Insurrection communiste malaise (1948-1960)

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Insurrection communiste malaise
Policiers malais questionnant un civil durant l'état d'urgence.
Policiers malais questionnant un civil durant l'état d'urgence.
Informations générales
Date 1948-1960
Lieu Malaisie britannique, puis Fédération de Malaisie
Casus belli Soulèvement du Parti communiste malais
Issue Indépendance de la Malaisie en 1957

Victoire du gouvernement malais sur les communistes

Belligérants
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau de l'Australie Australie
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande

Flag of Malaya.svg Fédération de Malaisie
(petit drapeau) Rhodésie du Sud, (petit drapeau) Fédération de Rhodésie et du Nyassaland
Drapeau des Fidji Fidji
Colonies britanniques d'Afrique de l'Est

Red flag.svg Parti communiste malais
Red flag.svg Armée de Libération des Peuples de Malaisie
Commandants
Drapeau du Royaume-Uni Harold Briggs
Drapeau du Royaume-Uni Roy Urquhart
Drapeau du Royaume-Uni Henry Gurney
Drapeau du Royaume-Uni Gerald Templer
Drapeau de l'Australie Henry Wells
Red flag.svg Chin Peng
Guerre froide

L'insurrection communiste malaise (la situation étant désignée en anglais sous le nom de Malayan Emergency - État d'urgence malais) s'est déroulée à partir de 1948 sur le territoire de l'actuelle Malaisie, encore colonie britannique. L'état d'urgence, déclaré par le gouvernement colonial britannique de la Malaisie en 1948 contre l'insurrection menée par l'Armée nationale de Libération des Peuples de Malaisie du Parti communiste malais, n'a été levé qu'en 1960, par le gouvernement de la Malaisie indépendante.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Avro Lincoln de la Royal Australian Air Force bombardant des positions communistes dans la jungle malaise, 1950.

Après l'invasion japonaise et la période d'occupation qui s'en est ensuivi durant la Seconde Guerre mondiale, le sentiment d'indépendance est devenu de plus en plus populaire parmi la population malaisienne. En 1946, les Britanniques réunissent les États malais et les British Settlements de Malacca et Penang en une seule colonie, l'Union malaise (Malayan Union). Cette Union n'inclut donc pas Singapour, que les Britanniques avaient pourtant jusque là considérée par comme une partie de la Malaisie. On peut penser que sa population, à 80 % chinoise, refusait la prépondérance malaise dans une telle union. Cette même année, le protectorat de Bornéo du Nord devient colonie de la Couronne. Charles Vyner Brooke, petit-neveu de James, abdique et Sarawak devient aussi colonie de la Couronne.

Devant l'opposition des nationalistes malais, l'Union est dissoute et remplacée en 1948 par une « Fédération de Malaisie » (en anglais Federation of Malaya, en malais Persekutuan Tanah Melayu), qui rétablit la position symbolique des souverains des États malais. Au sein de cette fédération, les États malais sont des protectorats du Royaume Uni, alors que Malacca et Penang restent des colonies de la couronne. La fédération impose une citoyenneté unique, afin de s'assurer la loyauté des Chinois et d'Indiens suspectés d'un patriotisme très mesuré. À cela s'ajoute toutefois des désastres économiques, favorisant l'émergence de mouvements communistes, qui lancent une insurrection dès 1948 contre le gouvernement malais.

Déroulement et intervention britannique[modifier | modifier le code]

L'état d'urgence, déclaré en 1948, a entraîné la suppression des droits civils, l'octroi de pouvoirs spéciaux à la police, et d’autres mesures visant à la suppression de partis radicaux de gauche, spécialement le Parti communiste malais (en langue anglaise : Malayan Communist Party ou MCP). La guérilla fut un épisode du long conflit entre le MCP et le pouvoir colonial, commençant en 1945 et se poursuivant contre le gouvernement malais jusqu’à la signature d’un traité de paix en décembre 1989. La MNLA était la branche militaire du MCP, s’appuyant sur le Min Yuen (Organisation de masse).

