Pierre Chrysologue

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir saint Pierre.

Pierre Chrysologue, ou Pierre de Ravenne (né vers 380 à Imola et mort en 450 ou 451 dans la même ville) est un théologien, conseiller du pape Léon Ier devint évêque de Ravenne, cité impériale de 433 à sa mort. Avant tout un pasteur, il a beaucoup prêché, ce qui lui valut le nom de Chrysologue (Parole d'or). Il fut déclaré docteur de l'Église par le pape Benoît XIII en 1729.

C'est un saint catholique, fêté le 30 juillet[1] ou localement le 31 juillet[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

À la mort de l'évêque Ursus, Pierre Chrysologue fut choisi par le pape Sixte III pour lui succéder en 433. On raconte que ce choix lui fut guidé par l'apôtre Pierre lui-même par et saint Apollinaire, premier évêque de Ravenne, siège stratégique puisque Ravenne était alors la résidence des empereurs d'Occident.

Pierre est né à Imola, où il fut ordonné diacre par Cornelius, évêque d'Imola.

Le surnom de « chrysologue » (aux paroles d'or) lui vient de son éloquence. Il lui aurait été conféré pour la première fois par Agnellus de Ravenne dans son Liber Pontificalis Ecclesiae Ravennatis[3]. On a conservé de lui une collection de sermons constituée au VIIIe siècle.

Sa fête a lieu le 30 juillet ou localement le 31 juillet. La piété populaire l'invoque contre les fièvres et la rage.

Grand Père et docteur de l'Église, dont le nom signifie "qui parle d'or". À ne pas confondre avec Jean Chrysostome
La date de naissance de Pierre de Ravenne est hypothétique, mais comme sa consécration épiscopale a eu lieu vers 424, il semble vraisemblable d’évoquer une naissance vers 380 : à cette époque la charge épiscopale est confiée à des hommes qui ont généralement une quarantaine d’années. Né près de Ravenne (à Imola ?), le surnom de Chrysologue « qui parle d’or » n’a été attribué à Pierre qu’au IXe siècle, sans doute pour proposer à Ravenne un émule du célèbre Jean Chrysostome, évêque de Constantinople. C’est à Imola qu’il fut diacre de l’évêque Cornélius. Sa première éducation avait été soignée, comme l’attestent l’aisance et l’élégance de son expression, sa parfaite connaissance des règles de la rhétorique et de la littérature classique. Au début du Ve siècle, Ravenne était la ville principale de l’empire, du fait du siège d’Alaric Ier et de la prise de Rome en 410. Cette ville jouissait de la paix et les arts et les sciences s’y développaient. Le prédécesseur de Pierre, Honorius, est mort en 423. Ravenne aurait reçu en 431 le titre de métropole chrétienne, ce qui faisait de Pierre Chrysologue un métropolite ou archevêque. Ont été conservés de nombreux sermons de lui et quelques lettres. Il a joué un rôle important dans l’Église du Ve siècle et figure au nombre des docteurs de l’Église (depuis 1729)[4].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Pierre Chrysologue est également l'auteur d'une lettre « ad Eutychen » (à Eutyché) où il conseille l'obéissance au pape Léon le Grand.

Pierre Chrysologue a écrit plusieurs sermons sur la parabole de l'enfant prodigue, Sermons 1 à 5. PL 52 (voir interprétations de la parabole de l'enfant prodigue).

Méditation[modifier | modifier le code]

Par sa « parole d'or », Pierre Chrysologue, archevêque de Ravenne, nous laisse cent soixante-seize sermons d'inspiration biblique.

Au secours de l'ivraie (Mt 13, 24-30)
Les serviteurs disent au maître : veux-tu que nous allions enlever l'ivraie ? (Mt 13, 28). En dévoués serviteurs, ils promettent un travail sans fatigue et ne supportent pas de voir la moisson du maître se gâter peut-être avec le temps. Mais le maître, que le temps ne fatigue pas et qui peut effacer quand il le veut les dommages subis par sa moisson, les en défend en disant : Non. Et la raison pour laquelle il le leur interdit, il la dit aussitôt : De peur qu'en enlevant l'ivraie, vous n'arrachiez le blé en même temps (Mt 13, 29).
Autre était l'aspect, autre la fleur; ce qui aujourd'hui était de l'ivraie demain devenait du blé, et ce qui à présent était du blé à l'avenir se changeait en ivraie. Ainsi, celui qu'aujourd'hui on tient pour hérétique demain devient un fidèle; et celui qui à présent est pris pour un pécheur à l'avenir devient juste.
Si la patience de Dieu ne venait pas au secours de l'ivraie, l'Église n'aurait pas Matthieu le publicain comme évangéliste, ni Paul, le persécuteur, comme Apôtre. Après tout, Ananie[5] demandait à arracher le blé quand il se plaignait d'être envoyé à Saul en disant de Paul : Seigneur, quel mal il a fait à tes saints[6] ! (Ac 9, 13). C'est-à-dire : « Arrache l'ivraie ! » Qu'est-ce que la brebis a à voir avec le loup, le serviteur dévoué avec le rebelle ou un tel prédicateur en mission avec un persécuteur ?

Mais Ananie avait vu Saul, tandis que le Seigneur alors voyait Paul; quand Ananie parlait du persécuteur, le Seigneur reconnaissait le prédicateur[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nominis : Saint Pierre Chrysologue
  2. Nominis : Saint Pierre Chrysologue
  3. Deborah Mauskopf Deliyannis, The Book of Pontiffs of the Church of Ravenna. Washington: Catholic University of America Press, 2004, p. 157 note 1.
  4. Marie-Christine Hazraël-Massieux, Dictionnaire contemporain des pères de l’Église, Bayard, 2011, p. 913-914.
  5. Ananias était juif comme les autres disciples de Damas.
  6. Autre nom des chrétiens, assez rare en Ac, plus fréquent chez Paul.
  7. Sermons 97, CCL 24A, p. 600-601, trad. inédite de G. Bady.

Liens externes[modifier | modifier le code]