Guy XVII de Laval

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Guy XVII de Laval, ou encore Claude de Montfort-Laval, (14 février 1522 - 25 mai 1547, Saint-Germain-en-Laye), comte de Laval, et de Montfort, baron de Quintin.

Famille[modifier | modifier le code]

  • Fils de Guy XVI de Laval et de Anne de Montmorency. Il eut pour parrains Claude de Rieux et François de Laval, ses beaux frères. Son baptême eut lieu le jour même du mariage de sa sœur, Anne, avec François de la Trémoille, le 24 février 1522. Il reçut le nom de Claude, qu'il changea contre celui de Guy XVII, le 20 mai 1531, jour où il succéda à Guy XVI comme seigneur de Laval et de Vitré.
  • Marié le 22 octobre 1535 avec Claude de Foix, vicomtesse de Lautrec à Châteaubriant, à l'âge de 13 ans.

Histoire[modifier | modifier le code]

Succession[modifier | modifier le code]

Il succéda à son père dans le comté de Laval, la vicomté de Rennes, la baronnie de Vitré, et d'autres terres sous la conduite de Jean de Laval[1], seigneur de Châteaubriant, et d'Anne de Montmorency, grand-maître et maréchal de France, et depuis connétable, que le roi François Ier lui donna pour curateurs. À la succession de son père, Guy XVII n'avait que 9 ans[2]. C'est au premier d'entre eux qu'on incombait surtout la charge et c'est son influence qui décida de son mariage.

Liens avec la maison de Lautrec[modifier | modifier le code]

Il fut élevé dans la maison du premier, dont l'épouse, Françoise de Foix, avait déjà auprès d'elle Claude de Foix, sa nièce, fille d'Odet de Foix, vicomte de Lautrec, mort devant Naples, le 15 août 1628. Claude et Guy étaient à peu près de même âge. La dame de Châteaubriant proposa le mariage de ses deux pupilles au roi et aux parents respectifs, et le fit agréer.

Les noces, en conséquence, furent célébrées le 23 octobre 1535. Son entrée à Laval, à l'occasion de son mariage avec Claude de Foix, fut marquée par des festivités auxquelles ne manquèrent point de participer violons, fifres et flûtes qui jouaient des airs et des chansons bien harmonieusement.

Opulence[modifier | modifier le code]

Après la mort de Henri de Foix, frère unique de Claude, décédé, le 29 septembre 1540, sans enfants, qui laissait un testament, fait à Evreux le 1er août 1540, par lequel il choisissait comme exécuteurs de son testament : le cardinal de Tournon, Jean de Laval-Châteaubriant, Menault de Martory et le premier président du Parlement de Paris. Claude de Foix restait la dernière de la branche de Foix-Lautrec ; et dès lors Guy XVII et elle réunissaient sur leurs têtes le patrimoine de leurs deux maisons.

Cette alliance fit entrer dans la maison de Laval tous les biens de celle de Lautrec, savoir : le comté de Rethel, les baronnies de Donzi, de Rosoi, de Saint-Verain, d'Arval, de Montrond, de Chateau-Meillan, d'Epineuil, de Lesparre, de Coulomtniers en Brie, de Beaufort en Champagne, et d'autres grandes seigneuries en Périgord, en Béarn et en Guyenne. Cette immense succession, qui rendait la maison de Laval l'une des plus opulentes du royaume.

La tutelle do Guy XVII prit fin, non pas lorsque sa majorité fut venue, mais par un acte de la volonté royale. François Ier, à Paris, le 3 novembro 1540, décida que Guy XVII, étant désormais apte à gouverner ses biens, était mis hors de la tutelle de Jean de Laval-Châteaubriant et du connétable Anne de Montmorency, et que dorénavant il administrerait sa fortune sans leur concours. Cet acte, qui n'a pas été conservé, fut homologué par le parlement de Paris, dès le 2 décembre 1540.

En 1540, il a déjà pris une place d'importance à la cour de François Ier de France. En effet, l'ambassadeur anglais alla jusqu'à le décrire comme son of the greatist inheritors in all France[3]. Guy XVII était appelé comme son père, à de hautes destinées, et à jouer on France un rôle important ; malheureusement les années lui manqueront et les seuls titres qu'on trouve attachés à son nom sont, dès 1540, celui de gentilhomme de la chambre du roi, puis, ceux de chevalier de l'ordre de Saint-Michel, dont il fut revêtu en septembre 1546, moins d'un an avant sa mort, et enfin de capitaine de cinquante lances des ordonnances.

Chevalier[modifier | modifier le code]

Pour l'Art de vérifier les dates[4], Guy XVII, formé aux exercices militaires par Anne de Montmorency, son oncle, le suivit dans toutes ses expéditions. Après la paix, il alla trouver en grand cortège l'empereur Charles Quint, à Bruxelles, pour solliciter la reslitution des terres d'outre-Meuse, qui appartenaient à sa femme. Ces places étaient Mézières, Charleville et le Mont-Olympe. Quoique muni d'une lettre du dauphin qui appuyait sa demande, il ne put rien obtenir. C'est à quoi il devait s'attendre : les princes ne se dessaisissent guère de ce qu'ils ont pris, que lorsque la force les y contraint. On rapporte que, pendant le séjour qu'il fit à Bruxelles, un marchand flamand vint offrir à l'empereur une riche tapisserie qui représentait, en plusieurs pièces, l'histoire de David. Charles-Quint n'ayant pas voulu donner soixante mille livres qu'on en demandait, le comte de Laval l'acheta le lendemain, et la fit porter à son logis. On la voyait long-temps après, dit-on, au château de Nantes, chez le duc de Mercœur.

