Pierre Canisius

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Canisius et Saint Pierre.
Pierre Canisius
Image illustrative de l'article Pierre Canisius
Pierre Canisius - gravure sur cuivre de D. Custos - vers 1600
Prêtre jésuite, docteur de l'Église et saint
Naissance
Nimègue (Pays-Bas)
Décès  
Fribourg (Suisse)
Nationalité Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Vénéré à Bavière Bavière
Béatification 1869
par Pie IX
Canonisation 1925
par Pie XI
Vénéré par Église catholique romaine
Fête 21 décembre[1]

Saint Pierre Canisius, nommé aussi Pierre Kanis ou Pierre Kanijs, né le à Nimègue aux Pays-Bas et décédé à Fribourg en Suisse le , est l'un des premiers membres de la Compagnie de Jésus. Il passe l'essentiel de sa vie de prêtre jésuite en Allemagne et en Suisse. Auteur d'un très populaire catéchisme il s'attacha à réformer l'Église catholique et ainsi enrayer la progression du protestantisme. Il est l'oncle de Henri Canisius.

Béatifié par Pie IX en 1869, puis déclaré docteur de l'Église et canonisé par Pie XI en 1925. Il est liturgiquement commémoré par l'Église catholique romaine le 21 décembre[2].

Formation[modifier | modifier le code]

Au temps où les idées de la Réforme se répandent en Europe du Nord, secouant fortement l'Occident chrétien, les familles catholiques confirment leur foi catholique en l'Église de Rome par un attachement résolu et déterminé. Pierre Kanis est né à Nimègue aux Pays-Bas dans l'une de ces familles. Son père, Jacob Kanis, un riche bourgeois, est élu neuf fois 'bourgmestre' de la ville. Il perd sa mère, Ægidia van Houweningen, peu après sa naissance.

En 1536, Pierre est envoyé étudier à Cologne les « arts » et le droit civil entre autres. Alors qu'il mûrit la décision de devenir prêtre, il oriente ses études de théologie vers l'Écriture Sainte et les Pères de l'Église. Il passe une partie de 1539 à l'Université de Louvain, et en 1540 est reçu maître ès arts à Cologne.

Au printemps 1543, il rencontre Pierre Favre, premier compagnon de saint Ignace de Loyola, qui, chargé d'une mission par le pape, séjourne à Mayence (voir : Diocèse de Mayence). Sous sa direction, il fait les Exercices spirituels durant trente jours. Il décide d'entrer dans la Compagnie de Jésus, où il est admis le 8 mai à St. Christoph (Mayence). Avec le soutien des moines chartreux de la ville il fonde ensuite, à Cologne, la première maison de l'Ordre jésuite en Allemagne.

En 1546, Pierre Canisius est ordonné prêtre, et quitte, peu de temps après, Cologne pour l'Italie. L'année suivante, il participe au concile de Trente comme théologien du cardinal Otto Truchsess von Waldburg, l'évêque d'Augsbourg.

Le concile étant ajourné, Ignace le rappelle à Rome, et lui fait accomplir son noviciat sous sa propre direction. Au printemps 1548, il est envoyé à Messine, avec un groupe de dix jésuites placé sous la direction de Jérome Nadal, pour y fonder le premier collège de cet ordre. Il y enseigne le latin et la rhétorique.

Missions en Allemagne et en Suisse[modifier | modifier le code]

Buste de P. Canisius dans la Galerie de Munich

En 1549, le pape Paul III, qui répond à une demande du duc Guillaume IV de Bavière, l'envoie, avec Claude Le Jay et Alonso Salmeron, enseigner à l'Université d'Ingolstadt en Bavière, d'où, pendant trente ans, il déploie dans le Saint-Empire son activité en faveur de l'Église catholique romaine alors menacée par sa propre décadence et par l'influence grandissante de la réforme protestante soutenue par des princes, qui cherchent, grâce à cette dernière, à acquérir une plus grande autonomie politique.

Le , il prononce ses vœux solennels à Rome, entre les mains d'Ignace de Loyola. Puis, à Bologne, il se voit décerner le grade de docteur en théologie. En 1550, il est élu recteur de l'Université d'Ingolstadt. En 1552, Ignace l'envoie au nouveau collège de Vienne ; il prêche aussi à la cathédrale Saint-Etienne et à la cour de Ferdinand Ier. Il refuse plusieurs fois l'archevêché de Vienne[3] malgré les demandes insistantes de Ferdinand auprès du pape Jules III.

Dans les années 1555-56, il enseigne dans plusieurs collèges de son ordre, et fonde ceux d'Ingolstadt, de Prague, d'Augsbourg, et de Fribourg en Suisse.

En 1555, il participe à la diète d'Augsbourg avec Ferdinand. Durant l'hiver 1556-57, il devient le conseiller du roi des Romains à la diète de Ratisbonne. Désigné par les princes catholiques et sur ordre du pape, il prend part aux débats religieux organisés à Worms. Champion du parti catholique, il s'oppose fréquemment à Melanchthon. Les protestants se divisent et doivent se retirer, en grande partie à cause de lui.

En 1556, Ignace le nomme premier provincial de la Haute-Allemagne (Souabe, Bavière, Bohême, Hongrie, Haute et Basse-Autriche).

Le Grand Catéchisme[modifier | modifier le code]

Die Firmung (La Confirmation) Gravure de Stich dans le Catéchisme de Canisius - édition de 1679

Il rédige, en 1554, pour l'enseignement de la religion, un excellent précis : Summa doctrinae christianae, connu sous le nom de Grand Catéchisme, et publié en plusieurs langues, notamment en français par l'abbé Adolphe-Charles Peltier en 1857. Il donne lui-même de cet ouvrage un abrégé, le Petit Catéchisme, vite populaire. Il traduit les Pères de l'Église trop oubliés à l'époque, et auxquels Luther, au nom du sola Scriptura, ne veut se référer à aucun prix.

S'il combat la Réforme, il est plein d'égards pour les réformateurs protestants. Conscient des faiblesses de l'Église catholique romaine, il est convaincu que le 'renouvellement' de l'Église (terme qu'il préfère à réforme), doit passer par la lutte contre l'ignorance du clergé et des fidèles.

À l'époque où l'imprimerie n'engendre que la méfiance, puisqu'un des instruments de la contestation, il en use abondamment: « Le progrès doit être mis au service de Dieu. »

Écrits[modifier | modifier le code]

Otto Braunsberger, jésuite allemand, a passé 30 ans de sa vie, et visité toutes les bibliothèques importantes d'Europe pour rassembler et éditer la correspondance de Pierre Canisius. Les huit volumes de lettres et autres écrits du saint docteur de l'Église sortent de presse entre 1896 et 1923. L'ensemble compte 7550 pages.

  • Otto Braunsberger (ed), Beati Petri Canisii Societatis Iesu Epistulae et Acta (8 vol.), Freiburg im Breisgau, Herder, 1896-1923, 7550pp.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • James Brodrick: Saint Peter Canisius, Chicago, Loyola Univ. press reprint, 1962, 859pp.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nominis : Saint Pierre Canisius
  2. Nominis : Saint Pierre Canisius
  3. Le jour de leurs vœux solennels les jésuites prononcent entre autres le vœu de n'accepter aucune dignité ecclésiastique, sauf si elle leur est imposée par obéissance au Saint-Père.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]