Bataille de Malaisie

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Bataille de Malaisie
Les troupes japonaises avançant dans Kuala Lumpur.
Les troupes japonaises avançant dans Kuala Lumpur.
Informations générales
Date 8 décembre 1941 - 31 janvier 1942
Lieu Malaisie britannique, frontière thaïlandaise
Issue Victoire japonaise décisive, retraite alliée sur Singapour, occupation japonaise de la Malaisie
Belligérants
Drapeau : Japon Empire du Japon
Drapeau de la Thaïlande Thaïlande
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
British Raj Red Ensign.svg Indes britanniques
Drapeau de l'Australie Australie
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Flag of Federated Malay States.png États malais fédérés
Commandants
Drapeau : Japon Tomoyuki Yamashita Drapeau du Royaume-Uni Arthur Percival
Drapeau du Royaume-Uni Lewis Heath
Drapeau de l'Australie Gordon Bennett
Forces en présence
70 000 hommes 140 000 hommes
Pertes
1 793 morts
3 378 blessés
5 500 morts
5 000 blessés
40 000 prisonniers
Batailles
Batailles et opérations de la Guerre du Pacifique

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La bataille de Malaisie se déroula en Malaisie britannique (Malaya) et fut l'une des premières opérations du théâtre asiatique de la Seconde Guerre mondiale. Les Japonais prirent rapidement l'avantage face à des forces alliées insuffisamment préparées et équipées, et s'emparèrent des possessions malaises de l'Empire britannique.

Contexte[modifier | modifier le code]

Durant l'entre-deux-guerres, les possessions du Royaume-Uni en Asie du Sud-Est ne firent pas l'objet d'une attention soutenue, ne bénéficiant que de troupes insuffisantes en cas d'invasion ennemie. Les Britanniques comptaient principalement dans le cadre de la stratégie de Singapour sur l'installation d'une flotte de navires de guerre dans la base navale de Singapour, mais la flotte promise n'était toujours pas arrivée en 1939, lors du déclenchement de la guerre en Europe. La situation au Moyen-Orient, puis en Union soviétique, mobilisa toute l'attention de l'état-major britannique, l'Asie étant comparativement négligée.

En juillet 1940, l'Armée impériale japonaise envahit et occupa le sud de l'Indochine et des sanctions économiques à l'encontre de l'Empire du Japon furent appliquées par les Britanniques, les États-Unis et les Pays-Bas. Le Japon subit un embargo sur la distribution de pétrole, d'étain et de caoutchouc, ce qui rendait précaire à moyen terme son plan de colonisation de la Chine et ses visées expansionnistes en Extrême-Orient. La marine et l'armée japonaises furent mobilisées, la situation en Asie prenant l'allure d'un conflit latent.

Les relations avec le Japon étant de plus en plus tendues, les renforts du Commonwealth finirent par affluer vers la Malaisie. En avril 1941, Arthur Ernest Percival fut nommé commandant des troupes britanniques en Malaisie, et commença dès son arrivée la formation de troupes mal équipées et souvent inexpérimentées. Le 2 décembre 1941, le cuirassé HMS Prince of Wales et le croiseur de bataille HMS Repulse, escortés par quatre destroyers, arrivèrent à Singapour. Pour la première fois de l'histoire, une flotte de guerre était basée en cet endroit du globe. Le lendemain, l'amiral Spooner organisa un dîner auquel assistèrent Arthur Percival et le commandant en chef de la flotte en Extrême-Orient, l'amiral Thomas Tom Phillips[1]. Les troupes alliées ne disposaient cependant toujours pas de forces suffisantes pour assurer une défense viable de la Malaisie britannique.

Attaque japonaise[modifier | modifier le code]

Le 8 décembre 1941, la 25e armée japonaise commandée par le lieutenant-général Tomoyuki Yamashita débarqua dans la péninsule malaise, une heure seulement avant l'attaque surprise sur Pearl Harbor (la différence de date est causée par le décalage horaire). La première unité qui arriva en Malaisie durant la nuit avait pour but de faire diversion près de Kota Bharu sur la côte est. Le débarquement à proprement parler eut lieu plus tard, à Singora et Pattani au sud-est de la Thaïlande. Les troupes japonaises bénéficiaient d'un appui aérien rapproché nettement supérieur à celui des Britanniques et disposaient de troupes plus aguerries, dont certaines venaient de combattre dans la seconde guerre sino-japonaise.

L'Empire du Japon menait depuis plusieurs mois des pourparlers avec le Royaume de Thaïlande pour obtenir le droit de passage nécessaire à l'opération mais décida, finalement, de ne plus attendre, et de passer en force débarquant sur le territoire thaïlandais : des heurts se produisirent le 8 entre les troupes thaïlandaises et japonaises, suivies d'un cessez-le-feu au bout de quelques heures, et d'un accord entre les deux pays (un traité d'alliance formel fut conclu le 21 décembre).

Les troupes japonaises se déployèrent rapidement dans le nord de la Malaisie.

Le 8 décembre, une force britannique, la colonne "Krohcol", comptant plusieurs régiments indiens, passa la frontière thaïlandaise afin de couper la route aux Japonais, mais se heurta les jours suivants à la résistance de la Police Royale thaïlandaise, notamment dans la ville de Betong. L'opération de contournement fut un échec stratégique pour les troupes alliées qui, attaquées également par l'armée japonaise, durent se retirer de Thaïlande le 11.

