Bartolomé Esteban Murillo

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Bartolomé Esteban Murillo

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Autoportait (vers 1670-1672)

Naissance 1er janvier 1618
Séville, Drapeau de l'Espagne Espagne
Décès 3 avril 1682)
Séville
Nationalité espagnole
Activités peintre
Maîtres Juan mata, Pedro rodriguez
Mouvement artistique Peinture baroque, D'or espagnol
Influencé par Titien, Rubens, Van Dyck, Diego Vélasquez, Zurbaran, Ribera
Influença Réalisme et Rococo du XVIIIe siècle espagnol

Œuvres réputées

Le Jeune Mendiant (vers 1645-1650)
La Vierge du Rosaire (vers 1645-1650)
Jeunes garçons mangeant des melons et du raisin (1645-1646)
Le Jeune Mendiant (vers 1650, Musée du Louvre, Paris

Bartolomé Esteban Murillo (né à Séville en décembre 1617 ou janvier 1618 – mort à Séville, le 3 avril 1682)[1], est un peintre baroque espagnol du XVIIe siècle. Il est avec Diego Vélasquez, Francisco de Zurbaran et José de Ribera, un des principaux représentants du Siècle d'or en peinture et le chef de file de l'école de Séville, second centre artistique de l'Espagne au XVIIe siècle après Madrid. Contrairement à ses prédécesseurs et contemporains andalous, il n'a jamais quitté Séville[1],[2] et n'a reçu aucune commande de la Cour d'Espagne.

Bien que l'essentiel de ses œuvres soit religieuses comme « la Vierge du Rosaire », il est très renommé pour ses peintures de genre, particulièrement des portraits de femmes et surtout d'enfants pauvres, tel le portrait du « jeune mendiant » conservé au Musée du Louvre, qui ont donné aux scènes de vie quotidiennes leur lettre de noblesse à l'âge baroque et ont fait sa renommée.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance-Jeunesse[modifier | modifier le code]

Dernier d'une fratrie de 14 enfants[1], Bartolomé naît probablement à Séville en Andalousie, en décembre 1617 puisqu'il est baptisé le 1er janvier 1618. Son père Gaspar Esteban est un médecin[1], probablement chirurgien-barbier qui meurt le 25 juillet 1627. Sa mère, Maria Perez Murillo meurt à son tour l'année suivante, le 8 janvier 1628. Orphelin précoce à l'âge de 10 ans[1], l'enfant est recueilli par un de ses beaux-frères, Juan Agustín Lagares, un riche chirurgien-barbier marié à sa sœur Ana[3].

Formation[modifier | modifier le code]

Son tuteur le place en 1633, à l'âge de 15 ans en apprentissage chez Juan del Castillo (1584-1640)[1],[2], un artiste italianisant médiocre qui lui enseigne la peinture. Il quitte Séville pour Cadix en 1639 et, plutôt que d'entrer dans un autre atelier comme beaucoup de jeunes apprentis soucieux de parfaire leur formation, il préfère rester indépendant et peint des toiles bon marché qui plaisent pourtant au public et révèle un certain talent chez le jeune artiste[3]. Puis, il rencontre vers 1640 un élève de Van Dyck du nom de Pedro de Moya qui l'initie à la technique flamande. Il effectue un séjour à Madrid, sa seule escapade hors de Séville, en 1642[1] ou 1658[2]. Il y subit l'influence du ténébrisme de Zurbarán et de Ribera.

Carrière[modifier | modifier le code]

Sa Vierge du Rosaire de 1645 est l'œuvre la plus ancienne qui lui soit attribuée. Les franciscains lui passent la même année commande d'une série de onze tableaux pour le cloître de leur couvent à Séville, son premier travail d'envergure qui le rendra célèbre[1]. Ces peintures sont aujourd'hui dispersées. Certains historiens d'art considèrent que cette série lui a pris 4 ans entre 1642 et 1646.Les peintures sont de différents styles. Certains tableaux comme « La Cuisine des Anges (Le Miracle de Saint Jacques de Alcada) » sont inspirés de Ribera; « La Mort de Sainte Claire » de Van Dyck et « Saint Jacques donnant la Charité » de Velazquez[3].

