Deuxième concile du Latran

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le deuxième concile du Latran, tenu du 4 au 11 avril 1139 sous la présidence d'Innocent II, est considéré comme le dixième concile œcuménique par l'Église catholique romaine.

Il fut convoqué pour mettre fin au schisme d'Anaclet. Outre les schismatiques, il déclara hérétiques les manichéens et les gnostiques. Il formula les premières condamnations contre les cathares et les béguines.

La plus grande partie du concile traita de questions disciplinaires et d'organisation du clergé, poursuivant la réforme grégorienne à la suite du premier concile du Latran.

Contexte[modifier | modifier le code]

Le concile tire ses origines du schisme survenu à la mort, en 1130, du pape Honorius II : les cardinaux sont alors divisés sur le statut à donner au concordat de Worms, qui met fin en 1122 à la querelle des Investitures. S'y ajoutent la rivalité entre deux clans romains, les Frangipani et les Pierleoni. Le 14 février 1130, seize cardinaux partisans des premiers élisent Gregorio Papareschi, qui prend le nom d'Innocent II. Quelques heures plus tard, Pietro Pierleone est élu par d'autres cardinaux  ; il prend le nom d'Anaclet II. Grâce à l'appui de Bernard de Clairvaux, Innocent II prévaut finalement, considérablement aidé par la mort de son rival en 1138.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Une centaine d'évêques étaient présents lors de ce concile.

Le concile convoqué au Latran a d'abord pour but de réparer les déchirures créées par le schisme : Innocent II ouvre la réunion en déplorant le trouble causé par Anaclet dans l'Église, et dépose les évêques schismatiques. Ensuite, il s'agit de poursuivre et parachever l'œuvre du premier concile du Latran (1123). Dans un même esprit, Innocent II souhaite donner une plus grande solennité aux décrets des synodes qu'il a lui-même tenus auparavant : à Clermont (1130), Reims (1131) et Pise (1135).

Le concile se termina par la canonisation de Sturm, disciple de Saint Boniface et fondateur du monastère bénédictin de Fulda.

Décisions[modifier | modifier le code]

Le concile adopte trente canons, qui se situent dans la droite lignée de la Réforme grégorienne.

Réforme du clergé[modifier | modifier le code]

Le concile rappela que les évêques et les prêtres doivent conserver une mise modeste et proscrire l'ostentation (canon 4). Il interdit aux clercs réguliers de se livrer à des études profanes, comme le droit ou la médecine, en vue d'un bien matériel[1].

Le mariage des prêtres et des religieux, considéré comme illicite depuis le concile de Chalcédoine en 451, fut également déclaré invalide (canons 6, 7 et 11) : ces mariages furent dès lors considérés comme nuls, et les clercs coupables de nicolaïsme interdits de célébration de l'office[2].

  • Il revient aux chapitres cathédraux et aux supérieurs des ordres religieux d'élire les évêques (canon 28).

Hérésies et autres condamnations[modifier | modifier le code]

Interdits[modifier | modifier le code]

  • Les tournois sont interdits sous peine de privation de sépulture chrétienne (canon 14).
  • L'usage de l'arc et de l'arbalète est proscrit à l'encontre des chrétiens (canon 29).
  • L'usure est condamnée.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Yves Chiron, Histoire des conciles, Paris Perrin, 2011, pages 92
  2. Yves Chiron, Histoire des conciles, Paris Perrin, 2011, pages 90-91

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • G. Alberigo et A. Duval (dir.), Les Conciles œcuméniques, 2 vol. « L'Histoire » et « Les Décrets », Cerf, coll. « Le magistère de l'Église », 1991 (ISBN 2204044466) et (ISBN 2204050113) ;
  • R. Foreville, Histoire des conciles œcumeniques, tome 6 : Latran I, II, III et IV (en 1123, 1139, 1179 et 1215), éd. de l'Orante, 1984 ;
  • F. Jankowiak, article « Latran (conciles du) », Dictionnaire historique de la papauté, s. dir. Philippe Levillain, Fayard, Paris, 2003 (ISBN 2-213-618577).
  • Yves Chiron, Histoire des conciles, Paris Perrin, 2011.