Le 9 décembre, l'aérodrome d'Alor Star, clé de voûte de la défense aérienne de la péninsule est évacué par la RAF, sans avoir été totalement mis hors d'usage[2].

Le 10 décembre, Percival fit cette déclaration :

« En ce jour d'épreuve, le commandant général appelle les commandements malais de tout rang à engager un effort soutenu et déterminé afin de sauver la Malaisie et les territoires britanniques adjacents. Les yeux de l'Empire sont posés sur nous. L'ensemble de notre position en Extrême-Orient est en jeu. La lutte peut être longue et sinistre mais nous devons faire face à ce qui peut arriver et prouver que nous sommes dignes de la grande confiance que l'on nous a accordée[3]. »

Le 10 décembre, l'attaque de l'aviation japonaise aboutit à couler le HMS Prince of Wales et le HMS Repulse, laissant la côte est de la Malaisie dégarnie face à de nouveaux débarquements des troupes impériales.

À cette date, les Japonais avaient réussi à détruire la majorité des avions alliés, se garantissant la maîtrise quasi totale des airs[4]. Les aérodromes avaient été installés par la RAF dans des endroits indéfendables, sans consultation de l'Armée[5].

Mal équipés et mal préparés, les éléments locaux de la Royal Air Force et de la Royal Australian Air Force n'étaient pas de taille face à l'aviation japonaise[6]. Les pilotes britanniques et australiens étaient mal coordonnés entre eux, et ne purent définir d'action commune efficace. L'escadron No. 488 de la Royal New Zealand Air Force et l'Aviation militaire de l'armée royale des Indes néerlandaises prêtèrent également main-forte aux troupes britanniques, les Néerlandais se repliant à la fin de la bataille vers Java.

Le 11 décembre, l'armée japonaise battit les troupes indiennes du Royaume-Uni à Jitra. Mieux armées, face à des troupes alliées qui ne disposaient pas de tanks, les troupes japonaises pratiquaient aussi bien l'avance de blindés que l'utilisation de troupes rapides et légères, capables de se déplacer rapidement dans la jungle. De nombreux soldats indiens n'avaient alors jamais vu de tanks.

Le 17 décembre, face aux bombardements intenses et incessants, les Alliés abandonnèrent l'île de Penang, évacuant une partie des civils européens.

Ingénieurs britanniques préparant la démolition d'un pont lors de la retraite vers Singapour

Retraite alliée sur Singapour[modifier | modifier le code]

Les troupes indiennes parvinrent à retarder les Japonais à Perak, mais, le 8 janvier, furent défaites à Slim River. Les Japonais avancèrent rapidement et le 11 janvier, occupèrent Kuala Lumpur sans coup férir. Le 14 janvier, les troupes britanniques et australiennes firent leur jonction dans le détroit de Johor, où elles organisèrent une résistance acharnée ???[réf. nécessaire], protégeant ainsi la retraite du reste de leurs forces armées (bataille de Muar). Le 27 janvier 1942, Percival ordonna une retraite générale de Johor en direction de l'île de Singapour, où les Alliés furent à nouveau battus par les Japonais.

Churchill considéra la défaite des troupes britanniques en Malaisie britannique comme « le pire désastre et la capitulation la plus importante de l'histoire britannique ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Percival, chapitre 7
  2. P.Elphick, Singapore, the pregnable fortress, op. cit. p.353
  3. Percival, chapitre 9
  4. En partie grâce à la trahison de l'officier britannique Heenan
  5. Peter Elphick, Singapore, the pregnable fortress, op. cit.
  6. The guns would not fire - (RAAF 21/453 Squadrons: the secret report, part 1)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Norman F. Dixon, On the Psychology of Military Incompetence, Londres, 1976
  • (en) Peter Elphick, Singapore, the pregnable fortress, Hodder & Stoughton, Londres, 1995 ISBN 0-340-64990-9
  • (en) Karl Hack, Kevin Blackburn, Did Singapore Have to Fall? : Churchill and the Impregnable Fortress, RoutledgeCurzon, 2003, (ISBN 0-415-30803-8)
  • (en) Nigel Hamilton, Monty : The Making of a General 1887-1942, Hamish Hamilton, 1981, (ISBN 1-85753-171-X)
  • John Keegan (editor), Churchill's Generals, Abacus History, 1999, (ISBN 0-349-11317-3)
  • Jan Morris, Farewell the Trumpets, Penguin Books, 1979
  • (en) Clifford Kinvig, General Percival and the Fall of Singapore, in 60 Years On: the Fall of Singapore Revisited, Eastern University Press, Singapour, 2003
  • (en) Clifford Kinvig, Scapegoat : General Percival of Singapore, Londres, 1996. ISBN 0-241-10583-8
  • London Gazette
  • (en) Arthur Ernest Percival, The War in Malaya, London, Eyre & Spottiswoode, 1949. Les extraits du rapport utilisé comme base pour le livre sont disponibles sur http://www.fepow-community.org.uk/arthur_lane/Percivals_Report/