Au début du conflit, les Britanniques disposaient de seulement 13 brigades d'infanterie en Malaisie, ce qui s'avérait insuffisant pour contrer les insurgés communistes. Des unités des Royal Marines et du King's African Rifles ainsi qu'une formation de Special Air Service (SAS) sont déployées en 1950.

À la fin du conflit, 40 000 troupes britanniques et du Commonwealth étaient ainsi mobilisées contre 7 à 8 000 guérilleros communistes. Notons l'usage du défoliant agent Orange à partir de 1952.

Bilan de l'insurrection[modifier | modifier le code]

Membres de la Senoi Praaq ("hommes de guerre"), recrutés parmi les Orang Asli du groupe des Senoi et chargés de la lutte contre la guérilla communiste (photo prise en 1953).

Après plus d'une dizaine d'années de guérilla, les forces gouvernementales parviennent à mater la rébellion communiste, qui se solde par l'exil de Chin Peng, dirigeant du Parti communiste malais. Près de 1 400 soldats, 6 700 rebelles et 2 500 civils ont péri au total lors de l'insurrection.

Tract largué sur les insurgés les invitant à se présenter avec un pistolet-mitrailleur Bren et recevoir une récompense de 1000 $.

Gerald Walter Robert Templer, officier de l'armée britannique contribue grandement à la répression de l'insurrection, entre 1952 et 1954 - « la jungle a été neutralisée » déclara-t-il à l'époque dans un article du Time Magazine en 1952. Templer assuma par la suite les fonctions de Chief of the Imperial General Staff - chef de l'État-major général impérial - de 1955 à 1958 et fut fait Field Marshal.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Monument commémoratif de l'insurrection.
  • (en) Leon Comber, Intelligence and National Security, 18:3,‎ 2003, « The Malayan Security Service (1945–1948) », p. 128–153
  • (en) Leon Comber, Intelligence and National Security, 21:1,‎ février, 2006, « The Malayan Special Branch on the Malayan-Thai Frontier during the Malayan Emergency », p. 77–99
  • Leon Comber, PhD dissertation, Monash University, Melbourne, ISEAS (Institute of SE Asian Affairs, Singapore) and MAI (Monash Asia Institute),‎ 2006, « Malaya's Secret Police 1945–60. The Role of the Special Branch in the Malayan Emergency »
  • (en) Karl Hack, Intelligence and National Security,‎ 1999, « Corpses, Prisoners of War and Captured documents: British and Communist Narratives of the Malayan Emergency, and the Dynamics of Intelligence Transformation »
  • (en) Karl Hack et Chin, C. C., Dialogues with Chin Peng: New Light on the Malayan Communist Party,‎ 2004
  • (en) Roy Jumper, Death Waits in the Dark: The Senoi Praaq, Malaysia's Killer Elite, Westport, Greenwood Press,‎ 2001, 1e éd. (ISBN 978-0-313-31515-2)
  • (en) John A. Nagl, Learning to Eat Soup With a Knife: Counterinsurgency Lessons from Malaya and Vietnam, Chicago, University of Chicago,‎ 2002, poche (ISBN 978-0-226-56770-9)
  • (en) Anthony Short, The Communist Insurrection in Malaya 1948–1960. London and New York: Frederick Muller. Reprinted (2000) as In Pursuit of Mountain Rats. Singapour, 1975.
  • (en) Richard Stubbs, Hearts and Minds in Guerilla Warfare: The Malayan Emergency 1948–1960, Eastern University,‎ 2004 (ISBN 978-981-210-352-9)
  • (en) Robert Taber, War of the flea: the classic study of guerrilla warfare, Washington, Brassey's,‎ 2002, 1e éd., poche (ISBN 978-1-57488-555-2)

Liens externes[modifier | modifier le code]