Rabia al Adawiyya

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Rabia al Adawiyya al Qaysiyya (arabe : رابعة العدوية القيسية) ou simplement Rabia Basri (717801) est une mystique musulmane soufi née à Bassora[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Rabia représenté sur une miniature persane.

Ancienne esclave affranchie qui renonça jusqu'au mariage pour ne se consacrer qu’à Dieu, Rabi’a al-Adawiya est une figure majeure de la spiritualité soufie[1]. Son immense rayonnement lui valut la vénération de ses contemporains et les maigres écrits qu'il nous reste d'elle en font également l'un des premiers chantres de l'amour divin. Pour les soufis, elle est connue comme « la Mère du Bien ».

Dans cet âge classique du soufisme, Rabia explore, comme d'autres, les sentiers de cette mystique. La légende raconte qu'elle aurait été vue dans les rues de Bagdad, portant un seau dans une main et une torche dans l'autre et criant qu'elle partait éteindre les feux de l'enfer et incendier le paradis. Un passant l'arrêta et l'interrogea sur le sens de ses dires. Elle répondit que les personnes d'aujourd'hui (guère plus d'un siècle après la mort du prophète de l'islam Mahomet) n'adoraient Dieu que par intérêt (la crainte de son courroux ou la récompense de ses grâces) alors que la vraie dévotion consistait à ne l'adorer que pour Lui, par pure aspiration à contempler Sa Face[1].

Rabia est peut-être la première grande voix du soufisme. Ces ascètes des premières heures de l'Islam étaient à cette époque en marge de la société et apparaissent tels des avertisseurs pour le peuple, démontrant par leur existence même la vanité de certains musulmans d'enfermer l'esprit dans la lettre. Ainsi rejetait-elle l'état par lequel l'humanité se conforte dans l'insouciance ou la facilité et que les soufis jugent à l'opposé d'un état de quête.

Cette première mouvance spirituelle se structurera plusieurs siècles plus tard dans ce qu'on appellera des Confréries soufies.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Chants de la recluse, traduction de l'arabe par Mohammed Oudaimah et Gérard Pfister, postface de Louis Massignon, Arfuyen, 1988.

Poèmes
  • Puisses-Tu ![2]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Margaret Smith, Rābi’a the mystic and her fellow-saints in Islām : Being the life and teachings of Rābi’a al-’Adawiyya Al-Qaysiyya of Basra together with some account of the place of the women saints in Islām, Cambridge, 1928
  • Jamal-Eddine Benghal, La vie de Rabi‘a al-‘Adawiyya : une sainte musulmane du VIIIème siècle, éd. Iqra, 2000

Filmographie[modifier | modifier le code]

Un film arabe de 1963 raconte son histoire. Le rôle est joué par Nabila Obeid, les chansons sont interprétées par Oum Kalsoum et écrites par Mohammed Abdel Wahab[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (fr) « Râbi'a al-Adawiyya », sur www.ensemblerabia.net (consulté le 3 décembre 2010)
  2. (fr) « Poème traduit par sidi Salih KHLIFA. », sur www.madaniyya.com (consulté le 3 décembre 2010)
  3. (en) Rabia al Adawiyya sur l’Internet Movie Database.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]