Il connaît ensuite un grand succès grâce à ses œuvres religieuses et ses scènes de genre et il est même évoqué en 1656 comme étant « le meilleur peintre de la ville ». Il y dirige un atelier avec de nombreux aides et apprentis puis fonde et préside en 1660 l'Académie des beaux-arts de Séville dont l'objectif principal est de compléter la formation des jeunes peintres, jugée insuffisante en dessin. En effet, les ateliers privilégient les aspects pratiques du métier et négligent les aspects théoriques et le dessin. Au sein de l'Académie, les peintres se réunissent tous les soirs à la Casa de la Lonja pour s'entraîner à peindre d'après des modèles vivants. Soutenue également par Herrera le jeune, l'Académie ferme pourtant à cause de problèmes financiers en 1674[2].

Il devient le chef de file de cette école sévillane dont il est le peintre le mieux payé et le plus représentatif[1]. L'École de Séville, la plus importante école de peinture espagnole du XVIIe siècle est en plein essor et rivalise avec Madrid dont le déclin est avéré depuis la fin du Siècle d'Or par la baisse des commandes royales. Elle combine une tradition typiquement espagnole du clair-obscur qui remonte aux origines flamandes et post-maniéristes de la Renaissance espagnole et l'influence du Caravage. Murillo et Zurbaran en sont les principaux représentants; leur peinture présente notamment des similitudes par l'emploi de tons chauds et terreux, bruns et ocre réduisant au minimum la structure chromatique du tableau dans un domaine semi-chromatique voire achromatique[4].

Murillo est un des rares peintres baroques à peindre la pauvreté sous des aspects dénués de commisération et de pathos - caractéristique auquel se genre s'adonne fréquemment - et à représenter la misère et la pauvreté sous des aspects aimables et bienfaisants, dans une perspective chrétienne[5].

Ses œuvres religieuses, notamment ses « Madonnes », lui valent un immense succès.

De 1671 à 1674, il peint plusieurs tableaux pour l’Église de la Confraternité de la Charité à Séville. Ces œuvres sont aujourd’hui dispersées entre plusieurs musées à Saint-Pétersbourg, Londres et Madrid[3].

Le 3 avril 1682, il chute d'un échafaudage alors qu'il peint un retable au couvent des capucins de Cadix et meurt peu de temps après.

Famille[modifier | modifier le code]

Le mangeur de melon et de raisin

Il se marie le 26 février 1645 avec Beatriz Barera avec laquelle il aura au moins 5 enfants (José Esteban, Francisco Maria, Gabriel, Gaspar Esteban, Maria)[3].

Style[modifier | modifier le code]

Influences[modifier | modifier le code]

La Sainte Famille à l'oisillon, 1632, Musée du Prado, Madrid

Son œuvre est influencée par ses compatriotes Vélazquez, Zurbaran dont il reprend les effets de clair-obscur dans ses œuvres de jeunesse, ainsi que Ribera et ses couleurs froides[1]. Ses peintures de jeunesse sont ainsi marqué par le réalisme de Zurbaran et Velazquez et le naturalisme caravagesque[6]. Ce n'est qu'en s'inspirant aussi des grands maîtres de la Renaissance italienne comme le Titien et Raphaël et ses contemporains (Rubens, Van Dyck..) dont il a pu admirer les tableaux dans les collections de Séville que son style personnel se développe de manière plus émotive, plus vibrante. Il adopte des formes plus douces, des tons plus chauds à l'image des peintures de la Renaissance flamande et vénitienne[1].

Postérité[modifier | modifier le code]

Certains de ses tableaux furent pillés par les troupes françaises lors de l'occupation de Séville, entre 1810 et 1812, et redirigés pour certains vers le musée du Louvre (d'autres furent tout simplement prélevés par les militaires et fonctionnaires français, le maréchal Soult en tête)[7]. D'autres furent achetés par Napoléon III pour le même musée. Le Musée du Prado à Madrid abrite également énormément d'œuvres de Murillo.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Liste des œuvres principales[modifier | modifier le code]

