Pierre Canisius
Pierre Canisius, nommé aussi Pierre Kanis ou Pierre Kanijs, né le 8 mai 1521 à Nimègue aux Pays-Bas et décédé à Fribourg en Suisse le 21 décembre 1597, est l'un des premiers membres de la Compagnie de Jésus. Il passe l'essentiel de sa vie de prêtre jésuite en Allemagne et en Suisse à réformer l'Église catholique et à lutter contre la progression du protestantisme. Oncle de Henri Canisius, il a été béatifié par Pie IX en 1869, puis déclaré docteur de l'Église et canonisé par Pie XI en 1925. Il est fêté par l'Église catholique romaine le 21 décembre[1].
Sommaire |
Formation [modifier]
Au temps où les idées de la Réforme se répandent en Europe du Nord, secouant fortement l'Occident chrétien, les familles catholiques confirment leur foi en l'Église romaine par un attachement résolu et déterminé. Pierre Kanis est né à Nimègue aux Pays-Bas dans l'une de ces familles. Son père, Jacob Kanis, est un riche bourgeois. Il perd sa mère, Ægidia van Houweningen, peu après sa naissance.
En 1536, Pierre est envoyé étudier à Cologne les « arts » et le droit civil entre autres. Alors qu'il mûrit la décision de devenir prêtre, il oriente ses études de théologie vers l'Écriture Sainte et les Pères de l'Église. Il passe une partie de 1539 à l'Université de Louvain, et en 1540 est reçu maître ès arts à Cologne.
Au printemps 1543, il rencontre Pierre Favre, premier compagnon de saint Ignace de Loyola, qui, chargé d'une mission par le pape, séjourne à Mayence (voir : Diocèse de Mayence). Sous sa direction, il fait les Exercices spirituels durant trente jours. Il décide d'entrer dans la Compagnie de Jésus, où il est admis le 8 mai à St. Christoph (Mayence). Avec le soutien des moines chartreux de la ville il fonde ensuite, à Cologne, la première maison de l'Ordre en Allemagne.
En 1546, Pierre Canisius est ordonné prêtre, et quitte, peu de temps après, Cologne pour l'Italie. L'année suivante, il participe au concile de Trente comme théologien du cardinal Otto Truchsess von Waldburg, l'évêque d'Augsbourg.
Après l'ajournement du concile, Ignace le rappelle à Rome, et lui fait accomplir son noviciat sous sa propre direction. Au printemps 1548, il est envoyé à Messine, avec un groupe de dix jésuites placé sous la direction de Jérome Nadal, pour y fonder le premier collège de cet ordre. Il y enseigne le latin et la rhétorique.
Missions en Allemagne et en Suisse [modifier]
En 1549, le pape Paul III, qui répond à une demande du duc Guillaume IV de Bavière, l'envoie, avec Claude Le Jay et Alonso Salmeron, enseigner à l'Université d'Ingolstadt en Bavière, d'où, pendant trente ans, il déploie dans le Saint-Empire son activité en faveur de l'Église catholique romaine alors menacée par sa propre décadence et par l'influence grandissante de la réforme protestante soutenue par des princes, qui cherchent, grâce à cette dernière, à acquérir une plus grande autonomie politique.
Le 7 septembre 1549, il prononce ses vœux solennels à Rome, en présence d'Ignace de Loyola. Puis, à Bologne, il se voit décerner le grade de docteur en théologie. En 1550, il est élu recteur de l'Université d'Ingolstadt. En 1552, Ignace l'envoie au nouveau collège de Vienne ; il prêche aussi à la cathédrale Saint-Etienne et à la cour de Ferdinand Ier. Il refuse plusieurs fois l'archevêché de Vienne[2] malgré les demandes insistantes de Ferdinand auprès du pape Jules III.
Dans les années 1555-56, il enseigne dans plusieurs collèges de son ordre, et fonde ceux d'Ingolstadt, de Prague, d'Augsbourg, et de Fribourg en Suisse.
En 1555, il participe à la diète d'Augsbourg avec Ferdinand. Durant l'hiver 1556-57, il devient le conseiller du roi des Romains à la diète de Ratisbonne. Désigné par les princes catholiques et sur ordre du pape, il prend part aux débats religieux organisés à Worms. Champion du parti catholique, il s'oppose fréquemment à Melanchthon. Les protestants se divisent et doivent se retirer, en grande partie à cause de lui.
En 1556, Ignace le nomme premier provincial de la Haute-Allemagne (Souabe, Bavière, Bohême, Hongrie, Haute et Basse-Autriche).
Le Grand Catéchisme [modifier]
Il rédige, en 1554, pour l'enseignement de la religion, un excellent précis : Summa doctrinae christianae, connu sous le nom de Grand Catéchisme, et publié en plusieurs langues, notamment en français par l'abbé Adolphe-Charles Peltier en 1857. Il donne lui-même de cet ouvrage un abrégé, le Petit Catéchisme, vite populaire. Il traduit les Pères de l'Église trop oubliés à l'époque, et auxquels Luther, au nom du sola Scriptura, ne veut se référer à aucun prix.
S'il combat la Réforme, il est plein d'égards pour les réformateurs protestants. Conscient des faiblesses de l'Église catholique romaine, il est convaincu que le renouvellement de l'Église, terme qu'il préfère à réforme, doit passer par la lutte contre l'ignorance du clergé et des fidèles.
À l'époque où l'imprimerie n'engendre que la méfiance, puisqu'un des instruments de la contestation, il en use abondamment : « Le progrès doit être mis au service de Dieu. »
Notes et références [modifier]
- Nominis : Saint Pierre Canisius
- Le jour de leurs vœux solennels les jésuites prononcent entre autres le vœu de n'accepter aucune dignité ecclésiastique, sauf si elle leur est imposée par obéissance au Saint-Père.
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
Liens externes [modifier]
- (en) notice biographique sur la Catholic Encyclopedia de 1913 : [1]
- (en) et (de) notices du Jesuit Calendar rédigé par le père Otto Syré SJ et disponible sur le site [2]
- Le Grand catéchisme de Canisius est disponible en PDF sur [3].
- Catéchèse de Benoît XVI du 9 février 2011