Né à Médine, il connaîtra la transition entre la période des califes omeyyades et celle des abbassides. Cette période d'expansion de l'empire musulman voit apparaître la forte nécessité de juridiction, en particulier dans les nouveaux territoires conquis.

Il commença son apprentissage (Al-Adab) auprès de Rabî’ah ibn Abdir Rahman (Al-Ra’y), qui avait étudié auprès des 7 fuqaha de Médine. Il apprit et mémorisa le Coran très jeune par Abu Suhail an-Nafi' ibn 'Abd ar-Rahman (pas le célèbre rapporteur de hadith Nafi'). Il lui autorisa à enseigner aux autres (ijazah). Il étudia le hadith avec Ibn Shihab al-Zuhri, qui était le plus grand muhaddith de son temps ; sous Naafi', l'esclave affranchi de `Abdullah ibn `Omar ; ainsi que de Ibn Hurmuz (rapporteur de Abu hurayrah) pendant huit années.

L'Imâm Mâlik fut ainsi l'un des trois rapporteurs exceptionnels constituants la " chaîne d'or " (silsilat udh dhahâbiyyah) avec son shaykh Nâfi' et le compagnon 'Abdullâh Ibn 'Umar. Al Hâfiz Abû Dâwûd affirma par ailleurs qu'elle était la chaîne de transmission de hadîth la plus sûre[4], avis également partagé par l'Imâm Al Bukhârî.

Il ne se déplaçait pas beaucoup en dehors de Médine excepté pour le Hajj, et se confina donc largement à la connaissance de Médine. D'autres desquels il apprit furent Hisham ibn Urwah et Jafar al Sadiq[5]

Les historiens s'accordent sur le fait qu'il fut impliqué dans le soulèvement en 762 du descendant d’Ali, Muhammad b. Abd Allâh al-Nafs al-Zakiyya, contre la calife abbasside Al-Mansûr. Il ne participa pas activement au soulèvement, mais lorsque Muhammad b. Abd Allâh s'empara de Médine, il rendit avis dans une fatwâ que le serment fait au calif Al-Mansûr pouvait être rompu puisqu'il avait été obtenu sous la contrainte[3].quesesoit religieuse ou fausse interpretation tout en respectant les modalites et ulterances du forma t legislatives du fait pecis du fatwa.

Il y avait une loi des Abbasides qui disait que tout homme qui refusait de faire allégeance au califat aurait automatiquement divorcé sa femme. Malik s'y opposa et dit que cette loi était invalide. Son opposition aux lois califales et son rôle dans le soulèvement des Alides (descendants d'Ali) lui valut d'être sévèrement fouetté par l'émir de Médine Dja'far b. Sylaymân en l'an 764, ce qui entraina une déviation de l'épaule qui contribua à accroître sa renommée[3]. On raconte que ses bras étaient devenus incapables de tenir sur sa poitrine ; ceci est une des raisons qu'avancent certains pour sa façon de prier pendant le qiyam. Mais la réalité est autre puisque le Sadl (prier avec les mains le long du corps dans le qiyam) est une sunna pour Mâlik et ses disciples qui fut héritée du Prophète de l'islam et des 4 Califes[6]. Il semble qu'il se soit plus tard réconcilié avec le calife[3]. On raconte que quand Al-Mansur apprit la nouvelle il se rendit à Médine pour s’excuser auprès de l’imam et ajouter qu'il ne lui avait pas donné de tel ordre au gouverneur. Il dit même par la suite à ce gouverneur de ne pas instaurer de lois sans consulter l’imam Malik.

Il commença sa compilation de hadith à la requête du calife Abbaside Abu Ja'far al-Mansoor, [754-775 ] qui, selon la légende[3], voulait un code de lois basées sur la Sunna de Mahomet qui pourrait être appliquée dans tout le califat. Toujours selon la tradition[3], l'imam Malik aurait refusé une fois qu'il l'eut terminé arguant que les Sahaba (compagnons du Prophète) s'étaient dispersés dans tout le califat et avaient pris avec eux d'autres actes de la Sunna non répertoriés par lui, qui se devaient d'être considérés dans toute loi devant être imposée à tous. Le calife Hâroun ar-Rashîd aurait fait la même requête, en vain.

Selon Al-muwatta, livre dont il est l'auteur, l'imam Malik était grand de taille, robuste, à teint clair, des cheveux blonds avec une barbe importante, chauve et des yeux bleus[7].

