Pierre Damien

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Pierre Damien
Image illustrative de l'article Pierre Damien
Saint Pierre Damien (à droite) avec Sainte Anne et Sainte Elisabeth
Biographie
Naissance v. 1007
à Ravenne (Italie)
Décès 23 février 1072
à Faenza (Italie).
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
1058 par le
pape Étienne IX
Titre cardinalice Cardinal-évêque
d'Ostie

Blason

Saint Pierre Damien (en latin Petrus Damianus, en italien Pier Damiani), né v. 1007 à Ravenne (Italie) et décédé le 23 février 1072 à Faenza (Italie), fut un moine-ermite camaldule du XIe siècle qui devint évêque, puis cardinal et fut déclaré docteur de l'Église par le pape Léon XII, en 1828 (voir Docteur de l'Église).

Biographie[modifier | modifier le code]

Selon la tradition, il est né « cinq ans après la mort d’Otton III » dans une famille noble désargentée. Placé sous la garde de l’un de ses frères, il devient porcher. Il est ensuite recueilli par un autre de ses frères, archiprêtre de Ravenne, qui le place à l’école. En signe de gratitude, Pierre accole alors à son prénom celui de son frère, Damien. L'enfant accomplit des progrès rapides, au point d'aller à l’université, d’abord à Ravenne, puis à Faenza, puis à Parme. Il devient lui-même professeur de rhétorique.

Devenu adulte, il se découvre une vocation d’ermite et se retire en 1035 au monastère de Fonte Avellana, fondé quelques années plus tôt par Romuald de Ravenne, fondateur des camaldules. Pierre Damien rédigera par la suite une Vita Romualdi (1042). Il se distingue alors par la rigueur des pénitences qu’il s’inflige. En 1043, il devient le prieur du monastère. Il s'engage avec vigueur dans le mouvement de réforme promu par les papes, notamment Alexandre II et Grégoire VII. Il devient célèbre pour la vigueur de ses sermons contre la simonie et le nicolaïsme. En 1051, il rédige le Livre de Gomorrhe, où il dénonce les vices du clergé — et en particulier les prêtres homosexuels, dont il exige le renvoi de l’Église. Léon IX refuse toutefois d’accéder à sa requête, ce qui pousse Pierre Damien à écrire une lettre de protestation. Il se montre également opposé à la réordination des prêtres hérétiques.

Il prend part à de nombreux synodes. En 1058, il est élevé à la dignité de cardinal-évêque d’Ostie par Étienne IX. À la mort de ce dernier, Pierre prend parti contre l’antipape Benoît X. Il est ensuite contraint de retourner à son ermitage. En 1059, il est envoyé comme légat dans l’archevêché de Milan, où règne la simonie et où la plupart des prêtres sont mariés. Avec l’aide des Patarins, partisans du célibat des clercs, il rétablit l’ordre et obtient la soumission de l'archevêque et du clergé local. Il prend part à la condamnation de Béranger de Tours, opposé à la transsubstantiation. Au IIIe synode du Latran (?), il fait adopter le canon interdisant aux fidèles d’entendre la messe d'un prêtre marié ou concubin.

En 1072, il est pris de fièvre au retour d'un voyage à Ravenne. Il meurt au monastère de Sainte-Marie des Anges, où il est aussitôt enterré par les moines, anxieux de perdre ses reliques. Peine perdue, le corps de Pierre Damien sera transféré six fois au total. Il repose depuis 1898 dans une chapelle à lui dédiée de la cathédrale de Faenza. Bien qu'il n'ait jamais été canonisé formellement, un culte local lui est rendu dès le moment de sa mort à Faenza, au Mont-Cassin, à Cluny et à Fonte-Avellana. En 1823, le pape Léon XII étend sa fête à l’Église universelle et le proclame docteur de l'Église.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Son œuvre consiste surtout en une imposante correspondance (158 lettres) et des sermons (75). Il est également l’auteur d’hagiographies et de traités, parmi lesquels :

  • De divina omnipotentia, sur la puissance de Dieu (Lettre sur la toute-puissance divine, Paris: Cerf, 1972 (texte avec traduction))
  • Une disputatio avec un Juif sur le problème de la Trinité et du Messie ;
  • Liber gratissimus, dédié à l’archevêque Henri de Ravenne, contre la simonie ;
  • De brevitate vitæ pontificum romanorum, sur la courte vie accordée aux papes.

On le fête le 21 février. On l'invoque pour les migraines et tous les maux de tête, en rapport avec ses nombreuses études. Il a laissé quelques écrits, imprimés à Paris en 1642 et 1643, in-folio.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) « Pierre Damien », dans Catholic Encyclopedia, 1913 ;
  • M. Grandjean, Laïcs dans l’Église. Regards de Pierre Damien, Anselme de Cantorbéry et Yves de Chartres, Beauchesne, Paris, 1994 ;
  • J. Leclercq, Saint Pierre Damien, ermite et homme d’Église, éd. Storia e Letteratura, Rome, 1960.
  • André Cantin, Saint Pierre Damien (1007-1072). Autrefois – aujourd’hui, Éditions du Cerf, 2006, 224 p.
  • Louis-Albert Lassus, Pierre Damien, l'homme des déserts de Dieu, aux éditions l'O.E.I.L., Paris, 1986, 175 pages.
  • C. J. Jourdain, Dictionnaire des sciences philosophiques, 1843, 1875: DAMIEN (Pierre)

Lien externe[modifier | modifier le code]