Rebecca et Éliézer
  • La Vierge du Rosaire (1645-1650), huile sur toile, 164 × 110 cm, Musée du Prado, Madrid ;
  • Le Bon Pasteur, (v.1660), huile sur toile, 123 × 161 cm, Musée du Prado, Madrid ;
  • Le Rêve du Patricien (1662), Musée du Prado, Madrid ;
  • L’Immaculée Conception (1678), Musée du Prado, Madrid ;
  • L’Immaculée Conception dite la Colossale (v.1652), 436 × 297 cm, Musée des beaux-arts de Séville
  • San Diego de Alcala de Henares en extase devant la croix (1645-1646) - Musée des Augustins, Toulouse ;
  • Le Jeune Mendiant (1645-1650), Musée du Louvre, Paris ;
  • Frère Junipero et le pauvre (1646), Musée du Louvre, Paris ;
  • La Cuisine des Anges (1646), Musée du Louvre, Paris ;
  • Garçon et Chien (1655-1660), Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg ;
  • Jeune Fille avec fruits et fleurs (1655-1660), Musée Pouchkine, Moscou ;
  • L’Invention du dessin ou L’Origine de la peinture (1660) ;
  • Petit paysan au balcon (1670-1680), National Gallery, Londres ;
  • Ninos comiendo pasteles(1670-1675), Alte Pinakothek, Munich ;
  • Ecce Homo, musée des Beaux-Arts de Cadix ;
  • La Fuite en Égypte, musée du Palazzo Bianco de Gênes, Italie [8];
  • L’Adoration des bergers, (v.1668), huile sur toile, 147 × 218 cm, The Wallace Collection, Londres ;
  • Le Mariage de la Vierge, (v.1670), huile sur panneau, 76 × 56 cm, The Wallace Collection, Londres.
  • Enfants jouant aux dés, (1675)
  • La Solitude du jeune mendiant
  • Deux femmes à la fenêtre (Vers 1655-1660)
  • Saint Joseph et l'Enfant Jésus, musée Condé, Chantilly
  • Portrait de Iñigo Melchor Fernández de Velasco (1658), Musée du Louvre, Paris
  • La Naissance de la Vierge (1661), Musée du Louvre, Paris
  • La Sainte Famille, dit la Vierge de Séville (1665 - 1670), Musée du Louvre, Paris
  • L’Apparition de la Vierge immaculée à six personnages (1665), Musée du Louvre, Paris
  • Le Christ à la colonne avec saint Pierre, Musée du Louvre, Paris
  • Le Christ au jardin des Oliviers, Musée du Louvre, Paris
  • L’Immaculée Conception (1650 - 1655), Musée du Louvre, Paris

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k (fr) Ingo F. Walther, Les maîtres de la peinture occidentale, une histoire de l'art en 900 études de tableaux, Cologne, Taschen,‎ 2002, 760 p. (ISBN 2-7434-4209-3), p. 732 (Biographie de Murillo)
  2. a, b, c et d (fr) Rolf Toman, L'art du baroque; Architecture, Sculpture, Peinture, Cologne, Köneman,‎ 1998, 503 p. (ISBN 3-89508-918-4), p. 412
  3. a, b, c, d et e (en) Biographie de Murillo sur Safran-arts.com
  4. (fr) Les maîtres de la peinture occidentale, op. cit. ; p. 223
  5. (fr) Les maîtres de la peinture occidentale; op. cit., p. 266
  6. (fr) Mar Sanchez Ramon, Petit guide Museo del Prado, Madrid, Aldeasa,‎ 2001, 126 p. (ISBN 84-8003-256-1), p. 98
  7. (es) « El expolio del mariscal Soult », ABC de Séville,‎ 2013 (lire en ligne).
  8. Musei di Genova

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (fr) Ingo F. Walther, Les maîtres de la peinture occidentale, une histoire de l'art en 900 études de tableaux, Cologne, Taschen,‎ 2002, 760 p. (ISBN 2-7434-4209-3) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (fr) Rolf Toman, L'art du baroque; Architecture, Sculpture, Peinture, Cologne, Köneman,‎ 1998, 503 p. (ISBN 3-89508-918-4) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (fr) Mar Sanchez Ramon, Petit guide Museo del Prado, Madrid, Aldeasa,‎ 2001, 126 p. (ISBN 84-8003-256-1) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Références dans la littérature[modifier | modifier le code]

Dans Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne, le Nautilus est décoré de peintures : « Les diverses écoles des maîtres anciens étaient représentées par une madone de Raphaël, une vierge de Léonard de Vinci, une nymphe du Corrège, une femme du Titien, une adoration de Véronèse, une assomption de Murillo, un portrait d’Holbein, un moine de Vélasquez, un martyr de Ribeira, une kermesse de Rubens, deux paysages flamands de Téniers, trois petits tableaux de genre de Gérard Dow, de Metsu, de Paul Potter, deux toiles de Géricault et de Prud'hon, quelques marines de Backuysen et de Vernet. » (chapitre IX)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]