L'imam mourut en 796 à l'âge de 85 ans à Médine après une courte maladie. Il fut enterré au Cimetière Al-Baqî de Médine, la prière funéraire (janâzah) fut prononcée à cette occasion par le gouverneur 'Abd Allâh b. Zaynab. Son tombeau fut surmonté d'une coupole (kubba)[3].Cette coupole sera détruite plus tard par les wahhabites en 1802[8].

Son œuvre et sa doctrine[modifier | modifier le code]

Son œuvre principale, le Kitâb al-Muwattâ', recense l'ijmâ' (consensus) médinois au niveau de la loi, du droit, du rite et de la pratique et entend servir de correctif pour ce qui n'était pas encore fixé par l'ijmâ' et la Sunna[3]. Dans la Muwattâ il ne prend pas la peine de critiquer l'authenticité les traditions (ahadith) reportées, qui ne seront remises en questions que par des auteurs ultérieurs. De la même façon il omet de citer les chaînes de transmissions (isnâd)[3]. Le Muwattâ ne fut pas directement fixé en une version définitive, il en existe différentes recensions qui varient du fait que l'imam Mâlik n'a pas toujours exactement donné ses enseignements oraux de la même façon et parce qu'on accordait peu d'importance à une reproduction fidèle à l'époque et que l'on préférait laisser une certaine liberté aux variations[3].

L'imam Mâlik admet, et son école à sa suite, outre le Coran et la Sunna, la « coutume » (urf ou Bil Ma'rouf) médinoise (point sur lequel il était en désaccord avec son ami Al-Layth ibn Sa’d), le consensus (ijma’) des "gens de Médine" (désignant les savants) et le principe de l’utilité générale (istislâh).

Il considère que les exemples de législation coutumière en cours à Médine du temps de Mahomet sont des sources de droit musulman à codifier et systématiser[3].

Ses disciples[modifier | modifier le code]

L'Imam Mâlik eut de nombreux disciples dont les plus célèbres furent :

Ses ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Al-Muwatta (anglais) (arabe)
  • Tafsîr Gharîb Al-Qur’ân Al-Karîm : Interprétation des singularités du Noble Coran
  • Kitâb As-Surûr : Le livre de la félicité.
  • Kitâb fî An-Nujûm wa Hisâb Dawrân Iz-Zamân wa Manâzil Il Qamar : Livre des étoiles, du calcul du temps et des positions de la lune
  • Risâlah fil Aqdiyah : Traité sur les jugements.
  • Risâlah ilâ Ibn Wahb fil Qadar wa Ar Radd 'alal Qadariyyah : Lettre à Ibn Wahb concernant la prédestination et la réfutation des qadarites.

Al Imâm As Suyûtî rapporta que l'Imâm 'Abdu Llâh Ibn Wahb écrivit un livre exclusivement composé de paroles de l'Imâm Mâlik intitulé Kitâb Ul Mujâlasât 'An Mâlik[9].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Schacht, J. "Mālik b. Anas." Encyclopédie de l'Islam. Comité de redaction: P. Bearman; Th. Bianquis; C.E. Bosworth; E. van Donzel; H.A.R. Gibb (Volume I: 1-320); W.P. Heinrichs; J.H. Kramers; G. Lecomte; E. Lévi-Provençal; B. Lewis; V.L. Ménage; Ch. Pellat; J. Schacht. Brill, 2011. Brill Online. SCD PARIS III SORBONNE NOUVELLE. 17 February 2011.
  2. Tout ceci est rapporté dans As Sunan de l'Imâm At Tirmidhî
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Schacht, J. "Mālik b. Anas." Encyclopédie de l'Islam. Comité de redaction: P. Bearman; Th. Bianquis; C.E. Bosworth; E. van Donzel; H.A.R. Gibb (Volume I: 1-320); W.P. Heinrichs; J.H. Kramers; G. Lecomte; E. Lévi-Provençal; B. Lewis; V.L. Ménage; Ch. Pellat; J. Schacht. Brill, 2011. Brill Online. SCD PARIS III SORBONNE.
  4. Voir la biographie de l'Imâm Mâlik écrite par le Shaykh Muhammad Abû Zahrah
  5. http://muslimheritage.com/topics/default.cfm?ArticleID=471
  6. http://www.doctrine-malikite.fr/forum/Poser-les-mains-sur-la-ppoitrine_m47174.html
  7. http://www.sunnah.org/publication/khulafa_rashideen/malik.htm
  8. « Le pacte de Najd, ou comment l'islam sectaire est devenu "l'islam" » auteur Hamadi Redissi, éditions Seuil.
  9. Tazyîn Ul Mamâlik

Liens externes[modifier | modifier le code]