Ce fut en 1542, qu'il fut armé chevalier par le roi François Ier, qui lui conféra en même temps le collier de l'ordre de Saint-Michel. La cérémonie se fit avec une pompe, dont il manda le détail à sa femme, ajoutant dans sa lettre, qu'elle pouvait désormais se qualifier madame. C'est qu'anciennement cette qualité n'appartenait qu'aux femmes de chevaliers : les autres, quelque nobles qu'elles fussent, n'étaient qualifiées que demoiselles. Cependant on voit des actes et des états de la maison de Laval, postérieurs à la chevalerie de Guy XVII, où Claude, sa femme, est encore appelée mademoiselle.

La Bretagne[modifier | modifier le code]

Ambroise Paré, au service de M. de Rohan et en compagnie du comte Guy XVII de Laval, se rend en Bretagne en 1543 pour empêcher le débarquement de troupes anglaises. Paré eut le loisir d'entendre de la musique et de voir les danses du pays. Voici ce qu'il nous en dit : Monsieur d'Estampes, pour donner passetemps & plaisir à mesdits seigneurs de Rohan & de Laval, & aux autres gentilhommes, faisoit venir aux festes grande quantité de filles villageoises pour chanter des chansons en bas Breton, où leur harmonie estoit de coaxer comme grenouilles, lorsqu'elles sont en amour. D'avantage leur faisait dancer le triory de Bretagne, & n'estoit sans bien remuer les pieds & fesses. Il les faisait moult bon ouyr & voir.

La mort[modifier | modifier le code]

Antoine de Mornable devient vers 1546, maître de chapelle du comte Guy XVII de Laval. Après la mort à vingt-six ans de Guy XVII le 25 mai 1547, le comté de Laval passe à sa nièce Renée de Rieux. Sa sœur Charlotte de Laval épouse en 1547, l'Amiral de Coligny, dans la chapelle du château de Montmuran en Ille-et-Vilaine.

Ce fut une pleurésie qui emporta ce jeune seigneur à l'âge de vingt-six ans, malgré le bruit qui courut alors qu'il avait été tué d'un coup de dague par le roi Henri II, dans une querelle qu'ils eurent ensemble, disait-on, en jouant à la paume. Son corps, après avoir reposé quelque temps dans l'église Saint-André-des-Arcs de Paris[5], fut conduit aux Dominicains de Laval, où il resta jusqu'au 18 août 1551. Ses héritiers s'étant alors tous rassemblés à Laval, le firent transporter dans la Collégiale Saint-Tugal de Laval, où il fut inhumé dans le chœur avec beaucoup de solennité[6].

La magnificence avec laquelle ce comte vivait fut telle, que ses revenus, tout grands qu'ils étaient, ne purent y suffire. Il laissa, en mourant, des dettes considérables, dont l'acquittement absorba le prix de ses meubles et joyaux qui furent vendus après sa mort. Claude, sa veuve, étant retournée en Guyenne, fut recherchée par Charles de Luxembourg, vicomte de Martigues, qui obtint sa main. On prétend, dit Dom Vaissète, que Claude de Foix mourut en couches en 1553; mais il est certain qu'elle était déjà morte le 23 février 1549 (n. st.).

Portrait[modifier | modifier le code]

Il existe un portrait peint de Guy XVII de Laval par François Clouet[7]. Il est dans cette peinture à l'huile : habile en velours noir avec ce qui ressemble à une chaîne en or, il est peint selon la mode de l'époque, le visage grave et un arrière plan sombre. Suivant Jacques Le Blanc de la Vignolle, ce qu'est appelé le petit château (château de Laval) fut achevé par Guy XVII de Laval et Claude de Foix, sa femme, dont les armes se voyaient, dit ce même auteur, sur les écussons qui décorent la façade

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Malcolm Walsby The Counts of Laval: Culture, Patronage and Religion in Fifteenth and Sixteenth-Century France (Ashgate, Aldershot, 2007)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Son oncle à la mode de Bretagne.
  2. Il ne fut pas placé sous la tutelle de ses beaux frères Claude de Rieux et François de la Trémoille.
  3. State Papers of Henry VIII d'Angleterre - Foreign, X, 1544-1545, p. 250.
  4. Chronologie historique des sires, puis comtes de Laval, 1784, t. II, p. 864-875.
  5. Sur la paroisse de laquelle était situé son hôtel.
  6. Charles Maucourt de Bourjolly dit que ce fut le 13 novembre 1548 ; mais l'inscription trouvée sur son cercueil en 1761 indique le mardi 18 août 1551.
  7. Elle est Timken Museum of Art de San Diego, Californie)